XXXV
la remplit par le régime anti-phlogistique, les sangsues surtout, et le froid.
$ IT. Blepharite érysipelateuse.
1. Symptômes. — La blépharite érysipélateuse attaque ordinairement les deux paupières, et surtout la supérieure, avec tuméfaction luisante, transparente, de couleur jaune , rouge, pâle, se perdant insensiblement sur la peau des parties voisines. La rougeur disparaît sous la pression du doict, et revient, immédiatement après, de la périphérie vers le cen-
tre. Dans les cas les plus graves, une tu-
meur vésiculaire se montre sur les bords des paupières. La douleur est brûlante, tensive, et devient lancinante par le coutact. La sécrétion de l'humeur sébacée fournie par les glandes de Méibomius, ainsi que celle des larmes et du mucus nasal, sont augmentées. Rarement il survient de la fièvre, du moins quant au pouls.
2. Causes. — Les causes générales de l’érysipèle produisent également la blépharite érysipélateuse (91). Les plus communes sont les vices gastriques, les lotions froides des paupières , et la suppression de la transpiration.
3. Diagnostic. — La blépharite érysipélateuse, siégeant principalement dans l’épiderme et le tissu cellulaire des paupières, à moins qu'elle ne provienne d’une cause locale, est liée, dans la plupart des cas aux affections rhumatismales ; je dis dans la plupart des cas, car il existe une blépharite érysipélateusearthritique qui s’étend très-promptement à la conjonctive de l’œil lui-même, et dont pour cetle raison il sera question plus bas (92). Qu'il nous sufñse de prévenir ici que dans la blépharite érysipélateuse aärthritique on voit se développer sur le bord des paupières, au milieu des douleurs les plus vives et les plus intenses, des vésicules semblables à celles que produirait un vésicatoire. La blépharite érysipélateuse légère à de l'analogie avec l'ecchymose des paupières , que nous avons vue survenir plus d’une fois dans les pays septentrionaux pendant les marches contre le vent en hiver. Toute l’étendue des paupières, ainsi que la conjonctive oculaire, offrent une coloration tantôt livide, tantôt noire comme
(91) P:1, vol: 1, c:'v1, S'2T:"(EdTt; de Leyps.) (92) $ 97, n. 2, 5.
celle des Ethiopiens. C’est vraiment un spectacle horrible ! Lorsque l’érysipèle a gagné l'angle interne, c’est-à-dire la peau qui tapisse le sac laèrymal, il faut se garder de prendre la maladie (anchylops érysipélateux ) pour une inflammation du sac lacrymal (93).
4. Pronostic. — Toutes les fois qu’il s’agit de blépharite érysipélateuse sur un homme sain d’ailleurs, on doit la regarder comme une maladie légère, car elle se termine ordinairement dans l’espace de peu de jours, avec desquammation de l’épiderme. Il n’en est pas de même chez les scrofuleux et autres sujets de constition détériorée; dans ces cas, ‘en effet, non-seulement la maladie laisse une funeste disposition aux récidives, mais elle devient la source d’un grand nombre d’altérations que nous aurons à décrire plus loin, d’une manière spéciale, savoir : l’œdème froid des paupières, le madérosis , le {richiasis, l’entropion, la suppuration des paupières (dite mytésis, quand elle attaque la face interne), qui donne lieu aux ulcérations chroniques, et aussi la fausse fistule lacrÿmale (94).
La blépharite érysipélateuse, qui ést occasionnée par les piqûres d'insectes, dégénère facilement én gangrène, si l’on n’a soin d'extraire aussitôt l’aiguillon.
Nous n’osons décider si c’est ici le lieu de parler du charbon des paupières (95).
5: Traitement. — On recommande l'application de l’eau froide sur les paupières, dès le début de la blépharite érysipélateuse (96); mais nous n’approuvons point ce conseil, vu lé danger de la rétrocession de l’érysipèle et de sa fixation sur d’autres organes, car il ne faut jamais tenter de guérir les yeux au détriment d’autres parties essentielles (97). En con-
(95) Aetius, Tetrab. 2, serm. 3, c. xxx —Arantius, De tumoribus, €. 11. — Voig= tel, 1. c:, p. 61. Cfr. P. r, vol, n1, €. vu, n. 2.
(96) Beer, 1. c., 1 th:, $ 305.
(97) Si j'avais quelque chose à dire contre l'usage où l’on est de consulter des médecins spéciaux pour les maladies de certaines parties du corps humain, ce serait ici le lieu d’observer que ces médecins croient avoir tout fait quand ils ont chassé le mal de la partie qui est confiée à leurs soins, sans s'inquiéter des résultats de leur pratique, et en laissant quelquefois à d’autres médecins des ma-
séquence, si la blépharite érysipélateuse se manifeste chez un malade jeune et robuste, avec fièvre annonçant l'inflammation, nous préférons la saignée du bras; autrement, nous avons recours aux applications de sangsues derrière les oreilles {moyen qu’il ne faut pas négliger, même après la saignée). Je dis derrière les oreilles, car on peut à peine les poser aux tempes et aux ailes du nez, sans voir l'érysipèle prendre de l’extension, ou se couvertir en œdème, en ecchymose. A l’intérieur, nous prescrivons d’abord le nitrate de potasse et les laxatifs doux, avec les autres moyens anti-pblogistiques, et lorsque la maladie touche à sa fin, les diaphorétiques et un vésicatoire à la nuque. Nous couvrons la partie affectée avec un linge fin, sec, assujetti sur le front par quelques tours de bande; ce moyen tout seul sufñt pour le degré le plus léger de la maladie.
. $S IV. Blepharite catarrhale.
1. Symptômes. — La b'épharite catarrhale (98), mal à propos appelée par plusicurs, psorophthalmie, débute par le prurit et l'apparition d’une tumeur rouge, légèrement dure et douloureuse, située le long des cartilages tarses, et s'étendant même jusqu'aux deux angles de l'œil. À la face externe des paupières, la fumeur dépasse à peine les cartilages tarses ; mais il n’en est pas de même à la face interne, où elle envahit souvent la conjonctive palpébrale tout entière. De là la difficulté des mouvements des paupières, qui deviennent en même temps douloureux; en sorte que les malades se couchent les yeux fermés, et que les enfants ne veulent pas mème, ordinairement, permettre l'examen de la partie affectée. La <écrétion des glandes de Méibomius se tarit, tandis que celle des larmes augmente d'activité; celles-ci, privées d'humeur sébacée, et devenues âcres, corrodent les joues qu'elles inondent (épiphora). Mais ensuite, quand la ma- Jadie a acquis une grande intensité, Ja sécrétion des larmes cesse à son tour ; alors, l’œil devient sec, et fait éprouver la sensation de grains de sable interposés entre lui et les paupières (xérophthalmie,
ladies consécutives plus graves que la maladie primitive.
(98) Glanduleuse de Beer, 1. e., $ 505.
MALADIES
ophthalmie sèche). Lorsque l'inflamma+ tion affecte les angles internes des yeux, les papilles lacrymales se rident, et les points lacrymaux semblent presque oblitérés. À mesure que la maladie marche vers son déclin, le prurit, la douleur ct Ja sécheresse de l’œil diminuent, tandis que la sécrétion des glandes de Méibomius, mêlée de matière purulente, se rétablit. Les flocons de pus qui en proviennent se portent sur la cornée, et gènent la vision, lant qu'ils ne sont pas écartés. La nuit, pendant le sommeil, les
paupières deviennent si fortement col-
lées ensemble, au moyen de cette humeurt puriforme, endurcie comme du cristal par le contact de l'air (99), qu’on peut à grand’peine les séparer le lendemain. Les cils sont aussi agglutinés entre eux (100). En outre, les cartilages tarses se corrodent ct deviennent douloureux à l'air libre. Enfin, la sécrétion morbide des glandes de Méibomius devient chronique. Les paupières se couvrent quelquefois de petites ulcérations. On. observe souvent des symptômes fébriles dès le début de Ja maladie. La diarrhée, la rétention, et même lincontinence (1) d'urine, précèdent ou accompagnent aussi l'affection dont il s’agit, surtout chez les sujets faibles et les vieillards.
2. Causes. — Les causes qui donnent lieu à la blépharite sont certaines constitulions annuelles inconnues, principalement la constitution catarrhale, l'air
-vicié, celui des étables surtout , et les
lotions des yeux avec de l’eau malpropre.
3. Diagnostic. — La blépharite catarrhale à son siége dans la membrane mu-
queuse qui tapisse les cartilages tarses et
la face interne des paupières , ainsi que dans les glandes sébacées qu’elle contient et dans leurs conduits excréteurs.
On concoit facilement de là ses rapports avec les affections catarrhales des muqueuses des intestins et de la vessie urinaire. La blépharite catarrhale , au plus haut degré, ayant presque l'apparence d'une maladie inflammatoire accompagnée d’une sécrétion abondante de lymphe coagulable, gagne aussi, le plus souvent, la surface oculaire elle-même ; et, pour celte raison, elle sera décrite sous le nom d’ophthalmo -blennorrhée , dans le Paragraphe qui traite de l’oihthaimie ex-
(99) Chassie.
(100) Demours, ouv. e., tab, xvi, fig. 1, (1) Beer, le.) pp. #10:
DES YEUX , DES OREILLES ET DES NARINES
terne. [1 sera également question, plus loin, des blépharites scrofuleuse et vénérienne (2).
4. Pronostic. — La blépharite catarrhale à un léger degré, quand elle affecte des sujets d’ailleurs sains et vigoureux, cède à un régime convenable, sans qu'il soit besoin de recourir aux secours de l'art. Dans les cas plus graves, surtout s'il s'agit d'un sujet scrofuleux, atteint d’affections arthritiques , vénériennes, valétudinaire en un mot; si c’est un enfant nouveau-né ou un vieillard, lorsque Surtout le malade reste sous l’influen-
ce des mauvaises habitudes qui ont pro-
duit la maladie , il y a plus de danger.
Car on doit craindre que la maladie ne vienne à se transformer en ophthalmoblénorrhée , ou à revêtir le caractère chronique. A cet état succède facilement la difformité des cartilages tarses (tylosis), et son résultat inévitable, l’entropion. Et en supposant même qu’il n’y ait pas entropion, les cils peuvent être en- Vahis par des croûles interposées entre eux et se renverser en dedans contre le globe oculaire (trichiasis). Il peut arriver aussi que les paupières contractent des adhérences entre elles, du moins à l'angle externe de l’œil (ancyloblépharon partiel) , ou bien que leur commissure se détruise (entropion), accident commun à tout âge, mais plus ordinaire dans la vieillesse (ectropion sénile). Les bords des paupières renversés en dehors leviennent sarcomateux, surtout chez es scrofuleux (3). Queiquefois, à la suite le l'inflémmation de la paupière supérieure , il se forme un sinus capillaire aboutissant à la glande lacrymale.
5. Traitement. — Le traitement à >pposer à la blépharite catarrhale de lus léger degré, consiste à éviter la Junière, le vent, l'air froid, malsain, hunide, et l'usage des liqueurs fermentées.
Nous ne pensons pas qu’il soit convenale d'appliquer des corps froids sur les aupières; Car la réaction qui suivraitun oulagement momentané ne manquerait Joint d’exaspérer le mal. Lorsque l'inlammatlion est violente dans les circontances indiquées plus haut (*), et surout si le mal semble gagner le globe culaire, nous praliquons une saignée la bras, sans négliger l'application, mê-
(2) $ 109, 101. (Édit. de Leyps.) (3) Cfr. $ 84, n. 15, €) $ 79, n. 5.
me réitérée, de sangsues derrière les oreilles, Les autres moyens thérapeutiques ne diffèrent pas de ceux que réclament les fèvres catarrhales (4), Dès que l’inflammation est tout-à-fait tombée, nous faisons mettre un vésicatoire à la nuque, ou entre les épauies quand le malade est très-irritable. Si la maladie menacait de prendre le caractère chronique, avec prurit désagréable surtout, il faudrait employer des lotions tièdes avec un collyre mucilagineux opiacé (5) quatre fois par jour et même davantage, au moyen d'une éponge très- fine. On doit aussitôt essuyer doucement la partie avec un linge sec afin qu’elle ne reste pas mouillée. Il est des praticiens qui emploient en même temps un collyre avec le muriate suroxygéné de mercure; moyen dont on ne doit user que chez des sujets peu sensibles et dans l’état avancé de la maladie, ou bien quand il y a lieu de soupconner une complication syphilitique ; la dose du collyre indiquée doit à peine dépasser un demi-grain. Lorsqu'il existe des excorialions, il faut employer de la même manière que précédemment un collyre avec la pierre divine (6) et l'acélate de plomb. Dans les cas rebelles, on doit oindre deux fois par jour les parties excoriées avec un pinceau imbibé de laudanum liquide deSydenham. S'il s’agit de combattre la sécré-
oo
(4) P. 5, vol. 1, ©. vi, $ 66.
(5) Eau de roses, quatre onces; muci:
lage de semences de coings, une drachme ; laudanum liquide de Sydenham, un scrupule. M, d. s. pour l'usage externe.
(6) La pierre divine, d’après St-Yves, se prépare de la manière suivante : R, vitriol de Cypre, nitre purifié, alun cru, trois onces de chaque; pulvérisez et faites liquélier, dans un vase de verre, sur un bain de sable; ajoutez au mélange devenu liquide une drachme et demie de camphre triluré; mêlez, et conservez la masse refroidie sous e nom de pierre divince, D’après Beer, j'emploie le vert de gris très-pur au lieu du vitriol de Cypre.
La solution de pierre divine se prescrit ainsi: R. pierre divine, quatre grains; faites dissoudre dans une once et demie d’eau distillée; filtrez; ajoutez : eau de roses, quatre onces; laudanum liquide de Sydenham, un scrupule (à deux). D.
Pour rendre ce médicament plus astringent et plus dessiccatif, on y ajoute quinze à vingt gouttes d'extrait de saturne.
tion morbide des glandes de Méibomius, il faut avoir recours à la pommade ophthalmique rouge, faibie d’abord (7), puis plus forte (8), et si cela ne suflit point, à celle de Janin (9). On en enduirait légèrement l'intervalle des bords des paupières, avec un pinceau, une et quelquefois deux fois par jour; et l’on engagerait le malade à rester touché, les yeux fermés pendant un quart-d'heure, et à éviter les courants d'air froid. La méthode de traitement applicable à la complication scroluleuse ou rhumatismale sera exposée plus bas (10).
S$ V. Blépharite varioleuse.
1. Symptômes. — La blépharite varioleuse se montre en même temps que l’éruption de la variole, avec une tuméfaction considérable des paupières, surtout vers leurs bords, et qui, par la mème raison, s'accroit comme la variole, Les paupières étant agglutinées entre elles, lé malade est plus où moins privé de la vue, ordinairement pendant neuf jours, c’est-à-dire jusqu’à l’époque de la dessiccation.
2. Causes, — Le virus variolique devient surtout funeste aux paupières, chez les enfants faibles , à peau très-délicate.
3. Diagnostic. — 11 faut bien distinguet la blépharite varioleuse simple de l’inflammation latente de la surface interne des yeux, qui en est la suite, maladie excessivement grave (ophthalmoblénorrhée varioleuse). Un homme d'une expérience consommée (11) enseigne que cette distinction est encore possible mal-
gré l’occlusion des paupières; il dit, en
effet, qu’on peut avoir la certitude du bon état des yeux, toutes les fois qu'il y a épiphora sans photophobie.
4. Pronostic. — Lorsque l’inflammation est bornée aux paupières , la des-
(7) R. beurre frais, une demi-once; précipité rouge de mercure; huit grains.
M. très-exactement.
(8) R. beurre frais, une demi-once; précipité rouge de rasrcure, dix grains; tuthie préparée, six grains; M. exactement.
(9) R. beurre frais, une once et demie ; précipité blanc de mercure, quinze gr.; bol blanc, un scrupule. M. très-exactement.
(11) Beer, 1, c., p. 520.
MALADIES
truction des bulbes des cils, et par suite le trichiasis partiel, ou bien la rougeur des bords des paupières pendant les variations de température, énfn leurs ulcérations (12) sont inévitables. Si, au contraire, là blépharite varioleuse se propage jusqu’à la conjonctive cornéale, les organes lacrymaux sont en danger.
5. Traitement. — Outre le traitement général de la variole (13), la blépharite varioleusé réclame d’abord une lumière modérée, ensuite, du moins d’après Beer, la chaleur sèche entretenue par le moyen de linges appliqués sur les paupières. Si l’éruption varioleuse languissait, on pourrait répandre sur ces linges un peu de camphre. Lorsque Îles pustules sont pleines , on les ouvre avec une aiguille à cataracte, afin que le pus puisse s’écouler et que la peau ne s’altèré point. Il faut humecter les paupières agglutinées par le pus ou la chassie , avec le collyre mucilagineux opiacé(1#); puis; ensuite, les séparer doucement avec la main, et les sécher aussitôt. Quand elles sont entièrement séparées l’une dé l’autre, on doit les habituer par degré au contact de la lumière et de l'air.
$ VI. Blepharite dartreuse.
1. Symptômes. — La blépharite dartreuse (15) commence par un prurit des paupières, pendant la durée duquel on voit apparaître une tumeur profondément rouge, partout recouverte de pelites pustules; celles-ci venant peu à peu à se rompre, sont remplacées par des ulcères ichoreux qui causent, outre le pru*.
rit, une douleur ardenle, se recouvrent :
enfin de croûtes et creusent au-dessous. , De là les paupières acquièrent la forme :
d’une figue de l'Inde récemment desséchée { palpebra ficosa, sycosis, dasyma, trachoma), les bulbes des cils sont en par:
tie détruits (madarosis), en partie ren:
versés en dedans (trichiasis), ce quil arrive par le progrès du temps, par l'é=!
(12) Demours, 1. €:, p.114, chap. v des!
ulcères de la marge des paupières :« Sans | l’immortelle découverte de Jenner, le cha:
pitre aurait été fort long. Le journal de!
mon père est rempli de détails à ce} sujet. »
(15) P. 1, vol. ur, c. x1v. (Ed. de Leyps.)|
(14) Voy. le $ précédent (5). |
(15) Blépharophthalmie galeuse del Beer, 1. c., p. 565.
rosion des cartilages tarses (agglutinés iprès le sommeil et devenus saignants), et l’état des bords des paupières (entropion). Enfin, la conjonctive oculaire ellemême s’affecte et prend l'aspect pustuleux.
2. Causes. — La blépharite dartreuse reconnaît deux causes : tantôt une affecion dartreuse venant à se supprimer dans quelque partie du corps (par exemple la gale, la psydracie, la teigne, l’herpès , etc.) , la maladie qui tend à la remplacer va se fixer sur les paupières ; antôt les paupières, appartenant au sysème dermoïde par leur organisation, sont affectées de prime abord. Dans l’un et l’autre cas il semble nécessaire d’admettre une disposition morbide particuière dépendant souvent du vice scrofueux. Nous ne devons point omeitre de parler ici des morpions qui viennent nicher dans les intervalles des cils (16).
3. Diagnostic, — La blépharite darreuse produite par la cause vivante que nous venons d'indiquer, ou peut - être 1ussi par l’acarus rongeant, peut trèsbien être appelée galeuse. Il n’en est pas de même de celle qui est due aux maladies cutanées d’une nature différene; et c’est pourquoi nous lui donnons e nom de dartreuse, de préférence à ceui de galeuse.
4. Pronostic. — TI est à peine permis Vespérer quelque chose de l’art contre e madarosis, le trichiasis et surtout l’entopion qui sont le résultat de la blépha- ‘ite dartreuse. Lorsque la maladie a été ntempestivement traitée par des topiques gras ou saturnins, on doit s’attenire ou à une cataracte verte, ou à un laucome, ou à une amaurose.
5. Traitement. — Quelle qu’ait été ’origine de la blépharite dartreuse, le remier soin doit être de veiller à la jropreté des parties malades. On se sert Vec avantage pour laver les paupières l’une légère décoction de scordium tièle. Quand la maladie est produite par les insectes , sans négliger les précauions indiquées ailleurs (17), il faut en renir à longuent soufré ou mercuriel, lont on frotte les bords des paupières, ine ou deux fois par jour, à l’aide d’un inceau. On peut aussi ajouter à la déoction de scordium une solulion, soit de oie de soufre, soit de muriate oxygéné le mercure. Si la maladie provenait de
(16) P. 1, vol. 11, €. xxx, $ 117, n. 4, Edit. de Leyps.) (17) P. 1, vol. x1, ©. xxx, $ 116, n. 5.
dartres prématurément guéries en d’autres endroits du corps, il faudrait rappeler celles-ci à leur siége primitif d’après les règles prescrites (18), principalement avec la pommade ou une forte solution de tartre stibié, ou bien par l’application d'un emplâtre antimonial (19). Si cela ne pouvait se faire, vu l'importance de la partie, on devrait au moins recourir aux ulcères artificiels. On les établit de préférence derrière les oreilles, mais cela n'est pas tout-à-fait prudent, car une irritation long -temps entretenue auprès de l’organe de l’ouie peut lui occasion-
ner plusieurs maladies. D’après ces con-
sidérations nous choisissons ordinairement les bras. Quant aux remèdes internes , nous les varions suivant la nature de l’affection dartréuse qui affecte les paupières, en nous conformant aux règles déjà établies (20). Comme, le plus ordinairement, Ja maladie dont il s’agit cache uñe disposition scrofuleuse, nous employons fréquemment l’æthiops antimonial (21), ou le muriate de chaux (22), et nous prescrivons, en même temps, pour boisson , une décoction, soit de violette tricolore, soit de racine de liseron de Chine, soit de douce-amère, Il convient aussi de régler la nourriture, et il fant surtout prendre garde que le malade ne mange de la viande de porc. Les aliments légèrement acides nenuisent point, du moinsen Lithuanie.Si, durant le cours de ce traitement, les ulcères qui occupent les paupières viennent à se dessécher, et que les croûtes tombent en laissant à nu une peau rouge et très-sensible, on doit toucher légèrement les parties affectées avec une pommade trèspropre à rétablir les paupières en bon état (23), et dont on met un morceau de
118) Pi, Vol. 'H, C:1, SG, h: 40.
(19) R. emplâtre de diachylon,; une once et demie ; tartre émétique pulvérisé, une drachmeé; malaxez ensemble avec s. q. de laudanum liquide de Sydenham,.
D. s. pour l’usage externe.
(20) L. c., $ 6. ne
(21) On doit attendre plus d'effet de petites doses long-temps répétées que de doses considérables données en une seule fois.
(22) R. muriate de chaux, une drachme ; faites dissoudre dans une once d’eau distillée. M. d. s. trois fois par jour (pour un enfant de quatre ans) de dix à trente gouttes.
(23) R. Beurre frais, une once et de«
la grosseur d’un pois sur un pinceau.
Si, malgré cela, la peau restait humide, et de nouvelles croûtes se fcrmaient, il faudrait recourir aux frictions avec la pommade d’Hufeland (24) d’abord, et puis, au besoin , avec celle de Janin, Pendant que les croûtes se détachent, il faut prendre garde que les malades , et les enfants surtout, ne viennent à les frotter contre les paupières, et ne donnent ainsi lieu à une sorte d’ophthalmie traumatique.
$ VIT. Orgeolet.
Symptômes. — C'est d'abord un sentiment pénible de tension de l’une ou l'autre paupière ou des deux à la fois; puis, il se développe un faroncle inflimmatoire (orgeolet) (26), qui empêche le mouvement de la partie affectée et le rapprochement suffisant des paupières.
Ce furoncle, qui à la forme d’un grain d'orge , devient dur, rougeâtre et trèssensible , et il s'accompagne de douleur lancinante, surtout pendant le mouvement des paupières. Ën outre, la sécrélion de l'humeur sébacée des glandes de Méibomius augmente et agglutine les bords des paupières. La tumeur, augmentant de plus en plus, se portant quelquefois vers La face interne de la paupière (27), et prenant la forme conique, offre des signes évidents de suppuralion.
Un petit abcès, parvenu à maturité s'ouvre au dehors ; après quoi la tumeur disparait en entier, ou du moins une bonne cicatrice enlève la dureté qu’une suppuration trop longue peut avoir laissée dans quelques points. Quelquefois, surtout chez les scrofaleux, les phénomènes inflammatoires suspendent leur marche au milieu du cours de l'ogeolet et la pariie affectée reste indurée (chalazi on).