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PREMIER GENRE DE FIÈVRES

On nomme fièvre éphémère un mouvement fébrile plus ou moins intense, qui se tennine spontanément après une durée de vingt-quatre à trente-six heures.

Symptômes. Marche. — La fièvre éphémère n'a pas de prodromes ; presque

toujours elle se déclare d'une manière brusque. Son début est quelquefois marqué

par un frisson léger, bientôt suivi de chaleur; la face est rouge, animée, mais son

expression est naturelle; il y a de la céphalalgie, du lumbago et des douleurs

conlusivcs dans les membres; la peau est chaude, mais douce au toucher; le pouls

est plus ou moins large ou fréquent ; la soif est vive, la langue blanche et large ; il

n*y a point d'appétit; le ventre est indolore et les selles sont rares; l'urine est

rouge et sécrétée en petite quantité. L'exploration des cavités splanchnîques et de

la surface du corps ne fait découvrir nulle part de lésion capable d'expliquer le

mouvement fébrile qu'on observe. En un mot, il n'existe aucun symptôme grave.

Cependant, chez les personnes irritables, chez les femmes et les enfants surtout,

on peut observer un peu de délire ou d'agitation pendant la période la plus aigué

de la maladie.

Nulle altération constante du sang ne peut rendre compte de ces phénomènes, n résulte, en effet, de huit analyses faites par MM. Becquerel et Rodier, que, dans la fîè\Te éphémère conome dans la fièvre synoque, dont il va ôtre question bientôt, le sang n'a subi aucun changement apparent (1).

Après avoir persisté avec plus ou moins de violence pendant six, douze ou dixhuit heures, on voit presque toujours la fièvre diminuer d'intensité, puis cesser tout à fait après une durée de vingt-quatre heures. Il n'est pas rare cependant de la voir persister au delà de ce terme, et ne se juger, par exemple, qu'au bout de deux ou trois jours : on lui donne alors le nom de fièvre éphémère prolongée. Lorsqu'il en est ainsi, il arrive tantôt que les accidents fébriles, parvenus en quelques heures à leut plus haut degré d'intensité, diminuent progressivement; tantôt, au contraire, ils s'accroissent jusqu'au dernier jour. Dans ce dernier cas, on observe généralement le soir, ou pendant la nuit, un redoublement dans la fiè>Te.

Le retour à la santé se fait souvent sans qu'on observe aucun changement notable dans les sécrétions. Cependant le plus ordinairement la diminution de la fièvre coïncide avec l'apparition d'une sueur plus ou moins considérable, et qui exhale quelquefois une odeur désagréable ; d'autres fois, les malades rendent une urine briquetée, trouble, ou bien il survient deux ou trois selles de matières jaunes et très-fétides; enfin, et c'est une des crises les plus fréquentes, une éruption de vésicules d'herpès se montre sur la surface cutanée des lèvres.

En général, il n'y a pas ou à peine de convalescence ; en effet, la fièvre aussitôt tombée, l'appétit renaît avec les forces. Cependant il est quelques sujets chez lesquels là diminution de l'embonpoint et des forces n'est pas en rapport avec la

(I) Chimie pathologiqu€^ 1853, p. 133.

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maladie qu'ils viennent d'éprouver; souvent alors le rétablissement complet exige encore plusieurs jours de repos et de régime. C'est ce qu'on voit spécialement chez les jeunes pubères, lorsque la fièvre, coïncidant avec un développement rapide du corps, mérite véritablement abrs le nom de fièvre de croissance.

Il est des individus qui éprouvent chaque année plusieurs récidives de fièvre éphémère; mais cela n'a guère lieu que chez les jeunes gens; assez généralement cette disposition diminue avec l'ftge, et disparaît vers la quarantième année.

Diafl^nostic. — Il est souvent difficile de déterminer, au moment où la fièvre commence, si elle ne sera qu'éphémère ou si le malade éprouve un accès de fièvre intermittente. Cependant, si le frisson est léger, ou s'il manque tout à fait; si la fièvre, au lieu de cesser après huit ou douze heures, comme cela a lieu le plus souvent pour les accès intermittents, se prolonge pendant dix-huit, vingt ou vingtquatre heures; si elle s'est allumée sous l'inQuence d'une des causes que je vais bientôt énumérer, il est probable que la maladie ne sera qu'une fièvre éphémère.

Pronostic. — Le pronostic ne présente jamais de gravité.

Ganses. — La fièvre éphémère affecte spécialement les enfants et les jeunes gens; elle survient ordinairement à la suite de vives émotions, après des fatigues corporelles; ou bien elle succède à l'impression du froid, ou, par contre, à l'action d'une température élevée, par exemple après une vive insolation, à la suite d'un bain trop chaud, ou du séjour dans une atmosphère brûlante, ou bien encore on voit la fièvre éclater après des écarts de régime, spécialement après des excès de liqueurs stimulantes. Le développement rapide du corps à la puberté est, conune nous l'avons déjà dit, une cause fréquente de fièvre éphémère. Chaque époque menstruelle réveille aussi chez quelques fenmies le même accident. L'appareil fébrile qui accompagne l'établissement de la sécrétion du lait quarante-huit heures après l'accouchement peut encore être regardé à juste titre comme une forme de fièvre éphémère. Je crois qu'il est inexact d'admettre avec quelques personnes que le mouvement fébrile dont je parle est toujours symptomatique d'une lésion. En effet, les conditions dans lesquelles il se montre, et surtout sa durée courte, doivent faire exclure l'idée d'une fièvre traumatique. Cependant je crois qu'en raison des accidents qui surviennent sourdement ou à l'improviste chez les fenmies récenmient accouchées, on doit surveiller ce mouvement fébrile, et l'on devrait en être préoccupé s'il avait une intensité insolite, s'il se prolongeait au delà de vingt-quatre heures, ou si son début avait été marqué par un frisson un peu intense.

La plupart des causes que je viens d'énumérer, au lieu d'exciter une pyrexie, n'ont souvent d'autre effet que de produire une courbature, c'est -à-dire une indisposition caractérisée par un état de malaise général, par des lassitudes et un dérangement dans la plupart des fonctions, sans mouvement fébrile appréciable. La courbature est quelquefois le prodrome de la fièvre éphémère.

Traitement. — Le repos au lit, l'abstinence de tout aliment, l'usage de boissons délayantes ou tempérantes, sont les seuls moyens qu'il suffit d'employer. S'il arrive que, pendant la convalescence, les malades restent faibles, si l'appétit ne revient pas, si les aliments déterminent de la pesanteur, si la langue est sale et le ventre paresseux, il conviendra de donner un laxatif ou un éméto-cathartique, et les jours suivants quelques tasses d'une infusion amère, comme chicorée sauvage ou petite centaurée, pour voir disparaître promplement ces accidents. •

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