‹ Traité de pharmacie théorique et pratique, contenant les élémens, l'analyse et les formules de tous les médicamensChapitre 78 sur 142 · DES SUCS DES PLANTES · texte numérisé non relu

DES SUCS DES PLANTES

Nous avons parlé précédemment de la manière d'extraire et de clarifier les sucs d'herbes ou de fruits. Pour faire des jus d'herbes, on les prend récentes, et plutôt jeunes et avant la floraison que plus tard ; car elles ont plus tard moins de suc, et même celui-ci change de nature à cette époque; il contient moins de mucilage et plus d'extrait résineux ou ligneux ; il y a moins d'extraits savonneux, de malate de chaux et d'autres sels fondans. Quand les herbes sont trop mucilagineuses, on doit ajouter un peu d'eau, en les pilant ou contusant; telles sont la bourrache, la buglosse,' etc. Il faut râper les racines de carotte, les coings, etc.

On peut tirer pour chaque once de pétales de roses pâles récentes, environ trois gros de suc.

Les sucs tempérans et diurétiques, sont ceux de laitue, d'oseille, de cerfeuil et de joubarbe, à parties égales. Tels sont les sucs magistraux.

Quant aux sucs officinaux que l'on conserve toute l'année , comme ceux de citrons ou de limons, de bigarade, de grenade, de groseille , d'épine-vinette , etc. , on doit les prendre un peu avant leur maturité; alors ils contiennent moins de principe muqueux et sucré qu'au temps de la parfaite maturation ; de là vient qu'ils se gardent mieux. On doit les filtrer, et quelquefois les exposer à la chaleur du bain-marie, pour que leur corps muqueux se dissolve bien ou se précipite, et ne soit plus sujet h fermenter avec le gluten, qu'ils contiennent aussi, mais que la chaleur prive de cette propriété.

Sucs antiscorbutiques.

Ce sont ceux de parties égales de cresson, de cochléaria, de ményanthe. On les passe, sans les exposer au feu, à travers un papier à filtrer; ou bien prenez

Oranges amères N° 1 ou 2.

On les exprimera dans les sucs de cochléaria, de beccabunga, de cresson. . 128 gramm. $ jv. »

Lind, Traité du scorbut, loue l'usage des acides mêlés aux antiscorbutiques. En place du suc acide d'oranges, on peut prendre celui de l'oseille. Ils s'emploient contre le scorbut, et

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dépurent, dit-on, le sang. Tantes les plantes tétradyriames ou crucifères sont plus on moins antiscorbutiques ± et fournissent des sucs; on ne doit pas les dépurer par le feu, mais à froid. Voyez à la Défécation, pag. i44-

Sucs acides de fruits.

Les sucs de grenades, d'oranges et bigarades, de framboises, de mûres, d'épi ne-vinette, de fraises, de verjus ou omphàcium, sont magistraux ou ne se conservent pas, à moins qu'on n'en fasse des sirops. Ils contiennent beaucoup de mucilage fermentescible , et s'obtiennent rarément limpides. Tous sont des raTraîchissans agréables, étant mêlés à l'eau et au sucre. On les extrait par expression. Si Ton prend des mûres avant leur entière maturité, leur suc pourra se conserver après une légère fermentation aune température de i5 à 200, ou lors- » qu'on l'aura extrait par la chaleur, en mettant ces fruits sur le feu, et les expi imant au travers d'un tamis de crin. Ce suc doit être couvert d'une couche d'huile dans des bouteilles, et mis en lieu frais, comme celui de berberis.

Le suc exprimé du verjus dépose, au bout de vingt-quatre heures, sa gélatine végétale. On le filtre et il se garde.

Le suc de groseille se colore et s'aromatise avec un peu de ceux de mûres et de framboises. Il se. prépare, ou en écrasant les groseilles séparées de leurs rafles, ou en les soumettant à une fermentation de quelques jours. Le suc s'éclaircissant, on le filtre. On peut aussi l'extraire par la chaleur, en exprimant les groseilles, ou même sans les exprimer. Si l'on ajoute à ce suc une cuillerée d'alcool par pinte ou par litre, et si on le laisse dépurer par fermentation pendant quelques jours, on le filtre et il se garde bien.

Nous traitons ailleurs des gelées de fruits et des robs, ainsi que des extraits, sapa, défructum, raisiné, condits, etc.

Les sucs de nerprun, d'yèble, d'airelle, de sureau, que l'on veut conserver, se soumettent à la fermentation. Celui de nerprun forme alors un sirop plus purgatif. Le suc des cerises passe à la fermentation vineuse et donne un vin agréable, ainsi que lés prunes. Le suc des coings râpés et exprimés avant leur maturité, est astringent et austère; il convient dans les diarrhées, et passe à la fermentation vineuse. On peut y ajouter de l'alcool pour le conserver, et on le filtre. L'on peut aussi empêcher la fermentation en soufrant par la vapeur sulfureuse les vases contenant ces sucs; ou bien on y mêle un peu de sulfite de chaux , i5 grains par kilogramme ou pour Ibij.

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. . . Des sucs sucrés.

Celui de la betterave râpée et exprimée récente, pâr le procédé moderne (préférable au procédé d'Achard, de Berlin , qui faisait cuire cette racine et l'exprimait ensuite); ce suc, concentré, donne de la mosçouade. 5o,ooo tb de ces racines ont donné 448 * ae sucre pur. Le moyen d'Achard en donne près d'un quart de moins. La sève sucrée de l'érable du. Canada fournit un dixième de sucre. ( Voyez aux Sirops de raisin.)

Des sucs huileux.. ( Voyez aux Huiles, pag. i3g et suiv. )

Des sucs rafraîchissons.

Ce sont ceux de pourpier, de laitue, de scarole, d'endive n depoirée, de scorsonère, de mâche, des pjantes grasses , orpin et joubarbe, etc. La chaleur du bain-marie les dépure.

Des sucs amers.

La fumeterre, la chicorée sauvage, le pissenlit et les autres chicoracées; ils sont amers,, apéritifs; se dépurenf; par la chaleur.

Les sucs amers toniques de germandrée, bugle, véronique, petite centaurée, mënyanfhe (qui passe aussi pour bon antiscorbutique), se clarifient de même, et s'extraient par addition d'eau. /

Des sucs savonneux.

La saponaire, les saxifrages,, la pariétaire, le houblon,, les campanules, ne perdent rien par la dépuration à l'aide de la chaleur.

Des sucs apéritifs.

Les borraginées, la buglosse, la pulmqnaire, }a consolide, ont besoin d'eau pour s'extraire , à cause de leur mucilage ; on les clarifie par la chaleur. Les aspérules, la garance, le caillelait, de même. Le cerfeuil, Tache et le persil doivent se dépurer sans feu.

Des sucs aromatiques.

Les sauges, le lierre terrestre, la bétoine, la menthe, l'armoise, etc., perdent beaucoup par le feu, et ne s'extraient bien qu'avec addition d'eau. On doit les filtrer à froid.

Des sucs stupéfions ou narcotiques.

Ils sont pour l'usage externe, comme la morelle, le tabac, la belladone, ou pour des extraits d'usage interne, comme la jusquiame, la ciguë, la digitale, etc.

ao6 MIXTURES ou GOUTTES.

Nota. Les doses des sucs qui se prennent à l'intérieur sont de 2 à 6 onces, ou de 64 à 19a grammes.

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