DE LA FIÈVRE HECTIQUE
par la mort. Dans ces cas, le pays dans lequel on obser?e et la nature des maladies régnantes sont les seules circonstances qui peuvent quelquefois éveiller l'attention du praticien, car on ne peut saisir dans la marche des symptômes aucune particularité capable d'en révéler l'origine. Cependant il est rare qu'on se trompe dans un embarras aussi grand ; dans presque tous les cas, si l'on ne découvre plus de paroxysmes réguliers, on apprendra par l'interrogatoire et par le témoignage des parents que la maladie a présenté à son début tantôt des accès franchement intermittents, le plus souvent des paroxysmes rémittents, qui ont fini par ne plus se reproduire.
Pronostic. — Le pronostic de la fièvre pseudo-continue est à peu près le même que celui de la fièvre rémittente.
Traitement. — N'ayant pas été à même d'observer la fièvre pseudo-continue, les travaux que j'ai consultés, notamment l'ouvrage de H. Maillot, ne m'ayant point complètement satisfait, j'ose à peine dire ici quelle doit être la règle de conduite à suivre dans le traitement de la maladie. Voici pourtant ce qui me semble le plus rationnel. Si la fièvre est simple, si elle ne se complique d'aucun accident pernicieux, si la réaction est vive, il est indiqué d'ouvrir la veine ; et s'il' existe en outre des signes de congestion ou de phlogose vers un viscère, on aura recours à l'application de ventouses ou de sangsues. Cette médication sufiit souvent pour interrompre la continuité de la fièvre, qui, devenant remit* tente ou même intermittente, est plus facilement attaquable par le sulfate de quinine qu'on administre comme il a été dit précédemment. S'il existe des symptômes pernicieux, je crois qu'en vue du péril qui menace les malades, il ne serait pas prudent d'ajourner l'administration du sel de quinine après l'emploi des émissions sanguines; et, à supposer toutefois que celles-ci soient indiquées par la nature des symptômes et permises par l'état des forces, nous voudrions qu'on leur associât en même temps les préparatifs de quinquina. Ce médicament et les excitants difTusibles, aidés de révulsifs cutanés, sont les seuls moyens auxquels il faille avoir recours lorsque la fièvre se complique d'acci> dents typhoïdes.
Nature. — La fièvre pseudo-continue a la même nature, la même origine que la fièvre intermittente, dont elle ne diffère que par la continuité accidentelle du mouvement fébrile. On a cherché à expliquer cette continuité comme on avait expliqué celle de la fièvre rémittente, c'est-à-dire par le développement et par la persistance de lésions viscérales de nature inflammatoire existant surtout dans les organes digestifs et dans leurs annexes. Mais les ouvertures de cadavres n'ont pas encore résolu cette question, et de plus les analyses du sang faites par Mil. Léonard et Follet excluent toute idée d'un travail phlegmasique. Quoi qu'il en soit, la science attend de nouveaux faits pour éclaircir tout ce qui a rapport à la fièvre pseudo-continue, dont l'histoire reste encore presque tout entière à tracer.