‹ Traité de pathologie interneChapitre 97 sur 134 · DAS · texte numérisé non relu

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ROUGEOLE. 153 leur abondance est inquiétante ; enfin, dans les cas où l’éruption tarde ou sort difficilement, on aura recours soit à l’acétate d’ammoniaque, qu’on administrera, selon l’état constitutionnel du malade, dans un Julep gommeux où dans une potion vineuse, soit à la potion de Henke, composée d’eau de sureau, 120; acétate d’ammoniaque, 8; vin d'antimoine, 2; sirop de framboises, 15. — Lorsque la laryngite striduleuse est assez accusée pour nécessiter une médication spéciale, l'origine rubéolique ne change point la conduite à suivre, le traitement est le même que dans la laryngite primitive (voyez t. 1). — Le malade, pendant les deux premiers stades, ne doit prendre que du bouillon et un peu de vin; mais dès le début de la desquamation on peut augmenter graduellement l’alimentation.

Dans la FORME PULMONAIRE on n’emploiera, sous aucun prétexte, les émissions sanguines ni le tartre stibié ; on soutiendra les forces par le quinquina et le vin, et en même temps on favorisera la sécrétion des bronches et l’expulsion des mucosités au moyen du kermès minéral ou de l'oxyde blanc d’antimoine; chez les enfants on administre avec avantage le sirop d'ipécacuanha plusieurs jours de suite, ou la poudre de James composée de parties égales de sulfure d’antimoine et dé corne de cerf, à la dose de 9 à 90 centigrammes par jour. Si l'extension du catarrhe aux petites bronches produit une gêne notable de la respiration, il faut recourir aux vésicatoires, aux applications répétées de ventouses sèches sur les membres inférieurs, et insister plus encore sur le vin ; Chez l'adulte, il faut y joindre l'alcool; chez l'enfant, on peut donner quelques cuillerées de vin de Malaga et le carbonate d’ammoniaque à la dose de 50 centigrammes à Ï gramme ou 1 gramme et demi.

Dans la FORME NERVEUSE il y a peu à compter sur les antispasmodiques et les opiacés; lorsqu'il n’y a pas de somnolence ni d’hébétude, je donne le chloral concurremment avec les toniques et les stimulants, et je prescris les lotions de vinaigre aromatique, tout à fait froides si la chaleur fébrile atteint ou dépasse 39,5, tièdes si elle est inférieure à ce degré. Quand ces lotions sont pratiquées avec la rapidité et les précautions voulues, et que la réaction consécutive est bonne, elles n’ont aucun effet fàcheux sur les déterminations pulmonaires. À défaut de lotion, on pourrait employer lurtication, qui a été recommandée par plusieurs auteurs.

Dans la FORME HÉMORRHAGIQUE le traitement est le même que dans la forme semblable de la variole; c’est dans ces cas où tout dénote une altération profonde du sang, que les sulfites de magnésie et de soude sont particulièrement indiqués. Les résultats obtenus par mes amis Polli et Semmola méritent une sérieuse considération.

Le traitement de la convalescence varie selon les suites et les complications que la maladie laisse après elle; il n’y a là plus rien qui soit spécial à la rougeole.

JACCOUD. — Path. int. 6e édit. 11. — 48

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