‹ Traité de numismatique moderne et contemporaine (volume 2)Chapitre 84 sur 193 · LES ILES BRITANNIQUES · texte numérisé non relu

LES ILES BRITANNIQUES

composa des pièces suivantes : En or, unité de 20 sh. (fig, 1 12), double couronne 10 sh. et couronne britannique de 5 sh. En argent, couronne, demi-couronne, shilling, sixpence, twopence, penny et halfpenny.

Le type des monnaies d’orvet des quatre plus fortes pièces d’argent est le même : THE COMMONWEALTH OF ENGLAND. Dans une couronne formée d’une palme et d’une branche de laurier, l’écu à la croix de Saint-Georges. Rev. : (Millésime). GOD WITH VS. Deux écus, l’un à la croix, l’autre à la harpe d’Erin, accolés et surmontés d’un chiffre romain indiquant la valeur de la pièce en shillings pour l’or, en pence pour l’argent. Les twopence ou demi-gros et les pennies sont sans date ni légende. Quant au halfpenny, également muet, il porte d’un côté l’écu

à la croix, et de l’autre l’écu à la harpe.

Toutes ces monnaies ont une apparence sévère qui tranche avec l’ornementation, parfois surchargée, des pièces royales. La république anglaise ne paraît pas avoir frappé d’espèces de cuivre, mais on en connaît un assez grand nombre d’essais.

Le 23 février 16^7, on proposa au Parlement de donner à Olivier Cromwell le titre de roi. L’idée d’élever le Protecteur au trône soulevait à cette époque un véritable enthousiasme. C’est ce qui explique, dit M. Kenyon, le fait qu’en 1656 et 1638 les officiers de la monnaie battirent un certain nombre de pièces d’or de 20 sh., en même temps que des monnaies d’argent portant à l’avers la tête de Cromwell et au revers un écu couronné. Ces pièces furent gravées d’une façon remarquable par Simon, et frappées au moulin dont l’usage, abandonné après l’essai de Mistrel et de Briot, fut de nouveau introduit. Le nom et les titres de Cromwell remplacent sur ces belles monnaies la mention de la République anglaise ; on y lit en effet : OLIVAR D- G- R. P- ANG- SCO- ET. H IB- & PRO- Il est probable que ces pièces ne furent pas mises en circulation. Elles ne sont citées dans aucune évaluation monétaire, et les exemplaires qui s’en rencontrent aujourd’hui sont d’une conservation généralement parfaite. D’ailleurs on sait, par les monnaies elles-mêmes, que jusqu’en 1660 les pièces du Commonwealth of England ne cessèrent d’être frappées.

D. — Charles II (1660-1685).

Charles II, fils de Charles I, débarqua en Angleterre le 29 mai 1660; il y fut reçu avec les plus grands témoignages de joie. Le 23 avril 1661, il se fit couronner avec la solennité ordinaire.

Le nouveau roi ne modifia pas le système monétaire, mais il réintroduisit les types employés par son père, en substituant toutefois son buste au buste de Charles I. On frappa des unités, des doubles couronnes et des couronnes britanniques d’or, des demi-couronnes d’argent, des shillings, des sixpence, des gros, des threepence, des demi-gros et des pennies. Ces monnaies sont fabriquées au marteau, mais ce sont les dernières pour lesquelles on se soit servi de ce mode suranné. En avril 1662, un mécanicien français, Blondeau, fut chargé de fournir à la monnaie de Londres tous les moulins, rouleaux, presses et autres instruments nécessaires pour frapper, arrondir et couper les pièces, les engins pour marquer l’inscription sur la tranche des espèces, de grandes presses pour frapper les monnaies, etc. Thomas Simon et un graveur né à Anvers, Jean Roettiers, furent chargés de fournir ensemble les coins des nouvelles monnaies, mais un différend survint entre eux et chacun présenta son projet. L’œuvre de Roettiers fut préférée, et le roi le chargea d’exécuter les coins et poinçons nécessaires.

Sur toutes les nouvelles pièces de Charles II, l’effigie royale est tournée à gauche. La tête est toujours laurée. Le type du revers se compose, pour l’or et les plus fortes pièces d’argent, d’une croix formée de quatre petits écussons couronnés ; quatre sceptres également placés en croix coupent les angles formés par l’écartement des écussons. La plus grande des monnaies d’or et les deux plus fortes monnaies d’argent ont sur la tranche l’inscription DECVS-ET-TVTAMEN, suivie de l’indication de l’année du règne comptée depuis la mort de Charles I.

Le système monétaire de Charles II, depuis la réforme de 1662 complétée en 1670, se composa des pièces suivantes : En or, pièces de cinq guinées, deux guinées, une giiinée et une demi-guinée. La guinée valait 20 sh. et l’or était à 22 carats. En argent : couronne, demi-couronne, shilling, sixpence, gros, threepence, demi-gros, penny. Le type du revers de ces quatre dernières pièces se compose respectivement de quatre, trois, deux C entrelacés, et d’un C- En cuivre : half penny ex farthing portant au revers l’image de Britannia, assise et appuyée sur un bouclier ovale aux croix de Saint-Georges et de Saint-André.

Sous le règne de Charles II s’introduisit l’usage, pour les monnaies d’or et d’argent, d’indiquer par un différent l’origine du métal employé pour leur fabrication. Les pièces frappées avec les matières importées de

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Guinée par la Compagnie d’Afrique eurent sous le buste un petit éléphant harnaché. Les monnaies d’argent portèrent, de même, une rose ou une plume d'autruche, suivant que le métal avait*été recueilli dans les mines de l’Angleterre occidentale ou dans celles du pays de Galles.

E. — Jacques II et ses successeurs (1685-1800).

A partir de Jacques II la monnaie anglaise a une grande stabilité de système et de type, et l’on peut grouper, sans inconvénient, en un seul paragraphe tous les souverains qui occupèrent le trône de Grande-Bretagne depuis la fin du xvii^ siècle jusqu’à la fin du siècle suivant :

Jacques II, 1685-1688. Georges I, 1714-1727.

Guillaume et Marie, 1688-1694. Georges II, 1727-1760.

Guillaume III, 1694-1701. Georges III, 1760-1820.

Anne, 1701-1714.

La série des espèces d’or et d’argent se composa toujours des pièces suivantes: cinq guinées, deux guinées, guinée, demi-guinée à’ ov \ couronne, demi-couronne, shilling, six pence, gros, three pence, demi-gros et penny d’argent. Georges I frappa des quarts de guinée, et en 1797 Georges III créa une pièce d’or de sept shillings. Les monnaies portèrent toujours à l’avers le buste du souverain ; sous Guillaume et Marie les deux profils du roi, et de la reine sont conjugués. Au revers nous trouvons les armes des royaumes couronnées ou la croix formée de quatre écussons déjà employée sous Charles IL Après l’union définitive de l’Angleterre et de l’Ecosse, en 1707, sous la reine Anne, la disposition de ces écussons subit quelques changements ; les armes d’Angleterre, au lieu d’être écartelées de celles de France, furent dorénavant parties d’Ecosse, et les armes de France figurèrent séparément.

Nous avons signalé plus haut l’habitude que prit sous Charles II

l’administration des monnaies d’indiquer par un signe l’origine du métal employé. On trouve ainsi, en 1701 et 1705, sous la reine Anne, le mot VIGO sur les pièces frappées avec Fig. 113 les matières capturées en cette

ville (fig. Il 3); sous Georges III le mot LIMA rappelle une prise analogue. Mentionnons encore : E-hC- East India Company^ S-S-C- South sea Company', et W-C-C- Welsh Copper Company'. Sous Guillaume III de nouveaux ateliers furent créés à Bristol, Chester, Exeter, Norwich et àork; leurs produits sont marqués à l’initiale du nom de ville.

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Les monnaies divisionnaires de Jacques II et les plus anciennes du règne de Guillaume et Marie, half pennies et farthbigs, sont frappées sur flans d'étain ayant au centre un petit morceau de cuivre encastré. En 1694, on en revint à l’emploi exclusif du cuivre. Le type de ces menues espèces reste, à peu de variantes près, ce qu’il était sous Charles IL

En 1800, les royaumes de Grande-Bretagne et d’Irlande furent unis, et le janvier suivant, une proclamation fut faite, portant qu’à partir de cette date le titre de Sa Majesté serait Britanniarum rex, fidei defensor. C’est cette date de 1800, que nous avons prise comme point de départ de la période contemporaine .

§ IV. “ L'Ecosse depuis Jacques I jusqu en lyoy.

Lorsque Jacques VI eut été proclamé roi d’Angleterre sous le nom de Jacques I, l’Ecosse conserva son parlement et ses lois particulières. L’union intime des deux royaumes fut consommée en 1707 sous le règne d’Anne. Pendant cette période d’un peu plus d’un siècle, les monnaies d’or et les grandes pièces d’argent frappées en Ecosse furent les mêmes qu’en Angleterre, mais elles se distinguèrent par de légers détails dans l’ordonnance du type : la forme de la couronne et la position des quartiers dans les armoiries royales. Celles-ci furent en effet écartelées aux /er et 4^ d’Écosse, au 2^ contrécartelé de France et d’Angleterre, et au 3^ d'Irlande. L’Ecosse conserva sa monnaie de compte propre et, pour faciliter les transactions de détail, on continua l’émission de quelquesunes des menues espèces dont nous avons précédemment parlé.

§ V. — L'Irlande depuis Edouard VI jusqu'en 1800.

Bien que la monnaie anglaise circulât en Irlande et y remplît les fonctions essentielles du signe d’échange, les rois d’Angleterre eurent dans leur château de Dublin un atelier destiné à fournir l’île sœur de monnaies particulières. Ces pièces furent parfois en argent, mais le plus souvent on se borna à émettre de mauvaises espèces de billon ou de cuivre. Leur type emprunte le plus fréquemment son sujet principal à la harpe d’Érin, qui figure dans les armes de l’île : d’ayur à la harpe d’or. L’intérêt de ces monnaies irlandaises est en général assez restreint.

Sous le règne de Charles I, les luttes politiques du roi et des parlementaires viennent cependant donner quelque relief à la série irlandaise. Nous voyons paraître alors les half pennies et les farthings dits au Saint Patrick portant les légendes FLOREAT REX-QVIESCAT PLEBS frappés sur flans de cuivre ayant au centre un petit morceau d’or ffig. 1 14), puis

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les monnaies de nécessité rondes ou carrées, en cuivre, de la ville de Cork. Pendant la République de Cromwell, Cork eut ses farthings spéciaux: A CORKE FARTHING. Leur type se compose à Tavers d'un écu à la

croix de Saint-Georges et au revers de l'inévitable harpe. Un grand nombre de villes et de négociants émirent à la même époque un numéraire de confiance, mais ces tokejis tiennent plutôt du méreau que de la monnaie proprement dite.

Au règne de Jacques II se rattachent de nouvelles monnaies historiques. Après l’issue désavantageuse de la campagne d'Irlande, les partisans du malheureux roi frappèrent à Limerick des monnaies appelées hibernias. Ce sont des getice et des halfpence de cuivre portant à l'avers le buste lauré du roi, et au revers une harpe couronnée ou Érin assise. Le monnayage irlandais de Guillaume et Marie, de Guillaume III, de Georges I, de Georges II et de Georges III se borne à des pièces de cuivre.

§ VI. — Uîle de Man.

L'île de Man fut donnée en 1406 par Henri IV à John Stanley; les héritiers de ce seigneur y exerçèrent tous les droits de la souveraineté, y compris le droit monétaire. La première émission remonte au règne de John Murrey, en 1668, mais les pièces qui la composent rentrent plutôt, suivant M. Atkins, dans la série des tokens que dans celles des monnaies véritables. Il faut remonter aux premières années du xviii^ siècle pour trouver un numéraire officiel, pennies et halfpennies de cuivre portant à l’avers la devise française SANS CHANGER et le cimier des Stanley; au revers, le type est un triqnetrnm, trois jambes attachées à un centre commun, avec la légende : QVOQVNQVE GESSERIS (ou lECERlS) STABIT.On trouve de ces pièces aux millésimes suivants : 1709, 23, 24, 23, 32 et 33.

En 1735, l'île de Man passa au duc d'Atholl. Celui-ci recommença en 1738 le monnayage, mais en remplaçant, à l'avers de ses pièces, le cimier et la devise des Stanley par son chiffre formé des lettres AD sous une couronne. En 1763, le Parlement anglais acquit les droits du duc d’Atholl et l'île de Man fut réunie au royaume tout en conservant ses coutumes propres. On possède des pennies et des halfpennies de Georges III aux millésimes 1786, 1798, etc.; le type local du iriqueiruni est associé sur ces monnaies de cuivre au buste du roi d’Angleterre.

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