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DE LA PLÈVRÉ, DU MÉDIASTIN, DU THYMUS ET DES POUMONS. 201

14. Mercure. — La première violence d'une pneumonie étant passée, les crachats, au momént où ils devraient être lé p'us abondants, deviénnent-ils au contraire plus rares? la respiration est-elle plus dificile? une affection hépatique laténte sé joint-elle à l’inflammation du poumon ? dans tous cès Cas vous obtièndrez de bons résultats du mercure à l’état de calomel (70). N’en faites point usage pourtant, si votre malade est avancé en âge, si les gencives soht én ruines, s'il est atteint de tubercules aux poumons et de vomiques. Dans le cas où une grande diarrhée serait malheureusement produite par l’usage du calomel, vous ajouteriez à chaque dôse un grain de poudre de Dower; son mélange avec l’opium pur (71) ne convient point ici (72); nous ne pouvons pas nôn plus recommander le calomel dans la bronchite (73).

15. Ântimoine.—Pendanttoutletemps que les péripneumonies sont à l’état inflammatoire, la saignée est le meilleur des ‘expectorants. Ce qui a fait dire à J.-P.

Frank : « Tantum vero abest, ut sangui- » nis hoc in morbo liberali detractione » sputorum supprimatur desiderata tan- » top£re éjectio; ut melius in eodém ex- >» péclorans non habeatur, quam venæ- » Sectio, utpote quum in solo inflamma- »tionis moderamine, non in irritante » vel antimoniali, vel scillitico, vel alio » medicamento tenacisiymphæ in pectore »pendeat resolutio (74). » Si, au con-

.& (10), D'autres préparations, comme la M. soluble d'Hahnemauon, que proposent Rademacher (in Hufeland’s Journ., 10 B,,2st., p. 77, 187), Most (ibid., 8 B., 35 st., p. 105), parce qu’elle n’est point. en rapport avec l’état fébrile du corps, ei l’irrite trop. D'un autre côté, je suis de l'avis de Wright, qui recommande le calomel, in Med. facts and obs., vol.

vu. V. Abh. f. pr. Acrzte, 18 B., p. 606.

Hufeland’s Journ., 3 B., p. 185; Reil, d. c., p. 546; Robertson, V. Med. and.

Journ. by Fothergill and Want, 1815, march. Dose, un grain de deux heures en deux heures.

… (71) C'est ce qu’ont recommandé Thomann, Annales Wurceb., vol. 11, p.6, et Sackenreuter, in Allgem. med. Annalen, 1811, marz, p. 240.

(72) La fièvre augmente, la langue devient aride, les crachats sont entièrement supprimés.

: (75). Cette opinion est celle de Badham (1. c., p. 165) et d’Albers (ibid. note 95).

{rairé, l’inflammätion dans une péripnéumonie avancée est apaisée, ét que les poumons ct les bronches surtout (75) soient frappés d'inertie, alors les remèdes dits expectorants (par leur propriété d'irriter les nerfs pneum6-gastriqués qui se distribuent à l'estomac ét au système respiratoire) ont coutume de provoquer le rejet dé la lymphe coagulable. Parmi les expectorants l’antimoine est au premier rang. On donné ou l’oxide d’antimoine sulfuré jaune, ou l’oxide d’antimoine sulfuré rouge (76), ou le vin antimonial d'Huxham (77), ou le tartre stibié (78),non cependant jusqu’au vomissément (79). — Un large vésicatoire appliqué à la poitrine augmente les forces des médicaments antimoniaux. À l’aide de semblables remèdes nous avons arraché à la mort plusièéurs malades attaqués de bronchites et sur le point d’être étouffés (80).

16. Polygala senega.— Lorsque dans une pneumonie et une, bronchite vous voyez les forces abattues, le pouls mou

(75) Ma propré expérience m'apprend que dans là bronchite les expectorants produisent de fort bôns effets. Cela résulte également de l'ouvrage cité de Badham (p. 158). |

(76) Pr. Sulfure jaune d'antimoiné, ou kermès, quatre grains ; gomnie àrabiqué, un scrupule; sucre, deux scrupules.

Pulvérisez. Divisez en douze parties. S, prendre une partie de deux heures en deux heures. |

(77) Décoction de racine de guimauve, une livre; vin antimonial d'Huxham (dispens. Russe), un gros; sirop de guimauve, une once.

(78) À un grain dans un véhiculé d’une livre, tel que l’infusion de suréau.

. (79) Je n’ai jamais osé employer l’émétique dans un degré avancé dé là maladie. Je n’oserais pas non plus l’employer dans une pleurésie récénte inflammatoire, Comme l’a proposé Ackermann (Pr. usus éméticorum ini pleuritide vera inflammatoria égrégius, obs. Kilon., 1782). |

(80) Aussi Albérs soutient-il sagernent contre Badham, qui vante les vésicatoirés dans le traitément des bronchites légères:

« Hierin stimme ich Wwabrbhaftig nicht mit dem Verfasser uberein; da ich ein Blasenpflaster fur.ein so ausserst wirksames Mittel bei dieser Krankleit halte, dass ich es im Allgeméinen bei dér Béhandlung dieser Krankheït fur unentbehrlich betrachté, » L, ç., note 91.

et faible, l'urine et les crachats peu abondants , la face pâle, prescrivez une décoction de racine de polygala senega (81).

Quant aux fleurs d’arnica montana recommandées dans les mêmes circonstances (82), nous n’en avons pas conseillé l’usage toutes les fois qu’on nous a consultés à ce sujet. Nous n’employons pas non plus l’eau de laurier-cerise (83).

17. Mélange de plusieurs medicaments. — Une infusion de digitale pourprée et de calomel par portions égales nous a merveilleusement réussi dans les pneumonies produites par l’induration du parenchyme du poumon et l’oblitération des bronches qui faisait craindre la suffocation (84).

18. Traitement de la suppuration. — Pendant le cours d’une pneumonie s’il survient des symptômes de vomique, gar-

Dm me ce ee

(81) Aujourd’hui encore se soutient l'exactitude des observations sur le polygala senega, que nous devons à Tennert (Mém. de la soc. roy., an. 1739), Bouvart (ib., an. 1744). Je fais seulement observer qu'il n’est pas nécessaire que la décoction soit aussi saturée qu'ils le conseil- Jent : car deux à trois gros de cette racine suffisent pour une livre d’eau.

(82) Fischer, Anleitung zur Armenprax., p. 177: Hufeland’s Journ. , 9 B., 9 St., p. 90. ‘

(83) Pour résoudre une pituite tenace, chaque demi-heure, vingt à trente gouttes.

Quentin. V. Hufeland's Journ. d. pr.

Heilk.,9 B.,5 st., p.193. Cfr. Brera, 1. c.

(84) Parmi beaucoup d’exemples de ce genre, celui d’une juive de Vilna, près de laquelle je fus appelé au mois de juin 1814, est tout-à-fait remarquable. Cette femme, trois semaines après avoir accouché, fut attaquée d’une pneumonie qu’on négligea jusqu’au sixième jour. Je trouvai la malade légèrement assoupie, ayant un peu de délire. Ses joues étaientlivides, son pouls donnait 130 pulsations par minute, Sa respiration était accompagnée de gémissements; ses crachats sanglants, rares; une sueur froide et visqueuse couvrait tout son corps. Je commençai par tirer à cette femme huit onces de sang, de deux heures en deux heures alternativement. Je lui donnai un grain de calo.

mel, une infusion de digitale pourprée, d’un gros de feuilles pour six onces d’eau, et une boisson composée de fleurs de pavots rouges, de bouillon blanc et de racine de polygala sencga, et cela avec tant de succès, que trois jours après la malade était en convalescence.

MALADIES DES PAROIS THORACIQUES

dez-vous d’un traitement actif, car si vous

poussez la méthode anti - phlogistique

plus loin qu’il ne faut, vous dissipez mal.

à propos des forces qui sont nécessai-

res pour une bonne suppuration (85). Si

vous avez à contre-temps recours à un traitement tonique, vous entretenez la

phlogose du poumon. Au surplus on en-

seignera ailleurs de quelle façon se trai-

tent les vomiques (86).

19. Traitement de la sensibilité morbide et de la debilité. — La sensibilité morbide et la débilité des parties!

que l'inflammation vient à peine de quitter se manifestent par une toux sè-.

che (87), la perte du sommeil, la douleur de la poitrine et la faiblesse. Conire la toux, pourvu que le malade soit.

sans fièvre et que les premières voies!

aient été purgées (88) avec soin et selon les règles, nous ordonnons, à l’heure où le sommeil doit venir, ou l’opium (89), ou la poudre de Dower (90), ou une émulsion de semence de jusquiame, ou bien encore, et avant tout, une gran-.

(85) « Non ergo conducet in hoc morbi stadio sanguinis missio, cum vires debilitet, adeoque maturationem retardet. Si autem summa pectoris oppressio illam etiam hoc tempore poscere videtur, vels nimis impetuosa febris compesci debet, parca sufficiat, et tali tantum copia, quæ levandis symptomatibus, et justo febris moderamini satis est, non ultra. » Swieten, Comm., $ 805.

(86) Cap. 1v.

(87) Je dis sèche, car une toux humide serait plutôt salutaire, et il faudrait se garder de l’entraver; c'est ce qu'a fort bien remarqué Ferro (Med. ephem., p.

13). | 2 On voit que pour l’usage de l'opium je me renferme dans d’étroites limites. J’excepte cependant quelques épi-.

démies malignes dans lesquelles la force des douleurs pleurétiques exige l'emploi de ce remède. Cela a été déjà dit (n. 8, 61). Les exceptions confirment plutôt qu'elles ne détruisent les règles géné-" rales. Triller a établi ces règles dans son excellente dissertation sur l'avantage.

douteux qu’on peut tirer de l'opium dans le traitement de la pleurésie. Viteb.,.

-(89) Qu'on prenne à deux intervalles, un grain d'extrait d’opium aqueux et une once de mucilage de gomme arabique et de sirop de violette.

(90) Prenez trois grains de poudre de.

Dower, et cinq de gomme et de sucre.

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de quantité de pilules de cynoglosse (91).

Pour combattre la douleur de poitrine, pous prescrivons, sur le thorax, un emplâtre opiacé ox recouvert d'huile de jusquiame, ou d’onguent de guimauve et de camphre. Enfin le sérum du lait (92), ou le lait lui-même avec une décoction de lichen d'Islande font disparaitre la débilité.

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