MÉNINGITE CHRONIQUE
les forces et l’état de santé antérieur de l’individu, des saignées locales (sangsues derrière les oreilles, ventouses à la nuque et au niveau de la ligne courbe occipitale supérieure) sont les premiers moyens auxquels il convient de recourir; en même temps on applique de la glace en permanence sur la tète, ou bien on fait des irrigations continues, on vide l’intestin par un ou deux lavements purgatifs, puis on s’efforce de provoquer la salivation mercurielle ; dans ce but, il ne faut pas se borner à donner le calomel à doses fractionnées; il faut en hâter l’action par des frictions d'onguent napolitain faites matin et soir à la partie supérieure des cuisses; les bons effets qu’on obtient dans la péritonite aiguë, en mettant un vésicatoire sur l’abdomen, et en recouvrant la surface dénudée avec de l’onguent mercuriel, autorisent l’application du même moyen sur le cuir chevelu préalablement rasé ; mais il est bien clair que si l’on attend pour cela que le patient soit dans le collapsus, on ne peut plus rien espérer de cette méthode, quelque puissante qu’elle soit. Si le malade est syphilitique, le traitement sera le même, mais on joindra d’emblée à l’administration des mercuriaux, celle de l’iodure de potassium à hautes doses (2 à 4 grammes par jour); enfin, lorsque le développement de la méningite dans le cours d’un rhumatisme aigu coïncide avec la diminution ou la cessation des douleurs articulaires, il est bon d’appliquer des vésicatoires sur les grandes jointures, afin d’opérer une dérivation énergique sur ces parties, qui, en raison de la détermination morbide première, sont naturellement disposées à la subir.