Livre IT : Maladies des régions
À chacune de ces parties s'appliquent lessous-divisions déjaindiquées. En effet, dans le livre premier, on étudie d’une manière générale: 4° les anomalies et difformités; 2° les lésions physiques ; 3° les lésions vitales ; h°les lésions organiques. Viennent ensuite la thérapeutique et la médecine opératoire motivées par ces étatsanormaux. Dans les deuxième et troisième livres, ces mêmes sous-divisions étant reprises, on voit les différences de tissu, d’organe, de région, déterminer des différences dans les difformités et les maladies. Ainsi d’abord les grandes analogies pathologiques, les faits généraux, puis les différences, les faits particuliers. Ge tableau montre fonctionnant ces puissants moyens de logique, sans lesquels il n’y a ni science ni pratique. L'étude des différences, des faits particuliers, n’a nul besoin d’être recommandée aujourd'hui ; elle est sympathique (on comprend pourquoi) à la majorité des esprits. On recule, au contraire, devant l'étude des analogies. 11 faut donc dire à ceux qui sont indifférents à la philosophie de notre art, que la pratique peut trouver dans l’analogie ses plus utiles inspirations, car comme les différences pathologiques se multiplient à l'infini, il arrive souvent au praticien le plus instruit de trouver un cas nouveau devant lequel il est désarmé, ou sur lequel il frappe en aveugle, s’il ne sait en faire surgir un rapport avec d’autres cas dont la nature est connue et la théra-
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PRÉFACE. XXIX peutique éprouvée, Je ne puis done trop recommander au jeune chirurgien les matières du p'emicr livre; il lui ouvrira les suivants, qui deviendront alors d’une lecture plus facile et plus profitable. En passant d’un livre à l’autre et des chapitres aux articles, le lecteur verra les maladies se spécialiser de plus en plus, ses connaissances pratiques s’accroître, et l'art chirurgical proprement dit se montrer toujours plus nécessaire. C'est, en effet, dans les régions que les questions de diagnostic, de médecine opératoire, deviennent plus fréquentes, plus difficiles et plus graves.
Dans cette deuxième édition, j'ai cherché à compléter la chirurgie des régions. Les maladies du rachis, de l’aisselle, de l’aine, celles des membres, ont alors été étudiées dans les groupes indiqués par l’anatomie chirurgicale, d'où des considérations synthétiques sur le diagnostic et la médecine opératoire de ces mêmes maladies que les praticiens ont déjà pu apprécier. J'ai été conduit par cette voie à des études sur les difformités, à un classement de certaines opérations, et à des résumés sur le diagnostic, qui étaient impossibles dans les autres cadres. Ainsi, en exposant les maladies des membres, j'ai mieux fait connaître leurs difformités qu’en traitant des maladies des os et des maladies des muscles en particulier. Cette dernière pathologie renferme bien les éléments de la difformité ; mais la difformité, dans son ensemble, ne peut être que là où ces mêmes éléments se trouvent groupés. Quand on arrive aux lésions les plus graves des membres, celles contre lesquelles la thérapeutique proprement dite est impuissante, on trouve naturellement les grands moyens chirurgicaux, les amputations et les résections. Par cette distribution, la pathologie qui précède la description de ces moyens est un exposé des motifs qui les réclament. Les amputations, étant des opérations qu'on pratique sur les membres, sont décrites en regard de la pathologie des membres.
Cette même édition fut signalée par une amélioration notable, par l’intercalation dans le texte de plus de 550 figures gravées sur bois. On sait que cette gravure, la première en date, en utilité, fut universellement employée depuis Vésale dans les livres de science. Longtemps négligée ensuite, et presque abandonnée, ce n’est que depuis trente ans que ce procédé de reproduction a repris faveur, d’abord dans le monde de l’art, puis dans le ‘monde scientifique. L'utilité, ou plutôt la nécessité des figures, des images dans les traités sur les sciences physiques et naturelles, n’est contestée par personne. Pour l'anatomie et la chirurgie particulièrement, les besoins des représentations figu- 1ées sont tellement impérieux, que, malgré la désapprobation exprimée par Bichat, elles se sont multipliées en raison directe des progrès des connaissances qu'elles sont destinées à transmettre. Mais quand les figures sont éloignées du texte et groupées dans un atlas séparé, le