Craanen, |. c. —Tandler, p
(31) Sennert, 1, &.— Fr. Hoffmann, 1,
GS
(32) Dans problem. med., dec. nu, qu.
(53) Praxis, p. 152.
(1) Somnambulisme cataleptique de Sauvages, |. c. Espèce de maladie appelée par Darwin rêverie, ou étude vaine, comprise sous le nom de rhembasme par Swediaur, I. c.
(2) Georg., lib. x1v, p. 649.
(3) Serm. sacr. 1, opp. t. I.
Ps Plutus, act. 11, sc. 2, v. 51, 32, A1,
(5) Der Somnambulismus unsrer Zeit mit der Incubation oder d. Tempelschlaf u. d. Weiïissagungstræumen der Alten in Vergleichung gebracht. Dresd, u. Leipz.,
(6) In Berliner Monatsschr, 1784, 2, B., p. 255-257-2538.
(7) L, ç. in Reiïil’'s und Hoffhauer's
Bouys (8), Kluge (9) et d’autres (10), on trouve des exemples de la maladie dont nous parlons, sous les noms de somnambulisme, de catalepsie, de magnétisme animal spontané, dans Sauvages, de la Croix (11), de Haen (12), Ellert (13), Darwin (14), Tommasini (15), Desessart (16), Strombeck (17), Swediaur (18), A.-G. Richter(19) et autres (20); et l’expérience d’un patricien de nosamis(21),
Beytrægen zur Beferderung einer Curmethode auf psychischem Wege, p. 251.
(8) Nouv.*considérations puisées dans la clairvoyance instinctive de l’homme sur les oracles, les sibylles, et les prophètes, et particulièrement sur Nostradamus.
Paris, 1806.
(9) Versuch einer Darstellung des thierisch. Magnetismus.
(10) Antonii van Dale, Poliatri Harlemensis, de oraculis veterum ethnicorum dissertationes duae, edit. secunda. Amstelod., 1700. — Fontenelle, œuvres, t. 1r, Sur les oracles. — Stieglitz, op. c., p.
(11) In Act. acad. Upsal. a. 1741, p.
41, et Mémoire de l’ac. R. de Paris, 1742, Ed. in-4, p. 409; ed. in-8, p. 557.
(12 Rat. med., P.1v, c. v, S 3, p. 185,
(13) Vienholt, 1. c., p. 52.
(14) Zoonomia or laws, etc, Vol.1r, sect. 19. Of reverie, 2, case of a young Lady.
(15) Giornale di medicina pratica del professore Brera. Vol. rv.
* (46) Journal général de médecine, t.,
xL, 14811.
(17) Geschichte eines, allein durch die Natur hervorgebracht. animal. Magnetismus. Mit Vorrede v. Marcard., Braunschw.
- (18) Novum nosologiæ methodicæ systema. Vol. 1, p. 475.
(19) Neue medicinisch-chirurg. Bemerkungen., 1814, p. 125.
(20) Acta Vratislav., 1725, déc. Class.
iv, art. 7. Hannœvr. Magaz., 1787, G4St.
London med. and phys. journ. Sept.
4808. À case of a very singular nervous affection, supposed to have been occasioned by the bite of a Tarantula. By Dr. J.
Comstock of South-Kingston,. America.
Voy. über den thierischen Magnetismus, p. 255. — Larrey dans Journ. de méd., chir. et pharm., 1816, Mars. Obs. sur certaines plaies d'armes à feu, accompagnées de circonstances particulières. Beobachtung eines von selbst entstandenen schlafwachenden Zustandes. Dans Jabhrbücher für d. Lebensmagnetismus.
Herausgegeb, v, Wolfart, B. 5, Heft 1,
MALADIES
ainsi que la nôtre, vient appuyer la leur.
À tout cela on peut ajouter les observations sur les somnambules dits magnétiques. Cependant, comme il convient de séparer ce dernier cas des autres , nous avons divisé la somniation en spontanée et en artificielle.
S IT. Symptômes.
1. De la $Somniation spontanée. — La somniation spontanée se montre au milieu de la veille, soit instantanément, soit après quelques prodromes, la tristesse, du moins un soupir, une douleur de tête, des lipothymies, divers mouvements convulsifs, surtout du genre de la catalepsie ou de la danse de Saint- Guy. Bientôt le malade présente plus ou moins l’image d’un homme près du sommeil. En effet, s’il n’a pas les yeux toujours fermés, au moins sont-ils insensibles. Le pouls est souvent sain, ou il est:
plus lent qu’à l’état sain , et la chaleur du corps est normale. La respiration est à peine perceptible. En outre, dans cet] état de choses, les malades font cligner:
leurs cils (1), ou représentent une scène:
et imitent quelque fait par leurs gestes:
(2). Lorsque l'accès est passé , ils re-:
p. 68. — Delpit, Gazette de santé. Sept...
1817, — Müller, Von selbst entstandener! Magnetismus. Dans Zeitschrift für die:
Anthropologie. Zweites Vierteljahr für!
1826. — Pfæhler, historia morbi nervosi| somnambulismi et ecstaseos symptoma-:
tibus stipati, feliciter persanati. Dans:
Comment. soc. phys.-med. Mosquiensis..
Mosq. 1827.
(21) Dr. Friedlander, medici egregiii Volhyniæ,
(1) Sauvages 1. c. 17, sous le nom de:
carus nystagmus, décrit le cas d’une ma-lade qui, étant assise tranquillement, éprouvait pendant une quart-d’heure une:
suspension complète de tous les sens, le:
pouls, la chaleur, la couleur et la flexibi-lité de tout le corpsrestant intacts; pendant! ce paroxysme, on voyaitses cils (et non sess paupières) se mouvoir très-rapidement..
(2) La malade, dont on parle dans les:
Nouv. mémoires de l’ac. R. des sciencess et belles-letires de Berlin, 1774, p. 10, et! dans Comm. de rebus in scient. nat. et!
in med. gestis. Tert. Decad. Suppl. 1r,, p. 204, fut, depuis l’âge de vingt-quatre ans jusqu'à celui de quarante-cinq, su« jette à des accès de sommeil si forts, gu’aussitôt ses raembres devenaient rai«
DU SYSTÈME NERVEUX. 61
viennent à eux comme sortant d’un sommeil. D'autres fois ils marchent comme
des, Elle éprouvait tous les jours deux
aroxysmes semblables, l’un le matin, Pure dans l’après-midi. Sa mâchoire inférieure se remuait comme en mangeant, les lèvres restant fermées ou étant agitées d’un mouvement convulsif, Mais le fait suivant est encore d’un plus grand intérêt. Le 13 septembre 1815, une jeune fille de bonne maison, âgée de quinze ans, amenée de la campagne à la ville, étant bien réglée, présentant à la vérité une apparence faible , mais saine et gracièuse, ayant les yeux bleus et les cheveux roux, fut confiée à mes soins.
En 1812, cette jeune fille avait été fortement effrayée par des soldats français qui menacérent son père de la mort, et qui se désistèrent enfin de leur horrible dessein lorsqu'on eut souscrit à toutes leurs demandes. Le lendemain à la même heure, elle fut prise d’une maladie dont les paroxysmes se montraient tous les jours jusqu'au coucher du soleil, en laissant peu d'intervalle, et se représentaient de la manière suivante, comme j'en ai été le témoin : le jour déjà indiqué, à cinq heures de l'après-midi, m'étant rendu auprès de la malade, je la trouvai déjà triste et taciturne. Elle ne répondait à mes interrogations que par des monosyllabes. Après quelques minutes, elle poussa un soupir sonore comme un sanglot, et aussitôt après tomba comme dans un sommeil profond. Portée sur un sopha et mise dans une position élevée, elle resta les yeux fermés, paraissant jouir d’un sommeil paisible. Peu de temps après,elle sembla d’abord sourire,puisson visage prit l'apparence d’une inspirée. Son bras droit s’éleva dans l’air, le gauche s’'étendit vers le sol, et elle garda cette position tout-à-fait cataleptique pendant une minute. Après ce temps, elle se mit toutà-coup à frapper avec rapidité sa main droite avec la gauche, comme si, après avoir hésité, elle eût pris un parti; elle voulait par là donner le signal de l’exercice militaire, se disposant à représenter avec exactitude la scène terrible qu’elle avait vue, Sa main droite parut ensuite tirer une cartouche d'une giberne qui aurait été placée près de son dos, déchirant presque ses habits, tant elle y mettait de force. Ensuite elle parut porter ces cartouches à sa bouche pour les mordre. Cela étant fait, de la même main elle feignait de répandre de la poudre sur Son poing gauche comme sur un bassinet de fusil. À ces actes succédaient ceux d’enfoncer la poudre et la
des somnambules, mais pendant le jour
balle au moyen de la baguette et de bourrer. De temps en temps, la malade, bien qu’elle ne connût pas la langue française, faisait entendre ces mots : « Marche! où est le baron (c’est ainsi que les Français appelaient les propriétaires de la Lithuanie), sacré nom de Dieu! » Quand elle avait fini de bourrer, elle semblait avec ses doigts énumérer certaines conditions, Elle répétait à peu près la même scère dans le même ordre trois fois de suite; enfin, après un quart-d’heure, elle frappa de nouveau les deux poings l’un contre l’autre ,; une sueur froide se répardit sur tout son corps, et elle retomba de nouveau dans une lipothymie. Puis tout-à-coup se réveillant d'elle-même, et ouvrant les yeux comme si elle eût cherché quelque chose, elle demandait impatiemment son mouchoir, et essuyait la sueur dont elle était couverte. À compter de ce moment, elie revenait à elle, se montrait active et gaie, et ne se souvenait plus de ce au’elle avait fait, ni de mon arrivée. Je me retirai avec le dessein de visiter de nouveau, le lendemaiïa , la malade, et de la soumettre à diverses expériences, en laissant toutefois, comme on a coutume de le faire en pareil cas, une ordonnance qui lui prescrivait l’usage de la poudre rouge antispasmodique de Stahl et de l’eau de mélisse. Mais le lendemain, la malade, excepté la faiblesse, qui commençait une heure avant le paroxysme, n’accusait rien, et, en continuant le même remède, elle revint entièrement à la santé. Au printemps 1814, elle éprouva seulement une fièvre catarrhale, accompagnée de quelques symptômes spasmodiques. Rien ne portait à soupçonner que son état fût simulé. On trouve une histoire semblable dans le Journ. de méd., chir., pharm., t. xvir, 1762, p. 432, sur une abstinence de 35 jours avec des circonstances singulières, par M. Alliet. Une jeune fille, épouvantée dans un jardin par un soldat, éprouvait, vers le milieu de la nuit, un paroxysme dans lequel, perdant la faculté d'entendre et de voir, les yeux étant à demi fern.és, elle se mettait à crier comme épouvantée et en fureur, et exécutait différentes actions qui reconnaissaicnt pur cause la terreur.
(3) Van Swieten (Comment., vol. nr, $ 1086) rapporte ainsi un cas de Sauvages de la Croix : « Une jeune fille, âgée de vingt ans, avait été tourmentée pendant quelques mois d’une catalepsie vraie et très ancienne; plus tard, la maladie avait pris une autre forme et se remontrait tous les jours. Le paroxysme com-
(3), et font même des voyages (4); ils écrivent (5), conversent (6), et cela quel-
mençait ainsi : d'abord elle était prise de catalepsie, après cinq ou six minutes elle bâillait, se levait sur son séant, et ensuite parlait avec une grande vivacité ‘et avec beaucoup plus d’esprit qu’elle n’en montrait dans ses moments sains. Elle semblait parler à plusieurs personnes qui environnaient son lit ; elle faisait une satire sévère de la conduite des assistants, qu'elle représentait sous des noms feints; elle accompagnait ces discours de gestes et de mouvements des yeux, et cependant elle était tout-à-fait privée de sentiment. Ensuite elle commençait à chanter et à rire; elle sautait alors de son lit, se promenait dans la salle de l'hospice, évitait tous les obstacles, retournait à son lit, se couvrait bien, et peu après était encore prise de catalepsie.
Après un quart d'heure, elle se réveillait comme d’un profond sommeil, ne se souvenant nullement de tout ce qui était arrivé pendant la durée du paroxysme. »
(4) Un cordier, âgé de vingt-trois ans, dont parlent les actes de Breslau, tombait en général pendant le jour dans une espèce de sommeil , ayant les yeux entièrement fermés; et, durant cet accès, tantôt il répétait les choses qu'il avait faites peu auparavant, lantôt il se mettait à continuer ses occupations. Lorsqu'il était ainsi pris de sommeil en marchant, il continuait à marcher du même pas ou même plus vite, évitant avec soin tous les obstacles qui se présentaient sur son chemin. Plusieurs fois dans cet état fit-il le chemin de Vinaria à Naumburg. D’autres fois il passa à cheval le fleuve de l’Ilme; il faisait boire son cheval, et retirait les jambes afin qu’elles ne touchassent point à l’eau. Le paroxysme une fois passé, il n'avait plus le moindre souvenir de ce qui s'était passé pendant sa durée.
(5) Un malade de Richter, dans un accès symptomatique d’une maladie nerveuse, écrivit des lettres en grec, en latin ét en anglais bien plus correctement qu'il ne pouvait le faire ordinairement (1. c.).
Une malade de Desessart dessinait et démontrait des problèmes mathématiques (E, C.).
(6) Un jeune homme, dont l’histoire m'a été racontée par Friedlænder, âgé de vingt et un ans, d’un tempérament bilieux et sanguin, s’enflamma d’un amour démesuré pour une jeune fille qui ne répondait en rien à sa passion. Ce malbeureux chercha à se consoler par le jeu, et perdit tout ce qu'il possédait. Comme il songeail à S’adresser à un oncle opulent pour en obtenir qnelque seçours çontre
MALADIES
quefois même en langues étrangères (7),
de si grands et de si nombreux chagrins, il reçut ]a nouvelle de sa mort. Ainsi, abandonné de tous, son amour insensé et sa jalousie continuant à le tourmenter, il tomba dans une sorte de mélancolie avec de grandes douleurs de tête. A cela vinrent se joindre des convulsions, qui, le lendemain, furent précédées d’un:
sentiment de fourmillement et de stupeurt dans la face, et suivies d’une affection singulière. Fe malade était étendu surs son lit sans connaissance et immobile ,, les yeux ouverts et fixes, le visage en-flammé, sévère et exprimant l’indigna-tion. Toute la surface de son corps était!
couverte d’une sueur visqueuse. Son pouls:
n'avait rien perdu de sa régularité. Lan respiration était à peine sensible. Danss cet état, un sourire aimable se montraitt sur son visage, et il paraissait, d'une voix d’abord basse, puis élevée, s’entre-.
tenir avec son amante. Il lui demandait!
la main, s’efforçait de la serrer et de la:
couvrir de baisers, comme il était facile: de le penser d’après le mouvement de ses:
bras et de ses lèvres; il paraissait luil faire bien des questions, lui demandant!
pourquoi elle était si cruelle, pourquoi elle lui en préférait un autre. Pendant ce:
temps-là ses joues se couvraient de lar-:
mes. Le paroxysme se prolongeait ainsi!
pendant 4, 6, 8 heures, et le plus ordis:
nairement se terminait par des mouves:
ments convulsifs. Alors le malade, ignos rant toute la scène, ne se plaignait que de sa faiblesse, de ses douleurs de tête, des yeux et des membres. Quelquefois la maladie n’avait qu'un accès paë jour, et c'était surtout le matin après le sommeil ; d’autres fois ce malheureux éprouvait deux paroxysmes et même plus dans les virgt-quatre heures ; cependant ils n'étaient pas toujours accompagnés
- de causerie. Pendant leur durée, tous les
sens étaient comme frappés de mort, Si l’on en excepte le tact, qui avait un dé:
véloppement morbide; de sorte que le contact des couvertures faisait souffrir le malade, et produisait sur lui l’effet d’une commotion électrique. En touchant à nu quelques parties de son corps, on ÿ produisait des formes variées de tétanos, qui disparaissaient bientôt d’elles-mêmes. Ea maladie se prolongea durant plusieurs mois, et dut surtout sa guérison à la mu sique. Elle seule avait le pouvoir d’éveiller le malade pendant le paroxysme, et il demandait alors pourquoi les cloches sonnaient si fort. Les soins du frère du malade achevèrent d'assurer sa convas lescence. Cfr. Larrey, I, c.
(7) Lemanius, De oççult, natur, mirab.,
récitent des vers (8), chantent (9), dansent (10),ou rendent des oracles(11),sans
lib. 11, cap. 1. — Alberti, Disp. de mensium anomaliis convulsivis.
(8) Darwin rapporte l'histoire d’une très-jolie demoiselle, âgée de dix-sept ans , dont les règles avaient paru comme à l'ordinaire, et qui fut prise d’une aftion singulière (wonderful), dont les paroxysmes débutaient par des convulsions, des vomituritionset des hoquets violents.
Au bout d’une demi-heure, il survenait un spasme , pendant lequel elle portait les mains à la tête. Au bout d’un temps égal, ce spasme cessait, la malade tombait dans la rêverie, et son visage prenait un air d'attention. Elle ouvrait les yeux et s’entretenait avec des personnages imaginaires. D’après ce qu’elle disait, il était facile de suppléer aux réponses qu’elle croyait lui être faites. Quelquefois elle chantait ou récitait de longues tirades de poètes anglais. La malade, après une heure , recouvrait ses sens et montrait de la crainte, et était quelquefois prise de convulsions. — Wielschmann ( diss.
an et quatenus somnia hominibus imputentur? Lips., 1705, $ 51) parle d'un boulanger qui, à l’automne, presque tous les jours , le plus souvent vers quatre heures de l'après-midi, plongé dans un sommeii profond, récitait dans son lit des discours ou des sermons.
(9) De Haen a écrit l’histoire (1, c.) d’une jeune fille qui d’abord fut prise d’üne catalepsie simple, et qui plus tard parlait pendant ses accès. « Présent pendant plusieurs accès, je l’ai entendue chanter les psaumes de David... Elle observait exactement les notes musicales... Puis je l'ai entendue réciter son catéchisme, qu’elle savait par cœur, en y joignant quelques
textes de la Bible. Elle s'élevait forte-
ment contre les vices des hommes , mais surtout contre un veuf du voisinage qui avait chez lui une concubine. Cependant ce même homme était accouru auprès de la malade pour être témoin du paroxysme , et ainsi put entendre par lui-même toutes les imprécations qu’elle faisait contre lui, bien qu'elle ne püût pas connaître sa présence... » Les fonctions des sens étaient dans un état de mort complet, (10) Une malade de Comstock, piquée par une araignée d’une espèce inconnue, après avoir éprouvé et même éprouvant encore des symptômes de danse de St.- Guy, ou plutôt de tarantisme, tomba dans la somniation. Dans cet état, ses yeux étant spasmodiquement fermés , elle distinguait les couleurs par le tact, et re-
çonnaissait la présence de son père dans-
qu’ils conservent pour cela le moindre souvenir de ce qw’ils ont fait. Les paroxismes se montrent tantôt d’une manière régulière, tantôt irrégulièrement, en laissant souvent après eux de la faiblesse.
2. De la somniation artificielle. — Par un examen sévère et expérimental, que nous avons fait surtout dans un but physiologico-pathologique, et dont on verra le résultat dans les quatre observations jointes à ce chapitre, nous nous sommes assurés qu'on peut, au moyen du magnétisme dit animal, produire (13), surtout chez les jeunes gens et les jeunes filles chez lesquels l’accroissement du corps se fait remarquer par sa rapidité, un état tei que ces personnes , après avoir éprouvé de l’horripilation (14), une chaleur vague, de la sueur (15), du bâillement, le clignotement des yeux, une
sa chambre, bien qu’au milieu de l’obs= curité, et enfin se livrait à la danse au son de la musique.
(11) Déjà Aristote avait attesté le pen chant des mélancoliques à la divination (quæst.' nat. sect. xxx). Voyez aussi Zacchias , de Divinatione quæst. med. leg., lib. 1v, tit. 1, Qu. 5. La question de la divination des malades a été traitée d’une manière générale par Gaspard Reyes, Camp. elys. juc. quæst. 27.—Frankenau, satyr. med. 9. — Garmann, De mirac.
mort. diss. prælimin. de cadav. & 29, où il traite de l’extase naturelle. — Andr.
Moller, dans Annal.Freibergens.—Weller et J. Fincelius parle d’une jeune fille qui, durant un état d’extase, prédisait l’avenir. — Lasset ajoute (diss. de vaticiniis ægror. Hal. , 1724, Præside Alberti ):
« Quelques malades, par l'influence du sommeil insolite dont nous venons de parler, éprouvent une révéiation interne qui leur permet ensuite de porter des présages... Ainsi il y a des épileptiques qui prédisent quand le paroxysme les prendra, combien de fois tel ou tel jour, et avec quelle force (1. c., p. 25). » Voyez ensuite le cas, rapporté par Strombeck, d’une jeune fille noble, sujette d’abord à des spasmes, à des lipothymies et à la catalepsie, qui tomba ensuite dans un état de sommeil apparent, pendant lequel elle prédisait le temps de son prochain accès , elindiquait les secours qu'il faudrait lui porter.
(15) Sur trente hommes que j'ai soumis au magnétisme animal, quatre sont tombés dans la somniation. J'ai rapporté leur histoire à la fin de ce chapitre.
(14) Obs. 1, consessus 5,
(15) Obs, 7, çonsessus 2,
sorte de resserrement des paupières (16), avec un sentiment de poids, des ris ou des pleurs convulsifs (17), le tintement des oreilles, une déglutition fréquente de salive, le grincement des dents, des hoquets, des secousses, des crampes et l’envie de dormir, semblent s'endormir en effet, tiennent les yeux fermés et souventélevés vers le ciel, la pupille immobile, et peuvent, aux questions faites par celui qui les a mis dans cet état, répondre d’une voix altérée, avec des mots le plus souvent choisis, rendre un compte trèsexact de l’état de leur santé, annoncer les changements qui auront lieu et indiquer les remèdes qui conviennent , soit pour conserver leur santé, soit pour la rétablir.
Une fois éveillées elles éprouvent de la pesanteur de tête, une sorte d'ivresse, un mouvement fébrile (18), et ne conservent pas le plus petit souvenir de ce qu'elles ont dit. Le plus souvent l'événement confirmera ce qui aura été dit par ces personnes , mais il n’en sera pas toujours ainsi (19). Cet état surprenant, dans leque! les sens externes étant assoupis, le sens interne universel, l’instinet et l’imagination s’exaltent, et qu’on appelle ordinairement sommeil magnétique parvenu au degré dit de clairvoyance, est ce que nous nommons somnialion artificielle.
$ III. Causes.
1. Predisposantes.—La cause prédisposante à la somniation, soit spontanée, soit artificielle , est dans une sensibilité
morbide du système nerveux. Il faudrait
aussi peut-être la chercher dans un état d’exaltation particulier des parties génitales, surtout des ovaires (1) et des testi-
(16) Obs. 11.
(17) Obs. 1v.
(18) Obs. 1r.
(19) Obs. 1. Voyez consessus 1 et 2avec l'issue.
(20) Giuseppe Frank Sul magnetismo animale ({Articolo tratto dal Giornale di medicira, chirurgia e farmacia, che si pubblicava dalla società Imperiale di medicina di Vilna, Traduzione dal Polacco.— Dans Omodei, Annali universali di medicina. Milano, 1826. Ottobre e Novembre, p. 208).
(4) Les femmes publiques et celles qui $e livrent trop fréquemment au çoit res«
cules (2) (3), notamment lorsque cette affection se déclare vers l’époque de la puberté (4).
2. Excitantes, — Les eauses excitantes de la somniation spontanée soni les fortes émotions de l’âme, la terreur, un amour malheureux, la jalousie, quelquefois les piqûres d’insectes ou de serpents (5) et les blessures qui pénètrent jusqu’au plexus solaire (6). Quant à l’artificielle, elle résulte d’une opération particulière. Il ne faut attribuer l'effet produit, ni à l'imagination ni à la sensualité.
3. Prochaines. — Quant à la cause prochaine de la somniation, nous n’osons pas même la conjecturer. Nous sommes persuadé qu’en général l'imagination et l’ardeur vénérienne, que nous avons exclues des causes de la somniation, peuvent être considérées comme en étant plutôt des effets; nous soupconnons aussi que l'électricité y entre pour beaucoup, bien qu’on soutienne le contraire (7) (8).
$ IV. Diagnostic.
1. En general. — T1 faut distinguer la somniation de la léthargie, du somnambulisme, de l’extase , de la catalepsie, du délire qui, lorsqu'on a les yeux fermés ,
sentent à peine ou pas du tout les effets du magnétisme animal,
(2) J'ai soumis vainement un eunuque à plusieurs tentatives de magnétisme animal; et cependant lui-même a pu produire des effets de magnétisme chez une femme.
(5) Les petits enfants peuvent éprouver l'influence du magnétisme animal ; mais, si Je ne metrompe, jamaisjusqu’à la somniation.
(4) Osiander üb d. Entwicklungskrankheiten. Goett., 1817.
(5) Voyez ce que Dioscorides (lib. vi, C. LIV), Aétius (Letrab. 111, serm. 1, c. xx} rapportent de la morsure d’un serpent.
(6) Larrey parle d’un malade qui tombait dans une loquacité et une espèce de somniation , toutes les fois qu'il irritait un petit ulcère fistuleux situé à la région de l'estomac (1. c.)
(7) Nasse dans Reïil’s Archiv. B. 9, Heft. 2.
(8) Voyez l’histoire à la fin du chapite XIV. | ]
DU SYSTÈME NERVEUX. 65
en offre l'image (1), et de l'hystérie (2).
(1) Au commencement de l’année 1895, un certain Meyer fit beaucoup de bruit à Vienne. C'était un jeune homme de quatorze ans , d’une constitution scrofuleuse, qui n'avait point encore éprouvé de mutation dans la voix, et qui se livrait peu à l'étude. Le 17 janvier, sans cause connue, on le trouva enseveli dans un profond sommeil, Le médecin qui fut appelé ordonna d'appliquer des sangues à la tête, et de lui donner un lavement. Il prescrivit aussi le calomel ; mais le malade, comme s’il eût été affecté d’un trismus, ne put venir à bout de le prendre. Le lendemain, s'étant réveillé de lui-même, il rapporta qu'il avait bien dormi, il prit des aliments, et retomba ensuite dans son premier sommeil. Les choses se passèrent ainsi successivement pendant quelques semaines. Enfin, au lieu de sommeil, le délire se montra , et pendant sa durée , quoiqu'il eût les paupières fermées, le malade désirait aller en voiture, monter à chevalet danser, etilse livrait sans peine à tous cesexercices quand on les lui eut accordés. Dans cet état, il répondait très-bien aux questions qu’on lui adressait ; et, sans qu’on püt voir qu’il écartât les paupières, il lisait, écrivait, jouait aux cartes, et cela très-volontiers ; annonçait les accès à venir, et discourait sur l'effet des médicaments qu’on lui administrait. Ces paroxysmes reparaissaient deux et trois fois par semaine. Le 20 mars, j’en observai un : il dura depuis huit heures du matin jusqu’à midi ; il était interrompu de temps en temps par des moùvements convulsifs vagues de toute espèce, qui simulaient, tantôt l’opisthotonos , tantôt la catalepsie. Le pouls était resté normal. Le malade, qui ne m'avait jamais vu, lorsqu'il me vit arriver avec son médecin ordinaire, le docteur Kaufmann, m'appela par mon nom, L'accès étant passé, Meyer ne gardait plus le souvenir de sa maladie et n’en montrait pas de traces. La position des parents excluait tout soupçon de supercherie. Interrogé comment je définirais cette maladie, je répondis par cette autre question : Comment la maladie seraitelle définie, si les yeux étaient ouverts ?
Par celui de délire périodique, me ré- Pondit-on. Eh bien, ajoutai-je, qu’elle garde donc ce nom, le spasme des paupières et des yeux ne change rien à la chose.
D'ailleurs ce spasme n'était pas si fort que le malade ne pût voir plus ou moins à travers la fente des paupières. Et en effet, lorsqu'on lui présentait quelque chose à lire, il approchait le livre ou le
Frank, row. 1x,
2. De la léthargie. — La léthargie étant un sommeil qui se distingue par sa force et sa durée, diffère totalement de la somniation qui est une maladie des gens éveillés ; de plus, la léthargie dure beaucoup plus long-temps que la somniation, et ne présente aucun phénomène remarquable, si l’on en excepte le sommeil.
Somnambulisme.