DAVENT
Groningue, assiégée par les États en 1 577. Monnaies carrées en argent; leur type se compose des armes locales, d'or à l’aigle éployée de sable chargée sur la poitrine d’un écusson d’argent à la fasce de sinople. Devise: NECESSITATE.
Haarlem, assiégée par' les Espagnols en 1572-73, émit un nombre considérable de monnaies obsidionales en argent. Leur forme est très irrégulière ; le flan est tantôt carré, tantôt en losange, tantôt octogone. Le type se compose de plusieurs poinçons, dont le plus caractéristique est aux armes de la ville : de gueules à l’épée en pal d’argent emmanchée d’or, sommée d’une croisette pattée et accostée de quatre étoiles à six raies, le tout d’or (fig. 86).
Leyden, assiégée par les Espagnols (i 573-74). Ce siège célèbre a fourni à la numismatique une suite très nombreuse de monnaies de nécessité. Le type se compose généralement d’un lion tenant un sabre et un bouclier aux armes delà ville, d’argent à deux clefs de gueules, passées en sautoir, les pannetons en chef, avec cette légende : H AEC LIBER- TATIS ERGO ; au revers, car les pièces de Leyden ont une double empreinte, on voit généralement les armes municipales et GOTT ■ BEHOEDE • LEYDEN (Dieu maintienne Leyden !y Les premières mon-
I. A. de Witte, Des monnaies de nécessité frappées à Bruxelles en 1775? dans la
Rev. belge de numism. de 1887.
naies de Leyden sont en argent; plus tard, le métal venant à manquer, on fabriqua des pièces en papier, non point des billets de confiance, mais de véritables monnaies formées de feuilles de missels collées ensemble, découpées à l’emporte-pièce et frappées ensuite à l’aide de coins. Cette série obsidionale de Leyden est une des plus curieuses que nous ait laissée la période des troubles des Pays-Bas au xvi^ siècle.
Maestricht, assiégée par les Espagnols en 1 579, frappa des monnaies obsidionales en cuivre. Siège d’un atelier monétaire bien outillé, la ville put émettre des espèces de forme correcte et normale. Les obsidionales
maestrichtoises portent d’un côté l’écusson de Maestricht de gueules à une étoile à cinq rais d’argent, et de l’autre une main tenant une épée; les légendes, raccourcies sur les pièces de petite valeur, sont, sur les plus grandes: PROTEGE -DNE- POPVLV ■ TVVM • PROP ■ NOM! • TV! • GLORIÂM et TRÂIEC ■ AB- HIS • OBSES ■ PRO ■ IVS ■ CAVSAE DEFÊSIONE. La série complète se compose de huit pièces : 40, 20, 16, i 2, 8 et 2 sols, sol et demi-sol (fig. 87). La ville fut prise le 28 juin 1579'.
assiégée par les Zélandais en 1572-73. Monnaies obsidionales carrées en or, argent, cuivre et plomb. Les pièces les plus fortes de la série frappées en 1 573 portent en quatre lignes : DEO- REGI ■ PA TRIÆ • FIDEL ■ MIDDELB ; des poinçons latéraux marquent l’écu de Zélande et l’écu de Middelbourg qui est d’argent au château donjonné de trois tours de gueules.
Oudewater, assiégée parles Espagnols en 1575. Série de monnaies en cuivre et plomb; type: un lion sur une tour, armes de la ville, entouré de cinq poinçons donnant la date, la valeur et l’invocation : GODT • MET -ONS (Dieu est avec nous !)
Schoonhoven, assiégée par les Espagnols en 1575. Monnaies carrées en plomb, de 12, 6, 4, 3, 2 sols et i sol. Le type est très simple et ne se compose que de l’initiale de la ville, de l’indication de la valeur et du millésime.
Tournai, assiégée par les Espagnols en 1581. Dans les premiers jours d’octobre, Alexandre Farnèse bloqua la ville héroïquement défendue par Christine de Lalaing, princesse d’Épinoy ; la capitulation fut signée le 30 novembre. Pendant l’investissement, on battit des monnaies de nécessité, carrées, unifaces, en argent et en cuivre. Elles ont pour type une
Fig 87.
I. Perreau, Rccheixhes sur la ville de Maestricht et sur ses monnaies, dans la Rev. belge de nuniism. de 1846.
LES PAYS-BAS
tour avec la légende: $ OCT. i . JORNACO OBSESSO ou VRGEN ■ OBSID • TORN • 1 581 . Dans un des angles des pièces figure un petit écusson d’Épinoy : d’azur à sept besans d’or, posés 3,3, i, au chef du même.
Woerden, assiégée par les Espagnols en 1 575-76, a une série obsidionale en argent et en plomb. Les pièces sont carrées ; celles des valeurs les plus élevées portent l’écu de la ville (fig. 88), le millésime et la valeur avec la devise PRO-ARISET-FOCIS.
Ypres, assiégée par les Espagnols en 1583. La ville, qui était la place d’armes du parti des Etats en Elandre, se rendit après huit mois d’investissement; sa chute entraîna celle de - la plupart des villes du pays. Pendant le siège, le gouverneur de la place, le seigneur de Marquette, ordonna la frappe d’obsidionales en étain. On en connaît de 20 et de 10 sols; elles portent l’écu de Elandre et les devises QVID-NON-COGIT-NECESSITAS ou N!H!L- RESTAT- RELiQVI '.
Z/er/c/cyee, assiégée par les Espagnols en 1575-76, émit des obsidionales en argent et en plomb de forme généralement carrée. Le type se compose le plus souvent des armes de la ville.
% IV . — Pays-Bas méridionaux depuis la restauratioji du pouvoir de Philippe II jusqu à Vinvasion française
A, — Philippe II, restauré (....-1598).
Sources : R. Chalon, Recherches sur les monnaies des comtes de Hainaut, 1848, in-4. — R. Chalon, Recherches sur les monnaies des comtes de Narnur. Bruxelles, 1870, in-4. — A. Dewismes, Numismatique artésienne. Catalogue raisonné des monnaies du comté d’Artois. Saint-Omer, 1866, gr. in-8. ■ — Ch. Cocheteux, Momiaies frappées à Tournai sous Philippe II, dans la Revue belge de nuniism. de 1853. — C.-P. Serrure, Notice sur le cabinet monétaire de S. A. le Prince de Ligne. Gand, 1847, in-8.
La Pacification de Gand et l’Édit perpétuel avaient resserré la domination effective de l’Espagne dans les étroites limites du duché de Luxembourg au moment où don Juan d’Autriche fut appelé dans les Pays- Bas pour y rétablir l’autorité du roi. Tous les ateliers monétaires étaient, comme nous l’avons vu, au service des « rebelles ». Don Juan créa dans ces circonstances un atelier à Luxembourg, et y frappa en 1 578 des monnaies dont un écu d’argent est aujourd’hui la seule espèce connue. La forge luxembourgeoise eut peu d’activité et son existence fut courte.
I. A. van den Peerenboom, Essai de numismatique yproise. Bruxelles, 1877, in-8.
Fig. 89
Aussitôt après la prise de Namur, le gouverneur ouvrit dans cette ville un atelier qui remplaça Tofficine luxembourgeoise et travailla depuis 1 578
jusqu’en 1592.
Après la réconciliation des provinces wallonnes, en 1 579, le gouvernement espagnol prit possession des deux ateliers de Mons et de Tournai créés par les États. Le 1 1 juillet I $81 , une ordonnance du duc de Parme créa une monnaie à Arras, à la demande de la ville dont les « debtes » étaient « grandement arriérées » par suite des troubles. L’atelier d’Arras, nouveau pour les Bays-Bas espagnols, fut en activité dès 1582: sur les premières pièces frappées, nous trouvons comme différent soit un petit écu d’Artois, soit un lion portant un écu sur le flanc (fig. 89); mais dans le cours même de l’année qui suivit l’ouverture, la marque fut modifiée et remplacée par un petit rat, jeu de mot sur le nom de la ville. Quelques pièces de cuivre, spéciales à l’Artois, reçurent pour type le briquet à la croix de Bourgogne et l’écu du comté (fig. 90).
En Flandre et en Brabant, le pouvoir de Philippe II ne fut rétabli que par la force des armes. L’atelier de Bruges redevint royal en 1585. A Maestricht, Alexandre Farnèse créa une forge dès 1580; l’année suivante, il en ouvrit une à Bois-le-Duc dont le différent fut un petit arbre. Après la reddition de Bruxelles et d’Anvers, les ateliers qui s’y trouvaient établis travaillèrent encore, mais avec peu d’activité. De 1585 à 1 591 , l’atelier de Nimègue, retombé au pouvoir de l’Espagne, frappa pour Philippe II comme duc de Gueldre. Enfin, en 1 592, une forge fut momentanément rouverte à Namur.
Pendant toute la restauration de Philippe II, les types restèrent ce qu’ils étaient pendant la première période du règne. Plusieurs monnaies cessèrent d’être battues ; en revanche on vit paraître quelques nouvelles pièces de cuivre. En général, le monnayage fut moins actif qu’avant la révolution : les émissions se ressentirent de la détresse où les guerres et les troubles avaient jeté le pays.
Fig. 90
LES PAYS-BAS
B. — Albert et Isabelle (1598-1621).
Sources : Ch. Cocheteux, Notice sur les monnaies des archiducs Albert et Isabelle, dans la Revue belge de numismatique de 1877.
Par acte du 6 mai 1 598, Philippe II céda les Pays-Bas à Albert d’Autriche et à Isabelle d’Espagne. Ils gouvernèrent en souverains jusqu’à la mort de l’archiduc, arrivée le 1 5 juillet 1621. Les archiducs mirent tous leurs soins à réparer les maux qu’avaient causés aux pays les troubles et les guerres du règne de Philippe II. Albert, après avoir repris la ville et le port d’Ostende aux Provinces-Unies, cessa la lutte avec elles en concluant en 1609 une Trêve de douge ans.
Dès 1 599, on monnaya au nom des nouveaux princes, qui prirent les titres suivants, avec les variantes habituelles selon les provinces: ÂLBERTVS- ET- ELISABETH DEi GRATIÂ ARCHIDVCES AVSTRIAE DVCES BVRGVNDIÆ —
BRABANTIÆ & — ou CO- MIT FLANDRIÆ & — ou DOM. TORN. Les espèces sortirent de six ateliers : Anvers, Bruxelles, Maestricht et Bois-le-Duc pour le Brabant, Bruges pour la Llandre et Tournai pour le Tournaisis. Il n’y eut pas d’atelier pour l’Artois. A partir du 10 février 1616, un atelier fut en activité à Luxembourg, et ses produits furent marqués d’un petit écu luxembourgeois ; de plus les monnaies portèrent à la fin de la légende LVXEMB, faisant suite au titre de ducs de Bourgogne. Il y eut à Ruremonde un atelier qui battit des espèces locales pour le quartier de Gueldre resté aux mains de l’Espagne. Enfin, les monnaies de cuivre de l’atelier de Bois-le-Duc portèrent les armes de la ville
(fig. 92j.
Le monnayage d’Albert et Isabelle se divise en deux périodes, dont la première s’étend depuis l’avènement des archiducs jusqu’en 1611.
Voici la liste des pièces frappées pendant cette période :
1. Double ducat d’or, valant 150 sols ou patards. Têtes couronnées des archiducs placées en regard. Rev.: Écu couronné avec collier de la Toison d’or (fig. 91).
2. Double albertin d’or, valant 100 sols. Même écu. Rev.: Croix de Bourgogne cantonnée d’une couronne, du bijou de la Toison d’or et des chiffres du millésime.