Eph. nat. cur., dec. 11, ann. 8,:obs
(36) Vigo, Docti homines cum aliis morbis ob immodicas et graves contentionés animi, tum vertigine potissimum tentari solent, Elegia. Mém. de Turin,
. année 10 et 11, Litterat. et B. À.,.p. 282.
=" P1S0 » 1.,C. — Stoi, LE. 6,
(37) Stoll, L. c. fera
(38) Ritter dans Hufeland’s Journ. der pr. Heilk., 17 B., 5 St., p. 54—59, C’est ce que confirment mes observations.
(89) J’ai observé quelquefois le vertige à l'approche d’un orage accompagné de tonnerre. : s
(40) Par Ia colère, Hoffmann, 1. c obs. 7. — Stoll, 1. c., p.338.
(41) Herz, 1..c.,,p. 367.
(42) Miscell. acad. nat, cur., dec. ur, ann. 7et8, p. 105.
(45) Forest, lib. x,.6bs. 49. — Engel, Spec., No.2, de vertigine, nausea et'vo:
mitu eorum , qui curruü vehuntur,
(44) Seger, De vertigine post navigationem. Miscell. acad, nat. cur., dec. r, ann. 3, 1672, p.371.
(45) Schençck, Obs., lib, r, No, 94
clinaison ou le renversenient de la tête, par un long décubitus au lit, qui fait perdre à la tête l'habitude de se tenir en équilibre et droite, par la sternutation (46), par des violences externes, par exemple, une chute et des coups (47), par toutes les causes dont nous avons parlé à l’occasion de l’autopsie , et par une dartre latente (48), le zona (49), la plique (50), et des maladies antécédentes. On a cherché la cause prochaine du vertige : dans un mouvement désordonné des esprits animaux (51), ou dans leur mouvement circulaire (52), dans l’agitation des membranes et des vaisseaux du cerveau (3), dans une vapeur formée dans le cerveau ou transmise à ce viscèe (54), dans le mélange d’esprits champêtres avec les esprits habitant dans le cerveau (55), dans l’effervescence résultant du conflit des humeurs acides avec les alcalines (56), dans l’humeur bilieuse en ébullition, soit dans l’estomac, soit dans un autre viscère et affectant la tête (57), dans le sang qui porterait avec lui une espèce de vapeur noire Capable d’obscurcir les idées (58), dans le spasme des fibres de la couronne ciliaire par le mouvement retrograde du sang dans les artères de la rétine, et par le mouvement du bulbe de l’œil à l’insu de l’âme (59), dans la suc-
(46) Wedel, I. c., diss. 407, p. 40. J'ai trouvé plusieurs fois des vertiges à la suite de violents éternuements.
(47) Paul d'Egine, lib. nr, c. 42. —
Avicenne, lib. 111, fen. 1, tract. 5. —.
Wedel, 1. c.
(48) J.-P. Frank, Epitome de curandis hominum morbis, vol. 1v, p. 144.
(49) Guldebrand, De vertigine periodica per zonam soluta. in Act. R. soc.
med. Hafn., vol. 1, p. 142.
(50) Le vertige est le fréquent compagnon de la plique.
(51) Galien, I. c.
(52) Alexand. 1, probl. 67, et Cassius x, probl. 62.
(53) Hieron. Mercurial.
(54) Ballon., Comment. in Theophr.
lib. de vertigine.
(55) Friderici, 1.c., cap. vi, où il rapporte les opinions d’Avicenne et d’Oribase.
(56) Friderici, I. c.
(57) Piso, 1. c.
(58) Petraeus, Nosol., P, 1, disp. 6;
(59) Sauvages, L. ç., p. 258.
cession trop rapide des impressions sur:
les sens et sur l’âme (60), dans le défaut des forces qui soutiennent le corps dans la position droite, défaut produit par des mouvements insolites (61), etc.
2. Diagnostic.— En mettant les hypothèses , autant qu’on peut lefaire, de côté, nous regardons avec Sauvages le vertige comme une espèce d'hallucination, donnant naissance à des impressions et des perceptions erronées qui produisent la crainte de tomber, et qui résultent d’une lésion inconnue soit de l’un des sens externes, soit du sensorium commun. Dans le vertige un homme a des ballucinations, cependant il ne délire pas, parce qu’aussitôt au moyen du jugement et des autres sens il corrige son erreur. Quelques affections de la vue et de l’ouie se rapprochent du vertige, et cependant doivent en être distingués (62).
Le vertige constitue ou le symptôme d’une maladie (63), ou une maladie essentielle. Le dernier vient des maladies passées , imparfaitement guéries, par exemple, l’encéphalite, l’hydrocéphale, l’apoplexie (64); ou il est l’effet tantôt de violences externes (le vertige traumatique); ou par suite de coups (65) ; tantôt de plusieurs diathèses. Tels sont :
1° le vertige inflammatoire ou résultant de la pléthore, le plus commun de tous qui naît très-souvent du vice hémorrhoïdal, de la rétention des menstrues, de la grossesse, de l'abus des liqueurs fermentées , et qui est accompagné le plus ordinairement de rougeur à la face, de pesanteur de tête, surtout à l’occiput, de douleur des lombes, de constipation, et de mouvements fébriles; il cesse lorsque l’on est à jeun, mais du reste son dia-
(60) Herz, Op. c., passim. |
(61) Darwin, Zoonom., vol, 1, p. 251 et sq.
(62) Cfr., P. ir, vol. 1, sect. 11, cap.
xx, S cxu, No. 9, cap. xxu, $ cxxr.
(63) Le vertige qui annonce ou accompagne un vomissement sanguin, est digne de remarque.
(64) Déjà Wedel a bien remarqué que très-souvent il reste un vertige à la suite de fièvres malignes qui portent principalement sur la tête (1. c., p. 10). Dans l'hospice clinique de Vilna, j'ai soigné.
un vertige chez un convalescent de fièvre intermittente.
(65) Quelquefois ce vertige idiopathique est continu. Ce qui n'a point échappé à Galien (de loc, affect, 8).
DU SYSTÈME NERVEUX
gnostic résulte des préceptes généraux (66). 2° Le vertige rhumatismal ou catarrhal, se présentant assez souvent avec complication inflammatoire, par suitedes changements subits de température, précédé de douleurs des membres, d’affections catarrhales, de coryza, avec une lésion évidente de la vue et des indices généraux de rhumatisme (67 , 68). 3° Le vertige gastrique (stomachique de Sauvages) dont le diagnostic doit s’établir avec beaucoup de précaution et d’après les règles générales , à cause de la facilité des erreurs dans les maladies du cerveau (69); quelquefois il est joint à une affection vermineuse, très-souvent à un vice hémorrhoïdal ou hépatique; il est précédé d’amertume de la bouche, et de colique d’estomac. 4° Le vertige arthritique grave et le plus ordinairement périodique, joint à une céphalée et à la prostration des forces, quelquefois se liant à une dartre ou à un zona; il a été très-bien décrit par Musgrave (70), Stoll (71), Bang (72), Barthez (73), 5e Le vertige nerveux {v. hystérique, hypochondriaque) produit par l'aspect d'un objet terrible , par l’inanition, par les passions, par des veilles prolongées, par les mouvements inaccoutümés, par l'électricité, par les narcotiques, augmentant sous l'influence d’une évacuation alvine même modérée, qui dans les autres vertiges est salutaire , accompagné d'émission d'urines limpides, de rots inodores , souvent avec désordre des menstrues. 6° Vertige passager ou accidentel, lié au précédent. A tous ces vertiges doivent être ajoutés les vertiges scorbutique (74), vénérien (75), mercuriel (76) et pliqueux. Dans la pratique nous attendons peu d'utilité de la division du vertige en vertige du cerveau,
(66) Chap. 1, $ 1v, 14.
(67) Ibid., No. 15.
(68) Herz, 1. C., pe 936.
(69) Chap. 1, S1v, 16.
(70) De arthritide anomala, c. 14.
(71) Rat. med., P. v, p. 455.
(72) Auswahl aus d. Tagebüch. d.
Krankenhaus , 1785, Juli.
(15) Abhandi. über die Gichtkrankheiten. Berlin, 1803, 2 B., p. 352, K 129.
Lo Willis, De anima brutor. pathol., ca
(43) Astruc, De morbo venereo, lib.
1x. Paris, 1740.
(76) Plus d’une fois J'ai vu naître le vertige, sous l'influence d’un traitement
de la vue, du tact et de l’ouie (77). La division du vertige en simple (78), ténébreux (79) et caduc (80), désigne le degré de la maladie. Quant au siége de cette affection , d’après la diversité des causes , elle paraît affecter tantôt le cerveau, tantôt le cervelet.
$ IV. Pronostic. Traitement.
1. Pronostic. — Le vertige comme signe dans les maladies, a été très-bien interprété pa: Hippocrate (1) , Galien (2), Sydenham (3), Lieutaud (4) et Vogel {5). On peut voir dans plusieurs endroits de cet ouvrage., quelles sont les maladies nerveuses qu'il présage. Comme maladie essentielle , le vertige inflammatoire , gastrique, nerveux, surtout s'il a élé transitoire, est moins à craindre que les autres espèces, surtout si celles-ci sont accompagnées de grand obscurcissement de la vue ou de chutes.
Souvent le vertige arthritique disparaît à l'apparition d’autres maladies (6), surtout des maladies de la peau (7).
mercuriel, chez des syphilitiques doués d’un système nerveux très-sensible. Arrivait-il par l’action du mercure sur le foie, et par la sympathie de ce viscère avec le cerveau?
(77) Darwin (auditory vertigo).
(78) « Lorsque les objets extérieurs, ou notre corps, ou les deux en même temps, paraissent seulement tourner ou vaciller, »
— Borsieri, Ops c., vol. 11, cap. 1x, &
(79) « Quand, outre la-rotation ou le mouvement apparent des objets, la vi-
sion est obscurcie où manque.» Ibid. Sy-
non., sCotodinia , scotoma.
(80) « Quand le vertige est devenu si fort, que le malade est forcé de saisir tout ce qui se présente, de peur de tomber. » Ibid.
(81) Purkinje, I. c.
(4) Apb. 45, sect. var, Coac., No. 105, 106, 141, 144.
(2) Loc, affect., lib. 11, 8, p. 78.
(5) Epist. ad Cole, P. 215, 1.
(4) Précis de la médecine pratique sy Ëe 1, S. 1, p.174.
(5) De cognoc. corp. humani affect., p.
(6) Un comte de Viina souffrit, en 1811, d’un vertige ténébreux d’un caractère évidemment arthritique. Plus tard, il éprouva une tumeur de la glande prostate et fut entièrement délivré de son vertige. Il est mort en 1822 d’apoplexie.
(1) J,-W. Guldebrand, 1, c.
2. Trailement.—Les malades sujets au verlige ne devraient jamais quitter seuls la maison, courir dans les.escaliers, s’appuyer sur des fenêtres ouvertes, où monter à cheval. Le traitement du vertige traumatique est semblable (8) à celui.des autres maladies du cerveau, résultant de violences externes. Nous n’opposons au vertige inflammatoire transitoire rien autre chose que le régime (9). S'il est permanent, les saignées (10) au pied, petites et répétées (11), les ventouses scarifiées à la nuque, où des sangsues placées à la tête ou à l'anus chez les sujets hémorrhoïdaux, les pédiluves tièdes, le nitrate de potasse et les légers évacuants produisent des effets remarquæbles. Cette même méthode réussit aussi dans le vertige rhumatismal dont on termine le traitement par un vésicatoire à la nuque ou entre les épaules, sans négliger les légers diapnoïques, comme lacétate liquide d’ammoniaque avec le nitre et l'eau de fleurs soit de sureau, soit de tilleul, auqueï on peut ajouter la résine de Gayac s’il n’ya pas d’irritation inflammatoire (12). Les malades chauves doivent porter perruque. Lorsque le vertige résulte plutôt d’une maladie inflammatoire et rhumatismale antérieure, ouqu'il constitue un reliquat d’autres maladies du cerveau, nous avons employé avec heaucoup d'avantage , outre le séton à la nuque, de petites doses souvent répétées de muriate de mercure doux, pourvu qu’il n’y ait aucun indice scorbutique quis’y opposât. Autrefois le cinabre parait avoir été employé en place
du calomel (13). Le vertige gastrique ad-
(8) Chap. 11, $ x1r, Cap. 111, $ xvinr.
(9) Chap. v, $ xxix, No. 1.
(10) En 1811, je vis une femme à Vilna qui, arrivée à son septième mois de grossesse, ne pouvait quitter son dit sans tomber dans un vertige caduc. Comme la malade était grêle et ne présentait aucunes marques de pléthore, je prescrivis d’abord la liqueur anodyne et l’esprit succiné de corne de cerf, mais ces remèdes ayant augmenté le mal, aussitôt j'eus recours à une saignée qui enleva sur-le- Champ et parfaitement le vertige.
(11) Herz, Op., p. 406.
(12) Herz, 1. €, p. 419.
43) Duchesne cite cinq exemples d’un emploi très-heureux de ce médicament {in tetrade affect., c. 35). — Wedel dit (1. c., p. 16) : Nous aussi nous regardons le cinabre comme très-utile, et par son
| MALADIES
metrârement ou jamais, durant l'attaque même, l'usage de l’émétique. Alors äl faut chercher des secours dans les lavements , surtout avec du vinaigre , dans les boissons acidulées, dans des fomentations tièdes sur l’abdomen , et dans le repos du corps. Durant la rémission, le traitement radical doit être achevé d’après les règles générales (14), en ayant surtout égard aux acides, aux flatuosités (15), aux vers et à l’obstruction du foie.
Ici il ne faut-point oublier les lavements viscéraux (16). Lorsque le vertige provient de langueur d'estomac , les baies blanches de poivre noir, prises à jeun, sont très-utiles (17). Quelquesuns attachent un grand prix à la racine du doronicus-pardelianches de Linné à la dose d’un scrupule (18). En outre äl faut beaucoup s’occuper du régime. Plater conseille de manger le matin de bonne-heure et à l’heure du sommeil avec modération (19). Les vieillards, quand ils ne Sont pas trop pléthoriques, prennent avec avantage du chocolat, des bouillons avec du vin, du macis, du cardamome et du safran, des noix confites, des noix muscades, des gingembre préparés dans l'Inde. Le vertige arthritique se traite comme la céphalée de même nature (20). [l est pourtant avantageux d'administrer la résine de Gayac battue avecun jaune d’œuf(21), depratiquer des cautères à la nuque, de donner des bains chauds (22) , de s'occuper des pieds , de
moyen seul bien des fois nous avons dissipé le vertige à la suite de fièvres malignes. - |
(44) Chap. 1, $ vi, No. 41.
(15) R. magnésie pure, sulfate de soude, deux gros de chaque; semences de coriandre, un demi-gros. M. f. une poudre. Prenez le soir une ou deux cuillerées à café.
(16) Chap. xvni, $ rxxvir, No. 5.
(17) Fr. Hoffmann, De præstantia remediorum domesticorum , S 26.
(18) Wedel, 1. c., diss., an. 1707, p.
15, dit que les couvreurs préparent contre les vertiges une poudre de cette ra= cine avec la racine de valériane , le cubèbe et les graines de paradis. Sauvages rapporte la même chose des funambules (L: C., p.248).
(19) Obs., lib. 1, obs. 95.
(20) Chap. 1, $ xn, 5.
(24) Herz, I. c., p. 420.
(22) Herz recommande surtout la source de Freyenwald,
DU SYSTÈME NERVEUX
veiller à la liberté duventre, à l'urine et à la transpiration. Le vertige nerveux demande l'éther sulfurique alcoolisé, l'huile de cajéput, le succin, l'écorce de quinquina, les martiaux, la résine d’assa-fætida , la racine de Valériane, le bois de quassia amara , le cubèbe , les semences de moutarde noire, les eaux de Pyemont avec du laït tiède (23), électricité , le magnétisme (24) et d'autres moyens (25).
La nourriture doit être comme ci-dessus dans la faiblesse de l'estomac. En outre on doit aussi employer ,surtout durant le paroxysme , les moyens externes recommandés contre la céphalée nerveuse (26).
On parle d’un vertige guéri par le son de trompettes (27). Dans le vertige scorbutique on doit employer les antiscorbutiques ; dans le vénérien , les antisyphilitiques, et dans le mercuriel, le soufre, d’après les règles que l’on trouvera dans d’autres endroits de cet ouvrage.