‹ Traite de pathologie interne (volume 4)Chapitre 82 sur 161 · PARALYSIE AGITANTE · texte numérisé non relu

PARALYSIE AGITANTE

phale, mais c'est une névrose, c'est-à-dire une maladie sans caractère anatomiquo constant et uniforme.

Pour la pratique, toutefois, il importe de se rappeler que la sclérose du mésocéphale est l'altération qui est le plus fréquemment liée à cette névrose ; cette notion commande le pronostic, et renseigne à l'avance sur les résultats qu'il est permis d'attendre de la thérapeutique.

SYMPTOMES ET DIAGNOSTIC

Lorsque la maladie est provoquée par une secousse morale, elle éclate quelquefois avec une brusquerie instantanée, de sorte qu'il ne peut rester le moindre doute sur le rapport qui relie la cause à l'effet; dans d'autres cas, elle se développe graduellement et peut même être précédée de phénomènes mal caractérisés, tels que faiblesse musculaire, ou douleurs vagues dites rhumatoïdes. — Le tremblement, d'abord partiel, débute par les membres, plus rarement par la tête, puis, à mesure qu'il se généralise, il gagne en intensité ; il ne provoque au début qu'un déplacement très-peu étendu, un petit mouvement de va-et-vient, plus tard ce sont de véritables secousses qui agitent le système musculaire, et elles peuvent être assez puissantes pour déterminer une percussion rhythmique du sol lorsque le malade est debout. Quand il est couché, les membres inférieurs sont soulevés au-dessus du plan du lit, et, si l'élévation est oblique en dedans, comme cela a fréquemment lieu, les genoux s'entrechoquent et l'interposition d'un corps étranger est nécessaire pour prévenir l'excoriation de la peau. Pendant la marche, les jambe-; oscillent dans le plan antéro-postérieur, et cette circonstance, jointe à la chute prématurée et involontaire des pieds sur le sol, rend compte de l'allure toute spéciale des malades; ils commencent à marcher avec une lenteur mesurée, le tronc incliné en avant, bientôt leur marche s'accélère, ils vont, sautillant à petits pas pressés, comme s'ils couraient après leur centre, de gravité déplacé (Trousseau). Dans quelques cas, il existe une impulsion progressive irrésistible, et le patient accélère de plus en plus sa marche, jusqu'à ce qu'il soit arrêté par un obstacle, ou par une chute qui le renverse la face contre terre; plus rarement, on observe une impulsion rétrograde, une tendance au recul. Dans les membres supérieurs, les oscillations, plus ou moins étendues, se passent dans toutes les articulations, et elles sont toujours obliques, de manière à rapprocher les avant-bras et les mains par un mouvement rhythmique; les doigts, le poignet et le coude sont alternativement fléchis et étendus, de sorte que la main du malade fait sentir à celle d'une autre personne une série de secousses se succédant très-rapidement (Charcot). Le tremblement des muscles du cou imprime à la tête des oscillations dont le sens n'a rien de constant.

V2(> NÉVROSES SPINO-BULBA1RES.

Au début, et pendant un temps variable, les mouvements volontaires, bien qu'altérés par la trémulation, sont possibles, mais ils exigent des efforts plus énergiques; bientôt les mouvements délicats de préhension deviennent gênéa , maladroits , le malade ne peut plus se vêtir ni porter les aliments à sa bouche, quoiqu'il puisse exécuter encore les grands mouvements de locomotion. Plus tard, après plusieurs années en général, la débilité croissante de la force musculaire arrive à I'akinésie, et la paralysie confirmée s'ajoute au tremblemenl : c'est dans cette période avancée que l'on voit certains muscles, restés intacts jusqu'alors, participer au désordre de la statique musculaire, et la trémulation de la face, delà langue, des masséters, entraver les fonctions de la déglutition et de l'articulation des sons, et provoquer un écoulement incessant de salive. Lorsque le tremblement est ancien, il amène dans les mains des dékoh mations persistantes, sur lesquelles Charcot a appelé l'attention : dans un premier degré, les doigts sont allongés, fléchis sur le métacarpe et rapprochés du pouce, et la main a la même attitude que lorsqu'elle tient une plume. Plus tard, les premières phalanges des quatre doigts se rapprochent du pouce et de la paume de la main, et sont finalement complètement infléchies dans cette dernière; mais les deuxièmes phalanges sont en extension exagérée sur les premières, et les troisièmes ont un léger degré de flexion sur les secondes.

Certaines circonstances ont été signalées comme pouvant arrêter momentanément le tremblement, mais cette influence suspensive n'existe que dans les périodes initiales de la maladie ; à cette époque, un effort volontaire puissant, le repos du membre sur un plan qui le soutient, le sommeil, peuvent triompher de l'agitation musculaire ; plus tard, le tremblement est réellement incoercible, et l'insomnie qu'il provoque n'est pas une des moindres souffrances du patient. Des maladies intercurrentes graves ont, dans quelques cas, suspendu le tremblement, et l'hémiplégie peut avoir le même effet ; l'agitation cesse dans les parties paralysées et reparaît à mesure que l'hémiplégie rétrograde. Parmi les conditions qui exagèrent l'intensité du symptôme, il faut noter surtout les émotions morales et les efforts physiques, ceux par exemple qui sont nécessités par un changement de position. Indépendamment de ces aggravations accidentelles, le tremblement, bien que continu, présente assez souvent des paroxysmes durant lesquels il a une intensité beaucoup plus considérable.

Les troubles de sensibilité sont rares; les douleurs fulgurantes (Romberg) la douleur cervicale (Blasius), manquent ordinairement ; quant à la faculté de sensibilité, elle est intacte, ou bien elle est diminuée dans tous ses modes. Benedikt, qui a soigneusement étudié les réactions électriques (1), a noté

(1) Benedikt, Die Resultate der elektrhchen Untersuchung und Behandlung (Med. chir. Rundschau. Wicn, 186Û).

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