OR : ARGENT : BILLON
Èeu au soleil. Ttslon. Double sd parisis.
Ècu du Daupbini. Dmi-lislon. Dou^n.
Demi-icu au soleil. Teston du Daapbiné. Doutai» du Dauphiaé.
Talon dU mirveux. ^"^ ^""^■
— ., , Sol parisis au Daupixni.
Dem-Usloa morveux. „ . ,
Double loumou.
Double tournois du Daupbïné.
Denier tournois.
Denier tournois du Daupihini.
Liard au C.
Liard dtiphinal.
Au point de vue du type, la pièce la plus intéressante est incontestablement le teston, sur lequel on peut suivre les modifications de l'effigie royale. Nous donnons ici- les trois typ>es les plus caractéristiques; la tète du roi enfant, celle des testons dits morveux que les huguenots frappèrent à Orléans, celle enfin du monarque dans la force de râge(fig. [O à ii).
Dans la série des monnaies de billon de Charles IX, on voit paraître deux pièces nouvelles, le sol et le double sol parisis, qui vinrent remplacer le gros et le demi-gros de Nesle émis sous Henri II. Le type du double sol est formé de trois fleurs de lis sous une couronne; le sol porte, à l'avers, l'écu couronné, et au revers, une croix fleurdelisée formée de quatre C-
Charles IX compléta le personnel artistique de la Monnaie en créant, le 29 octobre 1 572, en faveur du grand sculpteur Germain Pillon, une charge de contrôleur général des effigies. Les différents des ateliers monétaires ne subirent, sous ce règne, aucune modification. M. Roger Vallentin a signalé l'existence en 1 569 de deux ateliers monétaires, ceux d'Aramon et de Sérignac (Gard) ; leurs différents sont inconnus.
§ VI. — Henri III (1574-1589).
Au début du règne de Henri III, jusqu'au 26 juillet 1 jyj, on se servit, pour la frappe des espèces, des coins du roi Charles IX, tout en modifiant le millésime. Nous avons vu comment, grâce à un monnayage posthume analogue, François II n'a pas eu de monnaies qui lui fussent propres : il y a plus d'un exemple de faits de ce genre dans l'histoire monétaire.
On l'a déjà fait remarquer avant nous, le monnayage d'Henri 111 forme une transition entre la numismatique des Valois et celle des Bourbons. Les premières monnaies d'or du règne, écus et demi-écus, sont identiques pour le type aux pièces de Charles IX, à cette différence près que les armes de France sont accostées de deux H couronnés. Sur quelques émissions postérieures, et notamment sur les rares doubles écus frappés en 1J49, la croix du revers affecte une forme différente de celle qu'elle avait eue jusqu'alors.
Les premières espèces d'argent d'Henri 111 furent le teston et le demiteston, mais leur frappe ne se prolongea pas au delà deTannée 1 J77. Ils furent complètement remplacés par le ^anc et ses divisions, créés par ordonnance du ji mai i;?}.
h^ franc pone à l'avers l'effigie royale tournée à droite, tantôt avec col rabattu (fig. iî)» tantôt le cou entouré d'une fraise à godrons. La légende est celle de toutes les pièces d'Henri 111: HENRICVSIIIDGFRANCETPOLREX. Au revers, nous lisons SITNOMENDOMINI-BENEDICTVM : le type est formé d'une croix à quatre fleurons fleurdelisés réunis autour d'un H. comme au revers du double écu d'or.
En 1 578 ', nous assistons à la création de deux pièces ^'s- "s
d'argent nouvelles, correspondant au quart (IIII) et au huitième (VIII) de Vécu d'or, c'est-à-dire k 1 5 sols et à 7 sols 6 deniers. Le type de ces deux monnaies fut le même : à l'avers, l'écu de France couronné ; au revers, une croix fleurdelisée à triples bandes. Il n'y eut de différence entre elles que le module et l'indication de la valeur: ||-||ou V-lll) accostant l'écu.
Les monnaies de billon d'Henri 111 portent les désignations suivantes, avec lesquelles nos lecteurs sont déjà familiarisés : gros de Nesle, demi-
I. R<^r Vallentia, Date dt la fabriaition du quarts ^ieu iTHmri IIJ, dans k Rev. btlgt itnumUm., 1S90.
gros de Nesle, double sol parisis, dou^ain, dou^ain du Daupkiné, double tournois, et diverses espèces de liards.
Une innovation très importante dans la fabrication des monnaies de France se rattache au règne d'Henri III : l'emploi de cuivre pur pour la confection des espèces. C'est en 1575, dit Le Blanc, qu'on fit pour la première fois des doubles deniers tournois et des deniers tournois de cuivre fin, uniquement parce que le billon faisait défaut : on tailla les doubles à 78 au marc et les deniers à 1 56.
Toutes les monnaies de Henri III ont été forgées au marteau, à l'exception des pièces de cuivre pur frappées a Paris. Ces pièces furent battues au moulin des Étuves, auquel depuis 1585 la fabrication des espèces d'or, d'argent et de billon fut formellement interdite.
Nous ne pouvons quitter la numismatique d'Henri III sans rappeler les intéressants quarts d'écu que le duc de Longueville, gouverneur de Picardie, fit battre en 1 589, pendant la guerre de la Ligue, dans la ville
de Saint-Quentin restée fidèle au roi. Ces monnaies de nécessité furent frappées avec le métal que le duc et le sire de Halewin avaient tiré de leur vaisselle; il en existe deux variétés; celle que nous Fig. 14 donnons (fig. 14)9 et une
autre où la légende circulaire du revers est: + H-DORLEANS-D*A- LONGVAVIL FACIEBAT. Les coins de ces quarts d*écu furent gravés par Mathieu Salé; la frappe fut faite par l'orfèvre saint-quentinois Pierre Cotte, sous la surveillance des magistrats municipaux.
§ Vn. — Charles X, cardinal de Bourbon.
La mort d'Henri III, le dernier souverain de la maison de Valois, fit passer la couronne à la branche de Bourbon, dont Henri, roi de Navarre, était le représentant légitime; mais les ligueurs refusèrent de reconnaître un prince appartenant à la religion calviniste, et le Parlement de Paris proclama roi de France Charles de Bourbon, cardinal archevêque de Rouen, qui se trouvait prisonnier à Fontenay-le-Comte depuis l'assassinat des Guise. Toutes les villes de la Ligue approuvèrent ce choix.
Le 1 5 décembre 1 589, des lettres patentes au nom de Charles X ordonnèrent qu'on cesserait la fabrication des espèces au nom d'Henri III et
qu'on battrait à partir du t" janvier suivant, sous le nom du nouveau souverain, des écus au soleil et des demi-écus d'or, des quarts d'écu et des huitièmes d'écu d'argent, des dou!^ains de biilon, le tout du poids, loi, cours, brassage et forme du précédent règne. La série monétaire de Charles X fut complétée par l'émission Ae francs d'argent, de doubles sols parisis et de liards au C de biilon, de doubles tournois et de deniers tournois de cuivre. L^ donnée générale des types est la même que sous Henri III.
Le franc de Charles X que nous reproduisons ici (fig. i s) est une des monnaies les plus rares de la troisième race. A son émission se rattache
■un curieux épisode que nous ne pouvons passer sous silence. Lors de la proclamation du cardinal-roi, Philippe Danfrie, l'ancien tailleur général des monnaies, partisan d'Henri IV, s'était réfugié à Tours. La cour des Monnaies, dont les membres étaient presque tous ligueurs, ordonna aux maîtres-graveurs Nicolas Roussel, Philippe Regnault et Pierre Mérigot, d'exécuter chacun un poinçon de l'effigie royale, suivant le modèle en cire présenté par Germain Pillon. Le célèbre sculpteur, nommé juge du concours, choisit l'épreuve de Philippe Regnault, dont il avait, paraît-il, guidé le burin. C'est le premier concours de gravure monétaire qui ait eu lieu en France.
On a relevé jusqu'à présent onze ateliers ayant ouvré pour Charles X. En voici l'indication avec leurs différents :
Paris
ORiom
X Amiens
Rouen
P Dijon
Y Bourges
LyoD
S Troyes
99Dinan
Bayonne
T Nantes
Charles X mourut à Fontenay le 9 mai 1 ^90. Le 1 3 du même mois, Henri IV, alors au camp de Chelles, décria toutes les pièces fabriquées au nom de son oncle, par lettres adressées à la Chambre des Comptes
lé PREUlàlŒ PARTIE
séant à Tours, tenant la Cour des Monnaies. Les ligueurs persistèrent néamoins à frapper au nom du cardinal dans les villes à leur dévotion. En Bretagne, province gouvernée par Philippe Emmanuel de Lorraine, duc de Mercœur, ce monnayage posthume continua jusqu'en i ^97. Dans le Languedoc, notamment dans l'atelier de Toulouse, on continua jusqu'en IJ90, et peut-être plus longtemps encore, à monnayer au nom de Henri 111.
Le Blanc et quelques autres numismates ont attribué au parti des Politiques, qui conservait entre les catholiques et les protestants une prudente neutralité, l'émission d'un certain nombre de pièces où le nom royal est remplacé par la devise SIT NOMEN DOMINI BENEDICTVM. répétée au droit et au revers. Cette ingénieuse interprétation n'est plus universellement admise aujourd'hui, et l'on croit plus volontiers se trouver en présence de pièces hybrides, dues à un mélange accidentel de coins.
§ Vm. — flwiri 7^(1589-1610).
Aussitôt après la mort du dernier Valois, Henri de Bourbon, roi de Navarre et seigneur de Béarn, prit le titre de roi de France ; il fut reconnu comme tel par les protestants et par une partie des catholiques qui étaient restés fidèles à Henri III. En juillet 1 J9), Henri IV se convertit au catholicisme ; l'année suivante il fit son entrée solennelle dans Paris.
Le système monétaire resta à peu près ce qu'il avait été sous Henri III. Le roi prit sur les espèces les titres de : Henricus IIll Dei gratta Franciae et Navarrae rex, usage qui fut suivi par tous ses successeurs jusqu'à la Restauration ; sur quelques pièces ces titres sont encore suivis de BD ou BRD abréviation de Benearni dominus. Les types subirent peu de modifications; mais pour l'argent, un demi-êcu. devenu très rare, vient augmenter la série, qui se compose des monnaies suivantes :
La FRANCE 17
1 . Double écu d'or. Écu de France couronné et accosté de deux H couronnés, i^. Croix fleurdelisée cantonnée de deux H et deux fleurs de lis.
2. Écu d'or, Écu de France couronné, i^. Croix fleurdelisée. Cette croix présente trois variétés importantes, suivant que les bras sont formés de trois bandes, de l'initiale d'Henri ou d'entrelacs.