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Tænioptéridées

Tæniopteris Brong. emend. (fig. 106). Fronde simple, rubanée, à bords entiers, de consistance coriace; rachis fort, marqué en avant d'un sillon longitudinal, fortement convexe en arrière; nervures latérales naissant antérieurement le long de l’étroit sillon, sous un angle très-aigu, bientôt recourbées pour se diriger horizontalement vers le bord, divisées en deux parties près de leur base, presque toutes les branches également bifurquées un peu plus loin, les rameaux de dernier ordre très-minces, serrés, absolument parallèles entre eux et courant jusqu’au bord; fructifications inconnues.

. Des deux espèces connues dans ce genre, le 7. multinervis Weiss appartient au carbonifère supérieur, le 7. abnormis Gutb. est du rothliegende; ce dernier montre déjà de la ressemblance avec le genre suivant.

Lesquereux figure dans la flore carbonifère de Pennsylvanie, sous le nom de 7. Smithsii, une espèce si voisine du 7°. multinervis que l’on ne peut douter qu’il s'agisse de la même espèce.

Le 7, affinis Vis. et Mass., espèce tertiaire, est vraisemblablement un Acrostichum, et le 7. Eckardi Germ., du kupferschiefer, avec ses nervures secondaires détachées obliquement, pourrait être un Danæopsis.

Macrotæniopteris Sch. (Tæ@niopteris auct.) Fronde simple, longue parfois de plus de deux pieds et large de six pouces, rubanée, arrondie au sommet ou faiblement pointue, paraissant avoir eu une consistance membraneuse; nervures latérales naissant à angle aigu, puis brusquement courbées vers l’extérieur ou presque horizontales, les supérieures seulement obliques, bifurquées dès la base ou simples, serrées.

Cette fronde de Fougère qui, par sa forme, ses dimensions, sa consistance, rappelle presque les feuilles des Musa et dont la faune actuelle ne nous présente plus aucun type, à l'exception peut-être du Neottopteris d'Australie, n’est connue jusqu'ici que dans le keuper et dans les couches rhétiennes et infraliasiques; elle est représentée par une série d'espèces: M. gigantea Sch. de Silésie et de Suède, M. magnifolia Rogers sp. du keuper (?) de Richmond (Virginie), M. musæfolia Bunb., auquel appartient Æ. lata Oldh., Morrisii Oldh., ovala Sch., Feldeni Feistm., danæoides Royle, du Bengale (Rajmahal) où le genre paraît être richement représenté. Il est douteux que le Tæniopteris major Lindl. et H., de l’oolithe inférieure de Scarborough, appartienne à ce genre; au con-

Fig. 106.

Tæniopteris multinervis Weiss. du carbonifère (d’après nature).

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traire, le Taeniopleris superba Sap. des couches rhétiennes inférieures d’Autun, pourrait être, au contraire, un Macrotæmiopteris.

Palæorittaria Feistm. Feuille simple, étroite à la base, s’élargissant progressivement, linguiforme, allongée, entière sur ses bords, parfois incisée à la pointe; nervure moyenne forte, large à la base, s’évanouisssant vers le milieu de la feuille; nervures secondaires naissant sous un angle très-aigu et s’élevant presque en droite ligne pour se porter au bord.

Fougère herbacée aux frondes longues d’environ 14cm; la nervure principale qui disparaît vers le milieu et les nervures secondaires, détachées sous un angle très-aigu, permettent de distinguer facilement ce genre des autres Tænioptéridées.

La forme des feuilles rappelle sans doute les Véttaria, mais les nervures secondaires sont plus redressées, plus nombreuses et elles ne s’anastomosent pas comme dans ce dernier genre, avec une nervure intramarginale qui porte les sores dans les frondes fertiles.

On trouve cette plante dans les ,Raniganj Series“ de l'Inde.

LEesQuEREUx à figuré sous le nom de Zesleya grandis (Atlas de la flore carbonifère de Pennsylvanie) d'assez grandes feuilles de forme elliptique qui proviennent des houilles de la Pennsylvanie; elles présentent une nervure médiane qui s’amincit progressivement et de laquelle se détachent des nervures latérales très-fines, serrées, plusieurs fois découpées, qui se dirigent obliquement vers le haut. Les frondes sont parfois divisées en grands lobes de dimensions inégales.

Oleandridium Sch. (fig. 107). Frondes pétiolées, longues de 10 à 30cm sur 1 à 8cm de large, lancéolées ou linguiformes acuminées, aux bords entiers ou légèrement crénelés, vraisemblablement de consistance assez ferme pendant la vie; nervure moyenne forte, nervures latérales devenant brusquement horizontales, droites, parallèles entre elles, parfois simples, d’autres fois bifurquées, terminées dans une nervure marginale. Fructifications inconnues.

Ce genre rappelle, les Chrysodium, les Olfersia et particulièrement les Oeandra parmi les Fougères vivantes; il se distingue des T'æniopteris par ses nervures latérales plus fortes, tout-à-fait horizontales, qui vont se terminer dans une nervure latérale et par la forme elliptique allongée de sa fronde acuminée.

Angiopteridium Sch. (Tæniopteris auct., Stangerites M'Clell.). Frondes une fois pennées; pennes longues, linéaires, plus ou moins rétrécies vers la pointe, arrondies ou presque cordiformes à la base, insérées seulement par la nervure médiane,

Fig. 107.

qui forme parfois un court pétiole articulé; nervure médiane Oyeunaridium vittatum

forte, nervures latérales détachées à angle aigu et devenant Sap. sp. brusquement horizontales ou un peu arquées dans leur trajet vers la périphérie, simples et bifurquées, atteignant le bord.

Schimper-Zittel, Traité de Paléontologie. t. II, 9

130 PTÉRIDOPHYTES. FILICACÉES

Ce genre contient les Tænioptéridées à feuilles pennées, dont on ne connaît pas les fructifications et qui, par la forme des frondes et la nervation, rappellent principalement les Angiopteris et quelques Marattiées.

Mac CLELLAND, dans la Palæontologia indica, a décrit sous le nom de Stangerites une série de formes qui correspondent à la diagnose que nous venons de donner. Mais, le mode d'insertion des folioles n’a aucune analogie avec celui des Stangeria; dans ce dernier genre, en effet, elles sont décurrentes et ne se désarticulent pas. Ces fossiles du jurassique inférieur, appartiennent certainement aux Fougères, mais, en attendant que leurs fructifications soient connues, il faut les rapporter au groupe des Tænioptéridées.

Marattiopsis Sch. (Tæniopteris Sternb., Aspidites Güpp.). Frondes simplement pennées; pennes longues, linéaires, se terminant insensiblement en pointe, à bords dentés en scie; nervure médiane mince, filiforme, nervures latérales obliques, bifurquées, un peu au-dessus de leur origine, en branches simples, parallèles entre elles.

Le type de ce genre est le Tœniopteris dentata Sternb., de la formation houillère. Les folioles ont de la ressemblance avec celles du Marattia fraxinea Sm.

Sous-groupe des Dietyotænioptéridées.

Glossopteris Brong. (fig. 108). Feuille simple, entière, pétiolée, spatulée, oblongue ou linguiforme-linéaire, longue de deux pouces à un pied et plus, de consistance coriace; nervure moyenne généralement forte, s’amincissant insensiblement vers la pointe, pourvue en avant d'un sillon longitudinal; nervures latérales plus ou moins allongées formant un réseau lâche. Les sores sont sessiles, distribués sur le bord.

On peut comparer à ce type fossile, sous le rapport de la forme de la fronde et de la nervation, plusieurs Fougères vivantes du genre Pteris, entr'autres les Pt. ampla Kze. et Heœnkeana Presl et aussi l'Asplenium marginatum L.; en l'absence d'organes de fructification suffisamment conservés, on ne peut décider si ce genre a encore des représentants dans une famille actuelle.

On connaît en Australie, dans l'Inde et dans l'Afrique du Sud, une série d'espèces, parmi lesquelles le G7. Browniana Brong. var. precursor Feistm. et le G7. Clarkei Feistm., qui se trouvent dans les couches carbonifères d’origine marine de Queensland, avec des fossiles palæozoïques; or, d’après FEIsT- MANTEL, On connaît dans les couches supérieures, non marines, appelées ,New-Castle-Beds“ douze espèces parmi lesquelles le G1. Browniana. Cette plante existerait donc dans les deux

Fig. 108. : 3 À : Et c $ bobine Bros formations, ce qui est à peine admissible, si les couches in-

Brong. Exemplaire de férieures appartiennent bien au houiller et les supérieures

tit te il] € Q Ps ot pete Me, provenant au trias ou au rhétien comme on semble l’admettre. Les espèces d'Australie (d'après

Schenk). observées dans l'Inde, d’après le même auteur, seraient propres

GENRE INCERTZÆ SEDIS. — PHLÉBOPTÉRIDÉES 131

en partie au trias, en partie au rhétien et au lias inférieur’. On n’a encore trouvé en Europe aucune espèce de Glossopteris.

Genre incertæ sedis.

Ctenis Lindl. et H. Fronde large, oblongue rubanée, partagée jusqu’au rachis en segments plus ou moins larges, linéaires, détachés sous un angle ouvert, décurrents, soudés ensemble à la partie supérieure de la feuille seulement, sur une certaine hauteur. Rachis épais, arrondi, revêtu d’un épiderme dont les cellules dessinent des mailles polyédriques; nervures latérales se détachant sous un angle très-aigu courbées brusquement pour devenir horizontales, et courant parallèlement entr'elles vers le bord; ces nervures se relient pour former un réseau anastomotique lâche, à l’aide de ramifications latérales qui naissent obliquement. Les sores, d’après SCHENK sont petits, ronds et couvrent toute la face inférieure de la feuille.

Nous ne connaissons rien, dans la flore fossile ni dans la flore actuelle qui puisse être comparé avec le genre Ctenis. D'après l'examen attentif de l’échantillon original, sur lequel les segments de la feuille sont très-larges, il faut rapporter au genre Cfenis le Tœniopteris asplenioides Ettingsh.; comme précisement cette espèce rappelle la nervation des Glossoptéridées par ses nervures en partie non anastomosées, il semble que l’on doive placer provisoirement ici une forme qui, sans Cela resterait isolée. Au reste, la facon dont les nervures se détachent de la tige rappelle beaucoup les Tænioptéridées.

Ce genre est représenté en Europe par une espèce de l’oolithe de Gristhorp en Angleterre (C4. falcata Lindi. et Hutt.) et par une autre espèce du lias d'Autriche et de Hongrie (C{. asplenioides); une troisième espèce (C4. orientalis. Heer) appartient à l’oolithe de la province de l'Amour.

12, Phléboptéridées.

Phlebopteris Brong. (Tabl. des genres). Frondes une fois ou deux fois pennées ; pennes divisées en segments lancéolés plus ou moins allongés, réunis par la base; nervures secondaires naissant presque à angle droit et formant de chaque côté de la nervure moyenne une série de mailles à trois ou à un plus grand nombre de côtés; des angles de ces mailles se détachent des nervures de troisième ordre en partie simples, en partie bifurquées, rarement anastomosées, qui se rendent vers le bord; une de ces nervures reste plus courte et porte à sa pointe un petit sore arrondi.

La nervation est tout-à-fait celle des Woodwardia, mais les caractères tirés des fructifications sont différents et concordent avec ceux de certaines Polypodiées.

Ce genre s'éloigne beaucoup du genre Hemitelia avec lequel Gürperr l’a comparé comme Hemilelites.

1 F&ISTMANTEL, Palæontolog. Beiträge (Koss. Flora Austral.) in Palæontograph. 1878 (sept.) et Contrib, to the Knowledge of the Foss. F1. of India in Journ. Asiat. Soc of Bengal. 1876.

132 PTÉRIDOPHYTES. FILICACÉES

On peut regarder comme type de cette forme le PA. polypodioides Brong. qui provient de l’oolithe, de même que le PA. contigua Lindl. et H., tandis que le Phl. affinis Schenk appartient au lias inférieur et au rhétien.

Microdietyon Sap. Maiïlles situées le long de la nervure moyenne partagées en un réseau délicat par des nervures de troisième ordre; celles-ci, dans leur trajet vers la périphérie se ramifient et s’anastomosent plus ou moins entr’ elles; un gros sore arrondi au milieu des grandes mailles, sur la nervure principale.

On peut à peine séparer ce genre du genre précédent. Les espèces qu'il faut rapporter ici sont les Ph. Woodwardi Leckenb. et M. ruthenicum Sap., tous deux du bathonien; vraisemblablement aussi le Zaccopteris Dunkeri Schenk, de l'argile wealdienne et des sables de Hastings d’Osterwald.

Les genres Carolopteris et Monheimia Deb. et Ettingsh., de la craie d’Aïx-la- Chapelle, sont très-voisins des Microdictyon, si ils en sont génériquement bien distincts.

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