C.-H. Sander, Aphor. über die Zurech
nungsfæhigkeit der Verbrecher (Horn’s.
Archiv für med. Erfabhr.Jahrg.,1829, Nov.
Dec. , p. 945). — Le Viseur, Uber Mono manie (ibid. , p. 991, et Jahrg., 1850,
14, Complication des formes.—Nous passons sous silence le diagnostic de la démence, de l’idiotisme et de la manie chaos, car il présente à peine quelque dificulté particulière, et nous allons traiter de la complication des diverses formes entre elles. En effet, il n’est aucune forme de manies qui ne puisse être réunie à une autre, quelquefois même d'un aspect différent. Très-souventon voit se compliquer entreelles, ou se succéder les unes aux autres (50), la manie chimérique et la gaie, ou la gaie et la mélancolique (51) et la fantastique, ou bien l'érolique et la furieuse (52).
PSS
Jan. Febr., p.17, Mærz. April., p. 254).
À ces auteurs modernes , J'en ajouterai de plus anciens : Bacon de Verulam, Hist.
vitæ et mortis. De diætæinflexu in mores et temperamento hominum. Opp., fol.
49 , Edit. Lips., 1714.— Cornel. de Bontekoe, Discurs. de vita, morbis et morte hominis. Hag., 1678. — Fr. Hoffmann, Diss. de temperamento, fundamento mo- *um et morborum in gentibus, Hal., 4705. — G.-P. Müller, Diss. de temperamentorum propensionumque humanarum connexiore, Lips., 1708.—A ces ouvrages je Joindrai deux dissertations qui contiennent beaucoup de choses relativement à ce sujet: l'une sur le magnétisme moral, et l’autre sur la bêtise heureuse, si je pouvais désigner d’une manière plus spéciale leurs auteurs. Il existe dans la bibliothèque de Vilna vingt-trois volumes de dissertations, par exemple, d’E. Stahl], De fundamento moralitatis personalis in sanguine. Hal., 1710. —-Seelniann, Disp. de temperamentorum in actiones morales influxu. Hal., 1715.
(50) Marchand, Diss. ergo a melancholia mania. Paris, 1600,
(51) En 1814, je fus appelé en consultation, par le docteur Barankewicz, pour une noble dame âgée de quarante-cinq ans, encore réglée, qui, après mille infortunes, avait été tout-à-coup saisie d’un tremblement de tout le corps, suivi, dans l’espace d’une seule nuit, d’un érythème, et, pour ainsi dire, d’un ecchymose qui s’étendait sur ie dos des mains, et résistant jusqu'alors à tousles secours. If y avait un an qu'elle souffrait; pendant quinze jours elle était affectée de manie gaie, et ensuite pendant trois ou quatre semaines de mélancolie, Dans ce dernier état ; elle est silencieuse, fixée à la même place et prend peu de nourriture. Dans le premier, elle devient gaie et babille outre mesure , et se plait à changer continuellement d'habitation. Alors on observe
15, Conclusion. — Du passage facile d’une forme de manie dans une autre, ainsi que de leur fréquente complication, nous concluons que les manies, quelque forme qu’elles présentent, ont cependant de la liaison entre elles dans le principe, qu’elles reçoivent leur type souvent de circonstances forluites (53), et que leur
chez elle une si grande tendance à parler, que la fatigue seule ou le sommeil peuvent l’obliger à fermer la bouche. Elle souffre avec peine que les assistants lui parlent , cela l’'empêchant elle-même de parler; elle s'irrite même dans l'église contre le prédicateur, et s’écrie d’une voix plaintive : «Pourquoi lui est-il permis de parler, et non à moi ? » Dans le paroxysme de la loquacité , la malade est douée d’un si grand courage , qu’elle ne craindrait pas de monter sur des batteries armées de canons (ce sont ses propres expressions). En même temps elle éprouve un besoin de faire mal aux autres, et cherche souvent à obtenir de sa servante qu'elle lui permette, moyennant récompense, de la battre, affirmant qu’elle sera par là délivrée du sentiment de malaise qui la poursuit. Son jugement n’a jamais été détruit, ce qui m'a fait déclarer que c'est plutôt un cas d’hystérie que de manie.
(52) Piuel parle d’un moine (1. €., p:
165) affecté de manie fantastique, qui croyait avoir reçu la visite de la sainte Vierge, et qu’elle lui ordonnait de tuer un homme incrédule. Déjà le malade se préparait à accomplir son funeste dessein lorsqu'on découvrit son projet. — Cox aussi a remarqué (1. c., p. 78) que les malades, affectés de manies fantasti= ques , faisaient souvent viclence aux médecins et aux gardes qu'ils prenaient pour des impies et des hérétiques. — Ziegler Part 1, cent. 3, ep. 50, p. 677) rapporte qu'un mari bohémien, dans l’année 1606, dans la première nuit qu’il passa avec sa nouvelle compagne, l'étouffa dans son lit et Jui déchira la poitrine à belles dents. — Fred. Lucas rapporte un autre cas (Chron, Siles., P. 11, p. 2295), celui d’un amant qui aimait beaucoup une jeunc fille. Comme les parents la lui avaient refusée et l'avaient promise à un autre, il la tua d’un coup de couteau, après l’avoir engagée à se mettre en prières avec lui.
(535) Chez un homme disposé à la manie, elle semble recevoir son type de la cause excitante, et vraisemblablement le même malade qui, au milieu d’exercices religieux, tombe dans la manie fantastique, tomberait dans la manie fu
nature intrinsèque dépend peu des formes variées qu’elles prennent. Nous croyons de plus que la pratique médicale tire peu de profit de l'assemblage des paroles et des actions de tout genre des fous, et que, pour l'étude des maladies dont il s’agit, il faut choisir une toute autre route. En effet, si nous nous rappelons que les manies naissent d’une condition morbide des sens, des nerfs et du cerveau, qui prive l'âme plus ou moins de ses instruments, d’où résulte une plus ou moins grande privation de l'usage de la raison , nous arriverons nécessairement à la conclusion que les causes des manies ne différent pas des causes des autres maladies nerveuses, et qu’il faut les chercher tout-à-fait dansles mêmes conditions morbides du corps humain dont nous faisons dériver les maladies en général.
, 16. Diathèse inflammatoire. — Jetez
“en effet d’abord les yeux sur les cadavres ouverts des maniaques , et vous y trouverez tous les restes des inflammatious de l'encéphale (54), tels que les méninges plus épaisses, recouvertes de pseudo membranes, de la sérosité répindue entre elles ; la dure-mère aitachée au crâne, les vaisseaux sanguins de l’encéphale variqueux, le cerveau dur, ulcéré, gangrené, les ventricules remplis de sérosité, les plexus choroïdes turgescents de sang, etc. Descendez ensuite à l’examen des causes excitantes des manics, et vous trouverez qu'un grand nombre d’entre elles favorisent les maladies inflammatoires en général, et celles de l’encéphale en particulier, comme la colère, les étu-
des, les veilles, un trop grand exercice,
l'ivresse, l’insolation, les coups portés à la tête, les narcotiques, les hémorrhagies habituelles supprimées, etc. Comparez enfin toutes ces choses avec les syrmptômes de plusieurs manies, par exemple la chaleur universelle, l'impossibilité de supporter la lumière, la rougeur des yeux, la force du pouls, etc., et vous ne douterez pas que la diathèse inflammatoire donne naissance à plusieurs manies, surtout à celles quise montrent sous la forme chimérique, fantastique, érotique, et principalement à la furieuse, et rien
rieuse s’il se livrait à des exercices militaires.
(54) Bayle, Recherches sur l’arachnitis chronique... considérée comme çause de l’aliénation ruentale,
MALADIES
n'empêche d'appeler toutes ces nuances inflaminatoires.
17. Diathèse gastrique. — Vous comprendrez qu'il existe des manies gastriques, si vous tenez compte : 1° de la sympathie qui règne entre l’abdomen et le cerveau ; 2° des ouvertures de corps qui présentent des intestins remplis d'excréments, une bile tenace et très-noire, et plusieurs lésions des viscères abdominaux; 3° de l'été, qui favorise en général les maladies gastriques, et favorise aussi le développement de la manie; 4° de la colère, comme provoquant une sécrétion de bile outre mesure, des flatuosités, des vers, des obstructions, etc. Les manies dont il s'agit se font en général remarquer par la tension des hypochondres, une peau jaunâtre, un crachement fréquent, une haleine fétide, des éructations de flatuosités et une augmentation de douleurs vers le soir. Ici on trouve souvent la manie hypochondriaque , la méiaucolique et la furieuse. Cependant il faut savoir que les lésions des viscères abdominaux sont assez souvent l'effet d’une maladie antérieure ou actuelle du cerveau qui engendre la manie (55).
18. Diathèse arthritique. — La diathèse arthritique fait sentir surtout son inflaence dans les manies périodiques, dans les accès correspondant aux différentes saisons , et qui se présentent chez les hommes qui vivent somptueusement, sujets autrefois à des maladies herpétiques, à des sueurs et à des diarrhées salutaires. Nous sommes surpris que celte observation , {rès-bieu connue de Lorry (56), ait échappé à un écrivain, d’ailleurs classique, sur les maladies arthritiques (57). Cependant la chose se confirme même par l'autopsie des maniaques. Nulle part ailleurs du moins, vous ne trouverez des traces plus certaines de l'arthritis que n’en présentent les calculs du cerveau et du cervelet et de la faux.
Ajoutez à cela que souvent les maniaques sont d'uue famille arthritique , et que le froid, les sueurs supprimées et la dibauche les jettent Gans les paroxysmes.
mm pren demie
(55) Aussi, je ne puis être d'accord avec Burrows lorsqu'il prétend (the London medical repository, vol. vi, Octobr.) qu'une grande partie des manies ont leur cause dans l’xbdorien et surtout dans le foie.
(56) Op. c., 4 th., p. 209,
(57) Barthez, Op. ç.
DU SYSTÈME NERVEUX
19. Diathèse rachitique et scrojuleuse. — Voyez la forme du crâne, par exemple chez un idiot, examinez l'état des os de l’encéphale , et le progrès de l’ossification dans la dure-mère, le cerveau , le cervelet, et ailleurs chez les maniaques , considérez l'état rachitique, surtout de ceux qui ont contracté la manie par un vice héréditaire, et la condition de la colonne vertébrale , que vous trouvez souvent déviant de la ligne droite, et vous serez convaincu qu’il faut
rechercher, dans un vice rachitique,
blessant la boite encéphalique, ou dans un vice scrofuleux nuisible aux glandes de l’encéphale, au moins la cause prédisposante de différentes aliénations mentales, et cela arrive surtout lorsqu'il y a complication d’un vice syphilitique(s8).
Pour admettre ce vice nous nous fondons principalement sur : 1° la puissance de la constitution scrofuleuse sur les facultés de lesprit ; 2° l’état scrofuleux que plusieurs maniaques, principalement du sexe féminin, présentent; et 3° les lésions trouvées dans les glandes du cerveau et de l’abdomen chez des maniaques.
20. Diathèse carcinomateuse. — La diathèse carcinomateuse ne nous parait pas non plus devoir être exclue des conditions morbides qui font naître la manie : 1° parce que plusieurs manies se développent, surtout chez les femmes, vers l’époque de la vie qui favorise les affections carcinomateuses ; 2° parce que Jes passions, cause si fréquente des manies, sont aussi très-puissantes pour donner naissance à une diathèse carcinomateuse ; 3° parce qu’il y a en même temps d’autres maladies du système nerveux, par exemple , la prosopalgie, qui naissent évidemment d’une diathèse carcinomateuse ; 4° parce que la plique, qui naît de la lèpre , aussi bien que le carcinome , donne souvent naissance aux manies ; et 5° parce que différentes parties spécialement sujettes au vice carcinomateux, par exemple les mamelles et l’utérus, ont coutume de jouer un rôle trèsimportant dans les manies.
21. Avertissement. — De mème en effet que les maladies du système nerveux en général ne procèdent pas toujours directement d’une affection morbide du
(58) TJ. Dubuisson, Observation d’une manie aiguë, compliquée de syphilis.
Bulletin de la faculté de médecine et de Ja société de Paris, ann, 9 (1813), p.
Frank, ToM. 113,
cerveau, de la moelle épinière et des nerfs , mais souvent proviennent indirectement.d’un vice d’autres viscères, ainsi les manies en particulier ne tirent pas constamment leur origine d’un vice de l'encéphale (59), mais assez souvent d’une affection quelconque, inflammatoire, arthritique, carcinomateuse, etc., du cœur (60), du foie, de la rate et surtout de l’utérus (61). D'après tout cela, on comprend de quel poids doit être l’examen de l’abdomen et l'exploration de l'utérus dans les manies.
22. Diathèse nerveuse. — Ainsi donc, ce n’est que dans le cas où nous aurons acquis la certitude qu’une manié ne provient ni d’une cause inflammatoire , ni d’une cause gastrique, ni d’une cause arthritique , ni d’une cause rachitique ou scrofuleuse, ni d’une cause carcinomateuse , ni d’une lésion organique de cause traumatique, que nous chercherons son origine dans une exaltation particulière du système nerveux, suite d’une diathèse nerveuse. Dans cette classe, il faut ranger les manies qui résultent de l’onanisme, d’un trop grand abus de plaisirs, des passions et de l’inanition.
Car l’expérience de Cox (62), des autres (63) et la nôtre aussi (64), nous ont appris
(59) C.-R. de Payva, Epicrisis de affectu atrabilario seu de morbis cerebri et mentis qui extra cerebrum originem ducunt.
Romæ, 1751.
(60) Sennert (lib. 11, institut,, P. rx, sect. 2, c. 4) et Forest (lib. x, obs. 19) avaient déjà dit que le cœur est affecté dans la mélancolie,
(61) Schenk, lib. 1v, obs. 240. — Jj.
Muraito, De melancholia uterina. Miscell.
acad. nat. cur., dec, ir, a. 7, 1688, p.