DES ÉPONGES
de manière à lui faire occuper le plus petit volume possible. À cet effet, la corde étant attachée par Tune de ses extrémités, on commence par faire quelques tours à l'un des bouts de l'éponge, et, tenant la corde bien tendue, on se rapproche successivement en tournant l'éponge sur elle-même et en ayant soin que les divers tours du fouet ne laissent pas d'intervalle entre eux ; quand on est arrivé à i autre bout de l'éponge, on arrête solidement la cordelette.
Les éponges ainsi préparées sont mises à l'étuve pour sécher. Quand on veut s'en servir, on détache la ficelle par un bout, on met à nu la quantité d'éponge dont on a besoin, et on fait un nouveau nœud pour empêcher la ficelle de se dérouler davantage.
L'éponge à la ficelle a le même emploi que l'éponge cirée ; on la préfère généralement parce qu'elle se gonfle plus promptement et plus également dans les plaies.
On prend des éponges, on les divise par morceaux, on les bat et on les secoue pour en séparer les matières adhérentes, mais on ne les lave pas ; on met ces morceaux d'épongés dans un brûloir à café et on les torréfie jusqu'à ce qu'ils aient pris une couleur brune noirâtre; on les pulvérise et on les conserve dans un flacon bouché.
Autrefois, on calcinait plus fortement les éponges ; mais M. Guibourt a prouvé qu'on dissipait alors la presque totalité de l'iode qu'elles contiennent. M. Guibourt, en étudiant l'effet de la calcination sur les éponges, a reconnu qu'après sa calcination, l'éponge contient de l'iodure de calcium qu'elle ne contenait pas avant. Il pense que, lors de la calcination, l'iode, qui fait partie de l'éponge, réagit sur le carbonate de chaux et forme un iodure alcalin qui persiste tant que la température n'est pas portée au rouge ; car à cette température, l'air en chasse l'iode et reconstitue de la chaux.
L'éponge brûlée est un médicament dès longtemps célèbre pour la guérison des goitres. Elle doit certainement ses propriétés à l'iode qui s'y trouve contenu. Elle est inusitée aujourd'hui.