Tiers de gros de cuivre, à 360 à la livre
Les ateliers de Varsovie et de Cracovie furent chargés de pourvoir à la fabrication de ces diverses pièces. On s aperçut de bonne heure que dans le système ainsi fixé, le rapport entre les deux métaux précieux
avait été inexactement établi. L'argent, qui avait été évalué trop bas, fut drainé parles agioteurs et exporté avec une prime dépassant 6 pour cent. On résolut de modifier légèrement le titre des espèces et, le î i janvier 1787, une ordonnance établît les nouvelles proportions. Nous reproduisons (fig. p{) le (/uca/ de cette émission. Les types monétaires ne sortent guère du portrait ou du monogramme royal, des emblèmes héraldiques ou de l'inscription disposée en plusieurs lignes au milieu du champ. "*■ ''*
En 1794, de nouveaux changements furent faits dans le système des monnaies ; on créa deux pièces d'or de valeur supérieure au ducat, le Stanislas d'or et le demi-stam'slas d'or ; la valeur intrinsèque des pièces d'argent fut un peu diminuée. Cette réglementation termina l'histoire monétaire de la Pologne indépendante.
î n. — Grand duché de Lithuanie.
Le grand duché de Lithuanie (en allemand Lithauen) s'étendait au nord-est de la Pologne. Sa capitale était Wilna. Le duché de Lithuanie avait deux blasons différents qui tous deux se rencontrent sur les monnaies. Nous avons décrit avec les armes de Pologne l'écu lithuanien au cavalier dit pogon. Le second écusson était: d'argentà la figure dite kolumnyde gueules; cette figure offre une grande analogie avec \&porte, \Aj'anua de Gènes. ^- "*
Depuis le mariage d'Hedwige d'Anjou, reine de Pologne, avec le grand duc Jagellon (1 î86), la Pologne et la Lithuanie furent très fréquemment réunies sous le même sceptre. En i {69, la diète de Lublin vota la réunion définitive des deux pays, mais l'administration, les lois, et notamment les monnaies restèrent particulières à chaque pays.
Sîgismond I, grand duc en 1506, roi de Pologne en 1507, frappa, à Wtlna, des demi-gros d'argent de i;o8à i;29et des ^ros en i;ï;et 1 5 ;6. Le ^roï lithuanien se divisait en lodeniers lithuaniens. Suivant
un rapport établi en i joB, quatre deniers lithuaniens valaient un demigros polonais, ce qui établissait entre le gros polonais et le gros lithuanien le rapport 4 : j.
Les pièces de Sigismond 1 portent à l'avers le cavalier dit pogon, au revers l'aigle des armes de Pologne, Les gros éuient taillés à 1 S4 au marc brut de Cracovie et à 6 loth de fin, les demi-gros, à l'avenant.
En ii44, Sigismond I abdiqua en Lilhuanie en faveur de son fils, Sigismond -Auguste {[544-72). Celui-ci eut en Lithuanie deux ateliers monétaires, l'un à Wilna, l'autre à Tykocin, où furent frappés noumment les gros dont nous donnons la figure (fig. ) 1 7). Lorsqu'il fut monté
sur le trône de Pologne en 1 ^48, il supprima les Monnaies de la Couronne polonaise et concentra tout le monnayage de ses états en Lithuanie, où il échappait au contrôle souvent tracassier des diètes. A partir de I ^7 il frappa des ducats d'or. En 1 564 et 1 ;6; parurent ses premiers thalers et demi-thalers d'argent circulant pour 50 et 1 j gros de Lithuanie ou 37 1/2 et 18 )/4grosde Pologne. Leur type se compose du monogramme royal et d'un écusson où se voient l'aigle de Pologne, le cavalier de Lithuanie, l'ange de Krew, l'ours de Samogitie, la croix de Volhynie et, sur le tout, la guivre des Visconti.
Sigismond-Auguste hérita en 1568 de sa mère Bonne Visconti, duchesse de Milan; une partie de la fortune liquide de cette princesse fut comptée au roi de Pologne en êcus et demi-écus d'argent de Charles- Quint et de Philippe II d'Espagne frappés à Naples. En 1 564, un grand nombre de ces pièces furent mises en circulation en Lithuanie après avoir reçu comme contremarque un poinçon au monogramme royal accosté du millésime. Ces pièces improvisées, connues des collectionneurs sous le nom de/e!dt/taler, étaient spécialement destinées à payer la solde des troupes.
A partir du règne d'Etienne Bathory, les monnaies lithuaniennes furent frappées sur le pied de celles de la couronne. Par analogie avec
ce qui se passait en Pologne, les grands trésoriers de Lithuanie introduisirent l'usage de mettre leurs armes au nombre des emblèmes accessoires des monnaies. Voici la liste de ces fonctionnaires sous Etienne Bathory et Sigismond III :
Etienne Bathory (i 57 5-1 586). Wawrzene Woyna, mort en i $80.
Jean Chlebowicz, 1581-83.
Sapieha, 1585.
Théodore-Skumin Tyszkiewicz, 1586.
Sigismond III (1587- 1632). Le même, 1587-90.
Demetrius Chalecki, 1 590-98.
Georges Zawisza, 1 598-1603.
Jérôme Wolowicz, 1603-18.
Christophe Naruszewicz, 1 6 1 8-3 1 .
On ne monnaya pas en Lithuanie sous Wladislas IV, mais sous Jean- Casimir, en 1652, un atelier dont la guerre interrompit presque aussitôt les travaux fut de nouveau ouvert à Wilna. En 1666, une autre officine fut momentanément en activité à Brzesc; mais à partir de cette époque, il ne fut plus émis d'espèces en Lithuanie.
Les divers démembrements de la Pologne ont fait passer la Lithuanie sous la domination russe^ excepté le district de Gumbinnen, qui appartient à la Prusse.
§ IIL — Filles de Pologne.
Deux villes de Pologne, Wschow, en allemand Fraustadt, et Posen, avaient obtenu au xiv« siècle des concessions royales leur accordant le droit d'émettre des espèces municipales.
Le monnayage de Wschow prit quelque extension sous Sigismond- Auguste, surtout de i $ $0 à 1 562, où de nombreuses émissions de deniers eurent lieu. Ces pièces portent une aigle à l'avers, et au revers une croix double et les initiales W ou C - W - F. De 1562 à 1 588 la fabrication cessa; elle reprit en cette année jusqu'en 1608, et consista en hellers parfois unifaces. L'atelier fut définitivement fermé en 1616.
La ville de Posen reprit l'usage de son droit monétaire en i6o2,etron connaît des deniers et ternare municipaux au nom de Sigismond III. Les dernières pièces portant un millésime sont de 1627. Les armes de Posen, deux clefs en sautoir, figurent généralement sur les espèces.
- Duché et villes de Prusse '.
Le 4 février 1 4^4, dans une assemblée tenue à Thorn, les délégués des villes de Prusse, révoltées contre l'Ordre teutonique, déclarèrent se mettre sous la protection du trône de Pologne. Une guerre de douze ans entre les chevaliers et le roi Casimir se termina en 1466 par la cession à la Pologne de la Poméranie et de la partie orientale de la Prusse. L'Ordre teutonique conserva la partie occidentale du pays, mats dut se reconnaître le vassal de la couronne polonaise.
Les monnaies frappées dans la Prusse polonaise, pendant les temps modernes, émanent soit du roi-duc, soit des villes de Danzig, d'Elbing et de Thorn.
DucU dt Prusse. — Sîgismond Ifit frapper de 1528 à 15)5, dans un atelier qu'il ouvrit 1 Thorn, sans préjudice des droits monétaires de la ville, des deniers, des iMlings, des gros, des pièces di trois gros et des pièces de six gros, de billon et d'argent, sur lesquels il prend les titres de Sigisimmdus primus rex Polonit dominus (parfois todus) Prussit. Le type de ces pièces se compose du buste ou de l'initiale couronnée du roi ; au revers figurent l'aigle de Prusse ou une légende en plusieurs lignes. L'inscription du revers indique toujours la valeur de la pièce, par exemple : gbossus Communis ter- RARUM PRUssiE, GROssus ARGENTEUs SEX DUPLEX PRUssiE. Une assembléc tenue à Marienbourg le 8 mai ! ; 28 ei à laquelle assistaient les représentants du roi, des villes de Prusse et du duc Albert de Brandebourg, avait décidé que dorénai'anl les monnaies prussiennes et polonaises seraient frappées suivant un aloi et une taille uniformes.
Sous Etienne Bathory, un atelier prussien fut ouvert i Marienbourg. En 1584 et 1585, on y battit des schillings, des gros, des pièces di Irais grot d'argent et des ducats d"or; ceux-ci portent comme l^nde : honeta nova AtJEEA terrardm prussie. Aprts 1 s8s aucune monnaie ne fui frappée pour la Prusse polonaise.
Vi]U de Danjig. — Le monnayage municipal de Daiuig fut considérable et comprit à la fois l'or et l'argent. Sous Sigismond I la Wlle frappa d'abord, de 1524 â IS26, des demi-gros d'argent sur le modèle des dimi-groi de la couronne frappés i Cracovie, puis, après 1528, elle se conforma aux rJ^les adaptées â l'assemblée de Marienbourg et frappa des deniers, des scliiltings, des gros, des piécei de trois gros, des piices de six gros d'argent et des ducali d'or. La pike de six gros que
I. Il n'est question ici que de la Prusse polonaise. Pour le duché, puis royaume de Prusse, le leaeur est prié de se reporter i la page 380.
nous reproduisons (fig. 318) donnera une idée des types, qui consistent généralement, pour l'un des côtés de la monnaie, dans l'écusson de la ville soutenu par deux lions.
Sous Sigismond -Auguste les émissions continuèrent suivant le màme système. En 1567, Danïig frappa ses premiers llialers. Lors de l'élection au trône d'Etienne BathorI, la ville refusa de le reconnaître. Le ij juillet !ï77 elle fut investie par une armée polonaise. Pendant le siège qui dura jus'^u'au 16 décembre de cette année, l'atelier frappa des monnaies obsidionales sur lesquelles l'effigie du roi est remplacée parcelle du Christ, li y eut des Ihalers (fig. J19), des /roî, des jir/jiWiiJ^i d'argent et des ducats d'or. Le cours des autres monnaies en circulation fut surélevé par l'apposition d'une contremarque.
Après la soumission de la ville, ies émissions régulières reconmicncèrent et se poursuivirent, avec des interruptions parfois longues et des ralentissements d'activité, pendant tout les xvijt et xviii' siècles. Sous le règne de Sigismond lit, la mode s'introduisit àDaniigde frapper des pièces dites donatives, médailles d'or à valeur monétaire qui étaient destinées à être offertes en cadeau, par les magistrats, soit au roi, soit à des personnages de distinction, à l'occasion d'iivénements politiques. Ces pièces sont toujours des multiples du ducat, le plus souvent de la valeur de cinq ou de six ducats. Les doiuuivts frappées en 1614 sont d'une gravure pariiculiéri;ment remarquable.
En 1793, le roi de Prusse prit possession de Daniig, mais les privilèges municipaux, en ce qui concerne le monnayage, furent nominalement respectés, et en 1801 la ville put encore frapper des schillings.
fille de Thorn. — Le monnayage municipal de Thorn reprit en i6}0 par l'émission d'espèces commémoratives du siège vaillamment soutenu, l'année précédente, par les habitants contre le feldmaréchal Wrangel. Ces grdtnkllialer frappés en grande quantité circulèrent comme monnaie. Leur fabrication fut suivie par celle de llmltis, deiiii-llmlers et ducats ordinaires.
Les dernières monnaies de la ville de Thorn furent frappées en 1765, Le type habituel des espèces comprend, sur l'une des faces, l'écu de la cité entouré des mots : moneta aviTATis THORtJNENSis. Notro figure j20 représente les armoiries de la ville, telles qu'elles figurent sur les thtikrs contemporains du roi Sigismond lU. Fig. ;io
fiUe iTElbiag. — La série monétaire d'Elbing est moins riche que celle de ses
voisines. Sous Sigismond I, la ville frappa des deniers, des schiUings, des gros, des pièces de trois gros et enfin âQSpikes de six gros dont notre figure Jîi reproduii le type. Sous Sigismond-Augusie, les émissions ne consistèrent qu'en dniiers.et en ijiy l'atelier entra en clidmige.
En 1626, Elbing ouvrit ses portes i Gustave- Adolphe, roi de Sutde. qui étendit ses
privilèges monétaires par un diplôme daté de juillet 1627, dont voici les dispositions
essentielles : « Vigore ilaqm liarnm concedimus non solum ul imposlerum hoc jure
cudtndae montlae Jruûlur, sed ex cU-
vienti erga eandem voluntate bae
etïam acassioiit omandum decrevimus,
lit oinnis generis latn grandioris quam
I mimitioris, tam aiireai qiiam argenteae
monelae cudeiidat facnltate, cum omni
(jus emolumento, gaudere dtbtat, ita
tamen, ut ex una iiumismalis farte
effigies nosira vel insignia regni nostri
cum nosiTO tîtuk, ex altéra chilatû
insignia exprtmantur, ac deniifue ut pondus, honilas ac valor liujus monetae Elbingeasis pon-
deri, t'jiori et boaitati monelae noslrae regniqut nostri similia sint et constitutionibus motuta-
riis iwslris pcr onim'a conforment. » Le nouvel atelier fut ouvert en 1628 et les émissions
commencèrent aussitôt ; elles ne consistèrent qu'en espèces d'argent et de billon.
En lôjs, Elbing retourna i la domination polonaise. Sous Wladislas IV les seules pièces frappées sont des gedenWialer frappés en i6]6 pour célébrer la fin du régime suédois ; la légende qui, au revers, entoure l'écu de la ville est : elbinga
INTER ftRMA SEBVATA.
En i6;o, b ville recommença ù monnayer, et l'on connaît pour cette période des ducats d'or, des thaters, demi-tliakrs et pièces divisionnaires k l'effigie de Jean-Casimir. De i6;6 à 1660, Elbing fut de nouveau sous la domination de la Suède, et les monnaies portèrent le buste du roi Charles- Gustave.
En 1772, Elbing tomba entre les mains du roi de Prusse. Les privilèges de la ville ayant Été nominalement respectés, une émission d'espèces municipales eut encore lieu en 1787.
§ V. — Ordre de Ltvonie.
La Livonie, en allemand Lievjland, s'étendait entre la Baltique, l'Esthonie et la Courlaiide. En 1 521, les chevaliers de l'Ordre de Livonie, qui depuis 1 2 ^7 s'étaient fondus dans l'Ordre leutonique, s'en séparèrent, et leur grand maître, Walter de Plettenberg, fut créé prince de TEmpire. Les grands maîtres de l'Ordre de Livonie jouissaient du droit de battre monnaie. Le tnagistère fut successivetnent occupé par les personnages suivants :
* Walter de Plettenberg, 1494-1535. * Henri de Galen, iîîi-î7.
•Hermann de lîruggenau, 1535-49. 'Guillaume de Furstenberg, 15)8-59.
Jean von der Recke, 1549-31. 'Goihard Kettler, 1559-62.
Les ateliers monétaires de TOrdre de Livonie étaient situés à Riga, à Reval et à Wenden.
Unepiècederf/xdfwca^^d'ordeWalterdePlettenberg le représente à Tavers, debout, tenant Tépée et Técu; le revers porte l'image de la Vierge: S. MARIA SERVA POPVLV-TVV. Sous Henri de Galen les légendes monétaires sont parfois écrites en allemand : HEINRIC • V • GA- LEN MEISTER DES - RITTERLICHEN Deutschen Qrdens ZV Ll-
FLANDT.
Le type des monnaies de Livonie se compose fréquemment à l'avers
de reçu écartelé de l'Ordre: d'argent à la croix de sable, et des armes de la famille du grand-maître. Les pièces frappées à Riga et à Reval ont généralement au revers les armes de la ville.
§ VL — Duché de Livonie.
En 1559, 1^ Livonie fut envahie parles Russes, et le grand maître Guillaume de Furstenberg fut emmené en captivité. Le nouveau grand maître, Gothard Kettler, céda en 1 561 le pays à la Pologne, se réservant seulement la Courlande et la Sémigalle, qui furent érigées en duché mouvant de la couronne de Pologne.
La possession de la Livonie fut, entre la Pologne, la Suède et la Russie, un sujet permanent de conflits dont les monnaies nous conservent le souvenir. La guerre soutenue contre le tzar Ivan IV le Terrible s'était terminée à l'avantage de la Pologne, grâce à la présence de nombreux soldats allemands, enrôlés pour la circonstance. A l'issue de la lutte, ces mercenaires se trouvaient créanciers de sommes considérables en garantie desquelles ils occupaient diverses forteresses. En 1 570, la dette s'élevait à 400,000 florins. Pour se libérer, le roi de Pologne autorisa deux de ses sujets, Valentin Iberfeld et Jacques Ging, à frapper en Livonie une monnaie de nécessité de bas aloi ; les bénéfices de la fabrication devaient servir au paiement des soldats. L'émission fut considérable; le 28 septembre 1 570, les deux entrepreneurs obtinrent licence de convertir en espèces 20,800 marcs-poids d'argent, et le 16 juin de l'année suivante ils se firent donner une autorisation nouvelle pour 6,000 marcs de métal. L'atelier d'iberfeld et de Ging était placé dans le château de Kirchholm ou, selon Czapski, dans le château de Dahlholm. Les monnaies ainsi frappées consistent en schillings, ferdings ou quarts de marks, demi-marks et marks d'argent. Les légendes de ces pièces se composent des mots
MONE- NOVA • ARGENTEA • DVCATVS • LIVONIE et du nom de la pièce, I SCHILLING, etc., écrit en allemand dans le champ du revers. L'avers porte un griffon tenant une épée ; ces armoiries, données à la Livonie par le roi de Pologne, étaient celles de Jean Chodkiewicz, le général qui avait repoussé l'invasion russe et avait été nommé gouverneur du duché.
La ville de Riga avait profité des événements pour se créer une situation indépendante. Tout en promettant de ne pas se séparer du reste de la Livonie, elle avait refusé le serment d*obéissance au roi de Pologne et avait déclaré ne reconnaître d'autre protecteur que l'Empire germanique. Ce n'est qu'en 1 581, à la suite de l'expédition d'Etienne Bathori contre les Russes, que les citoyens de Riga se soumirent volontairement et jurèrent fidélité au roi de Pologne. Pendant les vingt ans de liberté qui s'écoulèrent de 1 j6i à 1581, Riga monnaya en souveraine; ses ihalers de 1 8 ferdings, ses demi-marks et ses/erdings portent ses armes : d'azur à la porte de ville de gueules, flanquée de deux tours de même, la porte hersée et les tours couvertes d'argent; sous la porte, une tête de lion d*or; entre les tours, deux clefs d'argent en sautoir surmontées d'une croix d'or. Les légendes des thalers sont: DENARIYS ARGENTEVS XVIII FERD. R. CIVITATIS RIGENSIS ; celles des autres monnaies sont: MONETA NOVA ARGEN. CIVITATIS RIGENSIS. On trouve des monnaies d'or étrangères contremarquées aux armes de Riga.
Après la prise de possession par Etienne Bathori, la ville frappa suivant le pied polonais-lithuanien des pièces d'or, des schillings, demigros, gros et triples gros d'argent portant d'un côté le monogramme ou le buste du roi, de l'autre l'écu de la cité. Ce monnayage continua sous Sigismond III, de son avènement en 1588 à la prise de la ville par Gustave-Adolphe en 1621. Les monnaies frappées sous ce roi consistent en pièces d'or de dix ducats dites portugalôser, en ducats, en schillings (fig. 522), en gros, en dreipàlker, en triples gros d'argent.
§ Vn. — Souverainetés ecclésiastiques en Livonie.
Indépendamment de l'Ordre teutonique, trois souverainetés ecclésiastiques ont laissé en Livonie des souvenirs numismatiques. Les archevêques de Riga et les évêques de Dorpat, qui frappaient monnaie au
moyen âge, continuèrent à exercer leur prérogative régalienne pendant le xvi« siècle, jusqu'à la sécularisation de leur temporel. Un évèque d'Oesel dut à des circonstances particulières de pouvoir user du droit monétaire.
Archevéclié de Riga. — Les archevêques de Riga résidaient à Wendcn. La patronne du diocèse était la Vierge. Les armes épiscopales étaient : de gueules à la croix processionnelle et à la crosse d*or posées en sautoir. Le chapitre de la cathédrale portait un lis dans son écusson.
Les monnaies forment deux groupes distincts, suivant qu'elles portent le nom de l'archevêque seul, ou qu'elles ont été émises en participation avec le maître de l'Ordre de Livonie. Voici la chronologie des archevêques :
•Michel Hildebrand, 1484-1509. * Thomas Schôning, 1527-40.
*Gaspar von der Linden, 1509-24. * Guillaume de Brandebourg, 1540-63.
Jean VI de Blankenfeld (Dorpat), 1524-27. Christophe de Mecklembourg, 1563-69.
Sous ce dernier, en 1566, l'archevêché de Riga fut sécularisé. Les monnaies portent généralement à l'avers l'écu de famille des archevêques, au revers celui du temporel. En 1539, Thomas Schôning frappa le premier des marks d'argent. Sous Guillaume de Brandebourg, il y eut en 1559 une émission àt florins d'or et de thalers d'argent.
Les monnaies qui portent à la fois le nom de l'archevêque et celui du maître de l'Ordre de Livonie appartiennent aux personnages suivants :
Michel Hildebrand et Guillaume de Plet- Le même et Jean von der Recke.
tenberg. Le même et Henri de Galen.
Gaspard von der Linden et le même. Le même et Guillaume de Furstenberg.
Guillaume de Brandebourg et Hermann de Le même et Gothard Kettler.
Bruggenau.
La première forte monnaie d'argent appartenant à cette série est le demi-thaler de Gaspard von der Linden et Guillaume de Plettenberg frappé en 15 16.
Èvéché de Dorpat. — Cet évêché, dont le territoire s'étendait au nord-est de Riga, avait saint Pierre pour patron. Ses armes étaient : de gueules à la clef de saint Pierre et à Vépée de saint Paul d'argent posées en sautoir. Voici la liste des évêques de Dorpat depuis le commencement du xvi* siècle :
*Jean IV de Buxhôvden, 1499-1505.
Gérard Schroue, 1505-TI.
•Jean V de Duisburg, 1511-14.
• Vacance du siège, 1 5 1 5 .
• Christian Bomhouer, 1 5 1 5- 1 8.
•Jean VI de Blankenfeld, 1518-27.
•Jean VII Bey, 1527.
* Vacance du siège, 1528.
•Jean VIII de Gellingshausen, 1528-42.
•Josse von der Recke, 1543-51.
•Hermann Weilandvon Wesel, 1552-58.
Les évêques de Dorpat n'ont frappé que de menues espèces d'argent, sauf Hermann dont il existe un demi-niark de 1557. Les types habituels sont formés du buste de saint Pierre, des armes de l'évêché et de l'écusson de famille de l'évêque. La légende du revers est moneta nova tarpatensis ou terbatensis, diversement abrégée.
ÉvêcU d'Oeseh — En 1 5S9> Magnus, duc de Schleswig-Holstein, frère de Frédéric II, roi de Danemark, acheta le temporel des évêchés d*Oesel, de Courlande ou de Reval, mais il ne put se mettre en possession que d'une partie de son acquisition, qu*il tint en fief de la Russie. Le tzar lui donna même le titre ronflant de roi de Livonie.
Magnus frappa monnaie, mais sur ses pièces émises de 1561 à 1567, à Arensburg, dans File d'Oesel, et à Hapsal, sur la côte d'Esthonie, il s'intitula simplement: DH gratta episcopus Osiliae, Curolandiae et Revaliae, Ses espèces ne consistent qu'en schillings et ferdings. L'avers porte le buste ou les armes de l'évêque, le revers l'aigle, emblème héraldique de l'évêché d'Oesel, qui avait l'apôtre saint Jean pour patron. Magnus de Schleswig-Holstein mourut en 1583. Ses domaines tombèrent sous la domination de la Pologne.
S Vin. — UEsthonie et la Livonie suédoises.
L'Esthonie fut conquise en 1 561 par la Suède, lors de la dislocation du pouvoir de l'Ordre de Livonie, et Éric XIV conserva à Reval Tatelier monétaire que les Maîtres y avaient eu en activité. Ses successeurs jusqu'à Charles XI continuèrent les émissions. Les dernières pièces de ce roi qui portent un millésime sont, d'après le catalogue Preiss, de 1674. Ces monnaies de Reval ont un caractère municipal très marqué; le revers porte toujours les armes de la ville, trois léopards couronnés, entourées d'une légende telle que NVMMVS ARGENTEVS CIVITATIS REVALIENSIS.
En 162I5 Gustave-Adolphe s'empara de Riga. Le monnayage de cette ville continua sous la domination suédoise jusque sous Charles XII, dont les émissions furent peu importantes.
Outre ces monnaies de Riga, émanations d'une ville libre, il y eut en Livonie, sous Christine, Charles-Gustave et Charles XI, diverses émissions de menues espèces, de 1641 à 1664, portant les légendes SO- LIDVS LIVONIE ou MON- NOV- LIVONIE.
En 1670, le roi de Suède Charles XI ouvrit, à Narva, un atelier où furent battues jusqu'en 1672 diverses monnaies d'or et d'argent. Ces pièces portent l'initiale ou le monogramme couronné du roi, entouré de la devise : DOMINVS PROTECTOR MEVS, et au revers lecu de la ville de Narva entouré de MON • ARG • ou AVR • CIV- NARVAE.
La Suède perdit toutes ses possessions esthoniennes et livonienncs en 1721, à la paix de Nystad, qui les réunit à l'empire de Russie '.
I. Pour la Livonie et TEsthonie russes, voyez le chapitre suivant.
§ IX. — Duchés de Courlande et de Sêmigalk.
Comme nous l'avons dit plus haut, la Courlande et la Sémîgalle restèrent à Gothard Kettler, comme duchés vassaux de la Pologne, et héréditaires dans sa famille, qui s'éteignit en [7;?. Malgré un acte de la diète de Courlande qui avait désigné en J726 Maurice de Saxe comme héritier de ce duché, Anne, impératrice de Russie, veuve de Frédéric- Guillaume Kettler, le fit donner à son favori Ernest-Jean Biron. En 1795, la Courlande fut annexée à la Russie. Voici la chronologie des ducs de Courlande:
'Gothard Kettler, auparavant maître de Ferdinand Kettler, frère de Frédéric-Guil-
rOrdre de Livonie, 1562-87. laume, 1730-37.
"Frédéric Kettler, 1587-1639. Ernest-Juan Biron, 1737-41.
•Jacques Ketiler, 16Î9-82. Louis-Ernesi de Brunswick-Bevern, 1741-
* Frédéric-Casimir Kettler, 1683-98. 1759.
Frédéric-Guillaume Kettler, 1698-1711. ■ Charles-Chrétien de Pologne, 1759-63. Anne de Russie, sa veuvt, 171 1-30. •Ernest-Jean Biron, rétabli, 1763-69.
'Pierre Biron, duc de Sagan, 1769-91.
Gothard Kettler commença le monnayage du duché par l'émission de schillings et de thalers d'argent. Ces derniers portent à l'avers un écu parti de Courlande, qui est: d'or au iioncoui-onné de gueules, etdeSémigalle, qui est: d'azur à l'élan au naturel, couronné d'or, chargé sur le
Kg. liî
tout de l'écusson de Kettler et des initiales de Sigismond-Auguste, roi de Pologne ; le revers représente les armes de Pologne-Lithuanie, que l'on retrouve souvent dans la suite, notamment sur le thaler de Jacques Kettler reproduit ci-dessus (fîg. ;2j).
Parmi les monnaies d'Ernest-Jean Bîron, il convient de citer le double ducat d'or frappé en 1 764 à l'occasion du voyage en Courlande de Timpératrice Catherine II de Russie. Le revers porte une inscription de circonstance : IN MEMORIAM L^TITI/E QVAM EX ADVENTV SER: ET POTrOMN: RVSS: IMP: OVANSCVRONIA PERCEPIT.
La dernière émission de monnaies courlandaises eut lieu sous Pierre Biron en 1780; elle consiste en ducats d*or « ad legem imperii y^ ci en thalers d'argent « adnormam talerorum Alberti ».