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CHAPITRE X

TUBERCULOSE. — NÉPHRITE CASÉEUSE.

La tuberculose présente, dans les reins, les deux formes fondamentales qu'elle affecte dans le poumon, et l'interprétation de ces lésions soulève les mêmes difficultés qui ont été exposées et discutées à propos de la tuberculose pulmonaire (1).

La tuberculose miliaire n'est jamais isolée, elle est observée chez les individus atteints de tuberculose granuleuse plus ou moins généralisée, c'est donc chez les enfants et les jeunes gens qu'elle est le plus fréquente. Elle est caractérisée par la présence de granulations grises ou jaunâtres, plus ou moins nombreuses, mais isolées, qui occupent les couches superficielles de l'organe, ou bien sont disposées en stries ou en chapelet dans la substance médullaire; le processus granuleux a pour point de départ le tissu conjonctif interstitiel, il est combiné avec une prolifération notable des éléments épithéliaux dans leurs canalicules, mais les produits de cette formation

(1) Rayer, Yogei., Rosenstein, loc. cit. — W. Muller, Ueber Structur der Nierentuherkel. Erlangen, 1837. — Jaccoud, Bullet. Soc. unat., 1858. — Trost, Wiener Spital's Zeitung, 1859. — Schmidtlem, Ueber die Diagnose der Phthisis tuberculose der Harnwege. Erlangen, 1862. — Klssmaul, Wùrzburger Zeils., 18G3. — Mosler, Archiv der Heilkunde, 1863. — Rose^stein, Zur Tuberculose der Ilarnorgane {Berlin, klin. Wochen., 1865). — Virciiow, Die krankhaften Geschwùlste, II. — Hofmann, Beitruge zur Lehre von der Tuberculose (Deuts. Archiv. f. klin. Medicin, 1867). — Jaccoud, Clinique méd. Paris, 1867. — Scumitt, Memorabilicn , 1868. — Klor, (Ester . Zeits. f. prakt. Heilk., 1868. — Huber, Zur Symptomatologie der tuberculôsen (resp. kusigen) Phthise der Hamorgane (Deutsches Archiv, 1868). — Paulicki, Wiener med. Wochen., 1869.

•28 MALADIES DE L'APPAREIL LR1NAIRE.

active sont soumis à une régression rapide (Rosenstein). — Cette forme n'a qu'un intérêt anatomiquc, elle ne donne lieu à aucun symptôme.

La tuberculose caséeuse est constituée par des foyers caséeux plus ou moins étendus qui peuvent subir le ramollissement, déterminer l'ulcération du tissu rénal, et former enfin de véritables cavernes semblables, aux; dimensions près, à celles du poumon. La lésion débute souvent par le bassinet et les calices, et elle monte de là dans l'épaisseur de l'organe, détruisant des pyramides entières. Cette altération coïncide parfois avec la précédente, et il est bien certain alors que les foyers caséeux résultent d'une tuberculose véritable, dont les granulations, fusionnées par confluence, ont subi la régression graisseuse et le ramollissement. Mais dans bon nombre de cas, la situation est autre ; il n'y a pas de tubercules miliaires dans les reins, il n'y a pas de tuberculose pulmonaire, ou si elle existe, elle est évidemment plus récente que celle des reins, et elle présente elle-même la forme caséeuse ; rien ne prouve ici qu'il s'agisse d'une tuberculose vraie, tout démontre, au contraire, que le processus est une inflammation chronique simple avec métamorphose caséeuse de l'exsudat , c'est une néphrite

CASÉEUSE.

Lorsque cette altération est multiple, elle peut donner lieu à une augmentation de volume du rein dont la surface devient en même temps inégale et bosselée ; l'uretère participe toujours à la lésion, et l'on trouve clans la vessie, la prostate, le testicule (les ovaires, les trompes), des foyers semblables h ceux du rein. — Les deux reins sont ordinairement pris, dans quelquecas pourtant un seul est atteint, et l'autre est sain, ou affecté d'une lésion sans rapport aucun avec la néphrite caséeuse. Dans le rein malade, le tissu interposé entre les foyers caséeux ou les cavernes est généralement intact, et il suffit à l'uropoïèse ; mais il peut présenter les altérations de la néphrite parenchymateuse, et le malade est tué par urémie ; j'ai publié un exemple très-net de ce complexus pathologique.

Les symptômes de cette néphrite sont des douleurs lombaires avec ou sans irradiations, et une altération de l'urine qui renferme du mucus, du pus, de 1 epithélium, et le plus souvent du sang; c'est avec le microscope qu'il faut rechercher ce dernier, car la quantité peut être assez faible pour ne pas changer la coloration du liquide. Dans bon nombre de cas, l'urine contient en outre une masse blanchâtre et grumeleuse qui, sous le microscope, paraît amorphe, ou composée de petits noyaux; ces éléments ne se dissolvent pas à chaud, et ils résistent également à l'acide acétique et aux acides en général (Rosenstein). Les malades ont parfois du ténesnie vésical, et de l'ischurie avec un besoin pressant d'uriner. Lorsque avec ces symptômes persistants on constate un gonflement suspect des testicules, de la prostate ou des ovaires, le diagnostic de la néphrite caséeuse devient fort probable ; il est certain, si la palpation révèle une tumeur

rénale à surface bosselée, mais ce phénomène est rare, il n'y a pas à \ compter.

Deux fois déjà j'ai observé la néphrite caséeuse sans tuberculose pulmonaire à la suite de la fièvre typhoïde ; dans l'ignorance où nous sommes des conditions étiologiques de la maladie, ce fait m'a paru mériter d'être signalé .

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