II. — SONDE D'HOMME
Elle a un tiers ou moitié d& plus en longueur ; la courbure en est beaucoup plus prononcée. Pour pouvoir placer la sonde commune dans la trousse, on la brise en trois pièces, qui peuvent former une sonde de femme et une sonde d'homme : une pièce commune ou la tige, et déux pièces particulières ou becs. La première pièce, à laquelle les deux autres peuvent se rapporter, représente le manche de l'instrument; elle est toujours droite : l’autre varie. Pour la femme, ce n'est qu'un segment de cercle, long de 34 6 centimètres. Pour l’homme, ce segment peut avoir Jusqu'à 13 centimètres. (Ces portions, jointes à une tige, donnent une sonde de femme, si c’est la petite portion qu’on ajoute au manche; et si c’est la grande portion courbe, ce sera une sonde d'homme. C’est à l’état de sonde de femme que l'instrument est casé dans la trousse; grande moitié est placée à part. La figure 25 représente une sonde de femme toute montée; la figure 26 est la sonde séparée en deux parties ; la tige est séparée du bec. La figure 27 représente la sonde d'homme : on peut voir le point de jonetion de la partie droite avec la partie recourbée.
Le point où se trouve la brisure doit être surveillé. Si les deux pièces qui composent la sonde de l'homme sont simplement vissées, il peut s’opérer un mouvement qu'il faut connaître. Retenu par quelque résistance de la vessie, le bec de l’in= strument se dévisse dans l’urèthre pendant qu'on cherche à en incliner le pavillon en sens opposé. Il en résulte souvent un bruit qui pourrait faire croire à un calcul, ou laisser penser qu'on a parcouru toutes les régions de la vessie, quoique la partie courbe n’ait en réalité subi aucun déplacement: Il est vrai que, par le moyen d’un engrenage particulier, M. Charrière est parvenu à lever cet inconvénient. Mais, quelque perfectionnées qu’on puisse les supposer, les algalies à brisure n'auront Jamais, sous un volume égal, la même force que les algalies ordinaires ; en sorte que s’il est bon d’en avoit une de la première espèce, pour les cas éventuels, ce n’est pas une raison pour négliger les autres lorsqu'on est à même de choisir (1).
(1) Velpeau, Médecine opératoire. Paris, 1829, t. I, p. 120.
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La sonde est parcourue par un petit stylet de métal, qui est destiné à déboucher ses veux quand ils s'engorgent. On doit retirer ce stylet avant de sonder, surtout quand la sonde est employée comme moyen explorateur,
$ 10. — Sonde canmelée.
La sonde cannelée (fig. 18, 8) est encore à la fois un instrument de diagnostic et de pansement, et elle peut servir aux opérations délicates : ainsi là hernie, la ligature des artères. C’est une tige d'acier, d'argent ou d’or, qui Wa que 4 millimètres de diamètre, et 10 à 16 centimètres de long. Arrondie sur sa moitié inférieure, sur sa face supérieure règne une rainure assez profonde. Une de ses extrémités offre une plaque fendue pour fixer certaines brides, telles que le frein de la langue, qui doit être tendu pendant qu’on en opère la section. La rainure de la sonde cannelée se termine à l’autre extrémité avec ou sans cul-de-sac. Elle sert de conducteur au bistouri, aux ciseaux et à l’aiguille qui porte un fil à ligature. L’extrémité, sans cul-desac, peut diviser les tissus en les déchirant; quelquefois elle se contente de les écarter. Ainsi l'extrémité acuminée de cet instrument complète l’ouverture d’un abcès dans lequel on n’a pas osé pénétrer avec le bistouri.
S 11. — Porte-meche.
Cet instrument pourrait être presque toujours remplacé par les pinces à anneaux, dont il a déjà été question. Pour se servir du véritable porte-mèche, représenté (fig. 18, 6), on fixe l'extrémité bifurquée sur l’anse des mèches, dont les extrémités sont rabattues ; la petite fourche est ainsi coiffée de manière qu'on puisse pousser la mèche devant elle à la profondeur voulue. La main droite embrasse l’autre extrémité de deux manières : tantôt le bouton, fixé dans la paume de la main, permet d’embrasser la tige avec les deux doigts du milieu, et le pouce se fléchit pendant que lindicateur s'étend et se fixe au devant. On peut aussi, avec les deux doigts du milieu, attirer et presser la mèche contre l'instrument, pendant que le pouce, appuyé sur le bouton, la presse vers le point où elle doit être introduite.
ARTICLE IIT.
Objets de pansement.
$ 1. — Charpie et ses succédanés.
La charpie sert à protéger les parties malades ou opérées, à les maintenir dans une température égale, à absorber les humeurs, à remplir des vides ; elle sert d’intermédiaire dans certaines compressions ; elle maintient écartees
Ath PROLÉGOMÈNES.
les lèvres d’une solution de continuité, les parois d’un abcès, des muqueuses dont on veut empêcher le contact mutuel. La charpie est une réunion de filaments plus où moins longs, extraits de lambeaux de linge de toile que l'on taille d’abord en carrés, de grandeur égale, pour que les brins de fil aient tous à peu près la même longueur. Ces carrés de toile ont de 5 à 10 centimètres. Plus grands ou plus petits, ils fournissent une charpie qui ne s’accommode pas aussi facilement aux différentes formes exigées par les pansements. La toile à charpie doit être blanche de lessive, modérément fine et demi-usée; trop fine, elle produit une charpie qui se roule en tampons, et absorbe mal les humeurs. Si le linge est grossier ou neuf, la charpie irrite les surfaces malades.