III. —Par l'ammoniaque
On l'emploie pure ou en pommade : c'est presque toujours sous cette dernière forme que l'on s'en sert. La pommade ammoniacale que recommando M. Gondret est un mélange de parties égales" d'axonge etd'ammonia(iue concentrée. Pour l'appliquer, on prend un morceau de diachylon au centre duquel on ménage une ouverture de la forme et de la grandeur qu'on veut donner au vésicatoire ; on place ce morceau de diachylon sur la partie; à l'aide d'une spatule, on étale sur la portion de peau qui se montre dans l'ouverture faite au diachylon une couche de pommade ammoniacale de 2 millimètres
d'épaisseur. Au bout d'un quart d'heure ou demi-heure au plus, la vésication est produite. La pommade de Gondret est d'un emploi peu sûr. parce qu'elle n'est point toujours identique : elle est tantôt trop faible , tantôt trop concentrée. Dans ce dernier cas, elle peut produire une escarre des couches superficielles de la peau. Quoi qu'il en soit, la rapidité de son action est souvent utile; on s'en sert très avantageusement à titre de médication active par la méthode endermique.
Ce vésicatoire permanent donne quelquefois lieu à certains accidents : ainsi une inflammation érysipélateuseou une éruption de petits boutons. Cet état reconnaît le plus souvent pour cause des pansements trop rares et mal faits : quelquefois cet état est sous la dépendance d'un embarras gastrique. Il est facile de s'expliquer l'engorgement des ganglions lymphatiques voisins. Dans les maladies adynamiques, la surface des vésicatoires devient quelquefois gangréneuse; il faut alors employer des topiques antiseptiques. Quelquefois il s'écoule quelques gouttes de sang de la surface des vésicatoires, surtout si les pansements sont mal faits. On a vu chez un vieillard 500 grammes de sang s'écouler par la surface d'un vésicatoire.
§ 3. — ■ Cautères.
On donne ce nom à une solution de continuité arrondie faite à dessein et entretenue par le séjour d'un corps étranger qu'on renouvelle chaque jour; on l'appelle aussi fonticule.
Le cautère est appliqué au bras dans l'enfoncement qui sépare l'angle inférieur du deltoïde du triceps; à la cuisse, à sa partie inférieure interne, au-dessus du genou, dans la dépression que laissent les muscles vaste interne et couturier ; à la jambe, à la partie interne du genou, dans la dépression qui sépare le jumeau interne des tendons réunis des muscles couturier, droit interne et demi-tendineux; «à la nuque, soit entre les deux trapèzes, soit entre le splénius et le grand complexus, le long de la colonne vertébrale, des deux côtés de la ligne médiane, en évitant avec soin les apophyses épineuses; dans les espaces intercostaux. Ou peut encore appliquer le cautère ailleurs, suivant les indications; mais on peut voir, par la série de ces lieux d'élection, que le premier précepte qui domine son application, c'est la condition suivante : une peau doublée par une couche de tissu cellulaire assez épaisse. En outre, il faut se garder de l'appliquer sur le trajet de vaisseaux superficiels, des os, comme le tibia, le sternum, etc., des tendons, des nerfs, et môme du corps des muscles; car, dans ce dernier cas, l'ulcère ne suppure pas convenablement; il est sanguinolent, tiraillé sans cesse par les mouvements du muscle. Le eau-
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PROLÉGOMIÎNES.