‹ Traité de pathologie externe et de médecine opératoireChapitre 99 sur 266 · I. -— MANUEL OPÉRATOIRE · texte numérisé non relu

I. -— MANUEL OPÉRATOIRE

… Pour exercer la Compression, on se servait autrefois d'une ligature de drap rouge qui effrayait les malades. 11 vaut mieux se servir d’un drap brun qui h'a pas cet inconvénient, et sur lequel les taches de sang sont moins apparentes. Il est bien préférable encore de n’employer qu’une bande de toile, qui cède moins facilement que les ligatures de drap.

On a préparé un vase pour recevoir le sang, une ou deux bougies si la lumière naturelle ne suffit pas, une cmpresse, une bande roulée, de l’eau fraîche, du vinaigre et quelques sels. Le malade est assis sur une chaise, sur un fauteuil, sur son lit, où bien couché. Cette dernière position est préférable quand on craint la syncope. On saigne le bras droit avec la main droite, et le gauche avec la main gauche. L'avant-bras du malade est retenu entre le bras et la poitrine du chirurgien, de manière que celui-ci se trouve

toujours en dedans du membre à opérer, Quand on n'est pas ambidextre, el qu’on saigne le bras gauche, on peut se placer en dehors du membre pour se servir de la main droite. Mais c’est une manœuvre qu'il faut éviter autant que possible. Il est toujours utile, et pour la sûreté du malade et pour la réputation du chirurgien, de bien fixer le bras, afin d'éviter un mouvement inopportun. Cette précaution est indispensable pour toutes les per sonnes craintives. On explore le pli du bras, on constate la présence et la profondeur du tendon du biceps, de l'artère brachiale ; on s'assure si, par anomalie, d’autres artères ne se trouveraient pas à la place des veines que l’on pique ordinairement. La bande qui sert de ligature est tenue entre le pouce et l'index de chaque main, le plein est appliqué sur la partie antérieure du bras, à quelques centimètres au-dessus du pli ; les chefs sont croisés à la partie postérieure, et après un second tour, on les arrête en dehors par une simple rosette, dont l’anse est tournée en haut; on serre peu à peu, assez pour arrêter le sang veineux, pas assez pour intercepter le cours du sang artériel (1). (Voy. la fig. 79.)

Pendant qu'on choisit et qu’on ouvre la lancette, le malade tient l’avantbras fléchi et agite les doigts pour faire saillir les veines. 11 ne faut point s'attendre à ce que ce gonflement devienne très prononcé chez tous les sujets : dans un bon nombre de cas, on n’a pour se guider que la sensation, fournie par le toucher, d’un cordon arrondi, rénitent, et quelquefois aussi une teinte bleuâtre suivant le trajet de ce cordon.

Le bras du malade est placé

— comme je lai indiqué pour l’ap-

plication de la ligature; l’opé= rateur explore de nouveau le pli du bras, fait le choix de la veine, la fixe avec le pouce de la main gauche (voy. fig. 79), tandis que les autres doigts embrassent le coude. La lancette, dont la lame décrit avec le chas un angle droit où obtus, est saisie vers son talon par le pouce et l'indicateur de là main droite; le médius et l’annulaire prennent un point d’appui sur l'avant: bras ; le petit doigt est relevé (fig. 80). On divise d’abord la veine par un mouvement de ponction, en étendant les doigts qui tiennent Ja lancette, et

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