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DIAGNOSTIC DE LA MORVE

Malgré de nombreuses tentatives, on n'est pas encore parvenu à cultiver le Imcille de la lèpre et à reproduire expérimentalement la maladie; li' diagnostic bactériologique repose donc exclusivement sur la recherche du microbe ; cette recherche et la différenciation subséquente sont rendues faciles par les réactions histochimiques particulières que présente le bacille de llansen.

Connue le bacille tuberculeux, le bacille de la lèpre est plus difficile à colorer que les bactéries ordinaires et connue lui, une Ibis coloré, résiste à la décoloration par Falcool et les acides dilués.

Les méthodes mêmes de coloration (]ui servent à la coloration du bacilb' tuberculeux peuvent donc être utilisées pour le diagnostic de la lèpre.

Le bacille de la lèpre présente la plupart des caractères du bacille de koch, le même mode de groupement, Taspect granuleux; il est cependant en général plus petit: il se distingue cependant du bacdle tuberculeux en ce qu'il est plus iacilement cobu'abic par les solutions aqueuses de bleu de méthylène et de violet de gentiane cpii ne colorent pas le bacille tuberculeux. H prend la méthode de Gram.

Pratiquement on emploie la méthode de Ikumgarten; on colore cinq minutes à froid avec le violet d'EhrIich, puis on décolore avec la solution suivante :

Alcool absolu iO ceniimètres ciilics.

Acide iiitn(|iio 1 ceiitiiiiùlre cube.

Le bacille de la lèpre est seul coloré, le bacille de la tuberculose ne Test pas.

On fera d'ailleurs facilement le diagnostic dans le plus grand nombre de cas par laspect tout spécial du bacille qui farcit pour ainsi dire les cellules conjonctives du derme, dans les(pielles il forme de véritables amas (globes de Neisser).

Dans les cas de diagnostic difficile avec la tuberculose, le nodule lépreux doit être excisé et inoculé sous la peau du cobaye; s'il s'agit de lè[)re, l'animal ne présente aucune réaction.

D!A(.N0ST1(: DE LA BiOUVE

La réaction de la malléine n'étant pas applicable à Thounne, le diagnostic bactériologique de la morve ne repose ([ue sur la recherche du microbe.

L'examen direct ne donne jamais de renseignements sullisants pour Irancher un diagnostic toujours difiicile, le bacille ne présentant pas un aspect assez caractéristicpie pour être distingué des autres bacilles légèrement incurvés, se décolorant connue lui par la méthode de Gram.

11 en est de même des caractères de culture sur gélose et sur bouillon; aussi le diagnostic de la morve ne repose t-il que s::r de;ix épreuves :

[P. WIDAL 9t F. BEMANÇON}

La culture du produit sur un milieu où les colonies ont un aspect caractéristique; rinoculation aux animaux.

La pomme de terre est le milieu de choix : car le bacUle y développe en 2 jours, à 57 degrés, des colonies épaisses, jaunâtres d'abord, bientôt de couleur café au lait ou chocolat. Les colonies de la morve ne peuvent être confondues avec les colonies jaime clair du coli-bacille ou avec celles que d(mne le bacille pyocyanique ; dans ce dernier cas, la pomme de terre raclée présente une coloration verdAtre.

Inoculation aux animaux. — Le cheval, Tàne et le mulet, sont très sensibles à Tinoculation du virus morveux.

L'inoculation de la culture morveuse à Fane, pratiquée au moyen de scariPications faites sur le frontal, puis de frictions avec le produit morveux, détermine en 10 à 16 jours des lésions mortelles de morve aiguë voisines de la granulie.

L'inoculation au cobaye mâle donne des résultats tout aussi certains et est plus pratique. S'il s'agit de produits qui ont été exposés à l'air, on doit faire l'inoculation sous la peau; on voit alors apparaître au point de piqûre une induration (jui fait place bientôt à une sorte d'ulcéi'ation taillée à pic, sans tendance à la cicatrisation; les ganglions se tuméfient et peuvent s'ulcérer, puis les bourses se tuméfient, et il se produit de l'orchite.

Cette dernière lésion se produira bien plus sûrement, si l'on inocule les produits morveux (à condition qu'il n'y ait pas d'infection secondaii*e) directement dans le péritoine des cobayes mâles. Deux ou trois jours après l'inoculation, les testicules deviennent saillants et douloureux, il se produit de la vaginalite; le testicule baigne dans un liquide puriforme rempli de bacilles. L'animal meurt vers le 4'' ou le 6* jour.

Si l'on a fait l'inoculation sous la peau, on peut sacrifier Tanimal dès que les ganglions apparaissent tuméfiés, broyer ces ganglions et les inoculer dans le péritoine d'un deuxième cobaye.

La réaction de l'orchite morveuse n'est |)as absolument caractéristique, comme le croyait Straus: d'autres microbes peuvent déterminer cette réaction (Nocard). Pour affirmer le diagnostic de la morve il faudra donc ensemencer le pus de la vaginale sur pomme de terre et chercher la réaction brun chocolat.

La malléine n'a jamais été utilisée pour le diagnostic de la morve chez l'homme; étant donné le parti que M. Nocard en a tiré pour le diagnostic de la morve chez les animaux et pour la prophylaxie de cette maladie, il est intéressant cependant de rappeler brièvement les principaux caractères de cette réaction.

Le bacille de la morve renferme dans son protoplasma une toxine comparable à la tuberculine qu'on peut extraire après la mort du microbe au moyen de la glycérine : Cette toxine est la mallëine découverte par Ilelman et Kalning.

La malléine s'obtient comme la tuberculine par la stérilisation à

DIAGNOSTIC DE L'ACTLNOMYCOSE 557

110 dofçivs (rime culture vieille de 1 mois de bacilles de la morve dans du bouillon glycérine : la culture est réduite ensuite au 1/10 au hainniaric et fdlrée sur papier Chardin; le liquide fdtré est la malléine brute qu'on emploie d'ordinaire diluée au 1/10 dans de Teau phcniquée à 5 pour 1000.

L'inoculation de 2 à 5 centigrammes sous la peau d'un cheval sain ne détermine ni réaction locale, ni réaction générale.

Chez ranimai morveux, l'inoculation de 1/2 centigramme détermine une réaction caractéristique; au point d'inoculation la peau devient chaude, tendue, douloureuse et est le point de départ de traînées lymphangitiqucs; l'animal a de Fanorexie, des frissons, quelquefois des convulsions, il se produit enfin une réaction thermique analogue à celle que détermine la tuberculine chez les cobayes tuberculeux ; des la huitième, rarement après la douzième heure, la température s'élève de ^,5 à 2, et même 2^,5.

I/épreuve n'est concluante (pie si la tenq)érature s'élève de V,hi dans les cas où la n»action est incertiiine, c'est-à-dire s'il n'y a qu'une faible élévation thermique avec un simple œdème local, l'animal doit être considéré comme suspect et soumis un mois après à une nouvelle réinoculation à dose plus forte.

DIAGNOSTIC DE L'ACTINOMYCOSE («)

Le diagnostic de l'actinomycose avec la tuberculose ou le sarconje ne repose le plus souvent que sur la constatation du parasite, l'actinomyces. Comme il s'agit ici d'un parasite très différencié, il est inutile de recourir à la culture toujours difficile ou h l'inoculation aux animaux, le plus souvent suivie d'insuccès et la méthode la plus siuq)le à la fois et la plus rigoureuse est l'examen direct.

Cet examen direct doit porter sur les grains jaunes. Pour rechercher ces grains qui apparaissent dans le pus comme des grains d'iodoforme finement pulvérisés, et (pielquefois, dans les foyers récents, non pas de couleur jaune, mais gris perle, ou même dans quelques cas noirâtre, il faut d'abord étaler le pus en couche mince sur une lame, rechercher à l'aûl nu, à la loupe, la présence des grains qui |Kir suite de leurs petites dimensions 1/10 à 1/i de millimètre de diîimètre, peuvent passer facilement inaperçus.

Si les grains ne sont pas parfaitement dissoci(^s, il faut, d'après Dor, leur faire subir une inunersion rapide dans de la potasse h 50 pour 100 afin de détruire toutes l(»s particules animales, puis laver à l'eau. Le plus souvent, il suffit de verser sur la lame une goutte de picro-carmin et de laisser celui-ci en contact avec le grain cinq à dix minutes, puis de lui faire subir un écrasement léger en le recouvrant d'une lamelle.

(*) PoxcET, L'at'tinomyroge. — Deraru, Gaz. des h6p.^ 2î) février i896.

[P WIDAL et P BEMANÇOn ]

558 DIAG.NOSTIC DKS MALADIES INFECTIEUSES.

Le grain jaune ainsi coloré, et porté au microscope, apparaît, au centre, coloré confusément en jaune, à la périphérie festonné, coloré en orangé.

On peut encore, après fixation par la chaleur ou par l'alcool-éther, traiter la préparation par la méthode de Gram, avec recoloration par Téosine.

Le grain se montre alors constitué au centre par un mycélium qui prend les couleurs basiques et à la périphérie, par des massues colorées en rouge orangé, enfin par des cellules de voisinage.

L'isolement du parasite n'est pas pratique : il ne peut être tenté que sur des milieux solides tels que la gélose glycérinée. Il sera simplifié si l'on emploie la technique indiquée par Guermonprez et Binic pour si* débarrasser des microbes d'association et des infections secondaires.

Cette technique consiste à délayer le grain après Favoir broyé dans un peu de bouillon et à faire des plaques d'agar avec ce liquide. Au bout de quelques jours, la plupart des grains présentent autour d'eux des colonies dues aux microbes d'infections secondaires; ils doivent être rejetés; |)ar contre, on se servira pour les cultures définitives des grains qui ne présentent pas autour d'eux d'infections secondaires.

DIAGNOSTIC Di: PALUDISME (»)

La constatation de l'hématozoaire de Laveran dans le sang des malades est, dans les cas difficiles, le meilleur signe de la malaria : la recherche du parasite est délicate. L'examen doit être fait un peu avant les paroxysmes fébriles ou à leur début, chez des malades n'ayant pas encore pris, ou n'ayant pas ingéré depuis longtemps des sels de quinine.

L'examen du sang ou à la rigueur du suc splénique, recueilli pr ponction, est le seul moyen de diagnostic, l'hématozoaire de Laveran n'ayant pu être ni cultivé, ni inoculé aux animaux.

Examen de sang frais, — Il suffit après piqûre du doigt de recueillir sur une lame de veire une goutte de sang et de la recouvrir d'une lamelle et de porter la préparation au microscope.

Examen de sang sec, fixé et coloré. — Pour cet examen on recueille connue dans le cas |)récédent une goutte de sang sur une lame, on l'étalé avec le bord d'une lame rodée, on la sèche en agitant la lame rapidement dans l'air; on la fixe en versant sur la préparation un mélange à prties égales d'alcool absolu et d'étber (|u'on laisse évaporer.

On peut colorer soit par le bleu phéniqué, soit mieux par le procédé suivant indicjué par M. Laveran.

Faire agir d'abord une solution alcoolique d'éosine à 0,50 pour 100, pendant une demi-minute environ, laver à l'eau, puis colorer pendant une minute avec une solution aqueuse saturée de bleu de méthylène, laver.

*) Lavehax, Lr pain Usine. — SiMoxns. .4//». de l'hutl. Panteur. 1897.

DIACNOSTIC DU PALUDISME. -mλ

Los «^lobules rouj^'cs sont colorés en rose, les noyaux des leneoejies en bleu foncé, le parasite en bleu clair.

Tout réccnnnenl M. Laveran a conseillé la technique suivante, un peu compliquée, (|ui permet de voir la chrouiatine des noyaux des hénia-. tozoaires.

Le sang sec est fixé par Talcool absolu pendant 20 minutes, les lames ou lamelles sont inunergées pendant 5 à 10 minutes dans Iv mélange suivant préparé au mouuMit de s'en servir :

Solution aqueuse d'ôosiiu* à i \Htur 1000 (éosiiio de Hôclist)

soluble dans Peau 4 ceiitimêtn's cuIm's.

Dieu de méthylène ù l'uxydc d'argent ou bleu Borrel (*). . 1 centimètre cube.

Eau distillée ti centimètres culws.

Les solutions de bleu et dï'osine sont filtrées séparément au moment où l'on fait le mélange que Ton a soin de bien agiter.

Après coloration on lave à Teau, puis on traite avec une solution d(^ lanin à 5 pour 100 pendant ime minute, on lave à Teau. Si la préparation est trop colorée, on lave à Talcool absolu, on sèche, on monte au baume.

Par ce procédé les hématies sont colorées en rose, les noyaux des leucocytes en violet foncé, le protoplasma des hématozoaires en bleu pâle, la i*ln*omatine en violet ou en ri)uge violacé.

Pour colorer les llagella, il faut laisser les lames plusieurs heures dans le bain colorant, quelquefois douze heures.

Le parasite se présente sous divers aspects dans le sang.

L'aspect le plus souvent observé est la forme décrite par M. Laveran sous le nom de corps sphérique.

Les corps sphériipu's ap|)araissent connue une petite tache claire, hyaline. Us sont animés de mouvements amiboides, d'où le nom de corps amiboïdes qui lein* est aussi donné.

Les petits éléments hyalins n'ont guère plus de 1 [l de diamètre, les plus gros ne dépassent pas 10 îa; les petits éléments ne contiennent pas de pigments, les éléments plus volumineux contiennent des grains de pigment mélanique disposés au centre irrégulièrement, ou, à la périphérie en couronne, lorsque le corps sphéricjue est encore plus développé.

Ixîs corps s|)héri(|ues se colorent légèrement en bleu par le bleu de méthylène; le noyau ne se colore |)as, mais ap|)arait sous l'aspect d'une vacuole claire; |ur le mélange de bleu de méthylène ou d'éosine, ou par le procédé Laveran on voit à l'intérieur ime t^u'he chromaticpie, colorée en violet ; le noyau est excentrique.

*) PrépaiatiOH du hlru Itorirl. — Dans une liole de 150 centimèlrcâ cubes on mel (|uelques cristaux dazotah» d'argent dans 50 à 00 centimètres cubes d'eau distillée; quand le> cristaux ^ont dissous on remplit in fiole avec une solution de soude et on a^nte; il se forme un précipité noir d'oxyde d'argent qui est lavé a plusieurs reprises à l'eau distillée; on vei-se alors sur l'oxyde d'nr«;cnt une solution aqueuse saturée de bleu de mélbylène pré|Miréc avec du bleu de métiiylène médicinal de lirniu^t. an laisse en cont.ict |)eiidant sept à buit jours en agitant à pliLsieurs reprir^es.

[P. WIDAL 0t P. BEMANÇON.}

Les corps sphériqucs ont été considérés par M. Laveran comme simplement accolés aux hématies; on admet plus volontiers aujourd'hui que ce sont des parasites intra-globulaires. Chaque hématie en porte un, quelquefois phisieurs dans son intérieur.

Les corps sphériqucs semblent se reproduire dans le sang de Thomme par le processus de la segmentation directe: il en résulte un aspect décrit par M. Laveran sous le nom de corps segmentés ou en rosace. Si Ton examine le sang au début d'un accès de fièvre, on voit un certain nombre de corps sphériqucs dont les grains de pigment se disposent en amas au centre du parasite, tandis que les bords présentent un aspect dentelé, les incisures deviennent ensuite plus profondes et aboutissent au centre du parasite qui se trouve ainsi partagé en im certain nombre de segments. Chacun de ces segments dépourvu de pigment devient libre et va reproduire un nouveau corps amiboïde.

Le nombre des segments varierait selon le type de la fièvre et celte variation correspondrait peut-être à une infection par des espèces distinctes. C'est du moins Topinion de Grassi et Feletti, de Golgi. Pour ce dernier, les formes à 6 à 12 segments se rencontreraient dans la fièvre quarte, due au plasmodium malariie ; celles à 16 à 20 segmenU dans la fièvre tierce, due au plasmodium vivax, la fièvre estivo-automnale quotidiennne ou rémittente, étant due au plasmodium prxcox.

En France, MM. Laveran, Labbé, MetchnikolT, admettent que ce sont là de simples variétés d'un même parasite qui se diviserait plus ou moins abondamment selon que le milieu est plus ou moins favorable à son développement, donnant ainsi la fièvre tierce lorsque sa division est plus considérable, la quarte lorsqu'elle est moindre, la fièvre quotidienne se rattachant à l'évolution simultanée de plusieurs générations de parasites.

On peut encore observer dans le sang des malades atteints de paludisme, surtout dans les cas de cachexie paludéenne ou encore dans les fièvres estivo-autonmales, des aspects décrits par M. Laveran sous le nom de corps en croissant.

Les corps en croissant s'observent surtout chez les anciens paludéens: dans les cas de cachexie paludéeime ils se verraient de préférence chez les malades (pii n\mi pas été traités de bonne heure par la quinine; ils n'appartiennent pas à un type de fièvre particulier. Us se présentent sous l'aspect de corpuscules falcitormes, et rappellent certain stade d'évolution des coccidies. Comme les corps sphériqucs, ils contiennent des grains de pigment noir qui se collectent à sa partie centrale; il n'est pas rare devoir dans la concavité du croissant un reste d'hématie, aux dépens de laquelle s'est développé le parasite.

Pour M. Laveran, les corps en croissant sont un stade d'évolution du parasite, ils peuvent dériver des corps sphériqucs, ou bien donner naissance à ceux-ci. Pour d'autres auteurs, les corps en croissant doivent être considérés connue le stade terminal d'évolution de certains corps sphéri-

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