‹ Traité de pathologie médicaleChapitre 183 sur 261 · Causes excitantes. — Le tétanos et · texte numérisé non relu

Causes excitantes. — Le tétanos et

le trismus sont le plus souvent excités :

par les blessures, surtout celles qui affectent le cerveau , la moclle épinière, les

ne

(12) Un horloger, en travaillant de son état, s’enfonça un instrument aigu en fer dans la cavité de la poitrine, entre la sixième et la septième côte du côté gauche. L’instrument extrait, il survint une pneumonie accompagnée de crachats sanguinolents, puis une phthisie pulmonaire qui était déjà fort avancée quand le malade fut confié à mes soins dans l’hospice civil de Vienne.Outre les symptômes ordinaires de cette maladie funeste, le malade était fatigué de hoquets, surtout après le repas.

Dans la dernière semaine de sa maladie, il se plaignait de raideur dans le cou, raideur qui, trois jours avant sa mort, fut suivie d’opisthotonos. J'ai observé un cas semblable chez une phthisique de Vilna.

L’affection du nerf phrénique explique très-bien ces phénomènes.

(") Larrey, Relation de l’expédition de l'armée en Egypte, vol. 11, p. 45.

(13) Cfr. L. c., $ 64, 2 (55). J'ai vu souvent le tétanos et le trismus en Italie, rarement en Allemagne, très-rarement en Russie. Ils surviennent très-fréquemment après les opérations de chirurgie dans les climats chauds. Dazille, Cbservations sur les maladies des climats chauds, etc.

(14) Bajon, 1. c. Dazille pense autrement, |.c.

(15) Theden, Neue Bemerk. u. Erfahrungen,,1 B.,n. 24.

(16) Dans le ch.1, K 111, G (5), il sera prouvé que le décubitus sur le dos longtemps prolongé favorise les maladies de la colonne vertébrale, et plus loin il sera démontré que le tétanos est dû souvent à une affection de la moelle épinière.

(17) Steegmeyer, in Abhandl. d, k, k.

Josephs Akademic, 2 B., p. 418.

nerfs (18), les muscles, les tendons (19), les aponévroses (20) et les articulations (21), et par un traitement trop irritant des parties blessées (22). Ainsi, le tétanos et le trismus des adults (23) ont été observés à la suite d’une blessure du front (24), de la tête (25), du muscle temporal (26), de la face (27) , de l'œil (28), de la lésion de la mâchoire dans l’extraction d’une dent (29), de l'insertion de dents étrangères (30) ou artificielles (31), d’une dentition difhcile (32), de l'expression d’un petit steatôme sous le menton (33), de la perforation de l’auricule (34), d’une

(18) Déjà Aretée (Acut., 1. 1, ce. vi) avait averti que la piqûre des nerfs déterminait le tétanos.

(19) Dufouart, Analyse des blessures d'armes à feu, 2 partie.

(20) Odier, Manuel de médecine pratique, p. 489.

(24) Larrey, 1, c,

(22) Lesaive, 1. c.

(25) Nous parlerous plus loin spécialement du trismus des enfants nouveaunés. (Je ferai en outre remarquer que les citations simples regardent seulement le tétanos, et que lorsque la cause indiquée

produit le trismus, nous le notons entre

parenthèse). |

(24) La Billardière, Reise nach d.

südmeer, 2 th., p. 194.—Ploucquet, Repert. art, tetanus.

(25) Fab. de Hilden, cent. v, obs. 9.— Steidele, Samml. v. Beobachtungen ; n, 2, 41. ,

(26) Haller, Bibl. chirurg., vol. 1, p.

(27) Wright, in Medical obs. and in-

quiries, vol. vi; Journal de médecine

continué, t, xvir, p. 195.

(28) Nov. act. nat. cur., vol. 1, obs. 53, — Geach, in Phil, transact., vol. zin, p- 251 (trismus). Il est décrit (le trismus) à la suite d’une extirpation de l'œil, dans Salzb. med. chir. Zeitung. 1791, 15 B., p. 220.

(29) Rush, in Transact. of Philadel« phia, vol. 1, P.1, n. 5 (trismus).

(30) Lupin apud Ackermann, |. c., p.

71 (trismus).

(31) Manget, in Med. comment. V.

Edinb., 1 B., p. 555 (trismus). — Odier, l; c:; p.189.

(52) Hufeland, Bibl., 3 B., 2 st., p.

(35) Andrée, Mém. of the med, soc.

of Lond., vol. vi, app.

(34) Hufeland, Journ., 235 B., 5 st., p.

210 (trismus).

violence exercée contre les os du nez (35), d'une lésion au bas du cou (36), d'un séton à la nuque (37), d’un coup sur le dos (38) et d’une légère blessure (39), d’une chute sur les lombes (40), d’une concussion de l’épine (41), de coups donnés sur le dos (42), d’une blessure du cou (43), d’une arête de poisson demeurée dans le larynx (44), d’une noisette dans le pharynx (45), de l’extirpation de la glande mammaire (46), de la dilacération du muscle grand pectoral (47), de la lésion de l'épaule (48), de l’ablation d’une tumeur sous-axillaire (49), de l’opération de l’empyème (50), d’une blessure à l'ombilic (51), d’une opération de hernie (52), d'un avortement (53), d’un

EEE

(55) Penada, in Memorie della soc.

Jtaliana, vol. x, n. 2

(56) Hippocrate, ert0n, 1. v, n. 47.

(57) Walther, Abhandl., 1 B., p. 521 (trismus).

(58) Lupin, Hist. morborum diffcilium, n. 49.

(59) Portal, Cours d'anatomie médic., t. 1V, p. 267.

(40) Wroblewski, in Pamietnik towarzystwa lekarskiego Wilenskiego, t. 1.

(41) Stoll, Rat. medendi, vol. 1, $ 298.

: (42) Wroblewski, 1. ce. (Une des causes de tétanos chez les militaires).

(43) Birminger, Obs., cent. 1v, n. 75.

. (44) Larrey, I. c., et Abh. f. pr. Aerzte, 22 B., 1 st., p. 22.

(45) Guattani, De (trismus).

(46) Bocrhaave, Prælect. de morb.

nerv., t. 1, p. 70. -- Schmucker, Wahrnehmungen, 2B.,n. 6. — Klein, Chir.

bemerk., p. 252 (trismus).—Brückmann, in Horn's Archiv. f. med. Erfahrung.

1814, jan., p. 1 (trismus).

(47) Dupuis, Act. de la soc. de Lyon,

(48) Elser, in Salzb. med. chir, Zeitung., 1807, p. 25.

(49) Mursinna, Journ. f. d. Chirurgie, 1B., 1 st:,p.1419, 496.

(50) Lefaucheux, Journ. gén. de méd., t. xx1, p. 61 (trismus).

(51) Bajon, Journ. de méd., t. xxx, p. 108.

(52) Breslauer, Samml., 1719, 1 B., p.

93 (trismus). —- Callisen, Act. reg. soc.

med. Havn., vol. n, n. 1 (trismus, le mésentère ayant été brûlé avec le caustique).

(53) Archigenes apud Aetium, Tetr, 11, Fec. 00.

aneurysmatibus

MALADIES

accouchement (54), de la castration (55) de l'ouverture d’un bubon syphilitique (56), de son érosion avec de la chau:

vive (57), d'une blessure des muscle:

pectoraux par une balle (58), de la luxation du pouce (59), d’une aiguille fixée dans le bras (60), de l’amputation de I:

main (61), de sa brûlure (62), de sa mor:

sure par une femme en colère (63), di la saignée (64), de l'opération d’un ané vrysme du bras (65), de l’écrasement ds l'index (66), de la contusion de la pre.

mière phalange du petit doigt (67), de L:

lacération (68), de l’excision d'un doig (69), d’une très-légère blessure d’ur doigt (70) et du bras (71), de la contu sion du pied (72), d'un clou (73) ou ut

om

(55) Cavallini, Collezione di casi chirurgici, t. 11. — Morand, Vermischte Schrift, p. 341. — Mursinna, Journ. f die Chirurgie, 4 B., 1 st., p. 124 .— Sa:

batier, Mém. de l’instit. nat. des scien:

ces, an. vi, p. 179. (Trismus.) —Plenk Sammi, V. Beobacht, 2 B. (Trismus.)

(56) Stoll, Rat. medendi, vol. 1, page 297 (trismus).

(57) Baldinger, Journ. 20 B., p. Æ (trismus).

(58) Wild, in Loder'sjourn. f. d. Chir.

(59) Hippocrates, 1. c., N. 74, 75, T6.

(60) Hossak, in Med repository, 1800, v. Kübn, Repert., 4 B., p. 6355.

(61) Bellot, Journ. de méd. continué vol. 2, p. 416.

(62) Bonhomme, Recueil périodique, t. x, p. 162.

(63) Select. Med. Francf., t. 11, p. 147.

(64) Forestus, 1, x, obs. cxvirr. — Schenk. Obs., 1.1, n. 250. — Benevienus, De abditis morb. causis, c. 48. — De ia Roche, Journ. de méd., t. xz, p. 213.

(65) Callisen, Diss. de vulneribus arteriarum in genere. Havn., 4786.

(66) Buisterset, Journ. de méd. continué, vol. v, p.105.

(67) Elser, 1. c., p.18.

(68) Matussiere, Journ. de méd., vol.

XIV, p. 458.

(69) Fab. Hildanus, cent. r1, obs. 94.

(70) Farr, Med. Bemerk. u. Untersuchungen, 4 B., n.7.

(71) Henckel, n. Anmerkungen, 2. B.

(72) Morgagni, De sede et caus. morb., epist. Liv, art, 49, — Siebold; Chiron., 4 B., p. 529.

(75) Nov. act. nat, cur., vol. i, obs.6.

— Bellot, 1, c., p. 415 (à la plante du pied). — Clarkson, in Transact, of Phild-

DU SYSTEME NERVEUX

fétu (74) fixés dans le pied, de la blessure du talon (75), de la fracture du tibia (76), de la rotule (77), de l'incision d’un pied gangrené (78), d’engelures sphacelées des pieds (79), de l’opéretion d'une tumeur cyslique autour du genou (80), de la blessure du genou (81), des tendons du pied (82), surtout du tendon

d'Achille (83), de la fracture de la jambe

(84), du fémur (85), du pied (86), de la morsure d’une vipère (87), d’un guaco (88), d’un coq (89), d’un chien (90), des animaux enragés (91). Ces diverses lésions déterminent d'autant plus facile-

delphia, vol. 1, p. 4, n. 5. — Collomb, Med. chir. — Werke, Obs. 30. Journ. de

méd., t. Lvin, p. 57. — Matussière, 1. c.,

(74) Nov. act. n. c., vol. v, obs. 40. — Breslauer, Sammlung, 1718, 2 th., page 1896 (de bois), 1. c. Buisterset, p. 102 (un fétu blessant ia plante du pied d’un homme). — Congrigham , in Mem. of the med. soc. of London., vol. 11, n. 41,

(75) Brown, Med. repository, vol. 1v, ne, art: 2.

(76) Charasse , in Med. comment. v.

Edinb. 1x, p. 84.— Cfr. Haen, Rat. medendi, P. vi, c.1v, $ 9. — Hochstetter, Dec. v., c. 6. — Vimont, Recueil périod.

de la soc. de méd. de Paris, n. 29,

(77) Langenbeck, Bibl. f. d. chirurgie, 5 B., p. G4.

(78) Hopfengaertner, in Journ., 1 B., p. 550. |

(79) Stoll, Rat. medendi, vol. 1, page 297 (trismus).

(80) Buisterset, 1. ç., p. 104.

(81) Mücke, L. c.

(82) Chalmers, On the weather and diseases of Soulh-Carolina, p. 23.

(85) Bilouer, Wahrnehmungen, p. 489 (trismus).

(84) Parkinson, in Med. chir.transact.

by the med. and chir. soc. of London, vol. 11, p. 23.

(85) Winslow, in Collect, soc. med.

Hayn., vol. 1, n. 55.

(86) Maunoir, Journ. de méd. çontinué, t. xvinl, p. 195 (trismus).

(87) Alexander, in Med. comment. v, Edinb., 11, dec., 4 B., p. 46 (trismus).

(88) Massie, Experimental inquiries inlo the properties of the polygala senega, v. Valentin, 1. c., p. 139 (trismus),

(89) Eph. n, cur., dec. ur, an 3, obs. 407 (trisinus).

(90) Fritze, in Iorn’s Archiv. f. med.

Erfabrung, 1816, p. 304 (trismus). | (91) Rossi, Mém. de l’acad, des sc.

de Turin, t. vi (trismus),.

Frank, Tom. 141.

Hufeland

ment le tétanos et le trismus qu’elles coincident avec les causes prédisposantes que nous avons indiquées, ou qu'elles s'allient aux autres causes excitantes qui par elles seules peuvent amener le tétanos. De ce nombre sont le refroidissement (92), surtout pendant le sommeil sur un sol humide (93), en traversant un fleuve (94), ou pendant la submersion (95), l’insolation (96), l'extrême chaleur (97), la suppression des menstrues (98), d’un épistaxis (99), la colère (100), la terreur (1), le datura stramonium (2), la ciguë aqueuse (3), l’opium (4), la noix

(92) Riverius, Bontius, Rush, Wright, Bajon, Chalmers, Larrey, etc, etc. Un trismus dû à un cancer ulcéré du sein est décrit dans The Lond. med. and phys.

journ., 1818, novemb.

(95) Avicenna, [. c., c. vin.

(94) Un de mes élèves, le docteur Meyer, vit, le 21 mars 1817, un emprosthotonos chez deux frères, dont l’aîné avait dix sept ans et le plus jeune quatorze. Ces paysans, occupés à couper et à lier du bois dans une forêt étrangère, étaient couverts de sueur lorsqu'ils furent surpris et poursuivis par les gardes de la forêt : dans leur fuite ils arrivèrent à un ruisseau qu'ils furent obligés de traverser. Ils reprirent ensuite leur course, et après avoir parcouru, le plus jeune cinquante pas et l’aîné cent pas, épuisés, ils furent pris d’emprosthotonos et renversés à terre (Pamietnik towarzystwa med.

Wilenskiego, t. 11.)

(95) Hawes, Abhandlungen der Lond.

K. Gesellscheft zur Rettung verunglüchter and scheintodter, p. 145.

(96) Wright, in Medical observations and inquiries, vol, 6.

(97) Currie, in Memoirs of the med.

society of Lond., vol. 11, p. 447.

(98) Bierling, Medicus, p. 737. — Boennecker Frank. Samml., 6B., p. 21.

— Edimb. Versuche u. Bemerkungen, 5 B.;:pr1.48,

(99) Carron, Journ. général de méd., t. xx, p. 566.

(100) Eph. nat. cur., vol. u, obs. 158 (trismus), |

(1) Bierling, 1. c., p. 735. — Hansa, in Hufeland Journ. der, pr. Heilk., 2 B., p.570. — Piderit, Prakt. Annalen.

(2) Kaaw Boerhaave impetum faciens,

(3) Wepfer, Histor, 7, 8 (trismus).

(4) Delacroix, Journ. de méd., t.

ZAXIX, p.915 (trisqus) ,—Méglin, Journ,

cicut, aquat,, P.

vomique (5), le mercure (6), les vices gastriques (7), les vers intestinaux (8), les ulcèresséchés (9), le zoster supprimé (1 0), l'érysipèle repercuté (11), et les fièvres (12). Le trismus etle tétanos des nouveaunés peuvent dériver de diverses causes.

La première de toutes est l’impureté de l'atmosphère. En effet, le trismus et le tétanos des nouveau-nés se rencontrent surtout chez les nations demi-civilisées (13) et chez les classes inférieures de la société (i4). Le trismus était autrefois très-commun à Vilna parmi les enfants juifs des deux sexes (15); mais, aujourd’hui que les parents veillent plus à la propreté et habitent des chambres plus grandes , la maladie devient plus rare de

de méd. continué, 1819. — Nov., p. 550.

— Valentin, 1. c., p. 140.

(5) J'ai vu une fois son usage donner lieu à la rigidité tétanique des extrémités paralysées; d’autres ont observé la même chose. | (6) Act. nat. cur., vol. 1, obs. 158 (trismus). — De Haen, Rat. méd., P. x, €. 1v, n.7 (item).—Observ. clin. in nosoc.

Warsow. fasc., 11, p. 55 (item).—Carron, Journ. gén. de méd., 1814, juin, p. 155.

(7) Bartholinus, Hist. anatom., cent. 11, hist. 24 (une anguille avalée).—Michaelis, Med. pract. biblioth, 1 B., 2 st. Anhang. — Gay, Journ. de méd. par Gorvisart, 1812, sept. (indigestion).

(8) Schenk, obs. L. nr, n. 20. — Heister, Wabhrnehmungen, 1 B., p. 172, n.

312. — Laurent, Mémoire clinique sur le tétanos des blessés. Strasb., an v.

(9) Taranget, Jour. de méd., t. 87, p. 541. ; |

(10) Kenke, in Horn's Archiv. f. med, Erfabr., 2B.,p. 30.

(41) Collin, Obs. circa morbos acutos et chronicos, P. 1v. 6. 1V, cas. 6 (trismus).

(12) Hippocrates, Erudnpuoy, NII, — Autenrieth, ad Rush Beschreibung d. gelben fiebers, p. 465. — Hoffmaun, Consult., cent. 1, n. 55 (trismus). — Cfr.

Journ. de méd. continué, t. 37, p. 482.

(13) Sir Georges Steward rapporte qu'à la Barbade (Hillary), à Cayenne (Bajon), dans la Caroline du sud (Chalmers), et en Islande, tous les enfants périssaient du trismus, de sorte que les habitants n'étaient renouvelés que par les étranvers. {Reise durch die Insel Island in

ommer 14810. Weimar, v. Anhang.)

(44) Dans la France méridionale (Baumes), en Espagne (Andreas), Cfr. Schnei« der, 1. c., p. 718 ,

(15) Ainsi l'atteste un vieux médecin de Vilna, le docteur Libosehitz.

jour en jour. Cette maladie n’a aucun rapport avec la circoncision , puisqu'elle survient indifféremment chez les deux sexes et avant le huitième jour , époque à laquelle l'opération de la circoncision se pratique chez les enfants. D'ailleurs, leslésions du corpssi délicat des nouveaunés peuvent exciter le trismus, comme l’'enseignent les observations de ceux qui accusent comme cause de cette maladie les compressions de la tête pendant l’ac- .

couchement (16), la lacération du frein et de la langue (17), la lésion du cordon ombilical, sa ligature mal placée (18) et sa pourriture (19). Ils se trompent, cependant, en établissant ces causes d’une manière exclusive (20). Une longue expériense , en effet, nous a appris que le rismus des enfants nouveau-nés peut être aussi déterminé par le refroidissement, par exemple, si, s'occupant exclusivement de la femme en couches, on néglige l’enfant, si le baptème se fait dans une église trop froide ouavec de l’eau gelée (21), si on baigne les enfants dans des

(16) Schneider, 1. c., p. 16.

(17) « In modum, quo obstetrices nostrates post partum cum prolibus procederent, inquirens, mox expertus sum: quod, usu hac in civitate (Térgesti) ambiguo, insciæ illæ mulieres recens nati infantis ori digitum unguibus armatum inferre, et linguæ frenulum cum impetu lacerare solent, credentes nimirum quod absque tali auxilio nec ubera sugere nec verba quondam articulate proferre puer valeret. » Reus,apudJ.-P.Frankinterp. clin., 1. c. Reussii opinionem jam Patuna defenderat, |. c. |

(18) La Fosse, Avis aux habitants de Saint-Domingue. — Bertram, in Transact. of Philadelphia, vol. 1, n. 22, 25.

— Morand, Vermischte Schriften, 2 BE. — Rahn, Magazin, 5 B., 1 st. — Colles, Report ofthe B. infirmary of Dublin.

(19) Nottbeck, Diss. de tetano recens natorum. Goett., 1795.

(20) A cet égard, J.-P. Frank réfute avec raison l'opinion de Reuss, et Labutt celle de Colles (V. Labutt, in the Edimb.

med. and surg. Journ. April 4819, page 216). Toutefois la vérité paraît être au milieu.

(21) Mauriceau, Obs. sur la grossesse et l'accouchement, t. 11, obs. 422. — Brouzet, De l'éducation médicale des enfants, Cf. J.-P. Frank, System. e Vollstænd, Med. polizey, 2. B., p. 215. — Ploucquet, Abhandi. üb. die Gewaltsam.

Todesarten, 2 aufl., p. 580. —- Delle nu-

DU SYSTÈME NERVEUX

chambres froides (22). Peut-être letrismus des enfants n'est-il plus fréquent à Ter geste et dans d’autres villes maritimes, qu’en raison des rapides variations de température (23). En outre, on ne doit exclure de l’étiologie du trismus ni la fumée dans les cabanes des habitants de la Nigritie (24), ni le méconium (25), ni la colère des femmes enceintes (26).

8. Causes prochaines. — Ceux qui sont curieux de connaître les hypothèses sur la cause prochaine du tétanos et du trismus peuvent consulter Sprengel (27) et Stutz (28). Si nous ne nous trompons, une partie quelconque du système nerveux étant irritée continuellement par un stimulus, les muscles qui en dépendent , contractés morbidement , sont soustraits à l'empire de la volonté jusqu'à ce que le stimulus cesse, ou que la faculté de sentir des nerfs , ou la faculté de se mouvoir des muscles étant épuisée, la mort survienne. Le stimulus qui détermine la contraction morbide des muscles paraît être de caractère variable, En effet, s’il est permis de juger d’après les autopsies cadavériques et l'examen des causes excitantes, on peut accuser :

1° les choses qui excitent l'inflammation de la pulpe nerveuse ou des méninges,

merose morti dei bambini, dissertaz.

Acad. dal San-Verardo Zeviani-—Roose, Beytr. z. œffentl. u. gerichtl. Arzneyk, 4 st. 1798, p. 1, 20. — Schneider, Op. €.

hs |

? (22) Mon opinion à ce sujet a été dernièrement confirmée par un grand nombre d'observations par un de mes plus chers élèves, le docteur Wroblewski, maintenant médecin distingué de Vilna.

(23) « À solo quidem aere maritimo trismum endemicum sub cœlo ealido produei minusest probabile (Dazile,l, c.); sed cum a tergo saxoso fere igneo, et a ‘splendente maris unda, solis radii unum quasi in punctum undique circonscripe tum concentrentur, aerisque magnæ siaul vicissitudines conspirent, nihil nobis ad tetanum vel spasmum maxillæ in tenerrima nascentis hominis ætate producendum, deesse videntur. » J.-P, Frank, k-e:;p-878:

(24) Clarke, On the yellow fever, Append.

(25) Pelargus, Med. Jahrgünge, 5 B., p. 290. Chalmers, Rusb, }, c.

(26) Schneider, L. c., p. 24, 28.

(27) Op. c., p. 606, 8 524.

(28) Op. ç& de

ou du moins des congestions sanguines vers ces parties, telles que les lésions externes, les corpsétrangers introduits dans l’économie, les affections gastriques, les vers, les rhumatismes, l’arthrite, les métastases, la pléthore ; 2 les effets de l'inflammation , tels que les épanchements, les abcès , les ossifications, etc. ; et 3° les stimulants épuisant le principe de la vie, tels que les poisons végétaux, les violentes affections de l’âme, etc., qui agissent d'autant plus activement sur le malade , qu'il respire un air moins pur, et se sert d'aliments moins nutritifs. Mais passons au diagnostic.

$ IV. Diagnostic. Pronostic.

1. Confusion difficile. — Les caractères du tétanos et du trismus sont tellement tranchés, que si on excepte l’induration du tissu cellulaire, la catalepsie et quelquefois la rage (29), ces affections ne peuvent être confondues avec aucune autre maladie. En effet, qui pourrait confondre avec le tétanos le rhumatisme aigu général (30), pour celte raison que le malade demeure gisant comme une statue , puisque , dans ce cas, la cause de l’immobilité est évidemment dans l’état inflammatoire des articulations et des muscles ? Qui confondrait avéc le tris-

(29) On trouvera plusieurs exemples dansle chapitre de la rage; toutefois, l'observation suivante suffira. Le 5 août 1808, je visitai une pauvre femme qui habitait l'extrémité de la ville, dont l’enfant était mort, au commencement de juillet de la même année, de la rage accompagnée d’hydrophobie. La mère était affectée depuis trois jours de trismus, avec un sentiment de constriction à la gorge, et de tension à la nuque, ainsi que des prodrômes d’un opisthotonos commençant. Ellene pouvait avaler la boisson qu’on lui présentait, mais n'en avait point horreur, Non-seulement elle ne craignait point le contact dé l’air, mais elle le recherchait. Elle n’a. vait été mordue ni par son propre enfant ni par un animal enragé; mais, deux semaines auparavant, elle avait été blessée par une contusion à la cuisse gauche. Au bout de quelques heures elle mourut.

Était-ce de la rage? Était-ce un simple trismus, effet d’une plaie de la cuisse? Je me rangerais presque à la dernière opinion.

(30) P. 1, vol. 11, €. xz1v, S 184, 2, p. 626 (éd. de Leyps.), Fuite re,

mus l'impossibilité d’écarter les mächoires due à l’adhérence morbide de l’intérieur des joues avec les gencives, à la suite de l’inflammation de la cavité buccale, surtout de l’inflammation mercurielle (*) ?

2. Distinction entre le tétanos et l’induration du tissu cellulaire. — L'induration du tissu cellulaire (31) diffère du tétanos des nouveau-nés (32) par les caractères suivants :

Induration du tissu cellulaire.

1° Rigidité de la peau ;

20 La peau adhère si fortement aux parties sous-jacentes, qu'on ne peut la mouvoir ;

8° Les articulations des membres peuvent être fléchies.

T'eétanos des nouveau-nes.

1° Rigidité des muscles ;

20 La peau peut toujours être mue sur les muscles ;

30 Les articulations des membres ne peuvent être fléchies.

D'ailleurs, cette affinité que nous avons autrefois établie entre ces maladies (33), que nous avons depuis reniée (34), nous l’établissons de nouveau. En effet, la même cause qui en affectant les nerfs du système dermoïde donne lieu à l’induration du tissu cellulaire, parait déterminer le tétanos lorsqu'elle attaque les nerfs du système musculaire. Nous reviendrons plus loin sur ce sujet.

3. Du catochus de Galien et de la distinction entre le tetanos et la catalepsie, — Galien a donné le nom de catochus à la maladie qui imite la rigidité du tétanos. D’après Sauvages (35), ces deux maladies diffèrent entre elles : 1° en ce que le catochus est chronique et continu et le tétanos aigu, et 2° en ce que dans le calochus on ne rencontre ni la grande agitation de la poitrine ni la dif-

nee

(*) Trismus capistratus de Sauvages.

Le trismus après la salivation, décrit par Hazon, paraît avoir été de cegenre (Journ.

de méd., t. x1v, p. 249).

(31) L. c., ©. xLIN.

(52) Lodeman, in Hufeland’s Journ., 1810, 10 st., p. 57.

(33) Reise nach Paris, London, etc.

(35) Class, morb. 1v, ordo 1, vu.

MALADIES

ficulté de la respiration qu’on observe dans le tétanos. Cependant, si nous considérons que Galien a dit (36) : «Jacebat » studiosus quidam velutilignum rigidus » et extensus, oculis apertis immobili- » bus, obscure audiebat, et aphonus erat,»

nous soupconnerons que le malade était plutôt affecté de catalepsieque de tétanos, puisque Fehr nous apprend (37) que cétle maladie revenait périodiquement ; mais, outre le retour périodique, la catalepsie diffère encore du tétanos en ce que dans la catalepsie les membres conservent les inflexions qu’on leur donne (38) et qu'ils restent rigides dans le tétanos.

4. De l’origine du tetanos et du trismus. — Sinous considérons que la troisième branche de la cinquième paire de nerfs cérébraux se distribue à la mâchoire inférieure, et que les lésions de la tête déterminent souvent le trismus et le tétanos, nous ne pourrons douter que les maladies de cette espèce ne reconnaissent quelquelois une origine encéphalique.

Ici surtout paraissent se rattacher letrismus des nouveau-nés et le trismus qui précède et accompagne le tétanos. En effet, la seconde branche de la cinquième paire de nerfs cérébraux s’anastomosant avec la racine du nerf intercostal, on comprend facilement l’extension de l’affection tétanique de la mächoire inférieure à tout le corps. D’un autre côté, on comprend aussi combien les irritations des plexus nerveux abdominaux par les vers, les vices gastriques, l’opération de la hernie, les blessures de l’abdomen et des extrémités, surtout des extrémités inférieures qui ont des connexions avec les plexus mésentériques et solaires (39), peuvent contribuer à exciter les maladies dont nous nous occupons. C’est pourquoi nous avons établi un tétanos et un trismus d’origine abdominale, sans les faire avec Crossius dériver d’une manière générale d’une affection de l'estomac et de ses nerfs (40). Toutefois, l'origine la plus commune du tétanos, surtout de l’opisthotonos et de l’emprosthotonos, est la moelle épinière, opinion défendue par

CS

(56) Comment. in prorrhet, Hippoc.

(537) Collect. academ., t. 11, p. 456.

(38) P. x, vol. 1, sect.,1,.c. x1V/S9, éd. de Leyps.

(39) C. xt, $ 62, n. 5. Ibid, |

(40) The Lond. med. and phys. journ.

publish, by Fothergill, 1817, jan.

DU SYSTÈME NERVEUX

Reid (41). Et on n’en sera pas surpris si on se rappelle que les nerfs qui se distribuent aux muscles du cou, du dos, des lombes , de l’abdomen et des extrémités (42), et qui jouent un très-grand rôle dans ces affeclions, naissent presque exclusivement de la moelle épinière. Les nerfs du système cutané provenant de la même source, il est vraisemblable que l’induration du système cellulaire, maladie qui n'’affecte pas uniquement les nouveau-nés (43), émane aussi de l’affection de la moelle épinière et a une grande affinité avec le tétanos d’origine spinale.

Ils semblent, en effet , ne différer qu’en ce que dans l’induration du tissu cellulaire ce sont les nerfs du système cutané qui paraissent souffrir, et dans le tétanos les nerfs du système musculaire. Le phénomène que nous avons cité en traitant de la paralysie (44) montre que les nerfs de cette espèce peuvent être affectés séparément, c’est-à-dire que le mouvement peut être perdu sans le sentiment , ou ie sentiment sans le mouvement. Enfin, il existe un tétanos auquel l'affection des différents nerfs donne naissance, affection déterminée par les blessures, les ulcères du système dermoïde et des parties sous-jacentes, par la suppression de la transpiration et des sécrétions habituelles de la peau. De même, en effet, que les affections de la moelle épinière qui lèsent l’origine des nerfs du système dermoïde et du système musculaire, peuvent exciter le tétanos, de même aussi les affections de la peau et des muscles qui attaquent les extrémités desnerfs spinaux peuvent le développer, car on ne peut douter que le même lien qui existe entre le centre et la périphérie n’existe entre la périphérie et le centre. D'ailleurs, il est évident que le tétanos et le trismus dus à l'affection des différents nerfs et de l'abdomen se rapportent à l'encéphale ou à la moelle épinière, puisque l’origine de ces maladies ne peut être comprise 2... 12 PU LA LA EER AR ESS VALEUR CARE 20

(A4) Ibidem.

(43) « Adolescentula neapolitana, an.

1752, cutim colli, dein faciei, demum totius corporis sibi indurari sensit, ita ut corium siccum, vel corticem ligneum firmitate æmularetur, anno ætatis decimo septimo nondum erat menstruata,cæterum sana » Curzio raro e stravagante morbo.V.

Sauvages, Nosol. morb., class. Iv, ordo1r, virr, 5. Catochus cutaneus.

(44) Voy. plus haut, art. Paralysie.

sans que le cerveau ou la moelle épinière soient affectés. En résumant toutes ces considérations, on conclura que le tétanos et le trismus sant d’origine tantôt encéphalique , tantôt abdominale, tantôt spinale, tantôt nerveuse. À ces espèces peut-on ajouter celie du tétanos dû au vice dynamique (comme on dit) de tout le système nerveux ? Puisque la plupart des causes qui affectent une partie du système nerveux, telles que la pléthore, le rhumatisme , l’inanition, les poisons , etc., peuvent en affecter la totalité, nous ne comprenons pas qu’on puisse nier l'existence du tétanos dû à l'affection de tout le système nerveux. Ge

5. Du caractère du télanos et du trismus. — Le tétanos et le trismus qui résultent très-fréquemment d'une violence exercée sur une partie du système nerveux doivent être nommés traumatiques.

Il est remarquable qu'ici l'effet ne se manifeste que long-temps après la cause, car il est constant que le tétanos et le trismus ne se manifestent pas immédiatement après les lésions, mais presque toujours lorsque les blessures sont près d’alteindre la guérison. C’est pourquoi un grand nombre d'auteurs accusent plutôt les circonstances accidentelles , l'air des hôpitaux (45), une diète sévère, l'impression du froid pendant le pansement des blessures, la perte des humeurs par une suppuration prolongée ou par les hémorrhagies, la violence de la douleur, Ja crainte des opérations chirurgicales et de la mort, que les lésions du système nerveux. La guérison même des blessures ne doit point être ici oubliée. En effet, si nous ne nous trompons , toute blessure qui est restée long-temps ouverte, surtout si elle a abondamment suppuré , si elle guérit subitement , lèse les nerfs par la suppression d’une sécrétion habituelle.

Ainsi, il n’échappera à personne combien la suppuration long-temps prolongée d’une blessure faite par la morsure d’un chien enragé agit sur les nerfs et s'oppose au développement de l'hydrophobie. De plus, si le blessé était affecté auparavant!

de syphilis ou d’arthrite, ne doit-on pas s'attendre à ce que la blessure perde son caractère simple, revête les caractères de la maladie cachée et demande les plus grandes précautions dans le traitement (46)? Outre le tétanos traumatique et

(45) Sprengel, I. c., p.605, mérite d'être lu.

(46) Tetanus syphilitiqus Riverii, obs.

inflammatoire, nous avons établi le tétanos rhumatismal, arthritique, gastrique, nerveux et périodique (47). Le tétanos et letrismus inflammatoires, rhumatismaux, arthritiques, ne sont souvent autre chose que l'effet de l’inflammation ou du cer- Veau, ou de la moelle épinière , ou des nerfs (48), ou de l'estomac (49), ce que nous apprennent la fièvre, la présence de la douleur, l’autopsie des cadavres, l’étiologie et le traitement. Nous regardons comme identiques le tétanos et le trismus gastriques. Nous désignons sous le nom de tétanos et trismus nerveux les espèces qui sont dues à un vice idiopathique constant de tout le système nerveux (50) ou qui en sont accompagnés. Il suit de là que le tétanos et le trismus traumatiques se rattachent en quelque sorte à l'espèce nerveuse. Nous n’osons déterminer si le tétanos périodique, c’est-à-dire la fièvre intermittente, pernicieuse, tétanique (51), est un effet de l’encéphalite, de la rachialgite, de la névrite , ou d’un Caractère gastrique ou nerveux.

6. Pronostic. — T1 n'existe peut-être pas de maladie plus dangereuse que le tétanos et le trismus. Hippocrate à dit, il est vrai : « Qui tetano corripiuntur , in » quatuor diebus pereunt ; si vero hoc

10. V. Sauvages, Nosol. method. morb., class. 1v, ord. 11, vir : D. Ballon, soldat, avait eu un bras emporté par un coup de canon, et, la cicatrisation achevée, éprouvait des convulsions qui lui faisaient porter la tête du côté droit et agiter la mâchoire au point qu’il était nécessaire qu'il eût constamment du linge entre les dents. Le docteur Aimar pensa qu'il y avait dans le sang un virus syphilitique

dû à une ancienne gonorrhée mal soi-

gnée, de telle sorte que toutes les médications échouant, même une nouvelle amputation, le malade, soumis à un traitement mercuriel, fut guéri de ses convulsions.

(47) Dé Haen, Rat. medendi, P. x, c.

(48) Cfr., ce. 1, $ 2, €. nr, S'IRANT l'ouvrage récemment cité de Gamasch.

(49) Bisset, Medic. essays.

(50) Le tétanos ou le trismus passager des hystériques ne doit pas nous occuper ici, V, €. x1v, $ 70, n. 5. Toutefois, nous lisons l’esemple d’un trismus hystérique chronique qui, après avoir duré six mois, se termina par la mort. (Journ. de iméd. chir. et pharm., t, 5, p. 595, 1755, oct.)

(51) Sur le tétanos périodique, lisez Epb. nat. Cur., cent. ft ét 1v., obs, 72.

MALADIES

» effugerint, sani fiunt (52); » et ailleurs :

« Febre accedente solvi solere tetanum

» (53). » Mais trop souvent l'expérience apprend le contraire. D’après Parry (54),

si le pouls le cinquième jour de la maladie ne présente pas plus de cent à cent dix pulsations, le malade guérira; plus tard, jamais. Il y a des exemples (55) de tétanos qui, ayant duré quatre semaines,

se sont cependant terminés par la mort.

Dans d’autres circonstances cependant ,

la maladie s’est prolongée plusieurs semaines sans suite funeste (56). Sous l’influence de la fièvre , nous avons vu plusieurs fois le tétanos mortel. Toutefois, il est très-vrai que dans les tétanos et les opisthotonos, la résolution de la mâchoire est un signe funeste (57). On cite (58) des cas de tétanos provenant de la terreur, cédant à un emphysème des mamelles ; d’autres qui furent soulagés par un abcès des reins (59) et des plaies de tête (60).

Larrey prétend (61) que l’opisthotonos est plus dangereux que l’emprosthotonos , parce que les nerfs qui émanent de la moelle épinière sont plus comprimés. Le tétanos et le trismus traumatiques sont les plus dangereux ; toutefois, le degré du danger dépend moins de la grandeur et de la gravité de la plaie que du climat, de l’état de l’atmosphère et autres circonstances. Il existe un grand nombre d'exemples de tétanos inflammatoire et rhumatismal guéri promptement (62).

Le trismus des nouveau-nés est commu nément regardé comme mortel ; il en est de même du trismus des femmes en couches.

mn

(52) Lib. aphor., sect. 1v, aph. 6. Cfr.

Cornuti ergo tetanus intra quatuor dies lethalis.

(54) Op. c.

(55) Streemeyer, in Abhandl. d. Josephin. acad.,2B., p. 418.

(56) Hoechstetter, Dec. v, c. 5.

(57) Hippocrates, Coacar. 56.

(58) Lucy, Journ, de méd., t. Lxxi, p. 19.

(59) Hippocrates, Epid. v.

(60) Penada, Saggio d’osservazioni.

(61) Mémoire de chirurgie militaire, vol, 1.

(62) Ainsi, les jeunes gens dont j'ai

parlé plus haut surmontèrent la maladie.

DU SYSTÈME NERVEUX

$ V. Traitement.

1. Prophylaxie. — La prophylaxie regarde surtout le tétanos et le trismus traumatiques, ainsi que le tétanos et le trismus des nouveau-nés. Nous nous efforcerons du moins de les prévenir (63), surtout dans les lieux qui favorisent le développement du tétanos et du trismus chez les blessés, par la pureté de l’atmosphère, sa température moyenne, une nourriture convenable , un lit commode et mou (64), le décubitus latéral ; en outre, en pansant doucement les blessures, c’est-à-direen rejetantl’usage prématuré de l'alcool camphré et des caustiques, etc., en prévenant l'accès de l'air par des pansements rares (65) et promptis, en évitant une abstersion trop grande ou une lotion froide du pus, en un mot en conduisant la marche de l’inflammation et la suppuration selon les règles de l’art (66), surtout en maintenant les premières voies libres desaburres (67), tantôt en soutenant les forces languissantes avec l'écorce de quinquina (68), en favorisant le sommeil dé lanuit avec de petites doses d’opium (69), et en contribuant à la rapide guérison des ulcères pat l'établissement d’un cautère sur la partie primitivement lésée, comme s’il s'agissait du traitement d’une blessure faite par un chien enragé (70). La prophylaxie du trismus et du téfanos des nouveau-nés ressort des causes qui ont produit la maladie et du régime des petits malades.

2. Traitement du tétanos traurmatique. — Le traitement du tétanos traumatique est multiple. Si la partie affectée présente des signes de phlogose, elle sera immédiatement couverte de sangsues ou dé ventouses scarifiées {71) et humectée de fomentations fraîches , légères (72).

(64) Aretæus, Curat. acut., lib.1, ©. vr

(65) Valentin, 1. c.; p. 54.

(66) Lesaive, 1. c.

(67) Moseley, 1. c.

(68) Idem.., L c.

(69) Sauter recommande ici la belladone. Anweis. d. Beinbrüche zu Heilen, Y. Salzb. med, chir. Zeitung,1812, p.195.

(70) Valentin, J. gén. de méd., 1811, janv. et fév., p. 13, 27, 129.

(74) Larrey, 1, c.

(72) On a beaucoup discuté pour et contre l’application du froid dans le tétanos. Personne cependant ne l’a jusqu'ici rejeté dans cette maladie, surtout s'il s’agit d’affusions ou de fomentations

En outre , plus l’âge, la constitution du corps et la constitution annuelle favorisent la diathèse inflammatoire, plus les signes en sont certains, plus on peut mettre sûrement en usage le régime anti-phlogistique (73) ; et, si un membre quelconque était tellement détruit que sa restauration ne püût être jamais ou du moins de long-temps espérée, il faudrait, si cela se pouvait, l’extirper sans perte de temps (74). Si les nerfs, les muscles (75), les tendons (76) disséqués en parlie ont excité la maladie, on devra faire transversalement une section profonde sur Ja blessure afin de réséquer en entier toutes ces parties. Lorsqu'il n’existe pas de signes de phlogose dans une blessure et qu'une excitation inflammatoire est indiquée , on ne doit pas craindre l’application de topiques irritants, tels que le baume du Pérou {77),l’huile de térébenthine (78), les vésicatoires (79), la teinture de cantharides (80) (81). En général, cependant, il faut tenir compte de la sensibilité morbide et procéder doucement. Les

froides. Lisez à cé sujet Schenk, Ob$. 1, 1, n. 246, où sont examinées les opinions de plusieurs médecins, tels que Wright,

: Med. obs. and inquiries, vol. vi, n. 13;

Rush, Transact. of Philadelphia, vol. 1; Moseley, Op. c.; Currie, Mem. ofthe med.

soc. of London, vol. m1, p. 147 ; Gallmanñi, Transact. of Philadelphia, vol. 1, P. 1, n.

21; De La Vergne, Journ. de méd.; t.

xc, p. 168; Arnoldy, in Med. and surg.

journ. of. Edinb. 1808; Cfr.Med. transact.

13) Voy. plus bas, n, 3.

(74) Larrey, 1. c. — Plenk, Sammi.— Ÿ. Beobacht, 2 B., n.6.—Valentin, 1. c., p- 28. — Howschip, in Med. and phys.

journ., 1809. — Aug. Carron, Journ. gén.

de méd.,t. xx, p. 363. — Allg. Liter.

Zeitung. Halle, 4815, n. 7 (un tétanos dû à la lésion du doigt ne put être guéri que par l’amputation).

(75) Smucker, Beobachtungen, 1B:, n.

(76) De La Roche, Journ. de med., t.

XL, p. 215.

(77) Rollock, in Philadelph, méd. and chir. journ., vol. 1. (J'ai emploÿé ce même baume à l’intérieur.)

(78) Rush, in Mem. of the med. soc, of Lond., vol. 1, n. 3, et Medical inquiries, n. 14, 15.

(19) Larrey, |. c.

ë (80) Piderit, Prakt. annalen, 1 st,, p.

(81) Valentin, 1, c., p. 24.

émollients (82), l'usage topique de l'huile (83) avec l’opium (84), de l'usage interne duquel nous parlerons longuement plus bas (85), sont surtout recommandés.

Lorsque les forces décroissent , larnica, le musc, le vin, le quinquina, ct autres médicaments que nous énumérerons bientôt (86), sont indiqués.

3. Traitement du tétanos tnflammaloire. — Lorsque nous lisons que l’artériolomie (87), la phlébotomie (88), les sangsues (*9), les ventouses scarifiées (), les scarifications (90), en un mot la méthode anti-phlogistique(91), ont guéri la maladie dont il s'agit, nous hésitons d'autant moins à recommander ce genre de médication, surtout contre le tétanos et le trismus iuflammatoire, qu'il y a plus de signes d'encéphalite, de rachialgilide et de névrite cachées.

4. Traitement du tétanos rhumatismal. — Cette méthode anti-phlogistique Convient même dans le tétanos et le trismus rhumatismaux dans le commencement de la maladie (92). Plus tard, il faut

me ———

mm

(82) Idem, 1. c.

(83) Paul d’Egine, 1. ur, c. 20. -— Petit, Essai sur la médecine du cœur, n. 4.

— Odier, Manuel de méd. pratique, page

(84) Winslow, in Collect. soc. med.

Havn., vol, 1,n. 55. — Bontflower, in Kübn phys. med. journ., 1809, p. 368.

— Ploucquet, Diss. hist. tetani trauma.

tici, largo opii usu sanati, Tüb., 4810.

(86) Ibidem.

(87) Vogel, Diss. de feb. intermitt.

metastasibus. Goett., 4775. ADD. p.92.

(88) Cœlius Aurelianus, P. 210.— Paul d’Egine, 1. 111, e. 20. — Forest, 1. x, 66, 116. — Gardane, Gazette de santé, — Cross., 1. c.

(89) Medieus Briefe. Connell, Journ de méd., t. xx, p. 535.

(*) Celse, I. 1V, C< apud Cœl. Aurelian., d'Egine, 1. c.

(90) Allgem., Deutsche biblioth.. 8 B., p. 79. , |

(91) Dickson approuve extrêmement la Méthode anti-phlogistique, Obs. on tetanus, V. Medico-chir. transact., vol. vir, P.11. Lond., 1816,

(92) Le doct. Meyer guérit par de larges Saignées les jeunes gens dont il a été parlé plus haut. Des convulsions horribles se manifestaient immédiatement après la saignée.

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