‹ Traité de numismatique moderne et contemporaineChapitre 108 sur 157 · C. — SILÉSIE · texte numérisé non relu

C. — SILÉSIE

a). — SiUsie bohémienne.

La Silésie était comprise entre la Bohême, la Moravie, la Pologne, le margraviat de Brandebourg et la Lusace. Ses armes étaient : rf'or à l'aigle de sable couronnée d'or et chargée sur la poitrine d'un croissant

d'argent qui soutient une croisette du même et s'étend en trèfle sur les ailes.

Le roi Ferdinand I (1526-64) fit frapper à Breslau et à Jaegerndorf des menues monnaies, pour la partie du duché de Silésie qui était placée sous son gouvernement direct. Cet exemple fut suivi par ses successeurs.

Lorsque le mouvement insurrectionnel des Protestants éclata en Bohême, les États de Silésie le suivirent et, en 162 1, ils firent frapper à Glogoviedes monnaies carrées et unifacesen argent, de diverses valeurs, depuis les trois quarts de thaler jusqu'à six thalers, portant l'aigle de Silésie. La légende : MONETA ARGENTEA SILESI/E. est suivie de l'indication de la valeur, par exemple, SEX • IkVERQrum, La même année les ateliers de Breslau et de Bernstadt émirent des pièces au nom de Frédéric, comte palatin, que les États de Bohême avaient élu roi.

Ferdinand II, rentré en possession de la Silésie, utilisa la Monnaie de Breslau pour la fabrication de pièces de mauvais aloi de la kipper^eit. En 1654 et 1655, le monnayage fut repris parles Etats Evangéliques de Silésie. Les pièces portent les légendes MON • AVR-(ou ARG*)PRINC* ET ■ SJkluum £M kWgelicorum S\L€siae; le type est l'aigle silésienne et le mot JEHOVA dans une gloire, parfois placé au-dessus de Técu parti de Liegnitz-Silésie. Les ducats d'or et les thalers ont la devise : SALVS ET VICTORIA NOSTRA: \qs groschen portent: SI DEVS PRO NOBIS QVIS CONTRA NOS.

La paix de Breslau, en 1742, contraignit l'Autriche à céder le duché de Silésie au roi de Prusse, à l'exception de quelques minimes parties.

b). — Evêché de Breslau.

L'évêché de Breslau, episcopatus wratislaviensis^ avait pour patron saint Jean-Baptiste. Les armes étaient: écartelé aux i^^ et 4^ de gueules à six fleurs de lis dargent posées 3, 2, / ; aux 2« et 3^ de Silésie, Les évêques résidaient à Johannisberg.

La série monétaire des évêques, peu importante au moyen âge, devint plus nombreuse lorsque l'empereur Maximilien I eut renouvelé le privilège de ces souverains ecclésiastiques en leur accordant, en i j 1 5, le droit de frapper des monnaies d'or. Les évêques suivants se succédèrent à Breslau :

Jean V Turzo de Bethlemfalva, 1506- * Martin Gerstmann, 1574-85.

1520. * André Jerin, 1585-96.

•Jacques de Salza, 1520-39. Bonaventure Hahn, 1596-99.

•Balthazar de Proninitz, 1539-62. Paul Adalbert, 1599-1600.

•Gaspard de Logau, 1562-74. *Joan VI de Sitsch, 1600-8.

•Charles d'Autriche, 1608-24 (Brixen,

ordre teutonîque).

* Charles-Ferdinand de Pologne, 1625-

Léopold-Guillaume d*Autriche, 1655-

1662 (Strasbourg, Passau, Murbach,

Olmutz, etc.).

Charles-Joseph d'Autriche, 1662-64

(Augsbourg).

•Sébastien Rostock, 1662-71.

• Frédéric de Hesse-Darmstadt, 1671-81.

• François-Louis, comte palatin de Keu-

bourg, 1683-1732.

•Philippe-Louis de Sinzendorf, 1732-47.

• Philippe-Gothard de Schafgotsch , 1 748-

•Joseph de Hohenlohe-Bartenstein, 1 79$-

Les premiers ^or/n5 d'or frappés par les évêques de Breslau, jusque sous répiscopat de Martin Gerstmann, portent d'un côté Tîmage en pied de saint Jean-Baptiste et la légende MVNVS CESAR'^ MAXIMI- LIAN^ de l'autre les armes et le nom de Tévêque. Les thalers ne font leur apparition que sous Charles-Ferdinand de Pologne, dont ils portent le buste et les armes.

c). — Duchés de Lieghit^, Brieg et îVolilau,

Ces terres souveraines s'étendaient en Basse-Silésie. Les ducs avaient pour armes : écartelé, aux i^^ et 4^ de Silésie, aux 2« et 3^ échiqueié d'argent et de gueules de 25 pièces, qui est Liegnitz. Voici la généalogie sommaire de leur maison :

•Frédéric II, 1495-1547.

Frédéric III,

Henri XI, Frédéric IV, 1570-88. 1570-96.

Georges II, 1 547-86.

•Joachim-Frédéric,

Brieg.

* Jean-Chrétien,

Liegnit^.

• Georges-Rodolphe,

Brieg.

• Georges III,

LiegnitT,

• Louis IV,

Wohlan,

* Chrétien,

• Georges-Guillaume,

En 1505, Wladislas II, roî de Bohême, confirma la possession du droit monétaire au duc Frédéric II de Leignitz et à son frère Georges, qui régnait à Brieg. Les premiers thalers furent frappés pair Frédéric II dans les dernières années de son règne; il y place son buste et ses armes

avec la devise: VERBVM DOMINI MANET IN ETERNVM. Ses titres sont : Dei gratta aux Silesiae, legnicensis, bregensis. Ses successeurs ajoutent : et wolaviensîs, pour la terre de Wohlau, qu'il avait acquise en 1 5 24. En 1 599, Joachim-Frédéric acquit Reichenstein.

Jean-Chrétien et Georges- Rodolphe monnayèrent en commun de 1602 à 162I9 puis leur alliance prit fin et ils émirent des espèces chacun pour son compte. Les trois fils de Jean-Chrétien eurent également un monnayage commun jusqu'en 1660.

Outre le numéraire courant, la série ducale comprend un certain nombre de monnaies obituaires. Le sterbethaler de Georges-Guillaume rappelle qu'avec ce duc s'éteignit le dernier descendant de la maison polonaise des Piastes en Silésie: pi asti ETNARCHiE poLONiiC ul- TiMus NEPOs, etc.

d). — CofnU de Glat:(^.

Le comté de Glatz avait pour armes : bandé-vouté de gueules et d*or de cinq pièces.

En 1507, Ulric de Hardegg, comte de Glatz, obtint le droit de frapper monnaie à son nom et à ses armes sur le pied des monnaies du Rhin ; il en fît usage pour émettre en 1511 des heller unifaces portant le lion de Bohême et la légende : VLRICH GRAF • Z • HARDEK. H mourut en 1522.

En 1J37, le comté de Glatz échut à Jean le Riche, seigneur de Bernstein et de Helfenstein, auquel il avait été engagé. De 1541 à 1544, celui-ci fît frapper des ducats d'or, des thalers, des pièces de 12 kreu^er et des weisspfennigs. Le type de ses monnaies comprend le lion de Bohème, les armes de Glatz et celles de Bernstein : d'or au rencontre de buffle de sable, bouclé d* or.

En 1549, Ernest de Bavière, évêque de Passau et archevêque de Salzbourg, acquit le comté de Glatz des fîls de Jean de Bernstein, décédé l'année précédente. On possède de lui des ducats et des thalers. Après sa mort, le comté fît retour au roi Ferdinand, qui y frappa des klippenthaler et des groschen ; ces pièces terminent la série.

Le comté de Glatz fut annexé à la Prusse, avec le restant de la Silésie, en 1742.

e). — DticJjés de Munsterherg et Oels,

Georges Podiebrad, roi de Bohême, donna Munsterberg, Oels et Glatz à son fils Henri I, que l'empereur éleva en 1462 au rang de duc.

En I $00, Charles I vendit Glatz à son beau-frère Ulric de Hardegg, et en I J63 Henri III et Charles II cédèrent Munsterberg au roi de Bohême Maximilien II. Les ducs continuèrent toutefois à porter le titre et les armes de ces deux terres. En 1647, à la mort du dernier duc, Oels passa par mariage à la maison de Wurtemberg. Le tableau suivant résume la filiation des souverains de Munsterberg-Oels, puis d'Oels :

Henri I, 1462-98.

(7k/:(. Oeîs. Munsterberg.

* Albert, Georges, * Charles!,

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