PATHOGÉNIE GÉNÉRALE
La congestion ou hyperémie (1) est l'accumulation d'une quantité anormale do sang dans un organe. Dans la congestion, le sang reste contenu dans les \ aisseaux; ce caractère distingue l'hyperémie de l'hémorrhagie. Dans la congestion, le tissu périvasculaire ne subit aucune altération nutritive appréciable ; ce caractère distingue l'hyperémie de l'inflammation, dont elle est ordinairement le premier stade.
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JACCOUl). 1. — 1
La distribution régulière du iarig âani un organe est subordonnée, en dernière analyse, à une condition unique, qui est le maintien de L'équilibre normal entre l'apport et la dépense. Que l'afflux artériel augmente, la dépense veineuse restant la même; ou que celle-ci diminue, tandis que l'apport artériel demeure aussi abondant ; dans l'un et l'autre cas, l'organe, au bout d'un temps très-court, renferme une quantité de sang supérieure au maximum des oscillations physiologiques; l'état de congestion est constitué. 11 est clair qu'il arrivera au plus haut degré possible, si l'écoulement pâlies canaux veineux diminue en même temps que l'apport augmente par les artères; cette coïncidence qu'indique ta théorie n'est pas spontanément réalisée par la pathologie, elle l'est en revanche artificiellement par la thérapeutique, qui produit ce double effet par l'application des ventouses sèches.
Les propositions précédentes embrassent toute la pathogénie de la congestion, et sont la base d'une division de premier ordre. La rupture de l'équilibre ENTRE L'APPORT ET LA DÉPENSE DU SANG EST LA CONDITION PATH0GÉN1QUE
générale de l'iiyperémie ; or cette rupture peut avoir lieu de deux manières, savoir : par augmentation de l'apport ou par diminution de la dépense; de là deux espèces de congestion : l'une est duc à l'afflux d'une plus grande quantité de sang, c'est la congestion active encore appelée fluxion, orgasme vasculaire, détermination sanguine; l'autre résulte d'une diminution dans la dépense veineuse, c'est la congestion passive, mécanique, connue aussi sous les noms d'engorgement et de stase. Dans la première, le système artériel et les capillaires sont seuls en cause, et l'afflux plus considérable implique l'idée d'une circulation plus active et d'une impulsion plus énergique ; dans l'autre, l'écoulement en retour est seul en jeu ; soit que les veines présentent un obstacle au passage du sang, soit que La force de propulsion initiale, qui est la condition principale du dégorgement \eineux, soit insuffisante, soit, enfin, qu'une modification dans les qualités du liquide en ralentisse la vitesse, peu importe, le résultat est le même, le retour est trop lent eu égard à l'arrivée; de là, de proche en proche, en rétrogradant des veines vers les artères, une accumulation purement passive qui, bornée d'abord aux radicules veineuses, ne tarde pas à s'étendre au système intermédiaire, et aux branches artérielles terminales. Tenant compte de ce fait que la congestion active on fluxion se passe principalement dans la sphère artérielle, et la congestion passive dans la sphère veineuse, quelques auteurs ont proposé pour les deux espèces d'hyperémie, les désignations de congestion artérielle et congestion \eineuse; on peut les accepter sous la réserve suivante : la congestion passive occupe toujours le système veineux, mais elle peut avoir sa cause dans le système cardio*artériel, témoin celle qui résulte d'un affaiblissement dans la propulsion cardiaque et dans la réaction élastique des artères.
Dans i n,IP e( ['autre espèce, les capillaires et les petits vaisseaux sont dilatés; mais dans la congestion passive, la dilatation est une distension nié-
caniquo produite par le ralentissement et la stase du sang ; c'est un l'ait quasi secondaire, taudis que dans la congestion active, la dilatation est un phénomène initial qui résulte d'un changement dans la tonicité vasculaire. De là une synonymie qu'il est hou de connaître entre les expressions congestion active et congestion atonique ou paralytique. Cette synonymie est paradoxale, elle ne l'est qu'en apparence; l'expression, congestion active, se rapporte avec justesse au processus général qui cause l'hyperéniie ; l'expression, congestion atonique ou paralytique, a trait uniquement et exclusiveinentàTétal local des vaisseaux dans la partie congestionnée. L'idée de passivité qu'entraîne cette désignation ne doit être appliquée qu'aux vaisseaux eux-mêmes; elle n'implique en aucune façon un état de débilité dans l'organe affecté, et surtout elle ne préjuge nullement un état général semhlahle chez le malade.
La congestion peut être aique ou chronique; mais l'acuité est plus propre à la forme acthe, la chronicité à la forme passive. Dans les deux espèces, les récidives sont fréquentes; il n'est point rare d'observer des individus chez lesquels les congestions se reproduisent avec une telle facilité qu'elles semblent faire partie de leur habitude organique; ce sont de véritables congestions à répétition.