Eternument symplomatique
Personne n’ignore que l’éternument est un symptôme du Coryza, des fièvres ca-
tarrhales , de la dentition, de la rougeole,
des maladies du diaphragme (86), de la toux convulsive (87) et de la lèpre (38).
L'éternument est, suivant les cas, d’un
bon ou d’un mauvais augure; il est d’un
bon augure lorsqu'il survient dans les
fièvres aiguës exemptes de complication
(*), et surtout lorsqu'il annonce une épistaxis ; il en est de même quand. il a lieu durant le cours d’un accouchement dif-
cile (89) ou dela convalescence (90). Nous avons observé une céphalée périodique dont les paroxysmes se terminaient con-
(84) Homer., Odyss., xvir, v. 541.
Eustachius dit à propos de ce passage (p. 647) : « Augurium enim tunc veteribuserat sternutatio. Nam caput præcipua pars hominis, ex qua tale signum proditur, Propterea etiam sternutans salutabatuür. » Cfr. Hérodote, Hist., 1. vi, ©. cv, qui, en parlant d’Ilippias, au moment où ceui-ci disposait les troupes de Darius .
pour la bataille de Marathon, ajoute :
« Ei talia administranti contingit sternutatio, tussisque solito vehementior, unde, concussis ejus, utpote senis plerumque dentibus uaus illorum a violentia tussiendi excussus est, et in arenam delapsus, qui, magna adhibita ad inveniendam diligentia, quum tamen non appareret, suspirans Hippias ad eos qui aderant ait:
Hæc terra non est nostra, nec eam poterimus nobis subjectam efficere; quanta autem pars ad me pertinebat dens obtinet. » Sturzius (Lexic. Xenophont., t. mm; p. 756) cite plusieurs auteurs qui ont émis diverses opinions sur l’éternument, comme augure, chez les anciens.
(85) Rahn, Diss. de more sternutantibus salutem apprecandi, ejusque origine.
Tugur., 1742.
(86) Michaelis, in Richter’s Chir.bibl., 6 B.; p. 730. Far
(87) Storch, I. c., p. 418.
(88) « Et apparet in anhelitu strictura.….
et multitudoinsternutatione. » Avicennä, lib. can. 1v, fen. 11, C. 11.
(") Galen., in Progn., com. 11, t. XLIx, p. 779.—Lieutaud, Précis, t. 11, sect. 11, p. 107.
(89) Hipp., aph. 5, 55.
(90) Celsus, De med., t, 1, tr, p. 49,
DES YEUX, DES OREILLES ET DES NARINES
stamment par l'éternument (91). Nous redoutons ce symptôme toutes les fois qu'il se rencontre dans. les fièvres et les inflaumations viscérales, mais surtout dans l’ulcération des poumons (92). chez les vieillards affectés de hernies (93), et chez les femmes enceintes ; on doit, en effet, redouter ici que la syncope, les convulsions, l’hémiplégie, la cécité (94) n'en soient le résultat. Compter les éternuments et en tirer des conclusions de pronostic , ainsi que l’a prétendu Forestus, c'est errer dans le domaine du préjugé.
G. Eternument prinutif. — Une ma=
Jadie constituée uniquement par l’éternument, et qui affecte quelquefois une marche périodique (95), est chose assez rare ; et, pour notre compte, il ne nous .est jamais arrivé de la rencontrer à un degré aussi violent qu’on la trouve décrite dans les fastes de la médecine (96), par exemple , avec trois cents accès dans un paroxysme (97). On regarde comme causes d’un éternument si rebelle les corps étrangers fixés dans les fosses nasales, tels que des larves d'insectes (98), un fragment de bois (99), des pilules (100), un * vice catarrhal latent (1), des lésions de
la tête (2), la vapeur des fours à chaux
(91) Chez une religieuse de l’ordre de Saint-Basile. {
(92) Hipp., Progn., 6 13, p- 459; et Coac., $ 5,-561.
(93) Cardauus, 1. c..
. (94) Lieutaud, 1. e., p. 167.
(95) Eph. nat. cur., cent. v, obs. 19.
- (96) Outre les auteurs précédemment cités, V. Eph:; nat. cur., dec. 1, an. 4, obs. 25, 141; an. 6, obs. 12; an. 9, obs. 26. | Aa
(97) 1bid., dec. 1, an. 3, obs. 158.
(98) Paullini, Lanx. sat., dec. xvir,
obs. 7. Carpi, in Harless Jahrbucher,
4 B., 1 Heft. me:
(99) Bened, 1. c., parle d’un certain Grec qui, ayant été blessé auprès de la tempe par une flèche, rendit par les narines, vinot-cinq ans après l'accident, un
morceau de cette même flèche, de la.
grosseur du doigt médius, après avoir extraordinairement éternué.
(400) -Avalées de travers, en sorle qu’elles avaient passé da pharynx dans les fosses nasales, et qu’elles occasionnèrent, outre des convulsions, des accès d’éternument terrible. V. Voigtel, 1. c., 422. | (1) Forestus, 1. 11, obs. 127.
(2) Eph. nat. cur., dec. 1, an. 5, obs.