‹ Traité de pathologie interne (volume 5)Chapitre 4 sur 155 · PATHOGÉNIE GÉNÉRALE · texte numérisé non relu

PATHOGÉNIE GÉNÉRALE

La congestion ou hyperémie (1) (Amiral) est l’accumulation d’une quantité anormale de sang dans un organe. Dans la congestion, le sang reste

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°* "EBER’ IIandbuch der allgemeinen und speciellen Chirurgie, ma/,. - Stiuckek jaccouu. - Path. int , a» édil.

2 PROCESSUS MOlUHDES COMMUNS.

contenu dans les vaisseaux ; ce caractère distingue t’hyperémie de l’hémorrhagie. Dans la congestion, le tissu périvasculaire ne subit aucune altération nutritive appréciable ; ce caractère distingue l’hyperémie de rinllammation, dont elle est ordinairement le premier stade.

La distribution régulière du sang dans un organe est subordonnée, en dernière analyse, à une condition unique, qui est le maintien de l’équilibre normal entre l’apport et la dépense. Que l’afflux artériel augmente, la dépense veineuse restant la môme; ou que celle-ci diminue, tandis (pie l’apport artériel demeure aussi abondant; dans l’un et l’autre cas, l’organe, au bout d’un temps très-court, renferme une quantité de sang supérieure au maximum des oscillations physiologiques ; l’état de congestion est constitué. Il est clair qu’il arrivera au plus haut degré possible, si l’écoulement par les canaux veineux diminue en même temps que l’apport augmente par les artères; cette coïncidence qu’indique la théorie n’est, pas spontanément réalisée par la pathologie, elle l’est en revanche artificiellement par la thérapeutique, qui produit ce double effet par l’application des ventouses sèches.

Les propositions précédentes embrassent toute la pathogénie de la congestion, et sont la base d’une division de premier ordre. La rupture de l’équilibre entre l’apport et la dépense du sang est la condition pathogénique générale de l’hyperémie ; or, cette rupture peut avoir lieu de deux manières, savoir, par augmentation de l'apport ou par diminution de la dépense; de là deux espèces de congestion : l’une est due à l’afflux d’une plus grande quantité de sang, c’est la congestion active, encore appelée fluxion, orgasme vasculaire, détermination sanguine; l’autre résulte d’une diminution dans la dépense veineuse, c’est la congestion passive, mécanique, connue aussi sous les noms d'engorgement et de stase. Dans la première, le système artériel et les capillaires sont seuls en cause, et l’afflux plus considérable implique l’idée d’une circulation plus active et d’une impulsion plus énergique; dans l’autre, l’écoulement en retour est seul en jeu; soit que les veines présentent un obstacle au passage du sang, soit que la force de propulsion initiale, qui est la condition principale du dégorgement veineux, soit insuffisante ; soit, enfin, qu’une modification dans les qualités du liquide en ralentisse la vitesse, peu importe, le résultat est le même, le retour est trop lent eu

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CONGESTION

égard à l'arrivée ; de là, de proche en proche, en rétrogradant des veines vers les artères, une accumulation purement passive <pii, bornée il abord aux radicules veineuses, ne tarde pas à s’étendre au système intermédiaire et aux branches artérielles terminales. Tenant compte de ce fait, ipie la congestion active ou fluxion se passe principalement dans la sphère artérielle, et la congestion passive dans la sphère veineuse, quelques auteurs ont proposé, pour les deux espèces d’hyperémie, les désignations de congestion artérielle et congestion veineuse; on peut les accepter sous la réserve suivante : la congestion passive occupe toujours le système veineux, mais elle peut avoir sa cause dans le système cardio-artériel, témoin celle qui résulte d’un affaiblissement dans la propulsion cardiaque et dans la réaction élastique des artères.

Dans l’une et l’autre espèce, les capillaires et les petits vaisseaux sont

dilatés; mais dans la congestion passive, la dilatation est une distension mécanique produite par le ralentissement et la stase du sang; c’est un fait quasi secondaire, tandis que, dans la congestion active, la dilatation est un phénomène initial, qui résulte d’un changement dans la tonicité vasculaire. De là une synonymie qu'il est bon de connaître entre les expressions congestion active et congestion atomique ou paralytique. Celle synonymie est. paradoxale, elle ne l’est qu’en apparence ; l’expression, congestion active, se rapporte avec justesse au processus général qui cause l’hyperémie; l’expression, congestion atonique ou paralytique, a trait uniquement et exclusivement à l’état local des vaisseaux dans la partie congestionnée. L’idée de passivité qu’entraîne celle désignation ne doit être appliquée qu’aux vaisseaux eux-mêmes; elle n’implique en aucune façon un étal de débilité dans l’organe affecté, et surtout elle ne préjugé nullement un état général semblable chez le malade.

La congestion peut être aiguë ou chronique ; mais l’acuité est plus propre à la forme active, la chronicité à la forme passive. Dans les deux espèces, les récidives sont fréquentes; il n’est point rare d’observer des individus chez lesquels les congestions se reproduisent avec une telle facilité qu’elles semblent faire partie de leur habitude organique ; ce sont de véritables congestions à répétition.

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