CHAPITRE IV. — DÉCORATIONS FERMÉES
En général, on ne donne pas une grande profondeur à un ballet, mais on lui fait occuper toute la largeur de la scène. Dans un ouvrage dramatique, les personnages sont également à des plans de front assez rapprochés. En un mol, au théâtre ou développe l’action en largeur; d’un autre côté, les acteurs s’avancent souvent sur l'avant-scène. On voit donc qu'il convient de donner peu de profondeur à la scène proprement dite, tout en lui conservant des dimensions apparentes bien proportionnées. Quelquefois, d’ailleurs, l’espace manque, soit par l’exiguïté du théâtre, soit parce que d’autres décorations doivent rester en place.
3ttJ. D'après cela, voici comment le problème doit être posé :
On veut représenter, dans l’espace compris entre le plan du manteau d'arlequin (TT,, T'T", fig. 244 et 245) et un certain plaq de front (BB,, B'B"), une salle d’une forme donnée, qui s'étend jusqu’à un plan de front plus éloigné (AA,, A 'A").
La décoration devant être regardée d’un grand nombre de points différents, il est nécessaire que les droites soient représentées par des droites. Un point (A, A”) est transporté sur son rayon visuel en (B, B"). La droite (TA, TA") devient (TB, TB"). On voit que le problème est exactement le même que celui des bas-reliefs.
Le point principal vers lequel convergent les lignes qui représentent des droites perpendiculaires aux plans de front a reçu dans la Décoration théâtrale le nom de centre de contraction.
Les détails que nous avons donnés à ce sujet, au livre IX, nous dispensent de toute explication nouvelle; nous dirons seulement, pour ceux de nos lecteurs qui n’auraient pas cru devoir s’arrêter à la perspective relief, que les arêtes (TB, T'B'), (TB, T"B”), (T, B,, T'B') et (T, B,, TB”) doivent se rencontrer en un même point sur le rayon principal (Oa, O’a').
3BS. Le plancher devrait être horizontal pour les décorations à plan réel, ce sont celles où l’on ne cherche pas à faire paraître la scène
plus profonde quelle ne l'est. Pour les autres, il faudrait lui donner l’inclinaison T'ff (fig. 214), différente dans chaque cas {').
La pente des planchers est généralement plus grande qu'il ne serait nécessaire, d'après la théorie que nous venons d'exposer : elle s'élève jusqu’à quatre centimètres par mètre. On a probablement voulu que les personnages qui peuvent se trouver aux plans de front éloignés fussent bien vus des loges basses et du parterre.
Les règles de la Perspective relief doivent être suivies, nonseulement pour la plautationdes châssis et la position du plafond plat, mais encore pour les jambages des cheminées et tous les objets que l'on peut vouloir établir en relief. Les tracés sur les châssis se font d'après les principes de la Persj>ective picturale. Le soin avec lequel nous avons traité la question des châssis obliques nous dispense d'entrer dans de nouveaux détails.
(■) Le plancher doit être incline toute» le» fois que l’on veut faire paraître la scène plus profonde qu’elle ne l’est. Ce résultat est applicable aux plantations à l’italienne comme aux décorations fermées, mais nous avons préféré l’établir dans le chapitre relatif à ccs dernières, parce qu’il est une conséquence immédiate de» relations d’homologie qui doivent exister entre la scène et la salle représentée.
On peut faire les mêmes raisonnements sur la figure £17, mais on n’obtiendrait pas une pente uniforme, parce que l'emplacement des châssis est déterminé par la position des costières, et non pas par les’ lois de l’homologie. Ainsi une certaine pente serait nécessaire pour que les premiers pilastres fussent représentés, en entier, sur les châssis du deuxième plan ; puis une autre pour que la même condition fut remplie à l’égard des seconds pilastres, relativement aux châssis du quatrième plau.
On ne doit user qu’avec réserve des moyens que donne la Perspective pour augmenter la profondeur apparente d’une scène; car lorsqu’un acteur s’éloigne, sa taille ne diminuant (pas se trouverait en désaccord [évident avec la grandeur des objets représentés. Quelquefois on a placé aux derniers rangs les figurants les plus petits, et même des enfants, mais cet artifice ne peut pas toujours être employé, car souvent le jeu de la scène rapproche successivement des spectateurs les différents groupes.