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CHAPITRE IL

HYDROTHORA NX.

L’hydrothorax (1) présente avec la pleurésie les mêmes rapports que Phydropéricarde avec la péricardite : l’un est une hydropisie, l’autre est une inflammation, de là le caractère séreux du liquide de l’hydrothorax, et l’'intégrité histologique de la plèvre, qui n’est modifiée, quand elle l’est, que par macération et imbibition. — Les CAUSES MÉCANIQUES sont toutes les conditions qui gênent la circulation veineuse dans le poumon ou dans les parois thoraciques, toutes celles aussi qui entravent le déversement des gros troncs veineux dans le cœur droit; lemphysème, la sclérose et les tumeurs pulmonaires, les compressions de la veine cave supérieure et de l'azygos, les lésions mitrales, sont les plus communes et les plus puissantes de ces conditions. La parésie cardiaque produisant la surcharge sanguine du cœur, et gènant par suite l’arrivée du sang veineux, est une cause suffisante d’'hydrothorax ; c’est à elle que doivent être attribuées les hydropisies pleurales qui se développent si fréquemment dans la périodeultime des maladies graves, lorsque la mort n’est pas rapide. — Les CAUSES DYSCRASIQUES sont le mal de Bright et les cachexies, notamment la cachexie paludéenne; de même que lhydropéricarde, lhydrothorax de cette origine est tardif, il est presque toujours précédé d’anasarque ou d’aseite.

L'hydropisie pleurale est presque toujours double, mais elle est rarement égale des deux côtés; la quantité de liquide varie de 100 grammes à plusieurs litres, la qualité est celle du sérum pur; l'épanchement n’est enkysté ou cloisonné que lorsque la plèvre contient des fausses membranes et des

(1) MACLEAN, /nquiry into the nature, causes and cure of hydrothorax. Edinburgh, 1810. — MicnELoT, Sur l’hydropisie en général et l'hydrothorax en particulier. Paris, 1815. — ComTE, De l'hydropisie de la poitrine et des palpitations du cœur. Paris, 1822. — Medical Repository, n° 10. London, 1823. — ScHrüDen vAN DER KoLk, Obs. anal. path. Amstelodami, 1826. — Sammlung ausserles. Abhandl., XXX VI. — NAUMANN, Handb. der med. Klinik. Berlin, 1829. — KENNEDY, Dublin Journ. of med. Sc., 1839. — Wix- TRICH, Pleuropathien in Virchow’s Handbuch. Erlangen, 1854. — Cinr, Sopra alcuni casi di quarigione d’idrotorace (Giornale Veneto, 1861). — ZIEMSSEN, Punction des Hydrothorax (Sitzungsbericht der deut. Naturforscherversammlung in Dresden, 1868).

CASTAGNE, Paracentesi del petto per idrotorace essentiale seguita da guarigione (Giorn. Venet. delle Sc. med., 1868). — Dewar, Case of chronic hydrothorax (The Lancet, 1870).

PEPPER, Clin. lect. on a case of hydrothorax in which paracentesis was performed (Philad. med. Times, 1873). — ALLEN, A case of dropsy of the left pleura cured by the use of laxatives and digitalis (Philad. med. Times, 1874).

adhérences anciennes. Quand la transsudation est considérable, les poumons, le cœur et les organes abdominaux subissent les mêmes déplacements que dans la pleurésie.

Les sYMPTOMES sont quelquefois nuls, car il n°y à ni point de côté, ni fièvre, et la dyspnée n'existe que si l'hydropisie est rapide et d’une abondance notable. Les signes physiques sont ceux de l'épanchement pleurétique. Toutefois, en raison de l’absence de fausses membranes et de produits fibrineux, le liquide de l’hydrothorax réalise bien plus souvent que celui de la pleurésie les conditions nécessaires à la production du souffle doux et de l’égophonie; le silence complet est rare, plus rare encore le souffle tubaire ou caverneux, parce que le refoulement du poumon sur les gros canaux bronchiques est exceptionnel; en revanche, quand l’épanchement est médiocre, il est facilement déplacé par les changements de position du malade, et les signes physiques présentent lamême mobilité. — La MARCHE de l'hydropisie est entièrement subordonnée à celle de la maladie qui lengendre ; il en est de même du TRAITEMENT, en ce qui concerne du moins l’indication causale. Quant à l'indication symptomatique, elle est remplie, comme dans l’hydropéricarde, par les diurétiques, les drastiques et les révulsifs cutanés ; 1l va sans dire que, dans l’hydrothorax lié au mal de Bright, les vésicatoires doivent être proscrits et remplacés par des applications de teinture d’iode. Lorsque l'abondance de l’épanchement fait craindre la suffocation, et que la maladie hydropigène n'est pas encore parvenue à sa phase ultime, 1l ne faut pas hésiter à ponctionner la poitrine.

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