LES PAYS-BAS DEPUIS CHARLES-QJJINT JUSQU'A NAPOLÉON I
Sources : A. Heiss, Descripcion gênerai de las nionedas hispano-crislianas. Madrid, 1865- 1869, 3 voL in-4 (t. III). — L. Deschamps de Pas, Essai sur rhistoire monétaire des comtes de Flandre de la maison d'Autriche, dans la Revue belge de numismatiqtu de 1875. — Van der Chys, De Munten der voormalige hertogdommen Braband en Limburg. Haarlem, 185 1, in-4. — Van der Chys, De Munten der voormalige graven en hertogen van Gelderland, Haarlem, 1852, in-4. — Van der Chys, De Munten der voormalige graafschappen Rolland en Zeeland, Haarlem, 1858, in-4. — R- Serrure, la Monnaie en Belgique^ Verviers, i88x, in-8.
§ I. — Charles-Quint.
Les Pays-Bas, tels que nous devons les entendre dans ce chapitre, sont les diverses provinces néerlandaises réunies sous le sceptre de la maison de Bourgogne et qui formaient la partie la plus considérable de rhéritage paternel de Charles-Quint.
A Tavènement de ce prince, les Pays-Bas, que les souverains nommaient leurs « terres de par de ça ^, comprenaient les duchés de Brabant et de Luxembourg, les comtés de Flandre, de Namur, de Hainaut, de Hollande, de Zélande et d'Artois, enfin la seigneurie de Frise».
I. Voici les armes de ces diverses seigneuries : Brabant: de sable au lion d'or armé et lampassè de gueules; Luxembourg : d'arg, à s fasces d'azur au lion de gueules cour, d'or brochant sur le tout; Flandre : d'or au lion de sable, armé et lampassè de gueules ; Namur: d'or au lion de sable, armé, lampassè et couronné de gueules; Hainaut : écartelé aux j" et 4^ de Flandre aux 2^ et ^c de Hollande; Hollande : d'or au lion de gueules; Zclande : d'or au lion issant de gueules, coupé fascé onde d'argent de six pièces; Artois : de France brisé en chef d'un lambel d'arg. à trois pièces chargées chacune de trois tourelles d'or; Frise: d'a:(ur semé de billettes couchées d'or à deux léopards d'or l'un sur Vautre; Tournai : de gueula à une tour crénelée de cinq pièces d'argent; Utrecht : écartelé aux /cf et 4^ de gueules à la croix et argent, aux 2^ et ^e d'or au lion de gueules armé et lampassè d'azur, sur le tout un écu tranché d'argeht et de gueules ; Overyssel : d'or au lion de gueules armé et lampassè d^a:(tir à la fasce ondée d'azur brochant sur le tout ; Gueldre : parti au i d'a:^ur au lion d'or couronné et à la queue fourchée et passée en sautoir qui est Gueldre, au 2« d'or, au lion couronné et contourné d'a:(ur qui est Zutphen.
Charles-Quint y ajouta successivement la seigneurie de Tournai, qu'il conquit en i;it sur François I, les seigneuries d'Utrecht et d'Overyssel, qu'il annexa en ijzî, et le duché de Gueldre, dont il s'empara en 1^4?.
Le commencement de la numismatique moderne remonte dans les Pays-Bas espagnols à l'époque où Charles-Quint fut appelé au trône impérial (mio). Pendant les cinq premières années de la majorité de ce prince (tji; à is2o) on continua le monnayage selon les ordonnances et avecles coins de la minorité; la série numismatique d'alors se rattache encore complètement au moyen âge par le style des pièces, par la forme des lettres employées pour les légendes comme par la minceur des flans et les métaux en usage.
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C'est à Charles-Quint que revient l'honneur d'avoir résolu dans les Pays-Bas espagnols le problème de l'unification des monnaies, dont la solution avait été poursuivie depuis Philippe le Bon. Les anciennes pièces brabançonnes et flamandes avaient toutes la mile pour unité de compte; mais deux mites de Flandre valaient trois mites de Brabant. Toutes les monnaies de Charles-Quint sont des multiples de la mite divisibles à la fois par deux et par trois.
L'empereur jeta les bases de son remarquable système monétaire par une ordonnance promulguée à Malines le 4 février 1520; cette ordonnance prescrit l'émission des réaux, des demi-réaux et des florins d'or, des réaux, des demi-réaux, des doubles gros ou sols, des sixains ou negenmannekens. Plus tard, le 11 août lîjô, il fit forger les premières pièces d'argent à flan épais, les vliegers ou krabbelaars, ainsi appelées de leur empreinte, une aigle.
Le 29 octobre 1^40, l'empereur prescrivit l'émission des couronnes d'or, le îi février 1541 parut l'ordonnance relative aux écus carolus d'argent ayant la même valeur que les'anciens florins d'or, enfin une dernière mesure remplaça par des pièces de cuivre pur les monnaies d'appoint composées jusqu'alors de mauvais billon.
Le tableau suivant, que nous empruntons à M. C.-A. Serrure, fera saisir l'ensemble du système monétaire de Charles-Quint mieux que ne pourrait le faire une longue explication :
valant 2 mites de Flandre.
valant 6 mites.
Gros valant 24 mites.
Co«r/e valant 3 mites de Brabant.
Negenmanneke valant 9 mites.
Demi-sol valant 36 mites.
Double-gros
valant 48 mites.
Demi-réal valant 72 mites.
Réd
valant 144 mites.
Sol valant 72 mites.
Demi-réal valant 108 mites.
valant 216 mites.
Vlieger valant 192 mites.
Ecu carolus
valant 960 mites.
'^ Flonné'or valant 960 mites.
Vlieger valant 288 mites.
Ecu carolus valant 1440 mites.
Florin d'or valant 1440 mites.