‹ Traité de paléontologieChapitre 89 sur 183 · Feuilles à nervures parallèles · texte numérisé non relu

Feuilles à nervures parallèles

A. Chez les feuilles sessiles et amplexicaules pourvues d’une large base, ce mode de parcours n’est pas rare, on l'observe chez les Dicotylédones, il est très ordinaire et prédominant parmi les Monocotylédones. Les nervures en plus ou moins grand nombre, égales entre elles, ou la médiane plus forte et les latérales plus grêles, ou encore alternativement fortes et faibles, traversent la feuille parallèlement à sa longueur; les anastomoses sont ordinairement nombreuses. Comme exemples, je citerai Æryngium bromeliaefoliwum Laroch. et les espèces voisines, Bupleurum salicifolium L. et autres espèces de ce genre. A l’état fossile, ces feuilles seraient certainement prises pour des feuilles de Monocotylédones (fig. 2542).

B. Chez les feuilles sessiles rétrécies vers la base ou chez les feuilles dont le limbe est décurrent sur le pétiole, on observe souvent des faisceaux parallèles, égaux ou inégaux, le médian plus fort et un, deux ou plusieurs latéraux plus faibles. De nombreux phyllodes d'Australie peuvent servir d'exemples : diverses espèces d’Acacia, de Statice, d'Hakea (fig. 2545). |

C. Chez les feuilles pétiolées, quelles que soient d’ailleurs le largeur de la feuille et sa base, le limbe reçoit 3-5 faisceaux, plus rarement 7 ou plus; ces faisceaux suivent des parcours d'autant plus directs faisant entre eux des angles d'autant plus aigus que la feuille est plus étroite; ils divergent d'autant plus qu’elle est plus large. Dans les feuilles larges, les faisceaux décrivent des arcs plus ou moins accentués. Si le limbe est large, particulièrement à la base, le parcours des faisceaux se rapproche beaucoup de ce que nous verrons dans la catégorie suivante, et fournit une transition entre les deux groupes. A l’état fossile, ces feuilles peuvent être prises pour des feuilles de Monocotylédones. Généralement le faisceau médian de la feuille est le plus fort, parfois cependant la différence est légère. Comme exemples on peut citer: Cocculus laurifolius (fig. 2544), de nombreuses Myrtacées (fig. 2541b) et Mélastomacées, Ceanothus, Paliurus, Thunbergia laurifolia, Boehmeria biloba, et quelques espèces du genre Artanthe. Lorsque les nervures sont émises sous un angle très-aigu, elles portent le nom de nervures acrodromes.

3. Feuilles dont les faisceaux ont un pareours en are de cerele (eurvinerves).

Sous cette désignation, je comprends des feuilles à base cordiforme, réniforme ou arrondie, dont les faisceaux, aussitôt leur entrée dans le limbe, ou peu audelà, parcourent un arc d'autant plus grand que la base de la feuille est plus large. Les faisceaux convergent ensuite vers la pointe de la feuille; le faisceau médian est le plus fort. La limite entre ce mode de nervation et les modes voisins ne peut pas toujours être nettement tracée, surtout chez les feuilles étroites. Comme exemples, on pourra prendre: les espèces de Piper, un certain nombre d’Artanthe (fig. 2551), Saururus, Houttuynia, et une partie des Mélastomacées. Ce parcours des nervures n’est pas rare chez les Monocotylédones.

392 __ ANGIOSPERMÆ. DICOTYLÉDONES

Page 1