INFECTIONS A BACILLES FUSIFORMES (VINCENT
Parmi les microbes saprophytes de la cavité buccopharyngée qui peuvent devenir pathogènes, et déterminer des fausses membranes et des ulcérations, il faut placer un microbe déjà isolé par M. Vincent dans la pourriture d*hôpital et retrouvé depuis dans de nombreux cas d'angine et de stomatite ulcéro-membraneuse et même de stomatite aphteuse.
Le diagnostic de ce microbe repose exclusivement sur Texamen direct de la fausse membrane ou de Texsudat, car il n'est pas pathogène pour les animaux et ne peut être que difficilement cultivé dans le liquide d'ascite humaine, dans le sérum humain, dans diverses sérosités pathologiques (Fournier et Camot, Vincent).
L'aspect du microbe est d'ailleurs caractéristique ; c'est un bacille immobile (Vincent), mobile (Letullc), long de 10 à 12 [x, quelquefois davantage, renflé à sa partie moyenne, tandis (|ue ses extrémités sont amincies et effilées, tantôt rectiligne, tantôt légèrement incurvé. Ces bacilles sont en général isolés, quelquefois disposés bout à bout, mais jamais groupés connue le bacille diphtérique. Ils présentent assez fréquemment une ou plusieurs vacuoles (formes d'involution).
Le bacille de Vincent ne prend pas le Gram, ce qui suffit en dehors de
(*) YiscEîtT, Ann. Iimt. Pasteur, X, 1800. — Soc. méd. des hôp„ 11 mira 1898 et 15 janvier 1899. — Carnut et Focrxieb, Soc. de biol., 9 février 1901.
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sa forme caractéristique à le différencier du bacille de Loeffler, auquel il n'est pas rare de le ^oir associé.
Au bacille fusifbnne est presque toujours associé dans les cas d'angine ulcéroHOoembraneuse, un spirille extrêmement ténu qui se colore phn faiblement que le bacille et qui comme lui ne prend pas le Gram. Ce spirille peut être animé, comme Ta vu Nicolle, de mouvements de ressort à boudin comme un véritable spirochœte. Le spirille manque ou est peu abondant d'après M. Vincent dans les formes diphtéroïdes et se voit surtout à la période d'ulcération.
Dfà€!iOSTIC DES INFECTIONS DUES AUX MiaK)nES A5AÉR0BIES
Le tétanos et le vibftîon septique ont été longtemps considérés comme les seuls microbes anaérobies ayant une réelle importance en pathologie; les travaux de M. Achalme (') sur le microbe du rhumatisme, ceux de MM. Veillon et Zuber(»), Rist(»), Hallé(*), Guillemot(»), Teissier(*) et Cottet(^), ont singulièrement agrandi le domaine des microbes anaérobies.
C'est à M. Veillon que nous devons la notion précise du rôle des microbes anaérobies dans un certain nombre d'infections de nature gangreneuse ou fétide ; cet auteur fut frappé en effet de la disproportion des résultats donnés, par l'examen direct du liquide qui montre une véritable purée de microbes et par la pauvreté des cultures en milieu aérobie.
Un des caractères principaux des suppurations fétides dues aux microbes anaérobies, est d'abord le peu de ràiction organique qu'ils suscitent et par suite la petite quantité d'éléments cellulaires, cellules endothéKalei ou conjonctives, leucocytes qu'on trouve dans le pus; c'est d'autre part le nombre colossal de microbes et la grande variété de formes microbiennes que révèle l'examen direct, bacilles, filaments, spirilles, spirocheles, cocci.
Ces microbes se colorent par le bleu de Kùhne ou le violet de gentiane, mais il est nécessaire de faire agir assez longtemps le colorant, car mi grand nombre prennent mal la couleur; les spirilles, les spirocbeles en particulier se colorent avec beaucoup moins d'intensité que les microbes aérobies.
La réaction de Gram, si précieuse pour la différenciation des espèces aérobies, aurait ici moins de valeur (Rist); souvent l'on n'obtient qu'une
(«) AcHALHE, Arw. Inst. Pasteur, XI, 1897, p. 845.
(•) VmLos et ZoBeR, Recherches sur quelques microbcB strictement anaérobies. Arck. wUd, expérim.y juillet 1898 et Soc. de hioL, 1897.
(') RisT, Études hact. sur les infections d'origine otique. Thèse de Paris, 1898.
(*) IIall<, Recliercbes sur la bactériologie du canal f^énital de la femme. Thèse de Paru,
(*) Guillemot, Rech. sur la gangrène pulmonaire. Thèse de Paris, 1899.
(•) Teissier, Thèse de Paris, 1899.
{^) CoTTBT, Rech. bactér. sur les suppur. pcri-uréthralcs. Thèse de Parts, 1890.