IL. Symptômes. Autopsie cadaverique
1. Symptômes. — Les individus chez lesquels on a rencontré , après la mort, des polypes du cœur avaient éprouvé, tantôt d’une manière continue, tantôt par accès, une douleur sous le sternum (90) et à l’épigastre (91), de la dyspnée (92), de grandes angoisses /93), des palpitations de cœur (94), accompagnées quelquefois d’un bruit particulier (95), s'étendant jusqu’à la région épigastrique (96), et même jusqu’à l’ombilic (97); dans d’autres cas , il n’y avait point de palpitations (98) ; le pouls était peu fréquent (99), tantôt irrégulier (100), misérable (1), tantôt régulier (2) et tendu comme une corde métallique (3), très-
43 B., p. 689. — Horn's Archiv. f. med.
Erfahr., 4810, janv., p. 28, 52. Journal général de médecine, par Sédillot, vol.
XXXVI, P. 288. Journal général de médecine, par Corvisart, 1819, juin, p. 172.
(89) Corvisart, 1. c., p. 658. — Testa, DC, ter, €, x — Burns, LL €. ;°p2220:
(90) Malpighi, Cheston (début de la maladie pendant la marche, surtout après les repas).
(91) C’est ce que j'ai constaté moimème (V. mes Acles cliniques). Testa, 1. c.
(92) Fr. Hoffmann, 1. c. — Kinglake.
Moi-même (V. mes Actes cliniques) j'ai observé l'inspiration beaucoup plus facile que l'expiration.
(95) Fr. Hoffmann, 1. c. Ce symptôme manquait chez le malade de Nasse, |. c., D 119. ;
(94) Fr: Hoffmann, Wichmann.
(95) Cheston (comme si on frappait l'eau avec un bâton).
(96) Mes Actes cliniques. Testa.
(97) Bontius (comme quand le fœtus percute les parois de l'organe qui le renferme).
(98) Cheston (on ne pouvait même sentir les battements normaux du cœur).
(99) 80 pulsations par minute (Lukomski, 1. e.); 56 (mes Actes cliniques).
(100) Wichmann, Moi-mème (dans l'inspiration. V. mes Actes cliniques).
(4) Fantoni, 1. c., obs. 197 p. 52. — Cheston, Philosoph. transact., n. 481, p- 285, 1746.
(2) Moi-même. Voy. la Diss. de Lukomski.
(3) Malpighi, L, c.
souvent variable (4); on observait des vibrations anormales de toutes les artères du côté gauche (5), la dilatation (6) et l’oscillation des jugulaires (7); il y avait céphalée (8), angine (9), dysphagie (10), toux, souvent accompagnée de crachats sanglants (11); le malade ne pouvait rester couché que sur le dos (12), Ja tête élevée (13), ou sur la partie antérieure du corps ,.le tronc étant fléchi (14) et courbé en avant (15) ; enfin, 1l faut ajouter à ces phénomènes patholopiques l’engourdissement du bras gauche (16), le froid des extrémités (17), la somnolence (18) et les syncopes (19).
2. Autopsie cadaverique. — On a trouvé, implantés dans le ventricule gauche du cœur, des polypes de substance cornée, blanche, disposée en rond , qui représentaient à leur partie supérieure la tête d’un serpent, et se terminaient inférieurement par deux lobes sabdivisés eux-mêmes en plusieurs
(4) Sénac, 1. c.: « On voit par là que, de tous les effets que produisent les polypes, il n’y a que l'inégalité variable du pouls qui puisse nous faire soupçonner qu'il y a dans le cœur des concrétions polypeuses. » Cependant le pouls était normal chez le malade dont parlent Testa, 1. 0, Nasse,.l. c., p.119:
(5) Jusqu'à l'artère dorsale du pied.
(6; Malpighi, |. c.
(7) Homberg.
(8) Homberg (avec insomnie), — Cheston.
(9) Kinglake.
(10) C'est ce que j'ai observé (Actes cliniques) pendant le paroxysme.
(11) Cheston (avec enrouement). — Wichmann (avec crachats rouillés). — Moi-même (V. Lukomski et mes Actes cliniques), Testa, Burns (avec crachats de sang pur).
(12) Mes Actes cliniques.
(15) Vieussens, 1. c., p. 107.
(14) Wichmanv. LÉ
(15) C'est ce que j'ai observé à Vilna, chez un militaire qui a gardé nuit et jour cette attitude, à l'hôpital de Saint-Ignace, depuis le mois de novembre 1815 Jusqu’ou 21 janvier 1816. (V. Rosolowski, 1.@)
(16) Malpighi, L c.
(17) Lancisi, De morte subitanea, I. 11, obs. 4. Mes Actes cliniques. — Cheston (avec un léger œdème).
(18) Testa, L. c.
(19) Malpighi, Senac, Kinglake.
lobules (20) ; d'autres, ayant leurs ra-
cines dans les fibres charnues du cœur gauche , avaient entièrement obturé,
par un double tronc, l'artère aorte et
le sinus veineux (21); d’autres remplissaient à la fois les deux ventricules et les deux oreilletles, et envoyaient des expansions diversement ramifées dans les vaisseaux pulmonaires et l'aorte (22) ; d’autres occupaient les deux ventricules du cœur, qui avait acquis le volume d’un cœur de bœuf (23) ; d’autres, développés vers le milieu de l’orifice destiné au passage du sang dans l'artère pulmonaire , remplissaient toute la cavité du ventricule droit (24); d’autres distendaient les fibres du cœur(?5); d’autres envoyaient des expansions dans les quatre gros vaisseaux, en même temps qu'il y avait hypertrophie, aplatissement du cœur, état variqueux de l'oreillette droite, dont le volume égalait celui du ventricule (26) ; d'autres occupaient la cavité du ventricule droit, dilaté outre mesure, et s'étaient identifiés à leur origine avec les faisceaux charnus de cet organe (27); d'autres remplissaient l’oreiilelte droite, en même temps que le ventricule gauche avait acquis üne dilatation très-considérable, une consistance comme cartilagineuse, et que les valvules semi-lunaires étaient denticulées (28); d'autres, prenant naissance sur Îes parois du cœur gauche, dont l'épaisseur était diminuée de moitié, pénétraient dans l'aorte à deux pieds de profondeur (29); d’autres, nés supérieurement des colonnes charnues du ventricule droit, occupaient à peu près les deux tiers de cette cavité, et pénétraient dans les deux veines caves et dans l'artère pulmonaire, l'oreillette droite étant en même temps dilatée, amincie et marquée de traces inflammatoires (30); d'autres, adhérents à l’oretllette et au ventricule droits , étaient multipies , fibreux, entourés de graisse,
(20) Severin, 1. c. On peut voir chez
Willis un cas à peu près semblable.
(21) Tulpius, IL. c.
(22) Bartholin, 1. c.
(23) Cousin, I. c.
(24) Boerhaave, 1. c.
(25) Boerhaave, 1. c., p. 541.
(26) Fantoni, 1. c., obs. 8.
(27) Fantoni, 1, c., obs. 9.
(28) Vieussens, 1. ce.
(29)- Homberg, 1. c.
(30) Cheston, 1, cç.
MALADIES DU DIAPHRAGME s
tandis que le péricarde était rempli ‘de sérosité et le tronc de l'artère pulmonaire oblitéré par uné concrétion calculeuse (31) ; d'autres, d’un tissu ferme, blanc, bouchaient l’orifice du ventricule gauche, et pénétraient dans l'aorte, en même temps que le péricarde avait acquis une consistance presque cartilagineuse et contracté adhérence avec les poumons, que le cœur était hypertrophié et son oreillette droite tellement vaste, qu'elle aurait pu renfermer un second cœur (32) ; d'autres , présentant la couleur jaune - blanchâtre du tissu ligamenteux , occupaient le ventricule droit du cœur, dont la substance était trèsrouge , dure , avec dilatation de l’oreillette antérieure et de la veine cave descendante, induration, rétrécissement de l’orifice de l'artère pulmonaire et ossification par plaques de l'aorte (33); d’autres avaient l'apparence d’un stéatome (34); d'autres, de forme à peu près conique et affectant une disposition analogue à celle des polypes du nez, prenalent naissance dans l'oreillette droite dilatée , et pendaïent dans le ventricule correspondant, avec lequel ils avaient contracté une adhérence telle qu'ils auraient pu supporter le cœur et la plus grande partie des poumons (35°; un autre, de la longueur du pouce, adhérait fortement à la cloison inter-ventriculaire du côté gauche , et venfermait un abcès dans son milieu ; il y avait en même temps ossification des arlères coronaires (36); un autre, formé par un tissu membraneux , tenace, d’un pouce de diamètre et de trois pouces de longueur, à sommet bilobé , flottait librement dans le ventricule droit du cœur, au point que l'une de ses extrémités correspondait à l’orifice veineux, et l’autre à l’orifice artériel, sans qu'on püt découvrir, du reste, la moindre altération morbide, soit dans le cœur mème, soit dans le voisinage de cet organe (37); un autre, semblable à un
nf
(31) Kinglake, L c,
(52) Testa, I. c., c. x1, n, 6.
(33) Testa, ib. À
(54) Riverius, 1. c. Cfr. Wichmannet Baillie (Anut. der krankh. Baues, p. 13).
(55) Burns, 1. c., p. 226,
(56) Burns, 1. c., p. 250.
(57) Moi-même, dans mes Actes eliniques. 1. c. (L’artère thyroïdienne inférieure provenait du tronc innominé, au lieu de naître de la carotide, En outre, la veine sous clavière gauche, ainsi que
DU PÉRICARDE, DU COEUR, DES ARTÈRES ET DES VEINES
bouton de rose épanoui, tenait par trois filaments au ventricule droit, dont la surface interne ne présentait aucune trace d'inflammation ; le tube intestinal était en même temps Carcinomateux (38); enfin un autre, d’un tissu blanc trèscompacte, était implanté, par une double base de cinq lignes de diamètre , dans les faisceaux charnus et tendineux de la substance même du cœur, et remontait, en forme de cône , dans l'oreillette gauche, où il se divisait en quatre rameaux qui se dirigeaient vers les orifices des veines pulmonaires; il avait environ deux pouces de longueur, et son plus grand diamètre était de neuf lignes, Le péricarde contenait à peu près six onces de sérosité jaunätre , et il adhérait par plusieurs points à la base du cœur, qui ne présentait, du reste, rien d’anormal (39).
TL. Causes,
1. Causes prédisposantes.— Les hommes sont beaucoup plus sujets que les femmes aux polypes du cœur (40) {qui paraissent , dans certains ças, se déve-
LS
lopper épidémiquement (41)). L'âge n’y
est pour rien. Cet état pathologique
semble avoir des rapports avec la gale (42), l'épilepsie (43), la manie, soit lurieuse (44), soit extravagante (45),
a jugulaire du même côté, étaient gorgées de sang noir.) (38) Nasse, I. c., p. 124.
(39) Lukomski, 1, c. (chez le malade dont il a été question plus haut, n. 1).
(40) Sur dix-sept malades atteints de cêlte affection, j'ai compté douze hommes et cinq femmes.
(41) Pissini dit : « Per autumni præsentiam anni 4648 constitutionem adeo frequenter polypi isti in corde inventi Sunt, ut ex quindecim, qui ex maligna
febre interierunt, diligentissime hucus-
que dissectis, duodecim cordis polypo laborasse deprehensi sint. »
(42) Fantoni, 1. c., obs. 8.
(45) Vieussens, I. c., p. 107.—Greding, Sammiliche Schriften, 4 B., p. 550. (Il a rencontré des polypes graisseux dans les deux oreillettes du cœur, chez huit
ileptiques.
AUD dredhe , 1, c. (sur douze cadayres d'individus affectés de manie furieuse). FONE |
(45) Greding, 1. c. (polypes dans l’oreillette droite, chez neuf maniaques de ce genre). |
soit mélancolique (46); avec les vices des poumons (47), l’hydropisie (48), les Calculs biliaires (49), la diarrhée (59), les hémorrhoïdes (51) et la suppuration des mamelles (52). La cavité droite du cœur paraît être plus favorable que la SAN au développement des polypes ba). |
2. Causes excitantes. — On a vu les polypes du cœur se développer à la suite d'un coup à la poitrine (54), d’une chute sur le côté gauche (55), de fortes douleurs (56), de la course , de l’usage des liqueurs fermentées (57), des boissons froides pendant que le corps est échauffé (58), et des affections morales (59), On ajoute les lipothymies (60), qui sont peut-être plutôt l'effet que la cause des polypes.
8. Cause prochaine.— On à attribué le développement des polypes à la coagulation du sang (61), à la couenne in-
(46) Silbermann præs. Meckel, Diss, de promoyendis anatomiæ pathologicæ administrationibus. Hal., 4790, p. 8.
(47) Homberg, I. c.
(48) Baubin (dans G. Horst, Opp., ft. 1, p. 1441) dit : « Si dabitur bydropici vel phthisici, diligenter cordis ventriculos inspicias, aliquoties enim excrescenliam ramosam reperi per yasa in pulmones delatam, » Un cas semblable s’est présenté à l'observation de Wepfer, qui, ayant ouvert une femme morte après avoir été Jong-temps affectée d’ascite et d'anasarque, trouva le ventricule gauche du cœur et l’aorte distendus outre mesure par des polypes. (Diss. de apoplexia, p. 200). Il en est de même de Sénac, L, c., p. 464.
(49) Cheston, L. c.
(50) Testa, 1. c.
(51) Mes Actes cliniques, IL. c. Gohl,1.c.
(52) Kingtake, Le
(53) Haller, De corp. humani fabr., t, in, p. 4f.— Nasse, ÎÏ. c., p. 132.
(54) Kinglake, 1. c. :
(55) Testa, JL. c.
(56; C'est ce que j'ai observé moimême. V. Lukomski, Diss.
(87) Mes Actes cliniques, 1, c.
(58) Nasse, 1. ©. . ”
(59) Sénac, 1. c., p. 461.—Testa, I. c., p. 507. |
(60) Salius Diversus, De syncope cardiaca.— Sénac, I. c., p. 464.
(61) Presque tous les anciens. Burserius lui-même a regardé le ralentissement ou le repos du Sang comme la cause prochaine des polypes. (Inst, Med., vol.
flammatoire de ce liquide (62), aux sucs lymphaliques et aux globules sanguius (63), à un dépôt de substance organique sur les parois des cavités du cœur, altéré d’ailleurs (64), et à une exsudation inflammatoire de lymphe coagulable, convertie ensuite en fausse membrane (65).
Nous adoptons cette dernière opinion, fondés sur l’analogie de l'état pathologique dont il s’agit avec ce qui se passe dans les inflammations des cavités nasales, trachéale , intestinale , utérine, vésicale (qui donnent aussi naissance à des productions polypeuscs).
x) : « Lipothymia, dit-il, et multo magis syncope inter primas causas remolas (polyporum) spectant. » Redi (Osservazioni intorno alle vipere, 1664, p. 59) affirme qu’on à trouvé des masses de sang congelées sur des animaux tués par le venin de la vipère.
(62) Malpighi, 1. c., p. 66, 74. (Il croit que la couenne inflammatoire est le principe générateur des polypes.)
(63) «Nous pouvons déterminer quelle est la matière des polypes. Ceux qui sont blancs sont composés des sucs Jymphatiques et des autres sucs blanchâtres qui se sont épaissis, ou plutôt qui se sont condensés, en se séparant des molécules rouges. Mais les polypes rouges sont un tissu ou un composé surtout de deux matières, savoir de la lymphe et des globules du sang.» Sénac, I. c.,
(64) Burns, L. c., p. 221. « Im gesunden Lustande verweilet das Blut weder in dem Herzen noch in den Gefassen; es ist in bestandiger Bewegung und kreist nach dem Zustande seine Behalter mehr oder minder schnell. Niemals bleibt es im normalen Zustande mit den Wanden des Herzens 50 lange in Berührung, dass es durch die Einwirkung derselben verandert werden konnte. Wenn aber bei Krankheiten des Herzens eine Storung seiner Verrichtungen entsteht, so wird das Blut in den Hobhlen dieses Organes langer, als sonst und als es sollte, zurückgehalten, und es erleidet dann durch seihe Einwirkung auf das Herz und durch die Reaction des letzteren eine Veranderung, welcher zufolge sich aus ihm ein veu organisirter Stoff an die Wande der Herzhohle, worin, diese Veranderung vorgeht, absetzt, »
(65) Cheston, Samml. auserl. Abh, f.
pr. Aerzle, 11 B., p. 241. — Kreysig, op. C., 21h, p. 596.—Testa, 1. c., c. x1.
$ IV. Diagnostic,
1. Dis'inetion. — [1 faut bien distin= guer les véritables polypes, dont il est ici question, de la simple coagulation de la fibrine du sang (faux polype). Les premiers existent chez l’homme vivant, sinon comme la cause primitive de la maladie, du moins comme un de ses effets les plus remarquables , tandis que les derniers ne se forment que dans les derniers instants de la vie ou peu di temps après la mort. Ainsi se trouve conciliée la fameuse dispute sur la ques:
tion de savoir si les polypes du cœur st développent chez l’homme vivant, ok s’ils ne sont que le produit de la mort La première de ces deux opinions a ét soutenue par Malpighi, Manget, Pechlin:
Peyer, Boerhaave, Haller, Lancisi Cheston, Kinglake , Haen, Selle, Wich:
mann , Maicourt, Thomann, et autres parmi les partisans de la seconde, ot distingue Kerkring , Lieutaud, Andréas Joseph Pasta, Baillie et Bichat. Mai autant la distinction des véritables po:
lypes d'avec les faux est facile en théorie autant elle devient épineuse dans la pra tique ; et cela n’est point étonnant, puis que les fausses membranes (polypes vrais sont formées par Ja fibrine du sang (ori gine des faux polypes) (66). En outre la présence des uns sur les cadavre n'exclut point celle des autres. Toutefoi on peut, presque sans crainte de se trom per, conclure à l'existence d’un polyp vrai : 1° lorsque le corps polypiforme es fortement enraciné dans les parois de oreillettes ou des ventricules du cœur 2° lorsque , après l’avoir éearté de s base , on le voit flotter librement dan les cavités du cœur , et qu'on ne trouw d’ailleurs sur le cadavre rien autre chos qui puisse rendre compte des angoisse qu'a éprouvées le malade (67) ; 3° lors que ce corps offre une apparence orgä nique , une couleur blanche ou jaun@ une texture ferme , celluleuse, adipeus£ charnue, qu’il n’est point entouré Al matière colorante sanguine , mais plul
(66) Voigtel dit avec beaucoup de rai son (Handbuch der pathologischen Ana tomie, 4 B., p. 410) : « Die Entstehun beiderlei Arten der Polypen des Herzen und der Arterien und beider Stoff , is gewifs einerley. Es ist gerinnbare Lym phe des Blutes, »
(67) Ch, x, S 2, n. 2,
DU PÉRICARDE, DU COEUR, DES ARTÈRES ET DES VEINES, 447
muni de vaisseaux sanguins propres (68); 4° quand la maladie est survenue dans des circonstances propres d’ailleurs à favoriser Le développement des polypes du cœur (69) ; et 5° quand il y à eu oppression douloureuse sous le sternum , mouvements anormaux du cœur, imminence de suffocation dans une position déterminée du corps, accès de dyspnée et d’oppression périodique, et syncopes.
2. Incertitude des symptômes. — Mais il faut savoir que non-seulement il n'est aucun des symptômes indiqués que l’on puisse regarder comme pathognomonique, mais qu’il est même impossible de trouver un ensemble de signes diagnostiques propres à faire reconnaitre d'une manière certaine l’affection dont il s’agit ; Car toutes les maladies du cœur et des gros vaisseaux qui peuvent intercepter la circulation ou empêcher l'action de son organe central sont susceptibles de faire naître des phénomènes absolument semblables à ceux que déterminent les polypes (70). Bien plus , en supposant même qu'il existât des symptômes plus où moins certains de cette maladie, ils seraient toujours nécessairement masqués par ceux des autres affections qui compliquent le plus souvent les polypes du cœur (71).
3. Du siege des polypes. — Si le médecin peut soupconner l'existence d'un polype daus le cœur , rien ne s'oppose à ce que , d’après Sénac (72), il étende ses conjectures jusqu’à la détermination de son siége particulier ; car, dans le cas
(68) Je n'ai jamais vu ces vaisseaux, admis par Malpighi, niés par Valsalva et par Morgagni.
(69) Ch. x, $ 5, n. 1, DA ,
(10) «11 ne sera donc pas facile de connaître les polypes dans le corps vivant, parce que leurs effets sont les mémes que ceux des obstacles qui s opposent au cours du sang dans le cœur. »
Senac, 1. c., p. 470. |
(71) Les résultats d’autopsie cadavérique que nous avons exposés prouvent que la dilatation des ventricules tient le premier rang parmi les maladies: ce que confirme en outre Stewart, dans The Edinburgh medical and surgical Journal, 1817, april, n. 50. (Le malade, mort subitement, avait ressenti des douleurs dans l’hypochondre gauche, comme $ il avait eu une affection de la rate, et dans l'épaule du même côté.)
où l’on ne rencontrerait pas de polype dans l'endroit présumé, on devrait s’attendre à y trouver du moins un obstacle d’un autre genre. Il est permis de supposer quelque chose de semblable dans l'oreillette ou le ventricule du cœur droit, quand on observe les symptômes qui indiquent la difficulté du dégorgement des veines caves , tels que l'oscillation des jugulaires dilatées , la lividité de la face, les vertiges , s’il s’agit de la veine cave supérieure ; et, quant à l’inférieure , le gonflement de l’hypochondre droit , les douleurs abdominales , la diarrhée , et, en général, l'absence des signes qui annoncent une congestion vers les poumons. Lorsque, au contraire, l'obstacle existe dans l'oreillette ou dans le ventricule du côté gauche, il faut s'attendre aux symptômes déterminés par la difficulté de la déplétion des veines pulmonaires , et dont les principaux sont la dyspnée et la toux accompagnée de crachats sanglants. La petite quantité de sang que reçoit l’aorte doit amener aussi la faiblesse , l’imperceptibilité du pouls et par suite des lipothymies.
4. Vers du cœur. Les prétendus vers du cœur, sous forme de teignes(73), de punaises (74), d’ascarides (75) et de serpents (76), n'étaient sans doute autre chose que des polypes. Ii faut en dire aulant des excroissances , tantôt verruqueuses , de la surface interne du ven-
(73) Sepulchr. anat., 1. s, sect. xvir, ob 0: 1.11, sect: X1, ODs. e, S'L'et 2; 1. 1v, sect. 1, obs. 62.—Schenk, Observ.
med, , 1. 1, p. 193. — Below, Diss. de vermibus intestinalibus. Lugd. Bat., 4691. Misc. nat. cur., cent. vin; obs. 1.
— Bocrhaave, 1, c., p. 497. — Lieutaud, Fe, D, secte it 0DS, 972, T4, Lo it, D, 116:
(74) Zacutus Lusitanus, Prax. mirab., À de 8 à de de
(15) Andr. Spigel, De lumbrico Jato.
Pat., 1618, c. v. — Bonet, I. c., 1. 11, c. vir, obs. 163. Histoire de l’Académie des sciences, an 1700, obs. 10. — Palfin, Anatomie du corps humain. Paris, 1753, t. 1, ©. 111. — Le Clerc, Hist. natur, et med. latorum lumbric, c. xint.
(76) Zacutus Lusitanus, OCR", c. cxz. — Marc. Aurel, Severin, De recond. abscessuum natura. Neapol., 1639, p. 281.—Bonet, I. c., 1. 17, sect. iv, obs.
6, $ 1.—Riolani, Enchirid. anat. patholog. Paris, 1648, 1. 11, ç. vuir. Acta nat.
cur., t. vi, obs. 14. |
tricule droit du cœur, tantôt condylomateuses et spongieuses de la surface extérieure de ce mème organe, et tantôt sarcomateuses à l’orifice de l'aorte (77).
On les rencontre principalement chez les syphilitiques. Mais, comme elles sont tellement peu volumineuses qu’elles peuvent à peine empêcher où même n'empêchent pas du tout la circulation, nous ne devons nous atlendre ici à aucuns symplômes particuliers.
$ V. Pronostic. Traitement.
1. Pronostic.— Les polypes du cœur, soit par eux- mêmes , soit par les mala= dies qui les compliqueut, sont au-dessus des ressources de l'art. On doit apporter ici d'autant plus de précautions pour établir le pronostic que, dans beaucoup de cas , les malades meurent subitement (78). Cependant on possède un certain nombre d'exemples de mort lente (79).
2. Trailement.— On prévient la formation des polypes par la méthode anti-
(77) Testa, 1. c., p. 314.
(78) «....Les exemples de ces morts inopinées se présentent dans une infinité d'ouvrages. Segerus dit que les polypes entraînent après eux des catarrhes sufrocatifs. Hippolyte Bosius a observé qu'une femme qui mourut subitement avait dans le ventricule gauche du cœur une concrétion graisseuse. Un homme, selon le rapport de Rumlerus, mourut dans un instant : les ventricules étaient remplis d’une matière blanche et tenace. Tulpius trouva dans le ventricule gauche d’un homme une concrétion pituiteuse attachée aux fibres du cœur, prolongée dans l'aorte et dans les artères du poumon; elle était enveloppée d’une membrane.
Bartholin nque a laissé des exemples semblables; l’un est PRE du témoignage de Simon Pauli, l’autre est rapporté d’après l'observation d’ un chirurgien. Enfin Porhus raconte qu’un duc de Ferrare, qui fut enlevé par une mort subite, avait dans la cavité gauche du cœur une masse de graisse aussi grosse qu'une chandelle. » Sénac, 1. c., p. 416.
(79) «Mais il y en à qui périssent i insensiblement. Manageta raconte qu'un homme mourut d’une mort lente; que la respiration fut interceptée peu à à peu, sans aucune cause apparente; qu'on {trouva dans les ventricules du cœur des polypes qui étaient placés près des valvules. »
Sénac, 1. c., p. 477. Mes malades sont morts lentement,
DIAPHRAGME
phlogistique, et surtout par les saignées.
Mais , quand ils sont déjà formés , nous ne saurions indiquer ie moyen de les combattre avec avantage. On a proposé, pour déterminer leur résolution, les plantes marines, et surtout le corail et le musc marin pierreux ou la coralline (80), de même que l’eau de chaux. et le savon (81). Vains essais! C’est qu'il ne s’agit pas seulement de résoudre le polype, mais encore de dissiper les maladies avec lesquelles il est compliqué.
Nous n'avons donc autre chose à faire :
en pireil cas, que d'essayer d'apporter quelque soulagement (82).