Demi-florin ou halvegulden. Même type
Le monnayage simultané des diverses provinces ne cessa jamais de donner lieu à des récriminations et des compétitions. C'étaient surtout les menues espèces, les « pièces de payement » qui provoquaient les plaintes, mais la monnaie sérieuse, l'or et l’argent, restèrent désormais établis d’une manière solide et uniforme. Concurremment avec les florins et leurs multiples on continua néanmoins l'émission de pièces anciennes auxquelles le commerce international était accoutumé. Le leeuwendaalder ^ par exemple, fut frappé jusque dans les premières années duxviii^ siècle'.
B. — Monnaies olsidionales .
Sources : celles indiquées au § III. — G. van Loon, Histoire métallique des XVII provinces des Pays-Bas, t. III, IV et V.
Les monnaies obsidionales frappées dans les provinces septentrionales depuis la proclamation de l’indépendance forment trois groupes historiques; celles de Bergen-op-Zoom, Zaltbommel et Bréda qui se rattachent aux luttes contre l'Espagne; celles de Campen, Deventer et Groningue qui se rapportent aux guerres de Louis XIV ; enfin celles de Maestricht,
I. On possède pour le xviie siècle un grand nombre de pièces néerlandaises ou étrangères contremarquées dans les Provinces-Unies. Ces contremarques indiquaient la vérification du poids et du titre dont les pièces avaient été l’objet, et remédiaient aux altérations clandestines. C’est ainsi que, par placard du ii novembre 1693, les États Généraux ordonnèrent de vérifier et de contremarquer d’un petit faisceau de flèches, toutes les pièces dites achtentwintig émises par la Frise et les régions voisines ; déjà quelques provinces avaient devancé cette ordonnance et prescrit la formalité de la contremarque pour les achtentwintig circulant dans l’étendue de leur juridiction. On trouve ainsi pour la Hollande, hol, pour la West-Frise, un écu à ses armes, pour Utrecht, utr, pour Groningue, Gron, ou Gro, pour la Drenthe, dr, pour l’Overyssel, un écu à ses armes. Un placard du 17 mars 1694 ordonna une mesure analogue pour les escalins.
LES PAYS-BAS 9 5
qui remontent à Tinvasion française de 1794. Nous rangeons ces monnayages exceptionnels par ordre alphabétique :
Bergen-op-Zooyn, assiégée par les Espagnols en 1 588. Monnaies d’étain aux armes locales dans une couronne, avec la légende: D. O. M. OBSID. LIB. BERGEN. Ees armes de Bergen-op-Zoom sont: d'argent an mont de sinople surmonté de trois flanchis de gueules (fîg. 100).
Fig. 100 Fig. lOi Fig. 102
Bommel, assiégée par les Espagnols en 1 599. La ville frappa dans son atelier local des écus, demi-écus^ et quarts d’écu d’argent, et quelques divisions de billon. Le type des pièces d’argent est à l’avers un château à trois tours avec un canon à l’entrée ; au revers, les armes de la ville, ayant, pour supports, deux lions s’unissant pour tenir une épée en pal. Le billon porte les armes de la ville (fig. loi) et, au revers, une croix longue, évidée et ornée. Les légendes sont: DVRÆ. NECESSITATIS. OPVS, — NOVA. FACTA. BOEME. avec plus ou moins d’abréviations.
Bréda, assiégée par les Espagnols sous les ordres de Spinola, en 1625. La vaisselle d’argent fut convertie en monnaies; il y eut des pièces carrées de 60 sols, 40 sols et 20 sols; elles portent un lion armé, les armes de Nassau ou les armes de Bréda. En cuivre, on frappa également des pièces carrées de i et 2 sols; elles ont pour type l’écusson local.
Campen, assiégée par l’évêque de Munster allié de Louis XIV en 1672. Ces pièces ne sont pas des obsidionales proprement dites; elles furent frappées après la reddition de la ville. Ahn d’éviter la confiscation de l’argenterie municipale par les troupes ennemies, le Magistrat la fit transformer en écus d’argent. Ces pièces, régulièrement frappées à l’atelier monétaire de la ville, portent à l’avers l’écusson et le nom deCAMPEN ; au revers, en quatre lignes : NE 1 CESSITAS | ALTERA | 1672.
Deventer% assiégée par l’évêque de Munster en 1672. Le 18 mai, le magistrat local décida la fabrication d’obsidionales. La ville se rendit le 20, de sorte que les pièces frappées par l’orfèvre Lucas Lucaszoon furent émises après la reddition. Il y en avait de quatre sortes: écus^ dejni-écus, quarts et huitièmes d’écu; elles sont carrées, en argent, et portent deux poinçons, l’un aux armes de la ville (aigle couronnée), l’autre au millésime de 1672.
Groningue, assiégée par l’évêque de Munster en 1672. La ville fut investie sans résultat du 17 juillet au 27 août. Le magistrat fit frapper des
pièces de nécessité carrées en argent, valant un rijksdaalder ou 50 sols; 25 sols, 12 sols et demi, six sols et demi. Elles sont marquées d’un grand poinçon rond aux armes de la ville (fig. 102) accostées de l’indication de la valeur et entourées de la légende : IVRE ET TEMPORE '•
Maestricht, assiégée par les armées delà République française en 1794. Le siège commença en septembre et dura jusqu’en novembre. En octobre, la disette du numéraire s’étant fait sentir, le magistrat mit en réquisition toute l’argenterie des églises et des couvents en échange d’obligations à 4 0/0, et chargea le métier des orfèvres de fabriquer des obsidionales. Il y eut d’abord des écus d’argent portant à l’avers TRAIECTUM AD MOSAM et une grande étoile; au revers |00 STRS au centre et URBE 1794 OBSESSA en légende. Il paraît que le Magistrat trouva ce coin trop compliqué; car il ordonna de fabriquer des pièces rondes, unifaces, qui ne porteraient que le millésime, l’étoile de Maestricht, la valeur de la pièce et la marque de l’essayeur juré; cette émission comprit des pièces de 100 et de 50 stuivers.