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Contraste et irradiation

(a) Principes. — Les effets que nous allons étudier sont physiologiques: ils n’existent pas en réalité dans la nature;

ils nous sont personnels, car ils sont, soit le résultat de la constitution de notre œil, soit celui d’une fatigue des nerfs de la rétine. On distingue les effets de contrastez t les effets d'irradiation. Nous résumerons chacun d’eux en une phrase :

Principe du contraste : Les opposés s’exaltent mutuellement , en sens inverse l’un de l’autre.

Principe de l’irradiation : Le blanc empiète sur le noir en s’y estompant.

(b) Première expérience (prouvant le contraste). — On découpe un petit rond dans du papier gris, et on le place une première fois sur une grande feuille blanche très éclairée, et une seconde fois sur une feuille noire. Dans le premier cas le rond gris paraît presque noir ; dans le second cas il paraît presque blanc. Le fond a exalté dans le sens opposé au sien, le gris moyen du rond.

(c) Conséquences . — 1° Les ombres portées sur un corps paraissent d’autant plus noires qu’elles avoisinent une zône plus éclairée de ce corps ;

2° Les vides des fenêtres paraissent en général très noirs ; ce qui tient, en partie, à ce qu’ils se détachent sur des murs très blancs.

(d) Deuxième expérience. — 1° On place un rond blanc (fig. 404) sur un fond uni, gris.

Le fond gris paraîtra plus foncé aux environs du cercle

Fig. 404 Fig. 405

que loin: il semblera se former autour du cercle une auréole plus foncée, dégradée.

2° On place un rond noir (fig. 405) sur le même fond gris : Il semblera au contraire se former autour du rond une auréole claire, dégradée.

(e) Conséquences — 1° Aux arêtes de séparation des deux faces d’une maison, l’une dans l’ombre, l’autre dans la lumière, il y a exaltation apparente de la lumière et de l’ombre aux environs de l’arête. Il y a dégradation du blanc et dégradation du noir en s’éloignant de l’arête (voir fig. 403 sur l’arête du mur W — W').

2° Les ombres portées sur les toitures, et plus généralement les ombres des parties supérieures des édifices, paraissent plus sombres que celles des parties inférieures. Gela tient beaucoup au contraste que produit le ciel, qui est presque toujours très lumineux et sur lequel se silhouet-

CONNAISSANCE

tent les parties supérieures des édifices (Observer ces effets surlafig. 403).

(f) Troisième expérience (prouvant l’irradiation). — Prenez une règle plate, noire, et placez-la sur un fond gris, peu éclairé ; vous en saisirez très nettement le contour. Placez-la au contraire devant une fenêtre très éclairée, en la faisant se détacher sur le ciel : comme premier effet, elle vous paraîtra moins large que tout à l’heure ; et, comme second effet, ses contours sembleront moins nets. 11 seront estompés et envahis, pour ainsi dire, par le clair.

Plus la règle sera loin des yeux, plus cet effet d’estompage sera accentué ; à tel point, qu’à une certaine distance la règle ne paraîtra plus noire, mais grise et d’une forme incertaine. On énonce quelquefois ce fait en disant: Leblanc mange le noir.

(g) Conséquences. — 1° Les ombres de peu d’étendue portées sur de vastes surfaces blanches paraissent plus étroites encore qu’elles ne sont ;

2° Les contours des ombres paraissent d’autant moins nets que les objets sont plus éloignés.

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