‹ Traité de perspective linéaireChapitre 96 sur 287 · Introduction · texte numérisé non relu

Introduction

On se propose, dans ce qui va suivre, d’exposer les principes essentiels de la perspective géométrique , dite encore : perspective linéaire (perspective des architectes) et d’en dégager les constructions et les tracés applicables à la perspective d’observation (perspective des peintres).

Dans une première série d’études, on s’occupera donc du trait perspectif, c’est-à-dire de l’ensemble des constructions qui permettent de déduire un tableau perspectif d’une épure géométrate sur laquelle seraient indiquées, en grandeur naturelle ou à une échelle donnée, les dimensions des objets à représenter et les positions relatives du tableau, du spectateur et de ces objets. On insistera surtout sur le choix des méthodes et sur la différence à faire entre le trait de la perspective et le trait de la géométrie descriptive.

Dans une autre série d’études on dégagera des tracés indiqués dans la première, ceux que le dessinateur a besoin de connaître pour assurer son dessin. On indiquera la part qu’il convient de faire à l’observation directe des objets à représenter, et on précisera le moment où l’observation directe devient inutile et doit céder le pas au tracé perspectif proprement dit.

13i. Objet de la perspective.

La perspective a pour but de représenter , sur un tableau , les objets tels qu’on les voit.

A cet effet : soit O (fig. 182) l’œil du spectateur que nous supposerons réduit à son centre optique, c’est-à-dire à un point que l’on nomme le point de vue ; soit T un tableau que nous supposerons plan et vertical et que nous ferons bien d’assimiler, comme l’indique Léonard de Vinci, à une vitre

Fig. 182

transparente au travers de laquelle nous apercevrions les objets à représenter. Soit enfin ABC un objet, un triangle, par exemple, à mettre en perspective.

Les rayons visuels OA, OB, OC sont des lignes droites. On les mènera et il est évident que, si l’on prend en a, b, c les intersections de ces droites avec le tableau, les points du tableau ainsi obtenus en a , b, c, se superposeront, en appa-

rence, pour le spectateur O, avec les points A, B et C de l’espace ; ils en constitueront comme un décalque. En regardant a, b et c, on croira voir A, B et C ; par conséquent la la figure a, b , c sera bien la perspective de la figure ABC, perspective exécutée sur le tableau T.

Au point de vue géométrique le problème de la perspective revient donc à mener dans l’espace des lignes droites qui, des divers points des objets, convergent au point de vue, et à prendre les intersections de ces droites avec le plan du tableau.

On pourrait appliquer les méthodes de la géométrie descriptive à la solution de ce problème. Voici la marche à suivre :

Dans une première partie des opérations on figurerait en projections horizontale et verticale : 1° l’objet à représenter, 2° le tableau ; 3° le point de vue.

Dans une seconde partie on mènerait tous les rayons visuels et on en chercherait les intersections avec le tableau.

Dans une troisième partie, on ferait le rabattement de ce tableau pour avoir en vraie grandeur la figure obtenue à sa surface, et enfin, comme cela donnerait le plus ordinairement un dessin très petit, on serait, en outre, obligé de faire une amplification déterminée pour amener le dessin à s’inscrire dans un cadre donné.

Ces constructions seraient longues et compliquées. Elles auraient en outre pour inconvénient d’exiger beaucoup plus de place que n’en comporte le tableau et aussi de ne pas faire image; elles seraient purement géométriques.

Aussi ne sont-elles pas employées si ce n’est pour des cas exceptionnels et particulièrement en perspective théâtrale , ainsi que nous l’indiquerons plus loin. En réalité elles ne constituent par le trait perspectif.

Page 1