I. — Potasse concrète
A. Premier puocédé. — On fait au centre d'un emplâtre de diacliylon uno ouverture de la moitié du diamètre ([u'on veut donner à l'escarre; on apprupic cet emplâtre sur la peau , et on place un fragment de potasse causticpic en rapport avec l'ouverture. Un second
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emplâtre de diachylon non percé , plus grand que le premier, est appliqué sur lui. Le tout est fixé par une compresse et une bande. Si l'on veut épuiser la potasse , il faut employer un petit fragment , et être bien prévenu qu'une couche de 1 tiers de ligne ( 1 millim.) de ce caustique suffit pour traverser la peau. La potasse est ainsi employée pour ouvrir des abcès ou des cautères. On ne saurait croire combien de fois les élèves et même des praticiens se sont trompés en appliquant ce caustique ; presque toujours son action dépasse le but qu'on se propose.
B. Deuxième procédé. — Si l'on veut cautériser à de grandes profondeurs, on peut faire fondre des trocliisques de potasse pure. On les fixe à un long porte-crayon ; on laisse la base du trochisque libre , si la surface à cautériser est large et unie ; autrement c'est le sommet qui fera saillie. Comme ia potasse se liquéfie facilement, on garnira les environs, surtout la partie la plus déclive.
On peut tout simplement faire couler la potasse caustique en cylindre; les premières applications lui dônnent bientôt la forme conique en fondant le bout qui agit.
L — Nitrate d'argent.
Ce sont de petits cylindres fixés sur un porte-crayon en argent, porte-pierre. On applique ces cylindres par la base ou par les côtés , ou bien on les taille en cônes plus ou moins aigus. Quand le nitrate d'argent doit être porté à de grandes profondeurs, on se sert d'instruraenls qui seront connus plus tard. Si l'on cautérise une surface vive, il vaut mieux la déterger auparavant ; si c'est sur l'épiderme, on peut l'humecter.
IL — Trochisques.
Ce sont des cônes qu'on formait avec des pâtes , qui avaient pour bases des oxydes de plomb, de mercure, d'arsenic, etc. On les enfonçait dans des tumeurs , ou des amas de ganglions, pour les détruire.
§ 3 . — Caustiques mous.
\. — Pate de Vienne.
C'est un des plus actifs. Cette pâte est formée avec cinq parties de potasse caustique, six parties de chaux vive , le tout en poudre. On l'ait la pâte au moment de s'en servir. Pour cela , on met dans une soucoupe une quantité suffisante de poudre et d'alcool ; on pétrit le tout avec une spatule d'argent. La pâle une fois formée, on en appli(iu.sur la peau une couche de 2 lignes (5 millim.) d'épaisseur avec la largeur (ju'oii désire iloinier à l'escarre. Celle-ci dépassera de très peu (■2 millim.) les diamètres di; la pâte; car ce causti(iue ne coûle pas
comme la potasse; il faut circonscrire nettement les bords de la pâte avec une spatule trempée dans l'alcool.
L'action de ce caustique étant très énergique et très rapide , on ne , loit pas le perdre de vue. Au bout de cinq ou six minutes , quelquefois inoins, la peau est cautérisée , ce qui est indiqué par une ligne grise qui entoure la pâte ; on enlève alors le caustique , et on lave la partie avec une eau acidulée.
On peut, dans tous les cas, remplacer la pierre à cautère par ce caustique; mais , je le répète, on doit être prévenu de sa grande énergie. Je connais déjà deux accidents arrivés à la suite d'une application mal faite de la pâte de Vienne. Je parlerai plus tard d'un cas de per- [bration de l'articulation tibio-tarsienne produite ainsi , et qui amena la mort. On a fait des bâtons de ce caustique à la manière des bâtons de pierre infernale; on s'en est surtout servi pour cautériser la matrice.