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Empoisonnement par l'atropine (belladone). — Sécheresse

Nicotlnlane. — Morphlnisme. 299

de la bouche et du gosier. Soif intense. Vertiges, céphalalgie. Troubles intellectuels particuliers, notamment des hallucinations fréquentes. Pupilles dilatées au maximum. Érythème scarlatinifoi'me. Dans les cas graves, vitesse excessive du pouls, battements artériels violents. Parfois convulsions. Troubles nerveux consécutifs. Traitement: comme principaux antidotes on doit essayer la physostigmine (ésérine), la pilocarpine et la morphine.

24. Empoisonnement par la digitale. — Vomissements. Diarrhées. Ralentissement considérable du pouls (descendant à 40 pulsations à la minute, plus bas encore.) Dyspnée, phénomènes de collapsus. Somnolence. Dans les cas les plus graves, somnolence et mort. Dans les cas plus légers, la marche est plus lente. Traitement: vomissements, pompe stomacale, tannin, camphre, fort café noir, éther, liqueur ammoniacale anisée. Excitants cutanés.

25. Empoisonnement par la nicotine. — i. Intoxication nicotinique aiguë: pouls petit, lent, tendances syncopales, sentiments d'oppression, vomissements; dans les cas graves, perte de conscience, convulsions tétaniques, suspension du pouls et de la respiration. 2. Empoisonnement nicotinique chronique (grands fumeurs ! ) : palpitations, irrégularité des mouvements cardiaques, accès d'asthme et d'angine de poitrine. Tremblement, affaiblissement musculaire. Insomnie, parfois manifestations tabétiques (tabès nicotinique chez les ouvriers cîgarriers.) Troubles de la vue (amblyopie nicotinique). Symptômes gastriques, catarrhe chronique du pharynx et du larynx. Traitement : dans Tintoxication aiguë, excitants, etc. L'empoisonnement chronique ne guérit que par la défense de fumer. Pour le reste, il faut traiter les symptômes.

26. Empoisonnement par la strychnine. — Violentes convulsions tétaniques réflexes. Exaltation des réflexes cutanés et tendineux. Trismus. Opisthotonos. Pouls petit et très fréquent. Moments d'arrêt qui séparent les crises convulsives. Présence d'esprit ordinairement conservée en entier. La guérison n'a Heu que dans les cas lëc^ers. Traitemcfit : Vomitifs, pompe stomacale. Tannin, teinture d'iode, huile de ricin. Narcotiques contre les convulsions (morphine, chloroforme, chloral, bromure de potassium). On a aussi essayé le curare.

27. Empoisonnement par la morphine (l'opium). — i. Empoisonnement aigu par la morphine : dans les cas légers, céphalalgie, lassitude, torpeur intellectuelle, somno-vigil ; dans tous les cas graves, coma, système musculaire dans un relâchement complet. Respiration ralentie parfois irrégulière. Pouls lent et petit. Rétrécissement pupillaire. Traitement : vomitif (sulfate de zinc entre autres,)

300 Intoxloatlons.

pompe stomacale. Tannin, café noir. Atropine à essayer comme contre-poison. Respiration artificielle et excitants. 2. Morphinisme chronique (manie morphinique). Émaciation, anémie, céphalée, vertiges, insomnie, trémulus, troubles intellectuels. Impulsion irrésistible à consommer de Topium et production de phénomènes graves par la soustraction subite des opiacés*. — La guérison du morphinisme n'est possible que dans les asiles et les hôpitaux. On a recours à la suppression d'emblée ou à la désuétude graduelle. Pour plus de détails consulter les écrits spéciaux.

28. Empoisonnement par le seigle ergoté, (ergot, ergotine.) — I. Ergotisme aigu : d*abord nausées, vomissements, coliques, diarrhée. Puis vertiges, céphalalgie, affaiblissement musculaire Ralentissement du pouls. Dans les cas graves, somnolence, troubles de la respiration, parfois même terminaison funeste. Traitement: Vomitifs et purgatifs. Tannin. Excitants (éther, camphre, café noir). Ergotisme chronique (ergotisme convulsif). Troubles gastriques, vertiges, lassitude, faiblesse du cœur. Mais ce qui intéresse le plus ce sont les désordres nerveux parmi lesquels les paresthésies (les fourmillements) sont connues d'ancienne date. Récemment on a établi que les symptômes nerveux ont la plus grande analogie avec le tableau morbide du tabès dorsal et dépendent également d'un commencement de lésion anatomique des cordons postérieurs de la moelle épînière. Il s'est rencontré aussi des phrénopathies ergoti^ niques, — Une autre forme d'intoxication chronique par Tergotine c'est r ergotisme dit gangreneux qui donne lieu à une gangrène sèche aux mains et aux pieds. Les endroits gangrenés se délimitent et finissent par se séparer, d'où résulte souvent de la fièvre, des processus pyémiques, etc. Il est à penser que la gangrène est produite principalement par la contraction convulsive des petits vaisseaux effectuée par l'ergot. — Le traitement de l'ergotisme chronique est purement symptomatique.

29. Empoisonnement par les champignons vénéneux. — I. Empoisonnement par les morilles. Les morilles fraîches renferment un poison qui se dissout très facilement dans l'eau chaude et qui aussi s'évapore complètement par la dessiccation. Les morilles desséchées ou passées par l'eau bouillante sont par conséquent entièrement inoffensives, tandis qu'à l'état frais, elles sont vénéneuses. Les symptômes de l'empoisonnement par les morilles sont : les nausées, les vomissements, la diarrhée, la céphalalgie, le coma, mais surtout V/uhnoglobinémiCy conséquemment ritémoglobinurie (v. y.) et l'ictère hématogène qui en dépend. Dans les cas graves, mort au milieu des convulsions. Traitement symptomatique : vomitifs et

Ergo Usine. — Botulisme. 3^^

purgatifs, excitants, etc 2, Entpoisonnentent par F agaric aux mouches y la fausse oronge (amanita muscaria, qui contient TalcaloYcle toxique appelé muscarine.) Symptômes gastriques, diarrhée. Excitation phrénique, délire, attaques tétaniques et épileptiques. Ralentissement du pouls, dilatation des pupilles, troubles visuels, ptyalisme, dans la plupart des cas graves, somnolence et mort. Traitement: outre les vomitifs, etc. avant tout Fatropine qui est le poison antagoniste de la muscarine. De plus le tannin, les excitants.

30. Empoisonnement par les andouilles (Botulisme, allantiase.) — Il se déclare souvent après l'usage de boudins avariés. Le poison qui agit spécialement en cette occurrence n'est pas encore connu. Les symptômes consistent en douleurs épigastriques, état nauséeux, vomissements, coliques, dévoiement. En outre une faiblesse générale extrême, des angoisses précordiales, la dyspnée. Puis du vertige, de la céphalalgie, de la somnolence, des troubles visuels d'une remarquable fréquence (amblyopîe, photopsies) et, chose étonnante, très souvent du ptosis. Dans les cas graves, troubles de la déglutition, occasionnés par une paralysie plus ou moins complète de la langue et du pharynx. Sécheresse excessive de la cavité buccale. Défaillance du cœur qui peut, concurremment avec la faiblesse et l'émaciation générale, conduire à la mort. La 'marche morbide est dans son ensemble rarement très aiguë, d'ordinaire elle est traînante. Traitement : vomissements, purgatifs (calomel), excitants. Au besoin alimentation artificielle.

31. Empoisonnement par la viande — Après l'usage de viande gâtée ou provenant peut-être d'animaux malades, on a observé à diverses reprises des cas d'empoisonnement gravcLe poison agissant en ces circonstances n'est pas encore exactement connu. II est probable même que différents éléments toxiques entrent en ligne de compte (principes chimiques ou germe infectieux organisés). Les symptômes d'intoxication sont surtout les suivants : vomissements, diarrhée violente. Parfois un appareil morbide ressemblant à peu près à celui du choléra. En outre le plus souvent des phénomènes nerveux ; insomnie, délire, céphalalgie, modifications pupillaircs, etc. Quelquefois des exanthèmes sous forme de roséoles, de papules, d'érythèmes, etc. Parfois fièvre intense, mais souvent aussi chaleur sous-normale. Pouls petit, légèrement accéléré, se ralentissant de temps en temps. Sentiment d'oppression thoracique — Marche lente le plus souvent. Tendance aux récidives. Plusieurs fois on a observé dans les cas graves une issue fatale. L'autopsie fit ordinairement voir alors une altération intense, parfois hémorrhagique de l'intestin et des modifications secondaires dans les autres organes internes

302 Intoxications.

(rate, reins, poumons, etc.). Traitement sycnptomatîque : calomel, émulsions huileuses, excitants, bains. Alimenter prudemment.

32. Empoisonnement par le poisson.— AprèsTusagede poissons avariés on a également observé quelquefois des empoisonnements graves, qui n'ont pas toujours présenté le même tableau morbide. Les symptômes consistent le plus souvent en douleurs gastriques, anxiétés précordiales, vertiges, sécheresse de la gorge, aphonie, respiration pénible, etc. Des troubles visuels, tantôt de l'amblyopie et de la chromopsie, tantôt de la paralysie de Toculomoteur commun et de l'accommodation. Dans les cas graves il peut y avoir paralysie de la déglutition et parésie considérable de tout le système musculaire. Accès de dyspnée, défaillance du cœur, etc. Marche parfois excessivement lente. Il y a incontestablement une grande ressemblance du tableau morbide avec celui de l'empoisonnement parles boudins. — Traitement identique à celui de l'empoisonnement par les boudins et la viande.

33. Empoisonnement par le fromas^e. — Vomissements, coliques, diarrhée. Vertiges, oppression thoracique, maux de tête, prostration, troubles^ visuels. — Traitement comme celui qui s'adresse aux autres empoisonnements par des substances alimentaires avariées.

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