GASTRITE SOUS-MUQUEUSE
La forme aiguë de cette maladie est fort rare; la forme chronique n’est pas démontrée, en tant que processus morbide primitif et indépendant (1).
La forme aiguë (gastrile phlegmoneuse, linite suppurative de Brinton) est caractérisée par l'INFILTRATION PURULENTE des couches sous-muqueuses de l’estomac; la lésion est partielle ou générale, et, dans ce dernier cas, elle est toujours plus prononcée vers la région pylorique. Le liquide grisätre, puriforme ou purulent, qui imbibe et sépare les diverses tuniques, s'écoule abondamment à la coupe; parfois ‘cependant il est plus épais, plus intimement combiné au tissu, et l’aspect de la surface de section rappelle exactement celui d’un vésicatoire dont la sérosité mal séparée est enfermée dans les mailles d’un coagulum fibrineux. La paroi de l'organe est épaissie, consistante et semi-fluctuante; la muqueuse,
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hyperémiée et turgescente, présente souvent de petites ulcérations rondes et nettement circonscrites, par lesquelles on voit sourdre le pus comme à travers les orifices d’un crible; la couche musculeuse, décolorée ou gris-rougeûtre, participe à l'infiltration et prend une apparence gélatiniforme ; la séreuse est opaque, injectée, couverte de fausses membranes qui établissent des adhérences avec les parties contiguës, ou bien elle est le siége d’une inflammation suppurative, qui est le point de départ d’une périlonite générale; celle-ci existe dans plus de la moitié des cas. On a observé, mais bien plus rarement, la pleurésie et la péricardite. — Dans quelques cas tout à fait exceptionnels, le pus n’est pas infiltré, il est collecté de manière à former un ABCÈS INTERSTITIEL qui occupe ordinairement le tissu sous-muqueux; cet abcès peut s'ouvrir du côté de la cavité gastrique, ou bien perforer la séreuse et provoquer des désordres secondaires variables selon le siége de la rupture.
On conçoit la possibilité de la GUÉRISON, mais pour labcès elle n’est démontrée par aucun fait; 1l n’en est pas de même pour la première variété. Les pertuis muqueux peuvent éliminer le liquide infiltré, et la perte de substance des couches sous-muqueuses peut être réparée par un tissu cicatriciel dont la rétraction a pour conséquence une sfénose notable de l’estomac lui-même ou du pylore. Les pièces du musée d’'Erlangen (Dittrich, Brand) démontrent ce processus curateur.
Les symPrômESs de la gastrite phlegmoneuse sont des douleurs ordinairement très-vives, des vomissements muqueux, bilieux ou noiràtres, mais jamais sanglants; parfois de lictère (Brinton), de la dyspnée, et un état général grave que caractérisent une fièvre intense et la prostration rapide des forces. La MORT résulte d’une péritonite ou du collapsus; elle à lieu du deuxième au sixième jour; il est rare que la vie se prolonge pendant deux à trois septénaires. — Dans l’ABcÈS, les accidents durent plusieurs mois; après une première période marquée par les phénomènes communs à toutes les phlegmasies gastriques intenses, les douleurs cessent, la fièvre tombe : cette détente correspond à la formation de labcès. Survient alors une phase mal caractérisée, pendant laquelle le malade est tourmenté de dyspepsie, de vomissements, parfois de dyspnée; puis au bout d’un temps variable la fièvre hectique s'allume, ou bien les signes d’une perforation apparaissent subitement (Naumann, Raynaud).
La gastrite phlegmoneuse est PRIMITIVE ou SECONDAIRE. La première, au moins aussi fréquente que l’autre, est parfaitement obscure quant à son étiologie, on sait seulement que l’âge de vingt à quarante ans y est particulièrement exposé. — La forme secondaire est observée dans les typhus, la variole, la pyohémie puerpérale ou non; au point de vue des symptômes, elle diffère de l’autre en ce que les phénomènes locaux peu accusés sont masqués par les accidents généraux.