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CHAPITRE PREMIER

LA FRANCE

DEPUIS l’apparition DES PIECES d’aRGENT A FLAN EPAIS SOUS LOUIS XII, JUSau’A l’adoption du SYSTÈME DECIMAL.

Sources : Le Blanc, Traité historique des monnoyes de France avec leurs figures, depuis le commencement de la monarchie jusqu’’ à présent, Paris, 1690, in-4. — Delombardy, Catalogue des monnaies françaises de la collection de M. Rignault, comprenant les monnaies royales et nationales depuis le XIF siècle jusqu’en 1848, avec le résumé des ordonnances qui intéressent leur fahication. Paris, 1848, in-8. — Hoffmann, Les monnaies royales de France, depuis Hugues Capet jusqu’à Louis XVI, Paris, 1878, in-foL — F. de Saulcy, Histoire numismatique de François roi de France, Paris, 1876, in-4. — P. Mailliet, Catalogue descriptif des monnaies ohsidionales et de nécessité. Bruxelles, 1866-73, 2 vol. in-8 et 2 atlas in-4 oblong. — A. Barre, Graveurs généraux et particuliers des monnaies de France. Contrôleurs généraux des effigies, dans V Annuaire de la Soc. franç. de Numism.', t. II, 1867, pp. 146-172. — A. Engel et R. Serrure, Répertoire des sources imprimées de la numismatique française, 3 vol. in-8, 1887-89.

§ L — Louis XIL

Cest en i $ 1 3, à la fin du règne de Louis XII (1498-1 5 1 5) et après la perte du duché de Milan, que commença en France la fabrication des monnaies d’argent à flan épais, à l’instar de celles qui se frappaient depuis le milieu du xv^ siècle en Italie. Il y eut désormais deux pièces à joindre à celles qui composaient le système monétaire de France à la fin du moyen âge : une pièce valant dix sous tournois et sa subdivision valant cinq sous. La première, dit Le Blanc, était à 1 1 deniers 6 grains X

d’argent fin, à la taille de 25 exemplaires X marc, ce qui lui donnait un poids de 7 deniers i 2 grains X-

Ces monnaies nouvelles portèrent l’effigie royale, et la présence de la teste du souverain sur leur face principale leur fit donner le nom de testons. Par une dérogation aux usages reçus jusqu’alors dans la composition des coins, et sans doute pour montrer leur sérieuse valeur intrinsèque, les testons et les demi-testons de Louis XII ont au revers la

Fig. I

légende XPS VINCIT XPS REGNAT XPS IMPERAT, réservée aux espèces d’or pendant tout le moyen âge (fig. i).

Les pièces à flan épais furent émises en petit nombre pendant les deux années au cours desquelles celui qu’on surnommait le Père du Peuple put les faire battre en France. Les exemplaires en sont très rares aujourd’hui, et la fabrication semble en avoir été restreinte à trois ateliers : Paris, Lyon et Tours.

§ IL — François I (15 15-1547).

Le monnayage de François I appartient tout entier à l’époque moderne, bien qu’il continue, pour le plus grand nombre des pièces, le système en usage sous les règnes précédents. Lorsqu’on envisage l’ensemble de la collection numismatique du vainqueur de Marignan, on constate l’émission en France de dix pièces diverses :

Or : Êcu et demi-écii.

Argent : Feston et demi-teston.

Billon blanc : Dou^ain, sis{ain et liard.

Billon noir : Double tournois et denier tournois.

Il y eut en outre deux monnaies spécialement frappées pour la Provence, le couronnât et le patard. En Dauphiné et en Bretagne, les espèces, bien que frappées suivant le système français, conservèrent des types propres.

LA FRANCE

Pendant tout le règne de François I, on frappa des testons. Il en existe une série de variétés très considérable qui permet de suivre les modifications successives apportées par Pâge aux traits du visage du roi. Sur les plus anciens, nous trouvons un buste juvénile aux cheveux longs et plats (fig. 2j; puis la physionomie s’accuse davantage et le roi porte une moustache : plus tard, une barbe nourrie couvre les joues et le menton (fig. 3); enfin sur les testons les plus récents, François a l’aspect d’un homme brisé par l’âge et les soucis (fig. 4). Les détails du costume royal varient aussi suivant l’inspiration du graveur ou les caprices de la mode. Dans les premières années de son règne le roi est coiffé d’une simple couronne fermée ; vient ensuite un bonnet couronné, posé d’abord droit sur la tête, puis incliné sur l’oreille gauche; enfin la couronne reparaît seule, parfois fermée, parfois ouverte et radiée à l’antique. La poitrine de François est tour à tour vêtue d’un pourpoint, couverte d’un manteau à épaulières ou serrée dans une cuirasse richement damasquinée.

Fig. 2 Fig. 3 Fig. 4

Les revers des testons et des demi-testons présentent toujours des armoiries, mais avec des ornementations de détail, des combinaisons de légendes qui méritent une sommaire description. Voici les types les plus nettement caractérisés :

1. NO NOBIS DNE SED NOI TVO DA GLORIA. Écu de France couronné, accosté de deux F couronnés, soit romains, soit cursifs.

2. XPS VINCIT XPS REGNAT XPS IMPERAT. Même écu entre deux F couronnés.

3. Bretagne. DEVS IN ADIVTORIVM MEVM INTENDE. Même écu entre deux hermines couronnées.

4. Dauphiné. NO NOBIS DNE, etc. Champ écartelé aux armes de France et de Dauphiné.

^ Dauphiné. SIT NOMEN DNI BENEDICTVM. Écu écartelé de France et de Dauphiné.

é. XPS VINCIT, etc. Écu de France couronné dans une épicycloïde.

7. Bretagyie. DEVS-IN-ADIVTORIVM, etc. Même écu accosté de deux hermines couronnées dans une épicycloïde.

8. Bretagne, XPS VINCIT, etc. Type précédent, mais Thermine de gauche remplacée par un F-

9- XPS VINCIT, etc. Écu de France couronné, accosté de deux F non couronnés.

Sous le rapport du type des espèces d’or et de billon, le monnayage de François I comprend trois périodes de durée très inégale, dont les années de départ furent 1515, 1540 et 1541. Nous examinerons rapidement les types employés pendant chacune de ces périodes.

i^e période. — Le point de départ de cette période est une ordonnance du 23 janvier 1515 créant le monnayage de François I. De 1 5 1 5 à 1 $40, on frappa, en or et en billon, les pièces suivantes :

1. Écu d’or au soleil. FRANCISCVS DEI GRACIA FRANCORVM REX. Écu de France couronné et parfois accosté de deux lis, de deux F couronnés, etc. Au-dessus de la couronne, un soleil. iV. XPS VINCIT, Croix fleurdelisée, parfois cantonnée de deux couronnes et de deux F couronnés, de quatre F, etc., suivant les ateliers d’émission.

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