Pronostic des spasmes primitifs
— Les spasmes dus à un vice primitif lu système nerveux sont peu dangereux, nais très-difhciles à guérir. En outre, ong-temps négligés ou mal traités, ils ont transformés en maladies nerveuses qu'auparavant ils ne faisaient que simuer, telles que lépilepsie, la manie, etc.
Jans d’autres circonstances ces spasmes lisparaissent contre toute espérance, urtout après le mariage, l’accouchenent, l’allaitement, ou un changement le régime.
$S VI. Traitement.
1. En general. — Toute espèce de pasmes reconnait deux méthodes de traiement, dont l’une se rapporte au paoxysme et l’autre à l'intervalle libre.
Nous avons l'habitude d’opposer au paoxysme les médicaments qui seraient ndiqués dans les maladies qu’il simule, 1 elles étaient de caractère nerveux. En yénéral, dans le choix des secours pharnaceutiques, chirurgicaux, diététiques, ous tenons toujours compte des compliations (81). Toutefois, avant de recourir | ces moyens, nous déterminons si les pasmes que nous voulons guérir sont iuisibles ou non, afin de ne pas nous oposer à de salutaires efforts de la nature.
2. Traitement des spasmes traumaiques.— Dans le traitement des spasmes raumatiques, on se propose d'enlever
(81) Nulle part les complications ne e présentent plus fréquemment que dans es spasmes, surtout dans l’hystérie. D'où 1 résulte souvent que chez un même maade, le traitement, quia commencé par les évacuations sanguines, passe aux réolutifs, et se termine enfin par les toniques,
ou d’affaiblir l'irritant local, de s’opposer à sa propagation et de diminuer la sensibilité. Les moyens de satisfaire à ces indications ont été exposés tant dans les préceptes généraux (82) que dans Îla thérapeutique de Pépilepsie et du tétanos. Outre le traitement topique, il faudra choisir avec soin les médicaments qui agissent spécifiquement sur les nerfs conducteurs de l’irritation.
3. l'raitement des spasmes inflammatoires. — Dans les spasmes inflammatoires, pendant la durée du paroxysme, on à recours à la phlébotomie, si le ma-
Jade auparavant n'avait pas été soulagé
par la méthode anti-phlogistique, sil avait omis une saignée habituelle, si la maladie était due à un flux sanguin arrêté, tel que les menstrues, les hémorrhoïdes, les lochies ; si le malade était pléthorique, et si un organe noble était affecté. Suivant le siége de la maladie, la saignée sera faite tantôt au bras, tantôt au pied, tantôt au côté droit, tantôt au côté gauche. Mais il faut prendre garde d’abuser de la saignée, et ne confondons pas le soulagement momentané qu’elle procure avec un effet salutaire et constant! En effet, on ne peut nier que les saignées réitérées, surtout si elles ne sont employées qu’à cause d’une trop florissante santé, n’affaiblissent à la longue -le système nerveux. [Il est plus prudent, si la saignée n’est pas clairement indiquée, de recourir aux. sangsues ou près des lieux exposés aux congestions ou autour de ceux d’où auparavant Île sang en coulant apportait du soulagement. Bien plus, si les congestions se manifestent sans signe de pléthore générale, une simple révulsion singuine, au moyen de ventouses scarifñées, de bains de pieds chauds, delavements émollients, suflit quelquefois. En outre, nous avons chaque jour plus sujet de célébrer la vertu des feuilles de digitale pourprée dans les spasmes, avec mouvement anormal du cœur et des artères ; en effet, nous avons apaisé (84) au moyen de cet admirable médicament des spasmes atroces
(82) P. n, v. 1, sect. 1, ct 1, 66; 47, 42.
(Edit. de Leyps.)
(83) C. x1, $ 58, n. 4; €. xinr, K 68, 2.
(84) Pr. Feuilles de digitale pourprée, demi-gros. Faites infuser dans s. q. d’eau de fontaine chaude. Laissez digérer pendant uné demi-heure, jusqu’à réduction à sept onces. D. s. (pour un adulte malade) de trois en trois heures, une once.
et rebelles, dus à l'irritation des nerfs cardiaques et des plexus pulmonaires, comme cela a lieu souvent après les peines de l’âme, surlout le chagrin. Puis vient l’élixir acide de Häller, qu'on ne do‘t pas employer long-temps ($5). Pendant l’élé, l’eau de Seltz ou toute autre qui dégage de l'acide carbonique est indiquée. Le nitrate de potasse n’est pas supporté lorsque le système nerveux est sensible. Enfin, comme la plupart des
malades demandent un soulagement mo- .
mentané à leurs accès, et que les médicaments volalils que d’autres médecins administrent pendant le paroxysme, nuiseut en échauffant (86), il est à propos d'employer l’eau de laurier-cerise (87).
Ce médicament est surtout indiqué contre lcs congestions sanguines, qui sont accompagnées d'un état emphysémateux,
Dans les intervalles libres, la maladie doit être radicalement déracinée, surtout par le régime diététique, employé en général contre la diathèse inflammatoire. Le café, le thé vert et les liqueurs spiritueuses doivent être sévèrement interdits, et à leur place on doit faire prendre en abondance de l’eau de fon:
taine froide, surtout dans le but d'activer la digestion. Le décubitus dans le lit doit être réglé de telle sorte que l’afflux du sang soit empêché dans les parties sujettes aux congestions. Lorsque la saison le permet, à moins qu'il n'y ait danger de congestion autour du cœur et des poumons, les bains de fleuve et surtout les bains de mer, dans le but de tempérer l'activité du sang, de corroborer le système nerveux et d'établir un équilibre convenible entre les artères, les veines et les nerfs, sont préférables
(85) Comme ce remède est agréable aux malades et leur réussit souvent, il en résulte qu’ils en continuent l’usage pendant des mois et des années, usage d’où j'ai vu provenir de graves inconvénients pour l’estomac et les reins. Or, si l’elixir d'Haller est prescrit, il arrive souvent que les malades, lé confordant avec d’autres gouttes anti-spasmodiques, se brûlent la bouche et la gorge.
(86) Sur l'inconvénient des remèdes échauffants dans ces maladies, lisez Roderic de Castro, De morbis mulier, EL. 11.
—Ludov. Mercatus, 1. 11, De morbis uteri, c. in, et Fr. Hoffmann, !. c., c. v; Cautel et Mouit. pract., $ 4.
(87) À un adulte, de dix gouttes à uu demi-gros.
MALADIES
à tous les moyens que nous Connaissonsk 4. Traitement des spasmes gastril ques. — Les spasmes dus aux indigess tions, lorsqu’il n’y à aucune contre- indi cation, réclament le vomissement , sur tout au moyen de l’ipécacuanha. « Ed » magis et necessarius et fructuosus ess » emetici usus, dit Fréd. Hoffmann (88); » si morbus sit recens et ægri adhue » de nausea, Cardialgia, præcordiorumx » anxietate, atque vomendi conatu com » queruntur ; claro documento, mor » fomilem maxima adhuc parte in ven:
» triculo nærere! » Plus tard, lorsque l'émétique n’est pas clairement indiqué il faut recourir aux purgalifs. [ci se recommandent surtout la teinture de rhubarbe avec addition d'eau de menthe (89)} S'il y a en même temps des hémorrhoï:
des cachées, l’électuaire lénitif ; si lé tube intestinal très-sensible vepoussait les secours que nous avons indiqués, le ca:
lomel (90). Il faut cependant user avee réserve de ce médicament que les hystés riques supportent avec peine. Nous di:
rons la même chose des purgalifs lorss qu'ils déterminent des selles liquides:
Les lavements émollients (91) et quelques fois les lavements de Kaempfan (92) son:
administrés avec plus de sûreté. Si les spasmes gastriques surviennent peadan l'été, le citrale de potasse convient (93) Lorsque la maladie est plus légère, on peut donner un verre d’eau sucrée, re:
mède familier en France (94). Aux ack des des premières voies, on oppose les
se
(89) Les juives lithuaniennes, douées d’un système nerveux très-excitable | nourries de fromages, de harengs, d« viandes froides, éprouvent des spasmes
gastriques, et se trouvent guéries commd par enchantement par ce médicament.
(90) Comme de cinq à dix grains pou une dose.
(91) « ’Tis observable that some hyste+ ric women cannot bear the gentlest pur:
gatives or clysters, but are scized witha lowness of spirits as often as they hava only a single loose stool. » Not, ad Sy denham, C pr 426:
(92) Cfr. le chapitre des Obstructions du foie.
(93) Pr. sous-carbonate de potasse | deux scrupules. Saturez-les avec s. q. de jus de citron récent. Ajoutez eau de ce:
rise, sept onces; sirop de citron, demionce.…Faites prendre par cuillerées.
(94) Eau sucrée, à
eux d’écrevisse, la magnésie avec addion de quelques gouttes d’huile essenelle d’anis ou de fenouil, et aux vers atestinaux, l'extrait de tanaisie, la poure de semence de santal et l'huile de érébenthine (95). La poudre anti-spasodique rouge de Stahl est préférable ux autres médicaments (96) contre les pasmes dus à la lésion de fonctions du die, surtout après la colère ou le chagrin.
lais si la région épigastrique était trèsensible , il faudrait éviter l'emploi de : poudre de nitratede potasse. En outre, à poudre anti-spasmodique rouge, à anse du cinabre qu’elle contient, peut à eine être prescrite chez les hommes isposés à la diathèse scorbutique. En énéral, on ne peut l’employer longemps sans une extrême prudence (97).
\éanmoins , lorsque les spasmes dus aux bstructions du bas-ventre affectent des crofuleux ou des hémorrhoïdaires, our arriver à la cure radicale , nous onnons chaque soir pendant un mois, ors du temps du paroxysme, une dose e la poudre indiquée. Le lendemain, ne once et demie d'extrait de chiendent 38) à prendre en trois fois. Au prinemps et en été le malade boira, après haque dose d'extrait de chiendent, un erre d’eau de Setiz ou de pelit-lait, si estomac le supporte. Par cette méthode ès-simple, quelquefois aidée par l'usage e savon térébenthiné ("), nous avens, ieu aidant, chaque année rendu à la inté un grand nombre de malades sujets ux spasmes abdominaux et traités en vain endant plusieurs années par le vulgaire es médecins au moyen du quassia, de assa-fœtida, de l’éther, et autres remèes anti-spasmediques, plus propres asurément à exciter les spasmes qu’à les uérir. Les mêmes effets sont obtenus vec encore plus de sûreté par les eaux iinérales résolutives salines (99). Pen-
(95) Cfr. le chap. des Vers intestinaux.
(96) De dix à vingt grains par dose, vec égale quantité de sucre.
(97) J'ai vu un exanthème mercuriel éterminé par trois onces de poudre an- -spasmodique rouge, prises dans l’esace de quelques mois.
(98) Extrait de chiendent liquide. Il ut avoir Soin qu'il soit préparé avec les récautions convenables, ct qu’il ne conenne pas d'huile empyreumatique.
(‘) Vulgairement : savon de Starke. (99) P. 7, vol, 11, c. 1, SG, 27 (17), (Ed.
e Leyps.)
DU SYSTÈME NERVEUX. 445
dant l'administration de ces remèdes, le régime alimentaire doit être choisi, composé de viandes blanches et de végétaux non flatulents ; Les veilles, les peines de l'âme et les plaisirs vénériens doivent être évités, et l'exercice modéré (100).
Et si la cure radicale des spasmes gastriques élait abandonnée à cause de l’atonie des premières voies, ce serait le lieu d'employer de légers amers, tels que l'extrait de chardon-bénit, de mille feuilles et des eaux martiales. Î1 faut prendre garde, cependant, de détruire les effets qu’on à déjà obtenus en en voulant obtenir de meilleurs, et se rappeler que le mieux est souvent ennemi du bien.
5. l'raitement des spasmes rhumatüsmaux et arthriiques. — Dans les spasmes dus à des causes rhumatismales ou arthriliques, il faut que ie malade garde le lit et que son corps soit frictiunné avec des linges de laine imprégnés de fumigations aromatiques, telles que celles de succin, de mastic, de benjoin, de styrax. [l prendra en boisson des infusions chaudes de tilleul, de sureau, de sauge, de mélisse. Les bains chauds sont utiles à un grand nombre. S il existe de la fièvre, il ne faut pas les employer, et recourir à la méthode recommandée (1) contre les spasmes inflammatoires. Si les spasmes sévissaicn{ encore, on donnerait la poudre de Dower. Autrefois Pantimoine dia} horélique était en usage (2).
Lorsque la maladie est plus grave et qu’il existe une métastase cachée, cause des spasmes , il esi- permis de recourir aux sinapismes, aux vésicatoires, aux frictions émétisées , et aulres ulcères artificieis « sed in certis duntaxat reservatis » casibus (3) », et en n'altérant jamais inconsidérément la beauté de la peau (4). En outre, dans les spasmes arthriti-