DE U CONGESTION CÉRÉBRALE
circulatioxi veineuse, surviennent dans des cas où des causes générales ont agi et ont profondément modifié nos fluides. Mais tout en regardant la congestion passive comme étant ordinairement l'efTet d'une cause générale, nous pensons que cet état anatomique doit fixer Tattention, et qu'il réclame parfois l'emploi de moyens spéciaux ; car, suivant l'organe qu'il affecte, il peut être l'origine de troubles fonctionnels qui aggravent la position des malades.
1ï*aitement. — Les congestions passives réclament très-rarement l'emploi des antiphlc^tiques. Ceux-ci ne peuvent convenir que lorsque la stase sanguine est considérable et qu'il parait urgent d'y remédier par un moyen direct. Les révulsifs et les toniques constituent le traitement qui convient dans la' généralité des cas. Ceci s'applique surtout à ces congestions qui se forment si fréquenmient dans le •cours des fièvres continues vers des organes essentiels comme les poumons.
Les congestions passives existant communément avec les symptômes de l'anémie, avec des troubles digestifs, on comprend de quelle utilité peuvent être les toniques. Les agents de la médication reconstituante, le fer, le quinquina, les amers, une alimentation réparatrice, les bains stimulants, sulfureux, aromatiques, les bains de mer et de rivière, seront ici particulièrement avantageux. M. Fleury a démontré •dans ces cas les avantages des douches froides, c'est même le moyen qui lui inspire le plus de confiance, car il le dit infaillible. Les douches froides ont une douhie action, elles sont révulsives par rapport à l'organe bypérémié, et exercent, «n outre, une action générale stimulante. C'est donc un moyen qu'on ne saurait négliger.
Je viens de parler des congestions qui sont sous la dépendance d'un état général ; mais il est presque superflu de dire que ces moyens sont inutiles ou dangereux, lorsque la congestion passive est l'efiTet d'une gêne apportée à la circulation veineuse. Le moyen certain ici est d'enlever l'obstacle ; si on ne le peut, on est réduit à l'emploi de quelques palliatifs. Dans tous les cas, la partie hypérémiée sera placée de manière à favoriser le plus possible la progression du sang du côté du cœor.
DE LA CONGESTION GÉRÉfiRALE.
Srvoimus. — Hypérémie cérébrale; coap de sang.
Historique. — La congestion cérébrale a été mal indiquée par les auteurs anciens; ils la confondaient d'ailleurs avec l'apoplexie lorsqu'elle était portée à un certain degré d'intensité. Mais les travaux des auteurs modernes, particulièrement ceux que Lallemand(l), Rochoux (i), MM. Andral (3), Durand-Fardel (i) et Calmeil (ô), ont entrepris sur les affections cérébrales, ont fait cesser cette confusion. Grâce à ces travaux, tous remarquables à différents titres, l'histoire des congestions cérébrales est aujourd'hui assez complète.
Anatomie pathologique. —Pour apprécier convenablement les lésions propres à la congestion cérébrale, il importe de se rappeler que la coloration du cerveau varie beaucoup à l'état normal, dans les différentes parties de l'organe, et qu'elle n'est pas la môme aux divers âges de la vie. L'hypérémie peut occuper isolément
(I) Leitrti sur Ut maladies de Vencéphale.
(i) Rf hercfies sur rapopiexte.
(3) Clinique métlicafe, t. V.
\\) Traité du ramtti/issement du cerveau. Pari», I84«.
(S; Traité des maladies inflammatoire f du cerveau. Paris, 1850.
i96 MAUDIES PAR EXCÈS DE SANG.
OU ùmultanément les deux substaaces cérébrales. Lorsqu'elle survient spontanément, elle est presqae toujours générale. L'hypérémie bornée à un point limité des centres nerveux se lie presque toujours à quelque lésion matérielle organique préexistante, comme un caillot, un ranoollissement, une tumeur, etc. Ici, comme partout, la rougeur est le premier indice de la congestion. A Toùverture du crôoe, on trouve une injection vive de la pie-mère sur les circonvolutions et plus encore dan» les anfractuosités. On en juge bien mieux lorsque, détachant les membroaes^ on les examine à la loupe on seulement en l^s interposant entre l'oeil et ua rayon lumineux. La congestion de la pulpe nejrveuse a des caract^rçs difTérents, 8ui\*ant qu'on la considère ^ns la. subst4nc^ médullaire ou dans la substance corticale. En coupant le cerveau par tranches minces, on voit ^us^itOt suipter çà et lA, sur la substance blanche, un nombre plus ou moins grand de petites tacbes de sang : on dit alors que le cerveau ; est piqueta om sablé^ parce que, en efTeti ce pointillé ressemble assez bien A des grains de sable rouge qu'on aurait semés sur la substance médullaire. Celle disposition se remarque surtout dans les lobes a^itérieurs, à la convexité des hémisphères et dans les couches optiques. L'hypérémie qui affecte la substance grise peut bien s'y révéler aussi par le mOme état piqueté ou sablé; celui-ci est alors surtout très-appréciable sur la cpuche.la plus extérieure, tandis que dans les couches pins profondes existe une coloration uniibrme, rouge ou violacée. Si l'on presse ces tissus entre les doîgti, on^ca fait suinta une quantité de sang plus ou moins considérable. Cette i^ection se jretrpqve dans les parties de l'encéphale qui, comme les corps striés, sont riches en substance grise.
Une congestion aussi générale et aussi grande ne peut exister dans les méninges et dans le cerveau, sans qu'il en résulte une g^^ne dans la circulation, et conmie conséquence fatale, un épanchement séreux, parfois légèrement teinté de sang, dans les ventricules et dans les mailles de la pie-mère. Di^ns tous les cas, la pulpe cérébrale est intacte, elle a m^me aa consistance normale, et les meml^ranes se séparent facilement, sa^s entralper après elles aucune parcelle de substance corticale. Il n'en est plus ainsi lorsqu'au lieu de mourir subitement, ou après quelques heures, les individus ont lutté pendant plusieurs jours. On trouve presque toujours alors, dit M. Calmeil, des traînées de plasma sur les trajets des principaux vaisseaux de la pie-mère, presque toujours aussi ce produit extravasé contient des globules de pus ou des cellules granulées; la substance nerveuse elle-même est ramolKepar places ou uniformément. On le voit, ce n'est plus ici de la congestion, mais un état pblegmasique consécutif à l'afflux sanguin.
L'hypérémie cérébrale, qu'elle soit aiguë pu chronique, se révèle A peu près toujours sur le cadavre par les mêmes caractères. Cependant, suivant M. Durand- Fardel, la répétition ou la longue durée des congestions finirait par produire une lésion qu'il noanme état criblé du cerveau, qui consiste en une réunion de petits canaux creusés au sein de la substance cérébrale et traversés chacun par un petit vaisseau ; ils peuvent admettre la pointe et parfois même la le le d'une trèsfine aiguille. La partie malade ressemblerait donc, par sa structure et par son aspect, A ce qu'on nomme la lame criblée du cerveau, située en dehors du chiasma. M. Durand explique cette lésion par la distension souvent répétée des vaisseaux, qui ont dû opérer ainsi un refoulement de la substance du cerveau. Cette explication est rationnelle. Cependant les faits rapportés par M. Durand ne me semblent pas encore sufOsants pour donner A son opinion la valeur d'une démonstration. {Gaze te médicale^ année I812.) On comprend que le cerveau ne peut contenir une plus grande quantité de sang