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SURMENAGE DES DIVERS APPAREILS

Pour compléter ce travail, il faudrait étudier le surmenage limité à certains appareils fonctionnels, rechercher quels états morbides en Rlheat exclusivement, et établir son influence prédisposante ou localisante. Mais, dans une pareille étude, ou les documents nous feraient ^nt, ou nous nous engagerions sur le terrain de la pathologie spéciale. Noos nous bornerons par suite à montrer, par quelques exemples, le rtk du surmenage quand on l'envisage à ce point de vue.

Les excès génésiques, de quelque nature qu'ils soient, ont été accusés

C) Je rappelle ici l'influence des émotions morales sur les femmes grosses et sur le fruit de h concepiion ; cette influence était bien connue des anciens, et M. Ch. Fcré l'a rappelée dans M deniers temps. Une vive émotion peut provoquer l'avortement. Lailemand cite le cas d'une ^■■e qui, surprise immédiatement après le coït, eut une grossesse extra-utérme. On a attribué IVaiophilie, les névroses, l'épilepsie, le développement des monstruosités à des émotions *>lftlfllai pendant U grossesse.

51 s LA FATIGUE ET LE SURMENAGE.

de produire tous les méfaits ; les livres de certains auteurs du commencement du xix^ siècle, celui de Tissot entre autres, leur attribuent li spermatorrhée, Tépilepsie, la folie, la phtisie, etc. ; plus tard, on k« reprocha Tataxie locomotrice. Encore aujourd'hui, M. Hallopeau accosi les fatigues génitales de produire « des névroses, de l'anémie, des palpitations, de la dyspepsie, un état de langueur physique et morale et quelqiKfois de l'impuissance ». Quelques médecins, Lasègue entre autres (*), ont réagi avec raison contre cette manière de voir.

Sans nier que les excès de coït ou d'onanisme puissent provoquer m certain épuisement nerveux, on peut dire qu'ils sont rarement une cao« réelle de maladie, mais qu'ils sont presque toujours le symptôme du état morbide sérieux. Le plus souvent ils sont provoqua par un élit anomal du système nerveux; les grands onanistes sont habituellemeat ] des dégénérés. Parfois, ils sont suscités par une excitation morbide dei organes génitaux, comme celle qui résulte d'une prostatite.

La fatigue de l'appareil qui préside à l'écriture engendre une malidie spéciale, la crampe des écrivains ; et il existe une crampe des pianiste^ des violonistes, des flûtistes (Ch. Feré), des repasseuses (Saquet), Umtà fait analogue. La genèse de ces crampes fonctionnelles est assez cob> plexe; la fatigue mentale y joue son rôle; ce qui explique leur fréquence chez les névropathes héréditaires. La fatigue de l'appareil de la visioD favorise le développement de la myopie. La fatigue de l'appareil vocd cause une sensation de corps étranger et de la dysphonie; elle prédispott à la laryngite ('). Les efforts musculaires des lèvres et de la bouche qoe font les joueurs d'instruments à vent, ont été* accusés de favorisa k développement de la paralysie labio-glosso-laryngée de Duchcnne. Le sid^ ménage de la respiration, provoqué par les diverses dyspnées, est ooe cause d'emphysème.

Les excès alimentaires constituent une des grandes causes de dyspepsie, particulièrement de la dilatation de l'estomac. Quand la dyspepsie qui eo résulte est légère et n'entrave pas sérieusement l'assimilation, il y a sup ménage de la nutrition, et de là peuvent dériver les maladies que M. Boachard rassemble sous le nom de < maladies par ralentissement de h nutrition ». Lorsque le foie doit détruire trop de poisons, sa cellule tt surmène aussi et ce surmenage prépare l'éclosion de l'ictère grave (').

Dans les divers exemples que nous venons de citer, il faudrait clle^ cher si le surmenage n'est qu'une cause occasionnelle ou si, à lui seul sans le concours d'une prédisposition héréditaire ou acquise, il eût pu provoquer des accidents sérieux et durables.

(*) Lasègce, Leçons sur l'onanisme. Études médicales^ t. IL Paris, 1884.

{*) Voyez : Potet, Du surmenage vocal, et Castcx, Du malmenagc Tocal, Société frûa^Mt d'otologie et de laryngologie, session annuelle tenue à Paris du 30 avril aa 2 mai 1894,séttrt du mardi 1" mai.

(') Cassaët et MoNGOuR, De la facilite du surmenage hépatique. Gos. hebdam., 33 fémff 18U5, p. 01. n« 8.

Par le 0' FÉLIX LEJARS

rofeiseiir agrégé à la Faculté de médecine de Parif Qiirurgien des hôpitaux.

Appliqués au corps humain, les «i^^iMits inécauicpies sont soumis auv mêmes lois générales que partout, mais le milieu organique est trop eomplexe, pour qu'une sèche formule puisse suflirc. Les effets produits De se prêtent guère à une appréciation précise, a prioriy et même si Tun des termes du problème, si la puissance, pour parler le langage mécanique, était bien connue, l'autre terme, la résistance, celle des tissus et des organes, est trop variée, pour qu'une solution toute faite ne soit pas entachée d'erreur. On ne ramène pas plus à une équation les lésions tniumatiques que les lésions morbides, et voici pourquoi : V* il n'est rien de moins homogène que le corps humain; le squelette lui-même ne l'est (US et aucun de ses segments ne présente, dans toute sa longueur, même densité et même résistance; les liquides, incompressibles, qui imprègnent tous les tissus et qui sont collectés çà et là en nappes ou en courants, apportent de nouveaux, facteurs au problème; ils diffusent la force vulnénnte et provoquent des lésions lointaines, de mécanisme spécial; 2^ dans le milieu vivant, les effets de l'acte mécanique ne restent pas dans leur teneur primitive, îi$ se modifient par le fait même du fonctionnement ïital, de la contraction musculaire, de la circulation, (]|u processus répanteur, ils sont susceptibles d'une cure spontanée, en deçà de certaines limites, ou bien ils créent, in situ y des lieux de moindre résistance.

Aussi est-il nécessaire de ramener à un certain nombre de types les agents mécaniques, et d'établir, pour chacun d'eux, leur mode d'action, les lésions immédiates et secondaires qu'ils font naître, le mode de réparation de ces lésions, autrement dit le processus physiologique de la guérison.

lApression est évidemment l'élément commun de toute action trauouitique, et le problème général se pose toujours comme il suit : une puissance, un corps vulnérant, de poids et de vitesse variables, entre en conflit, au niveau d'un point ou d'une zone de rencontre, avec une résistance, celle des tissus. Pour nous, la formule est incomplète; nous devons l^ir compte aussi et de la forme du corps vulnérant et de la direction îwivant laquelle il agit sur les tissus. Tn corps mousse traverse ou sectionne les parties molles ou le squelette, mais, pour cela, il faut que la PAnotoGiF 'iLrénAi.E. — I S5

514 LES AGENTS MÉGAMIQUES.

force dont il est animé, que sa masse, en terme mécanique coit bien autRment considérable que s'il était piquant ou tranchant; il s'ensuit que lo lésions produites sont d'extension et de caractères différents. D'autre prl» les tissus résistent différemment à la pression directe et à Tefforl eicta* trique, si je puis dire, à l'arrachement, à la divulsion.

C'est d'après ces données que nous classerons les agents mécaniques en cinq catégories, que voici :

l*" Le chocy qui comprendra la commotion^ la contusion et lesplaia contuses, les plaies par ai^mes

2* La compression ;

4" LsL piqûre;

5® La section.

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