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Sciatique

(^Névralgie sciatique. Mal de Cotugno.)

Étiologie — Après la névralgie trifaciale, la névralgie du nerf sciatique est de beaucoup la plus fréquente et la plus importante au point de vue pratique. A l'encontre de la plupart des autres névralgies, elle se présente plus souvent chez Vhomme que chez la femme. Les refroidissetnents et V humidité^ V excès de fatigue des membres inférieurs sont les agents producteurs les plus fréquents de la maladie.

Patholocib II. 3

3^ Maladies des nerfs sensibles.

Les stases sanguines dans les veines du bassin (hémorrhoYdes) et la constipation habituelle donnent plus rarement lieu au développement de la sciatique. On rencontre parfois dans la sphère du nerf sciatique des névralgies symptomatiques de tumeurs du bassin, de la carie du sacrum et d'affections analogues. D'autres influences traumatiques et la compression du nerf (par ex. la position assise continue dans une attitude incommode) sont parfois aussi des causes efficientes de la maladie. Ensuite \t poids de V utérus gravide sur le plexus sciatique est capable de provoquer la névralgie de ce nerf qu'on a également vue se produire à la suite de V accouchement par le forceps.

Symptômes et marche. — Les douleurs qui débutent d'ordinaire par de légers prodromes pour monter graduellement jusqu'aux paroxysmes les plus aigus, prennent leur origine habituelle à la face postérieure de la cuisse, dans la région de l'échancrure sciatique. De là elles s'élancent comme des éclairs vers le bas, surtout dans la sphère péronière (partie externe de la jambe, du pied et le dos du pied), plus rarement dans la sphère tibiale (plante du pied). Tantôt elles se déclarent sous forme d'accès névralgiques caractéristiques, tantôt elles sont plus persistantes et les malades les qualifient alors de % cuisantes >, de <: perforantes >, etc. La nuit elles sont à leur apogée. Les mouvements de la jambe, dans les cas graves, sont presque entièrement enchaînés par la douleur, de façon que la marche est difficile ou quasi impossible et que les malades tiennent le membre endolori en légère flexion et dans l'immobilité. Très souvent aussi les douleurs se produisent par une station debout trop prolongée ou après avoir été longtemps assis. On trouve fréquemment àt,^ points douloureux le long du trajet du nerf sciatique, sur le muscle grand fessier ou à son bord inférieur, dans le creux du jarret (nerf tibial), à la tête du péroné (nerf péronier), aux chevilles,sur le dos du pied, etc.

A part les douleurs, il existe parfois d'autres troubles de la sensibilité (paresthésie, hyperesthésie, anesthésie légère) dans la jambe atteinte. Des contractures musculaires réflexes, le trétnulus, quelquefois même des convulsions cloniques manifestes ont été observées à diverses reprises dans les graves. Presque toujours on constate un certain degré de raideur et de faiblesse du membre. Il se développe souvent une légère atrophie musculaire, les atrophies d'un degré considérable devant toujours être mises sur le compte d'altérations anatomiques profondes du nerf. Le zona a été constaté à diverses reprises, mais en somme, il est rare.

La durée de la maladie s'étend à plusieurs semaines, parfois aussi à plusieurs mois, même à des années dans beaucoup de cas opiniâtres. Cependant la marche morbide, abstraction faite des cas dépendant

Formes particulières des névralgies. — Diagnostic. Traitement. 3 j

d'une lésion organique incurable, finit presque toujours par se terminer favorablement. Les récidives sont assez fréquentes.

Diagnostic. — Le diagnostic de la scîatique, dans la plupart des cas qui se manifestent d'une façon typique, n'est pas malaisé, mais peut parfois présenter d'assez grandes difficultés. On est exposé à la confondre surtout avec le lumbago, l'inflammation débutante de l'articulation de la hanche, la coxalgie nerveuse (v. plus loin) et les abcès du psoas. Il faut songer aussi à la production de douleurs tschialgiques comme marquant le début du tabès. Une observation objective minutieuse et portant sur toutes les faces, de plus la considération de la place fixe qu'occupe la douleur et du siège des points douloureux doivent, dans les cas douteux, venir confirmer le diagnostic.

Traitement— Assez souvent nous pouvons, rien qu'en remplissant r indication causale ^ohXj^vXx des résultats avantageux. A part les succès possibles qu'on peut réaliser par l'extirpation de tumeurs, de corps étrangers, etc., il faut signaler l'amélioration qu'on atteint en beaucoup de sciatiques rebelles accompagnées de constipation habituelle, par le traitement dérivatif méthodique, surtout par les cures d'eau à Marienbad, Kissingen, etc.

Pour ce qui concerne le traitement de la sciatique commune, pendant r accès même, et pour peu que le cas soit aigu, on s'attachera premièrement à donner au membre malade une bonne position, qui lui assure un repos complet. L'application locale de la chaleur {cdXdir plasmes chauds, enveloppements de même nature, etc.) donne d'ordinaire du soulagement au malade. Parfois un bain de vapeur procure un allégement réel. Des dérivatifs locaux énergiques (vésicatoires, au besoin même une soustraction sanguine locale) sont surtout employés dans les cas <L d'origine rhumatismale >. Si les douleurs sont très violentes, l'injection sous-cutanée de morphine est souvent le seul remède certain et indispensable. Les embrocations narcotiques sont fréquemment prescrites dans la pratique usuelle.

Parmi les autres remèdes auxquels on peut s'adresser, il faut nommer avant tout le courant constant et le massage. On applique d'ordinaire des courants descendants assez puissants avec de grosses électrodes, qu'on laisse agir journellement pendant 5 à 10 minutes sur le nerf, en comprenant l'un à la suite de l'autre les divers segments du nerf dans le circuit du courant. Quand le membre est aifecté d'une raideur considérable, on ouvre et on ferme de temps en temps le courant, pour provoquer des secousses musculaires. L'usage du courant faradique QSt aussi approprié à un grand nombre de cas, surtout \z pinceau faradique, — Outre l'électricité le massage peut

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revendiquer de beaux succès dans la sciatique. Pour les détails des procédés techniques à suivre dans ces circonstances, il faut consulter les écrits spéciaux traitant de cette importante méthode thérapeuthique.

Après réiectricité et le massage on recourt encore, dans les cas de longue durée, aux cures balnéaires. On obtient parfois de bons résultats des eaux chaudes indéterminées (Teplitz, Wildbad, Wiesbaden). Puis nous recommandons les douches chaudes locales et les bains de sable chaud, comme étant doués d'une efficacité particulière (Kôstritz).

Des innombrables remèdes internes préconisés contre la sciatique> on ne peut en général se promettre beaucoup de succès. Ce n'est qu'en cas de doute sur l'existence de la syphilis, qu'on doit faire un essai avec Yiodure de potassium. La quinine n*a, guère d'action contre la sciatique. Le salicylate de soude ne s'applique qu'aux sciatiques récentes de cause € rhumatismale >. Uessence de térébenthine^ d'un emploi si répandu en Angleterre, n'a jusqu'ici entre nos mains donné aucun résultat avéré.

En présence de ces cas rebelles qui bravent tous les remèdes, on est autorisé à proposer aux malades la distension nerveuse. Parfois — pas toujours, malheureusement, — cette opération a été suivie d'un résultat excellent. Signalons encore quelques cures dues, dans des cas invétérés, à l'emploi du fer chaud et, à titre de curiosité, le fait de plusieurs observateurs, qui soutiennent avoir guéri la sciatique en cautérisant le lobule de l'oreille.

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