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PATE DE VIENNE

Cette pâte est formée avec 5 parties de potasse caustique, 6 parties de chaux vive, le tout en poudre. On prépare la pâte au moment de s’en servir. Pour cela, on met dans une soucoupe une quantité suffisante de poudre et d'alcool ; on pétrit le tout avec une spatule d'argent. La pâte une fois formée, on en applique sur la peau une couche de 5 millimètres d'épaisseur avec la largeur qu’on désire donner à l’escarre. Celle-ci dépassera de très peu (2 millim.) les diamètres de la pâte ; car ce caustique ne coule pas comme la potasse. Il faut circonscrire nettement les bords de la pâte avec une spatule trempée dans l'alcool.

L'action de ce caustique étant très énergique et très rapide, on ne doit pas le perdre de vue. Au bout de cinq ou six minutes, quelquefois moins, la peau est cautérisée, ce qui est indiqué par une ligne grise qui entoure la pâte; on enlève alors le caustique, et on lave la partie avec une eau acidulée.

On peut, dans tous les cas, remplacer la pierre à cautère par ce caustique, mais, je le répète, on doit être prévenu de sa grande énergie. Je connais déjà deux accidents arrivés à la suite d’une application mal faite de la pâte de Vienne. Je parlerai, plus tard, d’un cas de perforation de larticulation tibio-tarsienne produite ainsi, et qui amena la mort. On a fait des bâtons de ce caustique à la manière des bâtons de pierre infernale, C’est le caustique Filhos. Au lieu d’un cinquième de potasse et un sixième de chaux, composition du caustique de Vienne, celui-ci a 2 parties de potasse pour 4 partie de chaux. On fond ce mélange dans un creuset, et on le coule dans une lingotière, dans des tubes de plomb ou de zinc ou d'argent très minces. On taille l'enveloppe métallique de manière à mettre une certaine portion du caustique à découvert, quand on veut s’en servir. Ce même caustique, lorsqu'il est en fusion, peut être coulé en plaques minces, en le versant rapidement sur une table de marbre. On s’en sert alors pour faire des cautérisations 1: néaires. Quand on veut avoir du caustique en poudre, on broie ces lames ou des morceaux de caustique fondu de toute autre forme dans un mortier de

marbre, et on le renferme dans un flacon bien bouché à l'émeri. Au moment de l'opération, on mélange dans une soucoupe une portion de cette poudre avec un peu d'alcool, de manière à faire une pâte assez consistante, que l'on place dans les cuvettes de la pince. Comme on le voit, dans le caustique Filhos, la potasse est en excès d’un tiers, tandis que dans le caustique de Vienne c’est la chaux qui est en excès d’un sikième. M. Filhos a observé que l'excès de chaux dans le caustique de Vienne rendait la fusion ignée du mélange plus difficile, donnait au composé nouveau un peu trop de consistance pour être coulé avec facilité dans des tubes métalliques, et avait linconvénient de diminuer la promptitude d'action du caustique ; une moindre quantité de chaux vive laisserait au mélange solidifié une partie de sa déliquescence. Trois minutes suffisent pour faire, avec ce caustique, l’eschare nécessaire à l'établissement d’un cautère. Pour la cautérisation du col de l'utérus, selon M. Filhos, il a tous les avantages du fer rouge, sans en avoir les inconvénients ; car on peut avoir des bâtons de caustique assez minces pour pouvoir être introduits facilement dans l’intérieur d’un col ulcéré et que l’on juge nécessaire de cautériser.

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