MALADIES DES BOURSES SÉREUSES. — CAVITÉS CLOSES SOUS — CUTANÉES
Anatomie.
Le tissu cellulaire, très serré quand il participe à la structure du derme, devient plus lâche à mesure qu ‘il est examiné dans des couches plus profondes; il prend d'abord l'aspect filamenteux, puis la forme celluleuse se prononce : il est des points où ces cellules qu'on peut considérer comme de petites séreuses à l’état rudimentaire, en prennent définitivement les caractères : ce sont alors des cavités closes qu'on a appelées bourses muqueuses, mucilagineuses. Mais leur structure étant surtout analogue à celle des séreuses, le nom de bourses séreuses est plus convenable. Ce qui conviendrait le mieux, car on ne préjugerait rien sur la nature de ces organes, ce serait de les appeler cavités closes sous-cutanées. J'ai placé en tête de la section ces deux dernières dénominations pour obéir en même temps à l'usage, et indiquer l'analogie de ces cavités avec les autres dont il a déjà été question. D'ailleurs je me servirai indifféremment des deux dénominations.
Béclard définissait ainsi ces cavités : petits sacs séreux contenant un liquide onctueux, à parois minces, ordinairement vésiculaires, arrondis et multiloculaires à leur intérieur, sacs qui se rencontrent partout où la peau recouvre des parties qui exercent de fréquents mouvements, et dont l'usage est de faciliter le glissement de cette membrane. On voit, par cette définition, que Béclard voulait parler surtout des cavités closes sous-cutanées. À cette définition de Béclard, qui est déjà un commencement de description, j'ajoute que la grandeur de la bourse varie depuis un jusqu’à 5 centimètres ; ses parois, en général minces, ont quelquefois été trouvées avec une certaine épaisseur. 1! est des bourses qui ne sont pas complétement closes, elles communiquent alors avec le tissu cellulaire ambiant; ce qui est plus malheureux, mais tout à fait exceptionnel, c’est qu'il en est qui communiquent avec quelque gaine ou quelque articulation du voisinage. Il est de ces bourses qui sont naturellement en rapport avec les tendons, les muscles : il en sera question ailleurs. On comprend que si, par des habitudes professionnelles ou autres, une partie de la peau est soumise à des mouvements prononcés et souvent répétés, il se développera sur ce point des cavités closes : ainsi sur des saillies anormales causées par des difformités des pieds, du rachis; sur des saillies naturelles qui, dans des professions particulières, sont soumises à des frottements rudes et souvent répétés. D'ailleurs voici le tableau qui représente le siége des cavités closes normales et anormales.