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INFLAMMATIONS DE LA RÉGION LACRYMALE

II est très fréquent de voir se développer dans la région de Tanglc; interne des paupières des phénomènes inflammatoires. Nous ne nous arrêterons pas à décrire la symptomatologie de cette localisation d'une infection qui, dans le plus grand nombre des cas, relève du streptocoque et dont on observe toutes les modalités depuis le placard d'angioleucite, qui constitue l'érysipèlc, jusqu'aux lésions plus graves que, suivant leur étendue, on désigne par les termes d'abcès ou de phlegmons. Dans quelques cas même il peut s'y surajouter un processus gangreneux. En dehors du siège, les symptômes n'ofl'rent rien de particulier et le seul intérêt que présentent ces lésions, au point de vue de la sémiologi<» générale, réside dans la recherche du point de pénétration et de la cause de l'infection qui leur a donné naissance.

Nous pouvons, en effet, négliger les cas où l'infection est produite par une plaie pénétrante, par l'introduction d'un corps étranger ou par la présence d'une lésion cutanée (kyste sébacé, molluscum, cancroïde) susceptible de s'infecter, mais dans le plus grand nombre des cas le processus inflammatoire paraît spontané, conune l'on disait autrefois, il tmduit toujours, en réalité, une lésion de muqueuse par où Tagent pathogène a pénétré : dans quelcpies faits beaucoup moins fréquents il résulte d'une infection dont h porte d'entrée a été la pulpe ou le périoste dentaire.

C'est la nmqueuse lacrymale qui est le plus souvent le lieu de déveloj)pement ou de pénétration de l'infection dans les inflammations (jui se produisent soit dans le sac lacrjTiial, soit, comme cela est beaucoup plus fréquent, autour du sac lacrymal, par contre les inflammations qui viennent aussi faire- saillie dans l'angle interne, niais dont l'origine est en réalité dans le tissu cellulaire de l'orbite, sont consécutives à une infection de la nmqueuse nasale ou de la nmqueuse du siims ethmoïdal, plus rarement (lu sinus fronUd. Enfin, on observe parfois, ainsi (pie M. Parinaud l'a démontré, un gonflement de la région périsacculaire (pie l'on est enclin à confondre avec une inflammation d'origine lacrymale et qui est, en réalité, indépendant de toute lésion lacrymale. 11 s'agit d'une périostite du maxillaire causée par une infection d(»ntair(», ordinairement la c^inine supérieure.

Pour diflerencier ces infections d'origine et d'évolutions différentes, il importe avant tout de rechercher s'il y a ou non une lésion des voies laciymales. Cela est d'autant plus nécessaire que très souvent l'inflammation de la région lacrymale est le premier synqUôme, aucpiel le m«ilade prête attention, d'une atrésie des voies lacrymales qui elle-même relève d'une des causes (|ue nous avons étudi('es à propos du larmoiement : affection nasale, tuberculose, syphilis, etc. Nous renvoyons à ce chapitre pour la recherche du rétrécissement dont nous avons indiqué la technique.

APPAREIL LACRYMAL. 26î»

S*il y a de robstruction lacrymale, le siège de rinflamniation peul occuper deux régions distinctes : la cavité du sac, le tissu périsacculaire ou l'une et Tautre de ces régions. Lorsque la suppuration a pour siège ou pour point de déprt la muqueuse et la cavité du sac, on parle de dacryocystite aiguë ou snppurëe : le pneumocoque, le streptocoque et le staphylocoque pyogène (dacryocystite des nouveau-nés) sont les organismes qu'on rencontre le plus habituellement dans le pus de la dacryocystite, et c'est en général un seul de ces micro-organismes qui joue li^ rôle déterminant dans Tinfection du sac. Il est néanmoins toujours associé à d'autres espèces non pathogènes.

On a relaté un cas exceptionnel d'infection lacrymale morveuse consécutive à des lésions morveuses de la conjonctive (Marignac, Valette et Gourfein). Dans la tuberculose ou la syphilis lacrymale avec lésions de la muqueuse ou des parois du sac, il est fréquent de voir se produire des poussées aiguës suppuratives ijui sont causées non pas par l'infection primitive, mais par une infection secondaire.

Dans un très gi'and nombre de cas, le foyer de Tinflanmiation est non plus dans le sac, mais dans le tissu cellulaire qui Fenvironnc et avec lequel les lymphaticpies du canal nasal sont en communication. On dit alors qu'il s'agit d'une péricystite lacrymale (Parrnaud). Cette péricystite s'observe fré(|uemment au début d'une affection lacrymale, alors (|ue les voies lacrymales sont encore perméables à l'injection et que le sac n'est nullement dilaté. On les observe également, quelle que soit la nature de l'affection lacrymale primitive. Quant à la cause même de cette péricystile, elle est à rechercher dans une infection streptococcique. C'est presque toujours le streptocoque seul qu'on rencontre dans l'abcès péricystique. Celui ci peut s'ouvrir dans le sac en même temps (|ue du côté (le la peau, mais il peut aussi très fré(piemment rester pendant toute son évolution indépendant de la paroi et de la cavité du sac lacrymal.

S'il n'y a pas d'obstruction lacrymale on s'attachera à rechercher rorigine de la suppuration dans une affection d'un sinus. Lorsque la collection suppurée est évacuée par ouverture spontanée ou provoquée de la poche, il devient plus facile de se prononcer avec certitude sur son origine. L'injection de liquide, délicatement poussée par l'orifice listuleux, |)eut montrer une connuunication avec la fosse nasale, ce ipii indique l'origine sinusienne de l'affection. L'exploration du trajet tistuleux avec une sonde ou un stylet ne sera faite qu'avec délicatesse et avec des instruments aseptiques. Klle permettra de constater des décollements périostes ou des lésions ossiuises.

[F. BRDN et V. MORAX ]

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