‹ Traité de numismatique moderne et contemporaine (volume 2)Chapitre 29 sur 193 · Demi-daalder d' 2irgent · texte numérisé non relu

Demi-daalder d' 2irgent

6. Stuiver ou sou de billon au type habituel des sous des États.

Le type des monnaies d’argent est, à Tavers, le buste à mi-corps de Philippe II tenant le sceptre et tourné à gauche; au revers, un écusson échancré et couronné aux armes de la province. Les légendes de Lavers donnent sur toutes ces pièces le nom et les titres du roi d’Espagne; au revers nous trouvons la devise: CONCORDIA RES PÂRVAE CRES- CVNT. A Utrecht, les écus et demi-écus de 1579 portèrent à l’avers l’écusson échancré et couronné de la province et au revers le lion de l’Union armé d’une épée et tenant un faisceau de cinq flèches '.

La tentative d’unification monétaire de l’Union d’Utrecht resta aussi vaine que celle de la Pacification de Gand, malgré tous les inconvénients qui résultaient de la situation. Le 27 novembre 1 579, Guillaume d’Orange s’exprimait comme suit, au sujet des monnaies dans une séance des États généraux tenue à Anvers : « L’inégalité du cours des monnaies n’est pas seulement une cause de discorde entre les diverses provinces, mais elle ouvre la porte à de nombreuses fraudes par les marchands qui bornent leurs opérations au change de monnaies transportées par eux d’un lieu dans un autre. C’est à ce désordre des monnaies qu’il faut attribuer la misère du peuple, l’arrêt du travail et l’appauvrissement général de la nation, puisque les marchands riches, au lieu de consacrer leurs capitaux à l’achat des marchandises, se bornent à spéculer sur le change. » Ce qui ajoutait encore au désordre et à la ruine, c’était la défaveur avec laquelle les monnaies des États avaient été accueillies à l’étranger à cause de leur légèreté et de leur aloi affaibli. Dès le 4 mai 1 577, la diète monétaire réunie à Nuremberg en avait interdit la circulation dans l’Empire. Cette prohibition devait considérablement gêner les États des provinces belges, habitués, dans leur lutte avec l’Espagne, à chercher en Allemagne des hommes et des armes. Pour remédier à cette si

d’Orange, lieutenant général, et de l’avis des États généraux, dit que, pour prévenir les fraudes et pour bannir les monnaies affaiblies, fausses

treuse, un édit fu vers le 19 décem édit, donné au no

délibération de 1

thias, gouverneui ..

général, du prince Guillaume

Fig. 78

I. Cette représentation figura plus tard dans l’écusson fédéral des Provinces-Unies.

et contrefaites, il ne serait plus forgé dorénavant de nouvelles espèces d’or et d’argent, mais qu’on reprendrait le monnayage aux anciens types royaux. » Conformément à cette résolution, on en revint à l’émission des couronnes d’or (fig. 78), des philippus-daalders et de leurs subdivisions; le monnayage des Etats ne fut continué que pour la monnaie de cuivre. Les ateliers d’Anvers, de Bruges, de Gand, de Nimègue, de Hasselt, d’Utrecht, de Dordrecht, de Middelbourg et de Leeuwarden travaillèrent à la fabrication de ces espèces. La Hollande elle-même se rendit, comme on voit, aux nécessités économiques et fit taire son aversion pour un type qui rappelait l’oppresseur. L’atelier de Middelbourg avait été ouvert en 1580 par les Etats de Zélande, celui de Leeuwarden par les Etats de Erise, celui de Gand, en 1581, par lettres patentes du 4 janvier. Le différent de Middelbourg fut une tour, celui de Gand, un lion '.

B. — Le duc d'Alençon (1582-1583).

Le 26 juillet 1581, les États des diverses provinces prononcèrent solennellement la déchéance de Philippe II et François d’Anjou, duc

d’Alençon, ayant accédé aux offres des révoltés, fut inauguré duc à

Anvers et comte à Gand. Les provinces septentrionales accueillirent froidement le nouveau souverain et ne voulurent jamais monnayer à son nom.

En Brabant et en Flandre on se hâta de mettre sur les espèces le nom de François d’Anjou: FRAN- F- FRAN- FRA- VNIC- REG- DVX- BRA ou COM'FLA, Franciscus filius Franciae, frater unicus regis, dux Brabantiae ou cornes Flandriae. Le revers des monnaies porte l’orgueilleuse devise: AETERNVM MEDITANS DECVS. La série du duc d’Alençon se compose des pièces suivantes :

1. Ècii ou doulûe llorin d’or. Croix feuillue cantonnée de deux lions et de deux F. Rev. : Écu écartelé d’Anjou et de Brabant ou de Flandre.

2. Demi-écu d’argent. Buste à droite. Rev. : Même écu accosté de deux F.

3. Liard de cuivre. Buste à droite. Rev. : Même écu (fig. 79).

4. Gigot de cuivre. Croix analogue à celle de l’écu d’or. Rev. : Même écu.

Les monnaies qui précèdent furent frappées dans les ateliers d’Anvers

I. B. de Jonghe, Deux monnaies frappées en Flandre en ijSi, dans la Rev. belge de nuniisni., 1890, p. 422.

LES PAYS-BAS

et de Bruges, mais dans le premier on ne fabriqua pas de cuivre et dans le second point d’or. Les pièces de Bruges portent toutes le millésime 1 582 ; pour Anvers, il y en a de 1 582, 1 585 et même de 1 584 et 1 585, frappées après le départ de François d’Alençon.

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