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TISSU CARTILAGINEUX ANORMAL

Le tissu cartilagineux accidentel n’est pas absolument identique avec celui des cartilages normaux, etoffre plus de variétés que ce dernier. Il est presque toujours moins homogène, non-seulement quant à la couleur, qui est plus blanche, et à la transparence, qui est moins complète, et en certains points presque nulle, mais encore quant à la consistance, qui est assez souvent variable suivant les points; enfin la texture est souvent moins pure que celle des cartilages normaux, et l’on rencontre fréquemment, entre autres éléments étrangers, des fibres et des concrétions calcaires. Il y a cependant une remarque intéressante à faire à ce sujet, c’est que les cartilages accidentels, destinés à remplacer les cartilages normaux, se rapprochent en général beaucoup plus de la structure de ces derniers que ceux qui sont dans des conditions opposées.

Formes revêtucs par le tissu cartilagineux anormal, — La forme qu'offrent les productions accidentelles cartilagineuses les a fait diviser par Laennec en plusieurs catégories qu’il nous paraît utile de reproduire, quoique ces formes ne soient pas toujours aussi bien dessinées dans la nature que dans sa classification.

1° Aystes. — Cette forme est assez rare; les kystes sont petits et renfernent dans leur intérieur, soit une substance calcaire, soit plus rarement d'autres kystes semblables qui, eux, renferment alors cette matière.

2 Corps vsolés. — Ils acquièrent au plus le volume d’une amande, et sont ordinairement beaucoup plus petits. On les rencontre dans le tissu cellulaire sous-séreux et dans la cavité même des séreuses et des synoviales, particulièrement dans les séreuses sous-tendineuses, où ils constituent ces corps étrangers sur Jésquels à insisté Dupuytrén. Laennec en a vu sous la tunique vaginale, et M. Fizeau entre la capsule cristalline et la membrane hyaloïde. Ils ne sont pas très rares dans la séreuse ventriculaire du cerveau.

3° Incrustations. — Laennec à donné ce nom à ces plaques cartilagineuses que l’on rencontre à la surface de certains organes, et qui ont la forme la plus fréquente sous laquelle se présente cette dégénérescence. On l’observe lréquemment autour de la rate, du péricarde, dé la tunique vaginale, dans là tunique moyenne des artères et les valvules du cœur. On doit rapprocher de cette forme les incrustations cartilagineuses dont se revêtent les surfaces osseuses, lorsqu'un os vient à exécuter des mouvements sur cette surface.

h° Masses. — Cette forme est constituée par une dégénérescence informe déposée au sein des tissus ; c’est ordinairement dans d’autres produits morbides ou dans des organes différemment altérés qu'on les rencontre : ainsi, on les voit fréquemment dans les kystes ovariens et dans les goîtres, moins réquemment dans les dégénérescences fibreuses de l'utérus et de la ma- Welle, dans les tumeurs éléphantiasiques, ete. Elles ne constituent alors, le bus souvent, qu’un accident de la tumeur principale.

Les causes qui peuvent favoriser la dégénérescence cartilagmevse sont

h3l TISSU OSSEUX ANORMAL.

pour là plupart inconnues. On sait que l’âge amène naturellement la cartilaginification de quelques organes, comme la tunique propre des artères et les: valvules du cœur. On sait également que l’inflammation favorise.singulièrement cette transformation même chez les individus jeunes ; enfin, on n’ignore pas que, lorsque deux surfaces osseuses viennent à contracter des rapports: anormaux de contiguité, comme lorsque, par suite d’une luxation, l'extrémité d’un os vient glisser sur le corps d’un autre, la portion de ce dernier sur laquelle s'exécute ce glissement s'incruste d’un cartilage qui supplée en partie aux fonctions du cartilage normal. Dans certaines fractures qui ne se consolident qu'imparfaitement, le cal est formé souvent par un tissu qui revêt les caractères du cartilage, et plus souvent encore du fibro-cartilage, comme on l’observe souvent dans les fractures de la rotule. A part ces condi tions étiologiques, toutes les autres sont inconnues.

Les produits cartilagineux n’exigent de traitement que lorsque, placés dans une articulation ou dans toute autre cavité, ils y produisent des accidents comme corps étranger. Ge traitement doit être indiqué à propos des maladies de chacun de ces organes en particulier (1).

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